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Rangers vertes et bottines rouges [Luce E. Redboots]

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MessageSujet: Rangers vertes et bottines rouges [Luce E. Redboots] Dim 4 Oct - 20:00

De tout temps à jamais, le patron de la Taverne de Woollyland s'est félicité de n'avoir hébergé jusqu'alors les pires crapules du pays. C'est avec une satisfaction écœurante qu'il raconte à qui veut l'entendre qu'il aurait eu pour client le tristement réputé Big Bad Wolf. Jamais on ne doute de la véracité de ses dires car tout en cet endroit crie à l'insalubre : le parquet se fait grinçant et le lustre est tellement couvert de poussières que la lumière semble constamment tamisée et impose à la salle une ambiance sinistre. Dans un coin, le jukebox crachote éternellement Hurlements en faveur de Serge T. mais les fidèles de la Taverne vous diront que ça fait bien dix ans que l'appareil est bloqué sur cette sinistre chanson. On peut voir, attablés aux tables rongés aux mites, des visages sévères rougis par l'alcool. Il n'y a que des hommes à la Taverne et vous trouverez ici tout un lot de fripouilles, baignées dans des affaires comme qui dirait illicites. Des rires gras s'élèvent régulièrement, ça pue l'alcool et le tabac, bref, la Taverne n'est pas un lieu ni pour une femme, ni pour un jeune homme fraîchement sorti de l'enfance. Pourtant, ce soir, le patron verra entrer dans son auberge deux de ces personnages.

Le premier à pousser les portes grinçantes de la Taverne est Tarquinn Rush, alias Crocodile. Ce dernier a beau être un client fidèle de l'auberge depuis plusieurs mois, le patron ne put retenir un frisson en voyant la silhouette décharnées du chasseur de primes dans le nuage des cigarettes. Jadis, lorsqu'il avait servi à boire à Big Bad Wolf, il était loin de se douter qu'il avait face à lui le plus sanguinaire des tueurs. Aujourd'hui, c'était différent : Crocodile était une triste célébrité et il n'y avait pas une personne dans la Taverne qui n'avait pas entendu parler de ses exploits meurtriers. C'est pourquoi, bien qu'il ne se soit pas passée une nuit depuis de longues semaines sans que le chasseur de primes ne soit venu faire un tour en ces lieux, le silence se fit à son arrivée.

Tarquinn se dirigea vers le comptoir dans un mutisme macabre que vinrent seulement troubler le grincement du parquet et les borborygmes du jukebox. La tignasse rousse semblait plus désordonnée que d'habitude et de longues cernes argentées soulignaient ses yeux de chat. Il portait son éternel manteau rapiécé qui lui arrivait jusqu'au genoux, laissant voir un pantalon de soie noir et d'immenses rangers vertes mélèzes qui semblaient chercher des pieds à écraser. Le patron prit une attitude nonchalante lorsqu'il émergea du nuage de tabac, astiquant avec une frénésie trop vive pour être naturelle un verre crasseux. Tarquinn s'assit face à lui, sur un grand tabouret et laissa son regard vagabonder sur une fourmi qui tirait une miette de pain d'un bout à l'autre du comptoir. Le patron demanda d'une voix qui se voulait indifférente :

— J'te sers comme d'habitude ?

Sans lever les yeux de sur le courageux insecte, Tarquinn opina du chef et le patron sauta sur l'occasion pour s'éloigner de lui, s'affairant dos à la salle. Lorsqu'il revint quelques secondes plus tard, une chope à la main, la fourmi avait cessé sa marche, fatiguée. Ne l'ayant pas vu, il écrasa la bête sous le verre et retourna à ses affaires. Tarquinn souleva sa bière au-dessus de sa tête pour voir une petite tache noire et grimaça : la fourmi, agonisante, tordait ses pattes de douleur. Avec un soupçon de pitié, le rouquin l'acheva du bout des doigts au moment où la porte de la Taverne s'ouvrait sur une cliente aux bottines capucines.
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MessageSujet: Re: Rangers vertes et bottines rouges [Luce E. Redboots] Mar 6 Oct - 19:15

Quelques heures plus tôt

Encore un dimanche gris. Au debout devant la fenêtre sale, Luce, alias Olive, l'ex gamine des rues, fixait d'un air morne le toît des maisons. Même cette journée aurait transformé Candyland la belle, la ville aux milles épices et aux toîts colorés, en dépotoir sinistre, dernière demeure de rêve pour les voitures agés et les meubles démunis. Le ciel avait la couleur d'une guimauve au cafard, et au loin, des nuages noirs, promesse lointaine chez les uns ou chose sans importance pour les autres. Il pleuvrait un jour ou l'autre, tout n'était que question de temps aprés tout. Mais pour l'heure, les infortunés habitants devrait se coltiner le mauvais temps. Pas de chance.

Et surtout, c'était une journée sans travail. Longer la cuisine à la recherche de quelques denrées, lire trois pages d'un journal dans le fauteuil, abandonner, puis finalement, se laisser tomber sur le lit, en gagnant seulementla satisfaction d'avoir bougé de 3 mètres en 2 h et l'amère impression de gâcher sa journée, voilà ce qui résumait l'emploi du temps de la jeune fille. Le regard tourné vers la petite fenêtre, avec pour seul compagne le ciel menaçant, elle avait autant d'énergie qu'une savonnette. Les dimanches ne devraient pas exister, pour ceux sans famille et sans amis proches. Se crever à la tâche, Luce ne rêvait que de ça en ce moment précis, pour ne pas penser à son appartement vide et la solitude du dimanche après midi. Une activité pour la réveiller, il lui fallait ça! Pas une balade en ville, pas une sieste, non, quelque chose plein d'adrénaline, pour la sortir de la torpeur et lui réveiller les sens.

Alors, haut les cœurs! Une écharpe, un manteau bleu usé, et la voilà partie. Pas question de se laisser déprimer par ce temps et ce jour maudit. Elle dévale les escaliers. Trop pressée, elle dégringole sur le parquet humide, puis repart. Vers où? Woollyland. Pas le meilleur endroit pour chercher de la distraction? Vous connaissez mal le quartier. Incapable de s'affranchir de son ancienne vie, l'âme d'olive pressait toujours Luce de s'y précipiter. Les quartiers malaimés, les coupes gorges, elle n'a que ça en tête! Car dans ces rues surpeuplés qu'elle connait par cœur, elle pratique son activité préféré : Le vol. Sa petite main agile se glisse dans les poches des messieurs et dames comme pour y chercher un peu de chaleur, et y tire des trésors. Pas seulement de l'argent. Des mots doux, des secrets, des choses qu'on oublie dans ses poches, volontairement ou non. Tous ces bouts de vie précieux, elle les fourre dans ses poches, et tout d'un coup, elle se sent mieux. Une fois à la maison, elle renversera le sac sur la table, et classera ces petits souvenirs. Au dessus de ses livres, là où elle garde en mémoire tous ses vols, il lui semble qu'elle possède furtivement un bout de la vie de chacun. Olive, dévoreuse d'âmes, tout comme Luce. Mais là où Luce anéantit et parfois, reprends, Olive ne fait que reconstituer et n'oublie jamais que ces petits bouts de vie, elles ne les possède pas. Chacun son truc.
Mais voilà : Trois heures à courir dans les rues malfamés, ça prends de l'énergie. Et puis, avec toute cette adrénaline, il semblait que le cœur de Luce allait exploser, tellement elle était heureuse et contentée. Appuyée sur un pan de mur, elle reprenait son souffle en fixant le ciel, qui étrangement, ne lui semblait plus aussi ennuyant. Le repos semblait nécessaire désormais... Le hasard faisait décidément bien les choses, il y avait un bar à 3 mètres. Luce s'y reposerait de tout son saoul... mais pas sous la forme d'Olive. Trop dangereux : Celle-là n'avait qu'en apparence 13 ans. Non, il était temps de reprendre Aï. 15 secondes plus tard, elle redevenait Aï. 30 de plus, et elle poussa la porte de la taverne.

***

Et bien sûr, elle regretta vite. Jamais elle n'avait vu un endroit aussi sale, et rien que la poussière sur les murs lui arracha une grimace. Tout était sale, tout était répugnant. L'air était vicié, et la lumière presque inexistante. De la cuisine, s'épanouissait toute une gamme d'odeurs plus infectes les unes que les autres. Derrière le comptoir, les bouteilles, compagnons d'exil pour les vagabonds, fixait d'un air sévère la déchéance. Pas besoin d'effort pour la voir, elle se trouvait devant elles: Dans le fond de la salle, les hommes s'embourbaient dans la misère, accompagné de leurs jeux de cartes et de leur alcool. Trop occupés qu'ils étaient, il avait à peine remarquer Luce. Il semblait que sitôt la jeune fille arrivée, elle était devenue invisible. Rien ne comptait plus, seulement l'alcool et le jeu. Et si certains hommes avaient été intrigués, ils avaient été freinés d'un coup d'œil inquisiteur du patron. Depuis certains événements... fâcheux disons, la police des contes regardait plus attentivement la taverne. Le patron avait aussitôt annoncer à l'ensemble des habitués de se calmer, et ,par quelques miracles de sa part, il avait réussi à les persuader. Ce tour de force tenait de l'illumination, de la grâce divine presque. Ou peut-être était-ce seulement grâce à sa volonté. C'est qu'il y avait fort à perdre, le patron : ça se voyait aux pots de vin gigantesques qu'il versait à je-ne-sais quelles crapules.
Mais il en fallait plus pour dissuader luce. Assez pour la dégouter, mais pas pour l'empecher d'epencher sa soif. Elle s'assit donc au bar, avec des petits gestes méticuleux, à côté d'un jeune homme roux.

Pour la 2390eme fois de la journée, le jukebox se coinça, et entonna de nouveau ses sanglots sinistres.


Dernière édition par Luce E. Redboots le Mar 27 Oct - 10:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rangers vertes et bottines rouges [Luce E. Redboots] Mer 7 Oct - 13:42

À l'instant même où la fourmi rendit l'âme, le grincement familier de la porte de la Taverne retentit dans la salle. Un vent froid s'y engouffra et saisit Tarquinn par la peau du cou, lui arrachant un frisson incontrôlé. Il ne se retourna pas pour voir qui était le nouveau venu. De toute sa vie il n'avait jamais souhaité, envié, attendu la présence de quelqu'un et ce soir-là ne faisait pas exception à la règle : le chasseur de primes n'attendait personne. Aucun ami, aucune famille et de toute façon, qui voudrait de lui ? Oh n'allez pas le plaindre ! Sa situation pathétique le convient tout à fait ; à dire vrai, le bonheur chez Tarquinn se résume au tabac, à l'alcool et au sexe. Les relations sociales ? Très peu pour lui, il n'est pas du genre à s'encombrer de sentiments superficiels tels que l'amitié ou l'amour. Le contentement immédiat, il n'y a que ça de vrai pour lui. Alors la probabilité pour qu'une personne qui lui soit destinée rentre en cet instant dans la même salle que lui était franchement ridicule. Et pourtant...

D'une chiquenaude, Tarquinn chassa le cadavre de la fourmi de sous sa choppe et, après l'avoir posée sur le comptoir, étira les longues allumettes qui lui servaient de jambes et de bras. Ça faisait trois jours qu'il n'avait pas traqué le gibier et son porte-monnaie s'allégeait au fil des soirées passées à la Taverne. Il serait peut-être bon de reprendre la chasse... de mauvaise grâce, le rouquin se promit de reprendre ses investigations sanguinaires dès le lendemain au même instant où quelqu'un s'assit à sa droite.

Tarquinn se retourna brusquement. Pourquoi "brusquement", me direz-vous ? Parce que personne ne s'installe à côté de lui d'habitude. D'ailleurs, peu de consommateurs commandent au comptoir depuis l'arrivée du chasseur de primes. Non, d'habitude, il faut attendre deux trois heures du matin pour que les plus ivrognes aient l'audace de l'accoster. C'est pourquoi, alors que viennent de retentir huit coups au clocher de l'église avoisinante, il était tout simplement saugrenu de venir s'asseoir à ses côtés. Il fallait être stupide. Ou alors ne pas le reconnaître. Quoique ça revienne au même.

Tarquinn ne s'était pas planté : celui qui venait de s'installer sur le tabouret à sa droite semblait stupide. Enfin, elle. Oui, c'était une femme, un joli brin de femme qui semblait aussi bien se fondre dans le décor qu'une otarie dans une machine à laver. Elle était jolie mais terriblement jeune... Certes, aussi jeune que Tarquinn lui-même mais lui, on ne risquait pas de venir lui chercher des noises. Mais une demoiselle aussi candide dans ce trou à rats... Oui, elle était bien stupide. Qu'à cela ne tienne, Tarquinn se porterait garant pour la préserver des mains des autres brigands. Si quelqu'un devait avoir des rapports privilégiés avec elle ce soir, ça serait bien le chasseur de primes. Le bon-sens n'est pas le fort du jeune homme et d'envisager des idées aussi noires sur une jeune femme ne le dérangeait pas le moins du monde. Avec une lueur féroce dans le regard et les lèvres étirées en un sourire mutin, Tarquinn lança au patron d'un air faussement paternel où l'on décelait sans mal le ton sarcastique :

— Un jus d'orange pour la demoiselle !

Puis, avec une grâce sournoise, le rouquin glissa sans bruit son tabouret vers celui de la jeune femme et, d'une voix rauque et amusée, il demanda :

— Que fait une aussi jolie jeune fille dans ce nid de voyous ?

L'idée même que la jeune fille en question ignore l'identité de son interlocuteur l'amusait au plus haut point. Dans ses pupilles de chat ne cessait de danser la lueur féroce.
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MessageSujet: Re: Rangers vertes et bottines rouges [Luce E. Redboots] Ven 9 Oct - 12:12

La tranquillité. Elle savait qu'elle ne l'aurait pas en rentrant dans ce bar, mais elle avait espéré que les seules petites minutes passés dans ce bar, le regard du patron, le fait que tout le monde s'intéresse plutôt à son jeu de cartes ou à sa boisson, tout ça écarte un peu les curieux. Pourquoi était-elle restée déjà? Comme ça, parce qu'elle était fatiguée et qu'elle ne se voyait pas rentrer à pied immédiatement. Par bravade aussi. Une pointe, pas trop quand même : Juste assez pour s'assoir dans un endroit discret et se faire petite. Elle avait cru être plus tranquille à côté de ce solitaire, qui ne parlait à personne, qui restait seul au bar. De loin, elle ne voyait qu'une lointaine silhouette, vaguement grande, vaguement rousse. Il ne faisait que boire, par petites gorgées, et la seule chose qui le faisait bouger, c'était le froid. Qu'importe la raison pourquoi il restait seul, elle l'avait pris pour quelqu'un qui ne tenait pas à discuter. Et c'était juste ce qu'il lui fallait.

C'est lui qui lui a offert sa première réaction : La surprise. Quand elle s'était assise, lui l'avait regardé étrangement. Non, pas étrangement. Comme quelqu'un qui regarde sans trop y croire un passant qui va sauter du pont : Avec un mélange ahuri de surprise et de curiosité malsaine. Puis, il avait regardé vite autour de lui, et sa bouche s'était effacé en un sourire. Polisement inutile. Tout dans son sourire transpirait la moquerie et le sarcasme, aussi bien qu'on l'entendait dans sa phrase. "Un jus d'orange pour la demoiselle!" Ton faussement paternel, mélange de moquerie et de tentative à la galanterie, si galanterie véritable il y avait dans le personne. Et bien sûr, comme Luce s'y attendait, rapprochement discret des chaises et la phrase habituelle de drague "Que fait une jolie fille comme vous dans le coin?" Aussi léger qu'un plat mexicain (pardon pour tous les mexicains)

En regardant autour d'elle, elle s'aperçut que les gens au fond de la salle la regardait avec des petits regards en coin. Comme si la regarder en face pouvait leur porter malheur. Elle ne comprit pas la raison de ces regards, et ce n'est que lorsqu'elle réalisa qu'ils paraissaient inexpressifs à son interrogation, que ce n'était pas Luce qu'ils regardaient, mais le jeune homme. Pourquoi ces coups d'œil furtifs et sans insistance? Venant de la part des alcooliques honteux de leur addiction, cela pouvait s'expliquer, mais même les plus surs d'eux paraissaient l'éviter. Le patron, lui, se contenta d'apporter le jus d'orange et d'aller au fond de la salle. Ils étaient seuls en face du bar et de ces bouteilles qui les interrogeaient sévèrement. Mais son malaise ne provenait pas que de ces éléments. Il venait essentiellement du fait que cet étranger lui rappelait quelque chose. Non pas son visage, mais son attitude. Dans les méandres de sa mémoire, elle possédait un souvenir à la silhouette semblable. Un homme à l'allure d'épouvantail. Des cheveux roux mal peignés. Un vague souvenir de ressentiment lui remonta dans le dos. Pour le reste, rien de bien intéressant.

Mais, puisqu'elle était là, pourquoi ne pas profiter de cette rencontre? Elle ne tenait pas à rester, certes, mais les regards discrets lancés par les clients, son discours usé jusqu'à la corde et surtout, cet oubli lui donnait envie de demeurer dans cet endroit encore un peu, ne serait-ce que quelques minutes. C'était un bon jeu, un petit divertissement qu'elle s'accordait avant de repartir. Et si il y a jeu, il y a contraintes : Ne donner aucun espoir à l'homme qu'elle allait passer la nuit avec lui. Elle n'en avait pas l'intention, et sait-on jamais... Il semblait avoir mauvais caractère.

De sa main droite, elle prit le jus d'orange et prononça une phrase de remerciement. A la question, elle répondit tout simplement :
"Longue histoire. Je me suis retrouvée en mauvaise forme, et, comme je suis de santé fragile, j'ai préféré m'arrêter ici avant de retourner chez moi. Inutile de s'intéresser à moi, je ne resterai pas longtemps."
Passa un silence. Elle reprit une gorgée de jus d'orange et lui demanda :
"Et vous?"

[Gnuh, nul. T'aurai pas pu choisir un autre endroit? xD]
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MessageSujet: Re: Rangers vertes et bottines rouges [Luce E. Redboots] Ven 9 Oct - 17:59

[C'toi qui voulait me laisser commencer :)]

Tarquinn la déshabillait du regard. Tout chez elle l'attirait, que ça soit ses yeux en amandes, ses lèvres couleur pêche ou ses gestes délicats, comme ceux d'une poupée. Petite poupée de porcelaine, ce soir je te ferai mienne, tu t'offriras à moi, je boufferai ton cœur à en être dégoûté. Dès lors je te jetterai, petite poupée de porcelaine. Le visage penché pour pouvoir la dévisager à sa guise, ses cheveux pastels encadrant son visage à la pâleur cadavérique. De son index, il parcourt le rebord de sa choppe tandis que s'insinue, sournoise, une langue gourmande sur ses canines développées. Offre-toi à moi, ma jolie, ma tendre poupée, fais-toi le rayon de ma triste vie. Ses yeux dansent d'une lueur folle en guettant la moindre réaction mais c'est avec une certaine amertume qu'il constata que seule l'indifférence se lit sur son visage parfait lorsqu'elle prononça un merci nonchalant en saisissant le verre crasseux de jus d'orange. Un peu déçu, il se permit de détourner le regard vers le reste de la salle.

L'ambiance était étrangement lourde et chaque client se permettait de temps à autre un regard furtif dans leur direction. Le triste don de Tarquinn pour attirer dans ses bras les plus jolies filles de Malkins était devenu légendaire dans tout le pays mais surtout à la Taverne où les pauvres hommes s'évertuaient à chercher dans ses gestes, dans son attitude, le petit quelque chose qui le rendait si attractif. Cherchez, pauvres idiots, cherchez pensa-t-il dans un rictus. Le jour où vous arrêterez les criminels les plus recherchés, on en reparlera. Sans souffrir de la proéminence de ses chevilles, Tarquinn revint à sa poupée qui souffla d'une voix légère :

— Longue histoire. Je me suis retrouvée en mauvaise forme, et, comme je suis de santé fragile, j'ai préféré m'arrêter ici avant de retourner chez moi. Inutile de s'intéresser à moi, je ne resterai pas longtemps.

Ça voulait tout dire et était facilement traduisible par "foutez-moi la paix, vous perdez votre temps". D'abord surpris par l'obstination maladive de la jeune demoiselle, Tarquinn ricana sous cape. En plus d'ignorer à qui elle avait à faire, elle restait de marbre face aux perches de son voisin de comptoir. Folle et lesbienne, j'ai la main chanceuse ce soir. Mauvaise langue qu'il était, Tarquinn supportait difficilement qu'on lui résiste mais avec un appétit carnassier, il se ressaisit, jurant en son for intérieur qu'elle n'allait pas lui échapper aussi facilement.

— Et vous ?

Tarquinn, tout en offrant à la demoiselle son plus beau sourire, grogna :

— Vous ? J'ai l'air si vieux que ça ? Allons, je n'ai que dix-neuf ans !

Il saisit fébrilement sa choppe et but une gorgée de bière. La partie n'était pas perdue d'avance puisqu'elle semblait encline à faire la conversation. Sans se départir de son sourire, Tarquinn déclara :

— Je m'appelle Quinn mais on m'appelle Crocodile dans mon métier.

Ses yeux pétillèrent en guettant une réaction sur le visage nacré de la jeune fille. Elle devait certainement connaître son pseudonyme. Sans lui laisser le temps de réagir, il reprit :

— Et toi, comment tu t'appelles ?
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MessageSujet: Re: Rangers vertes et bottines rouges [Luce E. Redboots] Sam 10 Oct - 17:21

Elle avait beau inspecter son visage, elle ne trouvait rien. Elle avait pourtant toujours ce soupçon, cette impression de déjà-vu. Désormais, elle était tout de même sûre d'une chose : Elle connaissais cette figure. L'avait-elle donc finalement aperçu, le visage de l'homme à l'allure si semblable? S'agissait-il juste de son imagination? Décidément, elle n'arrivait à rien. Exaspérée, elle avait tapoté de son ongle le verre, avant de remarquer toute la crasse à l'intérieur. Ah purée... C'est bien ma chance. Luce essuya le verre avec un mouchoir avant de le jeter. Mais c'était trop tard : Depuis qu'elle avait vu toute cette saleté, elle n'osait plus toucher le verre. Elle le poussa donc du revers de sa main, et revint à l'inspection de son visage.
Visage pas banal, thèse de l'imagination supprimée donc. Les contours de son visage était fin, comme ses cheveux pas coiffés. Roux lavés, ses cheveux. Il y avait fort à parier qu'il ne l'avait pas été toute sa vie. Jusque ici, rien de bien surprenant, en somme : Le visage typique des belles personnes. Mais c'était ses yeux qui lui faisait croire qu'il n'y avait qu'une personne de sa connaissance qui les possédaient : Ils ressemblaient à ceux d'un chat. Chat noir. Chat porte-malheur. Ça lui faisait penser à ce chat qui la narguait tous les matins, qui snobait la viande qu'elle laissait sur la fenêtre. Imbécile de chat. Elle en ferait bien un sac à main pour la peine. Rah, mais pourquoi je pense ça moi? Donc, revenons-en à ses yeux jaunes. Jaunes avec un trait discret de noir, à peine visible. Pas rassurant, ces yeux. Surtout qu'ils étaient en train de s'aventurer un peu trop sur ses formes à son goût.

Il ne quittait pas son sourire. Même pas quand il grogna qu'il n'avait que 19 ans, et qu'il n'avait pas l'age d'être vouvoyé. D'un air fiérot, il reposa sa biere et déclama : "Je m'appelle Quinn, mais on m'appelle crocodile dans mon métier" crocodile... Crocodile. Et elle se souvint.

"J'ai vite fait entendu parler de vous... de toi, je veux dire. Le traqueur qui fait jaser tout Malkins..."

Ce n'était pas dans la rue qu'elle avait aperçu son visage. C'était dans une vague feuille de chou, décrivant la capture d'un criminel. Oui... Les yeux, le visage... Elle s'en rappelait maintenant. Elle se rappelait également ses impressions : Un goût amer de répulsion. Elle eut à peine le temps d'y penser, et son esprit changea subitement d'idée. C'était maintenant au tour du premier souvenir, celui de l'homme épouvantail d'apparaitre. Toujours pas de visage, mais la silhouette s'était affirmé. Désormais, elle se souvenait de la nuance de ses cheveux, de l'allure de son manteau. Pas de détails changés, mais juste l'impression de connaître mieux sa propre mémoire. Tout comme dans le souvenir du journal, son humeur revenait en même temps que le souvenir se précisait. Cette fois-ci, ce n'était pas du dégout qu'elle avait ressenti en premier... bien qu'elle ait très nettement senti l'odeur du sang flotter autour de lui. Une odeur qu'elle connaissait bien. Une odeur presque mélancolique. Elle avait ressenti un petit pincement au cœur... Et avait bien vite changé de pensée. Elle l'avait détesté, presque autant que l'empreinte olfactive du sang lui faisait envie. Une odeur cartographié dans son esprit comme interdite, et qui ne lui faisait pas envie... les trois quarts du temps. Pour cela, elle l'avait détesté aussi : Parce qu'elle lui avait rappelé cette odeur exécrable.

Mais ce n'était plus une ombre qu'elle avait devant elle : C'était le véritable personnage. Comment devait-elle agir avec lui? Hostilement? Avec indifférence? Après tout, ce n'était pas lui qu'elle avait détesté, c'était son don, et sa manière d'en user. Était-il semblable à l'idée qu'elle s'en était faite? Elle avait maintenant une autre raison de rester : Voir si ses impressions sur lui étaient vrais.

"Je m'appelle Luce."

Curieuse qu'elle était, elle ne pouvait que rester.
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MessageSujet: Re: Rangers vertes et bottines rouges [Luce E. Redboots] Dim 11 Oct - 18:45

Derrière l'air indifférent de Tarquinn se cachait le terrible prédateur : du coin de l'œil, la Bête qu'il était guettait une réaction sur le faciès d'ivoire de la demoiselle. Et c'est avec une satisfaction vicieuse que le chasseur de primes constata que la jeune femme venait enfin de mettre un nom sur son visage.

— J'ai vite fait entendu parler de vous... de toi, je veux dire. Le traqueur qui fait jaser tout Malkins...

Le sourire de Tarquinn s'élargit encore un peu plus, dévoilant ses canines immaculées. Il lâcha dans un grognement sourd, semblable à un ronronnement :

— Tu me flattes.

Mais rapidement, Tarquinn comprit qu'elle ait enfin réussi à savoir à qui elle avait affaire ne jouait pas en sa faveur. Son visage resta indifférent mais une lueur féroce brilla brièvement dans son regard. Comme s'il la dégoûtait. Ça ne sera pas la première fois qu'on le jugera comme étant un être abjecte, déviant et tout ce que vous voudrez ; d'ailleurs, habituellement ça ne fait ni chaud ni froid au rouquin mais qu'une jeune fille à l'air aussi candide et innocent puisse le mépriser le mettait mal à l'aise. L'espace d'une seconde, Tarquinn perdit de sa superbe, son sourire s'affaissant lentement. Il avait l'impression que le regard vif de la demoiselle le perçait de part en part. C'était insupportable. Il détourna le regard et serra les poings sous le comptoir. Le cœur battant, il fixa son reflet dans le miroir face à lui, là où l'autre Tarquinn se mordait violemment la lèvre. Un instant il chercha ce qui le retenait de dépecer la chair de cette insolente gamine jusqu'à ce que la réponse lui vienne d'elle-même : elle n'était pas une criminelle. Se retenant de lui demander s'il elle n'avait pas tué une quelconque personne ces derniers temps, il fut tiré de ses sombres pensées par le timbre cristallin de la jeune fille :

— Je m'appelle Luce.

Reposant son regard désormais sans joie sur la jeune fille, il grogna :

— Luce, c'est bien ça ?

Sans la quitter du regard, il saisit sa choppe et en but une gorgée. L'imprudente n'était décidément pas comme les autres ; s'il la dégoûtait tant que ça, pourquoi restait-elle là, à lui parler ? Avec prudence, il demanda :

— Et tu fais quoi dans la vie, à part parler aux inconnus ?

Son ton avait perdu de sa candeur. Plus que l'attraction, c'était désormais la curiosité qui le hantait, comme un chat joue avec une sourie avant de l'achever. Il cherchait la faille, traquait sa proie, avec simplement un peu plus de retenue qu'avec les criminels de Malkins. Pour faire sienne la petite poupée de porcelaine.
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MessageSujet: Re: Rangers vertes et bottines rouges [Luce E. Redboots] Jeu 15 Oct - 20:27

"Tu me flattes."

Non, elle ne le flattais pas, bien au contraire. Dans ses yeux verts, pourtant si froids, se lisait trés nettement la flamme du mépris et l'étincelle encore vivante de la curiosité. Détestera? Détestera pas? Comme une gamine qui chante sans entrain un jungle obsédant, elle ne faisait que se repasser cette mélodie. Détestera? Détestera pas? Elle pencherait plus pour la premiére proposition.

A quoi servait alors tous ces beaux discours, toutes ses belles paroles? Pour se donner bonne conscience, paraître la bonne petite fille qui ne laissait jamais berner par les apparences? Pour trouver dans le plus fameux criminel de Malkins un agneau qui s'ignore? Avoir l'impression d'être sa première amie, lui qui traîne sa tête d'enfant perdu dans les bars, alors qu'il a sûrement une famille, des proches, qui malgré son caractére, veilles sur lui? Les apparences sont trompeuses, c'est ce que tu me répétes depuis tout à l'heure. Pourquoi est-ce que les "criminels" seraient seuls alors? Pitoyable, tu es pitoyable, lui repetait la conscience de Aï. Pourquoi lutte tu donc contre le caractère de ton avatar, pour imposer ton raisonnement idiot, auquel tu ne crois meme pas? Laisse exploser ton dégout, ta colére. Il n'y a aucun interet à conaitre une personne aussi... malsaine.

Malsaine? Oui, il y avait de ça. Marginal, lui qui refuse d'entrer dans les rangs des gens corrects, ceux qui n'iront pas manger le premier passant. Criminel, lui qui erre dans la rue, pour chercher de quoi se satisfaire. Malsain, lui qui n'a aucune morale et aucune mauvaise conscience.

Et pourtant... Devant son air un peu triste, devant ses yeux pensifs soudainement, elle sentait la curiosité et la gentillesse reprendre le dessus.
Idiote, crois tu qu'un être comme lui prends en compte ce que tu penses de lui?

Lui qui a semblé déceler dans ses yeux la nuance de rejet, de dégout. Lui qui a semblé en être gèné.
Il est probablement habitué à lire dans les gens et à les envouter..

Lui qui lui a posé une question à demi mot. Lui qui continuait la discussion quand même.
C'est pas une amitié qu'il recherche, ma grande... T'es vraiment trop innocente.


Luce, exaspérée, ignora la voix. Distraitement, elle posa ses deux mains sur le buffet, en prenant garde de ne pas effleurer la sienne (manquerait plus qu'il croit que tu as envie de passer la nuit avec lui...), puis reprit une gorgée d'orange. Il lui semblait que le jus lui piquait la gorge. Et, d'un air nonchalant, elle lui répondit : [b]"Je suis dans la police des contes. Et oui, je suppose que tu n'y crois pas hein?"[/b]
Légère respiration, et elle reprit : "Je dois t'avoir vu là bas, ton visage me semblait familier."
Luce semblait tout de miel, tout de gentillesse. Elle faisait tout pour cacher son aversion. Et il lui semblait qu'elle y arrivait bien. Sur son visage fin, on ne voyait dans ses yeux que l'envie de le connaitre mieux et le sourire mélancolique (quoiqu'un peu coincé) Il avait dû les voir, ses efforts, quand elle se retourna vers lui, inspecta sa réaction, et annonça d'un air fiérot : [b]"Et toi, que fais-tu à part traquer les gens et boire seul dans un bar?[b]

Pas la peine de demander. Je me doute de ce qu'il fait de son temps libre...
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MessageSujet: Re: Rangers vertes et bottines rouges [Luce E. Redboots] Mar 27 Oct - 19:40

Il y avait quelque chose de pas nette chez Luce, Tarquinn en aurait mis sa main à couper. Outre le fait qu'il est simplement impensable de trouver une jeune fille aussi frêle dans un bar mal famé, elle disposait de ce petit plus que le chasseur de primes n'avait jamais rencontré jusqu'alors. Ça n'était pas sa réticence à s'offrir à lui qui l'attirait — Dieu sait s'il a eu des relations très privilégiées avec des femmes résistantes — mais peut-être cette façon si... honnête de s'adresser à lui. Car il était évident qu'il ne l'intimidait pas. C'était un scoop quand on s'appelle Tarquinn Rush. De la candeur ? De l'orgueil ? De la bêtise ? Peut-être un peu des deux premiers mais sans aucun doute beaucoup du dernier, songea le rouquin. En plongeant son regard émeraude dans celui de l'insolente, Tarquinn se revoyait deux ans en arrière lorsqu'il traquait ses proies avec soin, la suivait, l'épiait, la piégeait avec tout l'amour du monde. Ça faisait un petit bout de temps que le chasseur de primes ne voyait plus les criminels que comme des — gros — morceaux de viande auxquels accorder du respect serait ridicule et insensé. Mais Tarquinn dévisageait Luce avec le même appétit qu'à ses débuts dans le métier, avec cette envie insatiable d'en savoir plus sur elle, de savoir où elle vit, comment elle s'habille, quelles musiques elle aime. Pour la détruire plus tard, peut-être... Le rouquin ne savait pas vraiment ce qu'il voulait mais pour l'instant, toutes ses pensées, tout son esprit étaient tournés vers cette traque malsaine et c'est ce fol espoir de pouvoir déceler en elle le point faible qui l'anéantira qui l'animait alors.

— Je suis dans la police des contes. Et oui, je suppose que tu n'y crois pas, hein ?

Il en avait oublié jusqu'à sa présence. Il se tourna vers elle et la dévisagea comme s'il la voyait pour la première fois.

— Je dois t'avoir vu là bas, ton visage me semblait familier.

Tu m'étonnes, John. Il n'y a pas besoin de travailler dans la police des Contes pour le reconnaître : il ne se passe pas une semaine sans qu'il ne fasse son apparition dans le journal le plus réputé du pays. Il détacha ses yeux des siens pour suivre du regard un client à la démarche gauche dans le miroir face à lui.

— Et toi, que fais-tu à part traquer les gens et boire seul dans un bar ?

Tarquinn ne put retenir un petit rictus. En quelques mots, elle venait de résumer le quotidien du chasseur de primes.

— Tu vas rigoler mais traquer et boire sont mes deux seules occupations dans la vie...

En plus de l'amour de la chair, susurra une petite voix au fond de sa tête mais il se retint de le dire à voix haute. Il ne voulait pas vraiment parler de lui, c'était elle qui l'intéressait, aussi déclara-t-il dans un grognement :

— Alors, comme ça tu travailles dans la police ?

Il se tourna entièrement vers elle, ses genoux frôlant ses cuisses.

— J'avoue ne pas trop y croire. Tu n'as pas vraiment la carrure adéquate.

S'étonnant lui-même de connaître un mot aussi compliqué, il reprit :

— J'imagine que tu n'es pas aussi douée que moi pour ce job... T'es encore une bleue, quoi.

Il se retourna face au miroir dans lequel Tarquinn Rush saisit sa choppe et en but une gorgée, le coude sur le comptoir, le regard absent, sans se douter qu'il pouvait avoir vexé sa partenaire de boisson.
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MessageSujet: Re: Rangers vertes et bottines rouges [Luce E. Redboots] Jeu 19 Nov - 20:57

Pas à sa place.
On dit que tout le monde a une place dans ce bas monde. Une place pour chacun, chacun à sa place. De l'ordre dans l'univers, et rien qui ne dépasse. N'est-ce pas reposant, comme pensée? Plus besoin de s'en faire, il y aura toujours un petit bout d'éden pour soi, un petit bout d'existence auquel nous pouvons accéder. Nous ne courons plus vers un endroit inconnu, non, nous savons où aller. Mais comment y accéder, à ce lieu maudit et pourtant tellement désiré? Personne ne sait. La chance, surement. Nous ne pouvons qu'espérer, c'est la seule chose qui nous soit accordé, puisque tous les actes que nous pouvons faire ne changeront rien!

Était-ce la place tous ces poltrons qui se cachaient derrière leurs verres crasseux? L'avait-il vraiment cherché finalement, ou s'était-il contenté d'accepter la destinée? Au final, peut-être qu'ils étaient plus heureux que la majorité des gens, qui passent leur temps à regretter là où ils sont et qui font des plans sur la comète... Ou avaient-ils cessé de chercher plus loin, trop heureux de trouver dans l'alcool et le jeu leur rédemption? Au delà de leurs rires gras, derrière leurs sourires et leurs manières simples de buveur, que se cachait-il... Le bonheur? Le désespoir? La honte? Jamais personne ne le saura. Ils préfèrent se terrer derrière leurs cartes plutôt que de dévoiler la vérité, habiles joueurs de poker qu'ils sont.

En tout cas, ce n'était pas sa place à elle. La fumée, seule souveraine en ce lieu de perdition, ne semblait pas prête à l'accepter, et, pour le lui signifier, lui faisait tourner la tête. Odeur d'alcool mélé aux piqures d'amour propres, le cocktail idéal pour mettre mal à l'aise. Mais au delà de ce simple mal-être, l'énervement et la frustration se formaient. Pour qui la prenait-il, ce gars?
Crocodile, qu'il se faisait appeler. Quelle présence d'esprit : Il a des grandes dents et un air de carnassier, alors allons y pour un crocodile. Il n'a pas dû chercher vraiment longtemps pour trouver ça. Et pourquoi pas hippopotame angora du sud-est? C'est agressif, cette petite bête, je peux vous le certifier. Mais non, ça manque de classe voyons. Crocodile, ça fait tellement plus voyou, plus... dangereux. N'était ce pas ce que cherchait ceux qui passaient du bon temps avec lui?
Du calme, pas la peine de s'énerver.
Quoique après tout, il l'a cherché. "Ouais, une petite bleue quoi!"Une petite bleue. Si il avait utilisé, je ne sais pas, "nouvelle", tout ça serait passé inaperçu. Mais bleu... ça sent le mépris.
Et puis, qu'avait-il à la fixer comme ça? Ça l'a mettait mal à l'aise. Il ne la prenait que comme un bout de viande au bout d'un fil. Non, ce n'est pas possible qu'il pense ça comme ça tout de même.
Et puis, cet air de prince, comme s'il s'apprêtait à lui ouvrir les portes d'un pays merveilleux, alors que tout ce qu'il avait à lui proposer, c'était un verre de jus d'orange dans un bar pourri, où il passait ses journées à roder et à dépenser.
Avait-il quelque chose à offrir d'autre que son assurance et sa tête de gamin trop vite grandi? Ses cheveux roux ne lui inspiraient plus rien. Îl lui semblait, en arrivant, qu'ils étaient de feu. Maintenant, il avait juste la teinte d'un carotte trop cuite. Etonnant les formes que peuvent prendre le déception...

Pas étonnant que, le mal de tête aidant, elle lui balance du tac au tac "Oui, bleuette, comme tu dis. Donne moi deux ans et je marcherai dans tes pas. Je passerai ma journée à boire du whisky et à draguer en ta compagnie. Au moins, comme ça, t'auras un semblant de vie sociale... non?"
Décalé, tout ça paraissait disproportionné. Tout sonnait faux ici. Mais qu'est ce qui sonnerait juste ici? Tant qu'a paraître décalée, autant le paraître encore plus : D'un geste qui se voulait naturel, elle posa son bras sur le bar et demanda calmement "Je peux avoir un verre de biere aussi?"
Que c'était cliché, la jolie timide avec le grand ténébreux. Si elle brisait cette image d'elle, peut-être qu'il la laisserait tranquille. Peut-être.
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MessageSujet: Re: Rangers vertes et bottines rouges [Luce E. Redboots] Lun 22 Fév - 8:07

— Oui, bleuette, comme tu dis. Donne-moi deux ans et je marcherai dans tes pas. Je passerai ma journée à boire du whisky et à draguer en ta compagnie. Au moins, comme ça, t'auras un semblant de vie sociale... non ?

Ça puait le sarcasme. Tarquinn n'était pas une lumière mais il ne fallait pas être grand sorcier pour deviner qu'elle se moquait ouvertement de lui. Et ça, le rouquin n'était pas sûr de l'apprécier. Il allait riposter quand, subitement, elle détourna le regard et héla le tavernier qui guettait la conversation d'une oreille sale et curieuse, tapi derrière le rideau de tabac :

— Je peux avoir un verre de bière aussi ?

Tarquinn, lui, ne la quittait plus des yeux. Cette fille insolente et insouciante captait toute son attention et tout chez elle attirait ses yeux voraces. Elle était sa proie. Tous les clients assez près pour entendre la conversation, qui connaissaient désormais les techniques de drague de Tarquinn, savaient déjà que la dénommée Luce venait de s'empêtrer dans le filet du Crocodile et ils se doutaient que ça n'était pas en luttant, résistant, bravant son adversaire qu'elle allait s'en extirper. Ils ne pouvaient que déplorer l'âge de cette innocente jeune fille. Mais ça faisait longtemps qu'ils s'étaient fait à l'idée que Tarquinn Rush, alias Crocodile, était un être abject.

À nouveau, une langue gourmande s'immisça d'entre ses lèvres pour les humecter. Peinant à cacher son enthousiasme, il lâcha d'une voix rauque :

— Tu as beaucoup à apprendre, Luce.

Il se tourna vers le tavernier qui, surpris à écouter, fit mine de s'affairer sous le comptoir :

— Deux choppes de vodka.

L'homme opina du chef et s'exécuta tandis que Tarquinn murmurait à l'oreille de sa proie en se penchant vers elle :

— Je vais te faire goûter la boisson des dieux.

Le tavernier revint rapidement vers eux, décidé à ne pas perdre une miette de ce dangereux mais passionnant entretien, et posa devant les deux jeunes gens deux verre si crasseux qu'il semblait teinter la robe translucide de la forte boisson en un jaune pastel. Tarquinn en glissa un vers sa partenaire de boisson avant de saisir fermement la hanse de l'autre pour la porter à sa bouche.

— À la tienne, Luce.

Et il but une gorgée de vodka avec un appétit vorace.
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