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L'inspection [Pigeon Mignon]

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MessageSujet: L'inspection [Pigeon Mignon] Jeu 8 Déc - 19:27

A l’approche des fêtes, Orielle avait fermé les portes de son bureau plus tôt que prévu. C’était surprenant, quand on savait que le Commissariat devait absolument se préparer au chaos hivernal et minimiser les enlèvements au sein de la cité. Néanmoins, ça n’excluait pas les obligations familiales, et Orielle était comme beaucoup d’autres emportée dans l’engrenage des courses de Nowel, pressée par ses filles et la liste péremptoire qu’elles lui avaient soumise.

C’est donc en espérant éviter les foules et la perte de temps qu’elle sortit du Commissariat, vêtue d’un pantalon noir, de longues bottes à sangles, d’un débardeur lâche et d’une chemise blanche ouverte qui lui aurait battu les flancs si un blazer épais ne l’avait pas étouffée sous sa chaleur. Les fourmillements du dehors la frappèrent au visage, choc de talons et de voix, d’odeurs naturelles et artificielles. Orielle s’y mêla. Elle s’engagea dans les rues en allumant machinalement une cigarette qui lui fronça le regard.

Bien sûr, il y eut un imprévu, un changement de programme qui la prit par le col sous la forme d’un rappel. Les effluves qu’exhalait le Salon de Thé dont elle approchait firent ressurgir dans sa mémoire deux voix enfantines, toujours les mêmes, régentes de son existence ; deux miaulements qui réclamaient un dessert de Nowel composé par ce salon-là. Orielle en connaissait seulement la notoriété, et ce qui allait suivre ne s’apparentait en rien à un prétexte gourmand. Elle ne servirait pas à ses filles un produit dont elle ne connaissait pas les effets. Non qu’elle soit de nature paranoïaque, mais à l’endroit de ses deux merveilles, des crocs et des griffes lui poussaient systématiquement ; sans compter les antécédents du Chapelier qui entrait à ses yeux dans la même catégorie que le Magicien d’Oz et que la Chenille : ces souriants, ces airs de rien dont le bout des chaussures touchait aux frontières de la loi.

Orielle abandonna sa cigarette dans l’un des cendriers urbains qui bordaient les rues et s’engouffra dans la tiédeur pâtissière du Salon. C’étaient partout des offuscations de couverts et de porcelaines, des exclamations de surprise, d’amusement ou de honte. Elle commençait déjà à comprendre ce qui fondait le caprice de ses filles, et sa perplexité n’en fut que plus grande, la planta même dans l’entrée, sans qu’elle ne daigne faire un pas pour aller au-devant du serveur qui l’installerait. Un « Putain de merde. » au bord des lèvres.
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MessageSujet: Re: L'inspection [Pigeon Mignon] Jeu 8 Déc - 20:56

Cette journée là, Luby était arrivée en retard. En retard parce qu'elle avait aidé la mamie gâteau à faire les courses ce matin, oubliant momentanément le fait d'aller travailler. En retard parce qu'elle avait ensuite trouvé un chat errant muni d'un collier, et qu'elle avait fait le tour de toutes les maisons pour retrouver son propriétaire. En retard parce qu'elle s'était rendue compte, une fois arrivée au salon, qu'elle avait oublié sa tenue de serveuse chez elle et qu'elle était bien évidemment retournée chez elle s'habiller. Résultat des courses, elle avait été gentiment accueillie par son patron le chapelier, qui a décidé de la mettre en service ce soir, avec pour bonus l'obligation du port de costume de Nowel. Hors, le costume de Nowel était une robe très courte et très décolletée rouge. ROUGE et non pas VERTE ! Ce rouge criard et sanguinolent terrorisait la pauvre petite Luby, qui ne demandait qu'à disparaître, loin, très très loin, dans un monde où tout l'univers était vert. Mais malgré la gêne de cette couleur aggressive, Luby se devait de faire son devoir de serveuse et c'est bien pour ça qu'elle se plaça dans la salle, à l'affut d'un quelconque client. Mais à chaque fois qu'un buveur de thé sanguinaire entrait, une autre serveuse, sortie d'on ne sait où, s'occupait personnellement de son cas. Luby se retrouvait toujours toute seule, la carte de menu serré contre elle, la tête dodelinant de droite à gauche sous l'effet de la fatigue.

3. C'était bien le 3ème client qu'on lui subtilisait, Luby savait bien compter. Plus que remontée, elle se mit en position sur ses arrières, prête à démarrer dès le prochain tintement de clochette. Qui survint aussitôt. Sans réfléchir, la jeune fillette se jeta sur la porte, heurtant presque le nouveau venu. Ou plutôt LA nouvelle venue. A quelques millimètres d'elle, Luby leva la tête pour la dévisager un instant. C'était une belle et grande femme, à l'air sérieux. C'était son premier client de la soirée, et Luby voulait faire de son mieux. Elle recula rapidement de plusieurs pas, provoquant un bruit de froufroutement intense avec sa robe. Elle s'éclaircit la gorge, et dit d'une voix qui se voulait claire mais qui fut légèrement tendue :

- B.. Bienvenue au salon de thé du Wonderland ! Laissez moi vous c..conduire à votre table !

O enfer ! O damnation ! Elle avait bégayé ! Même si elle même ne parut pas s'en rendre compte ... Elle partit juste avec énergie vers un table libre, au calme. Elle ne cessait de se répéter des poèmes de son cru qu'elle avait inventés pour se souvenir du menu , car elle savait parfaitement qu'elle allait sûrement oublier quelque chose. Une fois la cliente assise, Luby, posa le menu devant elle. Ce menu, elle l'avait couvé des heures et des heures, afin qu'il puisse être chaud quand le client le prendrait entre ses mains. Après une grande inspiration, elle se lança, proposant le plat du jour à la jeune femme.


- Je vous conseille la pink lady, elle fait fureur en ce moment à Wonderland ! Et en boisson, il y a plusieurs gammes de thé décrites dans la carte. Ah ! En fait, je suis Luby, ravie de vous servir.


Luby fit un grand sourire à sa cliente, honnête et radieux. Elle espérait juste que tout allait bien se passer, et que cette chère dame n'allait pas lui faire une remarque. Car avec Luby, il y avait toujours quelque chose à faire remarquer.
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Golden Sucker
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MessageSujet: Re: L'inspection [Pigeon Mignon] Dim 11 Déc - 20:56

Par bonheur, Orielle ne se crut pas victime d’une agression. Ses mains restèrent tranquilles. L’enthousiasme formidable dont on l’honorait ne lui ravit cependant qu’un sourire infime, encore prêt à mordre, qui persista quand elle infléchit abruptement la tête. La lionne fit connaissance avec un minois dont elle ne distinguait que les contours, et un décolleté honorable – mais oui ! ça se devinait grâce à l’écrin rouge – sur lequel elle s’attarda sans honte, comme s’il lui causait. La plissure de ses paupières s’accentua pour mieux voir, mais le rempart de ses cils et la petitesse de son interlocutrice empêchèrent de déterminer avec exactitude le point de mire. Orielle, sans se soucier d’une hypothétique ambiguïté, répondit enfin à l’accueil par un traditionnel et nonchalant « Ouais, merci. », où s’était subtilement caché l’intérêt, soudain mais certain, qu’elle avait trouvé à la maladresse évidente de son interlocutrice.

Sensible au froissement d’étoffe, elle suivit prudemment la petite serveuse, tâtonna de façon à imprimer mentalement une partie de l’agencement mobilier et à ne provoquer aucun accident. Au bout du compte, le matériel fut sauf… de même que la décence puisqu’il n’y eut pas d’égarement malencontreux sur des courbes qui auraient « traîné là ». Orielle enroula son corps long dans l’un des sièges qui bordaient la tranquillité de la table et déboutonna son blazer avec une lenteur calculée : ce fut un moyen pour elle de ne pas être confrontée immédiatement à la carte, en d’autres termes de ne pas dévoiler officiellement sa cécité. Elle obtint du reste ce qu’elle avait souhaité : un prolongement de l’enthousiasme, qu’elle reçut en souriant davantage, sans toutefois dévoiler l’éclat de ses dents. Une animation sur le visage de la demoiselle lui apprit qu’elle souriait aussi.

«
J’vais seulement prendre c’que vous m’conseillez, là, déclara-t-elle d’une voix indolente et androgyne. Puis, après avoir ôté tout à fait son blazer et l’avoir suspendu au dossier de son siège, elle leva les yeux : Enchantée, Luby. Vous êtes comprise dans l’service, peut-être ? Vous pouvez rester ? »

Oh, ça n’était pas de la drague. Ni un malentendu. Plutôt un abus. Il arrivait qu’un client demande la compagnie du personnel, n’est-ce pas. Il arrivait qu’on accepte. Pour éviter les remarques.
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MessageSujet: Re: L'inspection [Pigeon Mignon] Sam 17 Déc - 11:45

Quiconque de censé aurait vu que la cliente en question était aveugle. Ou à la limite mal voyante. Mais Luby était la naïveté même, et ne le remarqua même pas. Ce qu'elle remarqua par contre, c'était que la jeune femme ne toucha pas à la carte qu'elle avait spécialement chauffée pour elle, ce qui lui tira une moue triste. Mais elle se ressaisit rapidement, et se contenta d' hocher énergiquement la tête. Une Pink Lady donc. Elle était prête à se ruer dans les cuisines lorsque la cliente la retint d'une phrase magique. Magique aux oreilles de Luby, bien évidemment.
Luby fit volte-face et offrit un sourire géant à la jeune femme, avec un enthousiasme et une joie dévastatrice elle confirma :


- Oui, bien sûr ! Je peux chanter, ou bavarder avec vous si vous voulez ! Merci de bien vouloir de moi ! Je vais chercher votre commander et j'arrive de suite !

Gambadant comme un poney dans un champ de fleur arc en ciel, Luby se dépêcha d'aller en cuisine. Quelqu'un l'avait demandé. Quelqu'un lui avait trouvé une utilité. Son coeur était gonflé de joie et elle chantonnait déjà. Comme quoi, il y a certaines personnes faciles à vivre. Attrapant la pile de pancakes roses surmontée de chantilly, elle revint auprès de la table de la jeune femme, sa tenue, sa situation, son stress complètement oublié. Puis soudain, vint une question dans l'esprit de la jeune fille. Etait-ce vraiment autorisé, ça ? Mais oui, sûrement. N'y pensant pas plus d'avantage, elle posa doucement la pink lady devant la cliente, et s'installa à ses côtés, rayonnante.

Elle hésita à commencer la conversation. Car quand Luby commençait à parler, le plus souvent, elle ne pouvait plus s'arrêter. Et sa chère mère le lui avait souvent dit :" Cesse de piailler, tu me casses les oreilles ". Silence était mère de sûreté, Luby se ferma donc sa bouche. Afin qu'aucune parole inutile ne s'en échappe. Mais cela était impossible. Impossible de tenir comme ça, complètement muette. Alors, Luby se risque à poser une question, rien qu'une, espérant que sons sifflet se couperait aussitôt.


-En fait, mademoiselle, puis-je vous demander comment vous vous appelez ?

Au moins, elle avait réussi à employé un ton poli.
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MessageSujet: Re: L'inspection [Pigeon Mignon] Mer 28 Déc - 16:50

Ding Dong. La cloche de la pendule murale sonne. Deux fois. Ding. La porte s’ouvre, laissant un flot continu d’enfants, d’employés et de vieilles femmes parlant toujours plus fort, entrer dans le salon de thé et investir les lieux. Plus une place de libre. Les chaises raclent le sol et le ronronnement des conversations assourdissantes se fait plus dense. Dong. La porte se referme, avalant au passage le peu de chaleur qu’avait accumulé le bâtiment. Ce rush de fin de journée surprit les cuisiniers du salon de thé qui furent quelque peu déstabilisés par cette affluence soudaine. Les serveurs se firent maladroits, et les pâtissiers mélangèrent les ingrédients des douceurs sans se rendre compte de leurs erreurs. Comme pour cette pink lady destinée à la jolie –mais néanmoins bougonne- jeune femme qui monopolisait le service de la fille aux cheveux gazons. Pâtisserie qui fait voir la vie en rose, mais qui, maladresse culinaire oblige, rendra notre amie rose, tout court. Elle teintera ses lèvres de cette si jolie couleur violette. Quand à ses cheveux, devenus mousseux, ils seront vraisemblablement blancs, achevant de faire de la belle une pâtisserie humaine. Le service sera-t-il toujours aussi impeccable ?
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MessageSujet: Re: L'inspection [Pigeon Mignon] Ven 30 Déc - 12:17

Oh, bon. Etait-il possible d’être si pleine d’amour, d’enthousiasme et de candeur dans un monde qui, on ne le rappellerait jamais assez, comprenait une importante part d’ombre et de sang sous couvert de fééries – trop – délirantes ? Orielle dut pâlir un peu. Elle avait sous-estimé le potentiel de l’adorable petite, qu’il soit de pureté véritable ou de comédie. Sa maladresse devait avoir quelque chose de charmant, sa crédulité, de terriblement exaspérant. Il ne lui semblait pas, de prime abord, que l’on puisse parler de sottise, plutôt d’une intelligence affective, vulnérable par définition et que la vie, en conséquence, ne manquait généralement pas d’altérer. Orielle eut de vagues scrupules. « Merci de bien vouloir de moi. » N’étaient-ce pas les mots d’une personne lésée ? Mais elle finit par sourire doucement en songeant que tant de naïveté l’avait à coup sûr contaminée, et que rien, par ailleurs, ne pouvait tout à fait exclure l’hypothèse de la feinte. Qu’en outre sa cause demeurait bonne, et qu’elle veillerait simplement à ce que la petite ne souffre pas de sa démarche. Après tout, ne prétendait-elle pas pouvoir chanter ?

Au son du carillon, Orielle s’accouda nonchalamment à la table et tendit une oreille alerte que le bruit de la foule endolorit aussitôt. Le froid lui mordit en revanche à peine le nez, mourut essoufflé à ses pieds trop éloignés de l’entrée. L’établissement jouissait d’un succès indéniable, mais ce qu’elle entendait quelquefois la laissait perplexe. Grossièretés qui tombaient incongrûment des bouches – professionnelle en la matière, elle pouvait en juger – gloussements barbares, confidences franchement déplacées… Tout ça ne devait pas être étranger aux consommations. Il y avait de quoi soupçonner chez la plupart des clients une certaine tendance masochiste, un goût pour le risque et l’exhibition qu’Orielle ne voulait en aucun cas pour ses filles. Insensible à ce genre d’amusement, c’était donc avec une immense abnégation qu’elle s’y livrait elle-même. Mais enfin, comme Luby revenait, son sourire s’épanouit davantage.

« Meryl, mentit-elle avec l’aisance déconcertante que donnent les nécessités. » Orielle eut une tendre pensée pour son dragonnet et ses filles puis dévisagea gentiment la charmante serveuse, l’hélice tournoyante de la cuiller entre ses doigts habiles. « Vous avez l’air d’aimer vot’ boulot, remarqua-t-elle l’air de rien. J’espère qu’on vous l’rend bien. »

Doucement. Sans prétention apparente. Orielle eut un silence bavard, préambule de l’épanchement, invite supplémentaire, tandis qu’elle se penchait sur la pâtisserie pour l’amputer d’une bouchée. L’inclinaison heureuse de ses sourcils indiqua bientôt qu’elle en appréciait le goût et la consistance. Toutefois la méfiance persista, prête à annoncer d’une trompette l’effet indésirable… qui vint naturellement, armé d’une figure béate, fleuri d’une collerette rose. Orielle tenta bien de s’agripper à la raison et aux emmerdements quotidiens, cependant la pâtisserie les emportait inexorablement dans un souffle de bonheur, artificiel mais non moins puissant. Le fauve était à deux doigts de rouler sur le dos. Son visage soudain détendu se cacha à moitié dans la main longue, rougissant, l’air d’un rire fit tressauter ses lèvres closes. « Pardon... » Un murmure faussement contrit, rendu mélodieux par la légèreté du cœur et de l’âme. Son premier dessein s’évaporait lentement, ou plus précisément, la béatitude annulait tout souci de subtilité, aussi fut-ce très ingénument qu’Orielle ajouta :

« Vous souriez comme cette pâtisserie m’sourit – mais si, elle sourit, regardez ! C’est trop, trop, trop mignon. Les gens sont bêtes de pas vouloir de vous – c’est bien c’que vous avez laissé entendre, nan ? » Ponctué d’un « Gnihihi. » absolument niais et conquis. La terne pénombre qui lui mangeait quotidiennement la vue s’était transformée. Orielle regardait maintenant à travers le prisme translucide d’un bonbon aux fruits rouges. Le nez délicieusement ravi par la cerise et la rose, elle se blottit dans le nuage mousseux que formait désormais la masse de ses cheveux nan, bordel, on n’est pas dans une publicité Kinder sans pouvoir deviner la coloration nouvelle de sa peau et de ses lèvres – elle en serait morte de bonheur. Dans l’absolu, quelle importance ? Quand bien même l’adorable serveuse lui avouait qu’elle était victime d’un effet imprévu qui, admettons, n’avait rien de néfaste ou de définitif, que pourrait faire Orielle, sinon en rire ? Même la bougonnerie naturelle ne se changeait pas en colère quand il n’y avait aucun danger.
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MessageSujet: Re: L'inspection [Pigeon Mignon] Ven 6 Jan - 16:37

Quiconque de quelque peu censé aurait pu voir la situation. Les cris. Les rires, les chansons qui envahissaient la salle, submergeant toutes les vaines tentatives de la part des serveuses affolées. Mais la joie douillette qui aveuglait alors Luby était telle, qu'elle n'avait pas remarqué le désarroi des cuisinières ni la couleur orangée et forte suspecte de la lady censée être rose. Lorsque la jeune fille s'était assise près de sa cliente, elle n'avait même pas remarqué les regards indiscrets sur son décolleté rouge, et les raclements de gorge obligés, qui exigeaient qu'on les serve. Rien. Luby n'entendait rien. Elle était juste focalisée sur la belle jeune femme brune, qui lui souriait avec une élégance rare. Méryl donc. C'était un joli nom. Un nom qui convenait à ravir à ce type de femme, mystérieuses et très jolies. La remarque qui suivit fut ponctuée par un des plus grands hochements de tête que le monde est jamais porté, ballotant les cheveux verts dans tous les sens, tournant la tête et donnant la migraine. Au moins la réponse était claire.

Bien sûr que Luby aimait son travail. Comme elle avait aimé sa mère, son horrible soeur, ses poulpes, son travail de vendeuse de rase-moquette et autre. Luby aimait tout, ce n'était pas compliqué. Enfin tout ... poussins et couleurs agressives mis à part, bien évidemment. En fait, il n'était presque pas possible de communiquer, ou d'avoir une conversation sérieuse avec notre cher pigeon. Car sa manie d'indécrottable mademoiselle oui-oui était le plus souvent insupportable. La jeune répondit donc affirmatif à la seconde question, ne pensant pas aux quelques "oublis" de paye de la part du Mr Chapelier, ou aux quelques abus de pouvoir ici-bas. Après tout, elle n'était pas encore morte, alors c'est que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Candide et l'Optimisme, le retour.

C'est alors que la jeune fille remarqua que Meryl commençait à attaquer son dessert, avec une adresse remarquable, digne de tout mangeur de gâteau professionnel. Tiens d'ailleurs, peut être que c'était ça ? Peut être que la jolie jeune femme était une inspectrice, mangeant des gâteaux à longueur de journée sans prendre un seul gramme ? Luby bava un peu à cette idée, avant de vite se ressaisir, essuyant sa bouche avec empressement. Elle fixa la jeune femme et émit un hoquet d'étonnement. La peau de la jolie jeune femme s'était teintée de rose, ainsi que ses lèvres, elles, qui étaient toutes violettes. Ses cheveux bruns et longs, si souples et à l'air si doux, s'était transformés en une chantilly légère et blanche, froufroutant par-ci et par-là, se formant en petites boules douillettes et appétissantes. Et cerise sur le gâteau .... c'est qu'il y en avait une, de cerise. Il semblait qu'une petite boule rouge se formait sur le sommet de son crâne. Meryl était devenu un cupcake géant, capable de faire rêver n'importe quel gamin, ado ou adulte glouton au possible.

Et en plus de ça, elle commença clairement à divaguer, un rire presque inhumain sortant d'entre ses lèvres qui semblaient mourir de froid. Luby, elle, dans son délirium de gâteaux aux fruits et de fruits au gâteau, l'observait, des étoiles dans les yeux. Sans même remarquer le manque de tact présent dans la question de la jeune femme, elle hocha la tête, émerveillée et tout à coup affamée. Elle avait du mal à savoir si elle rêvait ou non, car elle était indéniablement en train de communiquer avec un gâteau, humain ou non. Elle frémissait de curiosité et de bonheur, comme si les effet indésirables de la pink lady étaient contagieux. Milles rêves enfantins se reflétant dans ses yeux, elle acquiesça lourdement, en lui répondant avec un fanatisme proche du film d'horreur où des ge'ns démoniaques prient le Diable :


- Oui oui ! Moi aussi je vois une pâtisserie qui sourit ! Meryl, vous êtes vraiment .... trop mignonneeeeeeeeeeeeeeee !

Son cri d'amour fou inonda la pièce, clamant au passage quelques gamins qui roulaient sur le sol. Les regards se tournèrent rapidement vers elle, et cette foic-ci, elle s'en rendit compte, et bien vite, son travail lui revint en tête ( même si celle-ci était en train de nager en plein océan chocolaté). Se rendant compte de la situation, elle sourit avec admiration ( 100% sincère) et déclara à la jeune femme gâteau:

- Vous êtes magnifique mais ... euh ... comment dire. Regardez vous...

Elle lui tendit un petit miroir de poche, reflétant alors toute la situation. Une femme sucrée, quelle découverte ! Puis elle ajouta un petit "Désolée", qui signifiait un peu tout. Désolée pour son emportement et désolée pour l'effet indésirable.

Avec ça, on était bien avancé.



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