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:: OUVERTURE :: Que le spectacle commence !

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MessageSujet: :: OUVERTURE :: Que le spectacle commence ! Ven 9 Oct - 20:56



Voici le message que vous avez trouvé, à votre réveil, lorsque vous cheminiez vers la boîte aux lettres. Vous l’avez lu incrédule et surpris, puis vous êtes retourné chez vous. Il a traîné un moment avant que vous ne le regardiez de nouveau. Oh… après tout, pourquoi ne pas y aller ? On ne fait jamais assez la fête !


Et vous avez bien eu raison de vous y rendre. Au dos du message, il y avait un petit plan qui vous permit de trouver la bâtisse rapidement. Et quelle bâtisse ! Vous êtes stupéfait. Il y avait effectivement eu des travaux dans cette rue-là, mais vous n’y passiez pas souvent, et vous n’y avez jamais prêté attention. Eh bien !
Ça vous coupe tellement la chique que vous n’osez pas entrer. Vous hésitez, comme si derrière cette porte noire et massive, quelque chose d’étrange et d’interdit vous attendait. Comme s’il valait mieux se retenir de pénétrer dans cet antre douteux, comme si dépasser la ligne vous empêcherait tout retour…

… Oh… oh et puis tant pis !
Et vous poussez la porte, qui s’ouvre avec une étonnante facilité, au vu de sa taille. Et là, vous n’en croyez pas vos yeux. Quel sublime écrin… l’extérieur était certes impressionnant, plutôt imposant… mais là, l’élégance vous sidère. Des véritables chandeliers pendent du plafond et éclairent la salle à la lumière de mille et une bougies. Cet éclairage assez peu commode donne une ambiance chaleureuse et réconfortante. Une atmosphère vaporeuse et éthérée. Etes-vous toujours à Wonderland ?
Oui, très certainement. Au cœur même de la Merveille.

Mais on vient vous interrompre dans votre contemplation. Un jeune homme, charmant et aux traits fins vint vous aborder. Avec beaucoup de politesse et de décence, autant dans le langage que dans la tenue, il vous propose de vous défaire de votre manteau et autres effets personnels qui pourraient gâcher quelque peu votre soirée. Sans le faire attendre, et touché de cette attention, vous lui donner vos affaires, sans savoir que c’était peut-être la dernière fois que vous les verrez.

Ensuite, léger, vous vous avancez plus intimement dans la salle. Vos pas sont lents et indolents. Vos jambes vous portent sans peine, vous êtes particulièrement léger, à vrai dire… Vous ne cessez de regarder tout autour de vous, découvrant à chaque seconde un nouveau détail. L’agencement des tables, à la manière d’une salle de spectacle, la scène de théâtre, qui justifie ledit agencement, le bar, le monde qui vous entoure et qui, pareillement à vous, semblent émerveillé et ébaubi.

Alors que vous alliez en accoster un, attiré par une force aimable et altruiste, joyeuse et irrésistible, vous êtes retenu par une annonce.

« Mes Dames, mes Demoiselles, mes Sieurs… » Une jeune femme, aux anglaises rousses et aux yeux émeraudes se tient sur la scène. Elle est vêtue d’une magnifique robe victorienne, rouge et noire. Sur sa tête, un haut de forme blanc, qui répond à un joli nœud au niveau de sa poitrine. Vous remarquez que cela répond aussi à l'ombrelle, qu’elle tient en main. Elle a interpellé le public, l’attention se focalise sur sa personne. Elle esquisse un sourire charmant, et conclut :



« Le spectacle va bientôt commencer. »



CE QU’IL EN EST, HORS RPG


Spoiler:
 

Le topic restera là un mois (ou deux, si jamais il marche bien).
A venir, et pour ouvrir le bal, le fameux spectacle dont il est fait mention dans l’invitation.

Bon jeu à tous ! ^^
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MessageSujet: Re: :: OUVERTURE :: Que le spectacle commence ! Dim 1 Nov - 22:55

Et alors qu’elle s’évapore dans les coulisses, vous la regardez partir. Vous vous asseyez, on ne sait jamais et vous la regardez partir. Inconsciemment, vous vous rendez compte que tout le monde est dans le même état que vous. Il plane dans la salle une attente attisée à point, un désir de voir ce qui va se passer que vous ressentez et émettez à la fois. Tout le public est votre égal, dans l’expectative la plus délicieuse. Un léger nœud au ventre qui flotte et qui diffuse dans votre être entier un sentiment étrange et exquis.
Vivement la suite !


†††††††††††

« Monsieur. » Jalender s’arrêta dans sa lancée, ses anglaises esquissèrent un balancement léger avant de s’immobiliser sur ses épaules.
« Qu’y a-t-il, Wolfgang ? »
« Excusez que je vous arrête. Ce ne sera pas long. Simplement… je… ma tenue est-elle bien correcte ? Parfaite en tout point ? »
« Hum. » Jalender se stoppa pour de bon, résolu à s’occuper de son serveur. « Tu es superbe, allons. Tu sais bien qu’il ne faut pas t’inquiéter. Tu seras parfait. » Dit-il en réajustant sensiblement le chapeau du jeune homme.
« Je suis un peu nerveux. » Leurs regards se croisèrent, Jalender était impassible. Il fit une moue et répondit :
« Il ne faut pas. Si je t’ai choisi, c’est après mûre réflexion, et non pas parce qu’il me fallait quelqu’un. Remettrais-tu en cause la qualité de ma décision ? » Wolfgang fut surpris et ses sourcils exprimèrent alors qu’il était désolé.
« N… Non, bien sûr, monsieur. » Haussement de sourcil du petit chat. Il jugea bon de replacer la veste de son serveur qui n’avait nullement besoin de retouche. « Pardonnez mon inquiétude. »
« Je ne pardonnerai pas. Si tu te trompe, c’est que j’ai fais le mauvais choix. » Rétorqua t-il stoïque, en s’occupant de la cravate du garçon. Lequel parut interdit.
« La présentation est ma foi exquise, pourquoi faudrait-il que le contenu ne le soit pas ? » Continua Jalender, sans se soucier de l’effet qu’avaient produit ses paroles précédentes.
« Vous avez raison monsieur. » Le chaton passa une main douce et aimante le long de la mâchoire de Wolfgang, un sourire tendre et vaporeux aux lèvres.
« Je dois y aller, il faut faire vite. »
« Oui monsieur. Mes excuses une fois encore. »
« Les excuses ne valent rien, Wolfgang. » Dit-il alors qu’il s’en allait vers les loges. « Et n’oublie pas, mon cher, ce sera splendide.
Forcément. »

Et disparut enfin.


†††††††††††

« Rodan, j’aurais besoin de toi. » Cria Jalender pour se faire entendre. C’est que les loges étaient en folie : les danseuses se préparaient à bientôt entrer en scène. Dans une poignée de minutes le spectacle commencerait vraiment, et elles devraient toutes lever les jambes, garder le sourire et virevolter à en perdre la tête. Mais ce serait beau. Car c’était pour la beauté qu’elles se préparaient avec tant de soin. Pour la beauté des yeux, comme on dit. Ou plutôt, pour le ravissement de ces messieurs.

A peine entendit-il son nom que Rodan s’empressa :

« Oui Jaaal ? »
« Il faut se presser. Je prépare mon costume dans ma loge mais j’aurais besoin de toi. Tu es prêt ? »
« Oui, presque ! Je dois juste me maquiller et c’est bon !! »
« Bien ! Finis donc de te préparer, je commence à m’habiller. »
« Ouiii ! Tout de suite ! » Et il s’en alla sautiller jusqu’à sa loge, tandis que Jalender pénétrait dans la sienne. Il laissa au loin son ombrelle et défit le ruban qui soutenait sa perruque. Il l’enleva ensuite, posant les cheveux sur un mannequin qui n’avait d’utilité que celle-ci. Il alla se passer un peu d’eau au lavabo et commença de se démaquiller.
A ce moment, Rodan, rapide et hyperactif était déjà de retour. Il ouvrit la porte et s’infiltra dans la loge.

« Me voilà, Jaal, tu as besoin de moi ? »
« Oui, tu as été rapide. Aide-moi à me déshabiller. » Demanda t-il alors qu’il se saisissait déjà du tissu afin de l’enlever. Le garçon s’approcha immédiatement et s’empara d’un bout de la robe lui aussi. Il le tirait doucement afin de permettre à Jalender de se libérer sans s’emmêler.
Puis, une fois le corps séparé de l’habit, il le déposa sur la coiffeuse à leurs côtés. Pendant que Jalender s’occupait du soutient et des prothèses, Rodan défaisait les petits coussins et la crinoline. Il ne resta plus qu’à enlever les bas et voici le dandy déplumé, en tenue d’Adam bienséant. Il renvoya Rodan en le remerciant afin de troquer la dentelle contre un caleçon sans rencontrer de regards embarrassés.

Après quoi, il enfila sa tenue la plus usuelle, restant dans les tons de noir pour ne pas se faire remarquer. Comme il n’entrerait pas sur scène, il fallait qu’il puisse se faufiler dans la foule tout en étant discret pour admirer l’effet du spectacle. Il se vêtit donc d’un complet trois pièce entièrement noir, à l’exception, bien évidemment, de la chemise qui, malgré sa blancheur restait conforme à cette tenue, et donc moins extravagante qu’une chemise qui aurait été noire ; d’un haut de forme, des gants, et de chaussures lustrées.
Une fois habillé, il sortit et se dirigea directement dans la salle, en prenant soin de ne pas se faire repérer. Il alla s’installer dans la foule, comme si de rien, regardant néanmoins sur sa montre à gousset dans combien de temps le spectacle allait débuter.
Normalement, il ne devait s’écouler qu’une minute ou deux. Et effectivement, il ne fallut pas plus de temps avant que paraisse Wolfgang, majestueux, sur la scène esseulée.


†††††††††††


Le maître de cérémonie, le teint blafard et la bouche rouge vous regarde, un grand sourire aux lèvres. D’un coup de canne il rehausse son chapeau. Et enfin, il chante. Cela dit, outre l’horrible accent qu’il prend, ce qui est soit un fait exprès, soit un véritable massacre, vous constatez qu’il a une voix grave plutôt agréable. Il doit certainement être un bon chanteur, mise à part les farces et les grimaces qu’il exagère ici. A vrai dire, il ne danse pas vraiment. Il montre juste la scène, puis le Cabaret, dans des gestes d’emphases et des singeries amusantes. Mais à part une pirouette de temps à autre, on voit qu’il s’agit plutôt de présenter la bâtisse.
Alors, bien assis, et un sourire flottant aux lèvres, vous assistez guillerets à la présentation de ce monde merveilleux !


[WOLFGANG]
Willkommen, bienvenue, welcome!
Fremde, étranger, stranger.
Gluklich zu sehen, je suis enchanté,
Happy to see you, bleibe, reste, stay.

Willkommen, bienvenue, welcome
Im Cabaret, au Cabaret, to Cabaret


[Spoken]
Meine Damen und Herren, Mesdames et Messieurs,
Ladies and Gentlemen! Guden Abend, bon soir,
We geht's? Comment ça va? Do you feel good?
I bet you do!
Ich bin euer Confrecier; je suis votre compère...
I am you host!

Und sagen
Willkommen, bienvenue, welcome
Im Cabaret, au Cabaret, to Cabaret

Leave you troubles outside!
So - life is disappointing? Forget it!
We have no troubles here! Here life is beautiful...
The girls are beautiful...
Even the orchestra is beautiful!

You see? I told your the orchestra is beautiful!

[L’orchestre se manifeste. Il est en bas de la scène, à droite. Les danseuses sont entrées en scène, elles se mettent en place. Wolfgang reprend]

And now presenting the Cabaret Girls!
Cerise! (Cerise is so called because of the color of her
cheeks.) Catleya! (Oh, you like Catleya? Well, too bad!
So does Cerise.) Camélia! (Well Camélia is from Wollyland! But she's a very
cunning linguist!) Caprice!
(Oh, Caprice, please, will you stop that!
Already this week we have lost two waiters,
a table and three bottles of champagne up there.)
and Caramel! (Caramel is the baby. I'm just like a father
to her. So when she's bad, I spank her. And she's
very, very, very, very, very bad.)

Cerise, Catleya, Camélia, Caprice... Und Caramel!
Each and every one a virgin! You don't believe me?
Well, don't take my word for it. Go ahead- try Caramel!

Outside it is winter. But in here it's so hot.
Every night we have to battle with the girls to keep
them from taking off all their clothings. So don't go
away. Who knows? Tonight we may lose the battle!


[Wolfgang danse avec les Cabaret Girls]

[GIRLS]
Wir sagen
Willkommen, bienvenue, welcome
Im Cabaret, au Cabaret, to Cabaret!


[WOLFGANG]
We are here to serve you!
And now presenting the Black Cat Toys:
Here they are!
Cello! Istanbul!
Or is it
Istanbul! and Cello...
You know, there's really only one way to tell the
difference...
I'll show you later.
And, finally, the toast og Mayfir, Fraulein Odile Vöglen!


[ODILE]
Hello, darlings!

[WOLFGANG]
Bliebe, reste, stay!

[ALL]
Willkommen, bienvenue, welcome
Im Cabaret, au Cabaret,


[whispered]
Willkommen, bienvenue, welcome!
Fremde, etranger, stranger.


[WOLFGANG]
Hello, stranger!
Gluklich, zu sehen, je suis enchanté,
Enchanté, Madame.


[ALL]
Happy to see you,
Bliebe, reste, stay!

Willkommen, bienvenue, welcome!
Fremde, etranger, stranger.
Gluklich zu sehen, je suis enchante,
Happy to see you,
Bliebe, reste, stay!
Wir sagen
Willkommen, bienvenue, welcome
Im Cabaret, au Cabaret, to Cabaret


[WOLFGANG]
Thank you!
Cello, Istanbul, Cerise, Catleya,
Camélia, Caprice, Odile, Caramel and Me !
Welcome to the Cabaret!


__________________________WOLFGANG
FINAL !

Wolfgang, les bras ouverts, vous a gentiment accueilli. Eh bien, ça c’est de l’entrée en matière ! Et comme la salle éclate en applaudissement, vous y ajouter le votre, en guise de merci. A la fin de l’ovation, dans un sourire triomphant, Wolfgang s’incline et vous salue. Il retire son chapeau, le lance dans le public, et s’enfuit en coulisse.

Ne reste plus que les filles du Cabaret, qui commencent à s’organiser pour la prochaine danse.




Pendant que la musique est encore calme, les filles se dandinent plus qu’elles ne dansent, mais dès que ça s’accélère un peu, les voici qui font tourner leurs jupons et danser leurs jambes. Une envolée par-ci, une envolée par-là, et la musique retrouve un peu de son calme, alors on se dandine à nouveau. On fait dos au public et on montre nos jolis jupons multicolores. Ah, ça, des couleurs, vous en voyez des vertes et des pas mures ! Il y a de tout ! Du turquoise brillant à l’orangé qui scintille, il y a de tout. Un peu de rouge ici, un peu de vert là-bas. Du rouge encore, sur les cheveux de l’unique petite danseuse à porter une robe noire. Ça tranche, et Dieu merci, elle est au milieu – sinon c’eut été déplorable. Et la modeste chorégraphie continue avec parfois, quelques variations, comme ces petits sautillement vers l’arrière, ses tours, ses ronds de jambes sur le côté et puis sur l’autre. Les bras se joignent à la fête quand ils ne s’occupent plus de tenir les jupons. Et vous le sentez bien, que ça va crescendo. Non seulement la musique, mais la danse aussi, qui devient sensiblement plus folle au fur et à mesure des notes.
Et voici les grands mouvements de l’orchestre, annonciateurs de la fin prochaine ; et les grands mouvements des danseuses, amples, un peu moins fluides, marqués. La jambe est levée plus haut, les jupons volètent vers des cieux plus éloignés, on montre impudemment ou peut être par hasard un peu ou trop de ses bas, et on garde le sourire. Eeeeeet, emportée par le mouvement de sa comparse, une des filles s’écroule sur la plus jeune danseuse. Puis, le coup final ! Mais vous n’osez applaudir. Cette chute était-elle programmée ? Que se passe t-il ? Que faut-il faire ?
Pendant vos questions, la danseuse se confondait en excuses, ses mains affolées ou téméraires reposaient par le plus grands des hasards sur un endroit particulièrement plat de l’anatomie de l’enfant.

« Mais ? Que diantre ! Est-ce là un garçon ! » Rodan, manifestement apeuré, essaie de se rattraper :
« Ne… Non ! Bien sûr, allons ! Je suis jeune… et n’ai point eu le temps de m’épanouir tout à fait. » Mais déjà une autre danseuse, peu crédule et alertée par la rumeur s’empresse de se joindre au duo.
« Un garçon ici ! » S’écrie t-elle. « Seigneur, mais il faut le faire partir ! »
« Ah non ! » S’exclame le lutin un peu trop fort. Mais les pipelettes se sont déjà attroupées autour de lui qui essaie de s’enfuir. Alors qu’il réussit à passer la mêlée sans que lui s’emmêle et qu’il s’apprêtait à les laisser se démêler, une main lui attrape le pied et le force à revenir.
« Ah, s’il vous plait, un peu de piedté ! » Et une autre main se perd, en même temps qu’une interjection suivit de cette notice :
« Mon Dieu, c’est bel et bien un garçon. Un grand garçon que dis-je… ! » Et un éclat de rire aussi fin qu’un persan fuse dans la salle.
« Et vous osez le garder ici encore ? Mesdemoiselles ! N’avez-vous donc point d’autres divertissements ! »
« Elle a raison ! Il faut le répudier ! »
« Va t’en polisson ! »
« Va t’en ! » Et toutes en chœur :
« Va t’en ! Va t’en ! Va t’en ! »
Et sous ces assauts, le pauvre lutin ne peut faire autrement qu’obéir.
« Ah non mais franchement ! Comme s’il y avait des hommes dans la salle ! »
S’esclaffe en guise de commentaire une des danseuses. Toutes pouffent avant de disparaître gaiment en coulisse.

Et alors… il vous semble que vous pouvez applaudir.


†††††††††††


Quelques soupirs plus tard, une fois que le silence est revenu, des bruits de pas se font entendre. Un talon cogne régulièrement contre les planches. Un danseur entre en scène par le côté jardin et traverse la scène avant de faire demi-tour. Manifestement il fait les cent pas. Il est vêtu d’une tenue assez sobre, très garçon de café si ce n’était le pantalon particulièrement serré. Sa chemise est d’un orange plutôt sombre, et son veston, accordé à son pantalon est d’un vert tout aussi sombre que sobre. Son nœud papillon quant à lui, répond à ses gants et ses chausses, qui sont d’un noir uniforme. Vous apercevez qu’il est maquillé, mais il bouge trop pour que vous puissiez discerner exactement de quoi il s’agit.
Quelques secondes plus tard, Rodan déboule du même côté, essoufflé. Il se traîne encore un peu jusqu’au milieu de la scène où il s’effondre. Il a changé de costume. A présent, il est affublé d’une sorte de toge dont la couleur reste indéterminée. Elle traîne jusqu’au sol et tout ce que l’on aperçoit, ce sont les longues manches d’un pardessus ici en dessous, et de temps à autre, son pantalon. Il jette un regard au danseur, qui le scrute avec fascination.
Pendant ce temps, on s’aperçoit à peine que deux anneaux descendent lentement jusqu’à Rodan. Pourtant, alors que vous en prenez conscience, c’est les mouvements du jeune homme que vous perdez de vue. Et il a déjà défait son costume pour laisser deux ailes bossues et colorées comme des B sortir de son dos. Vous paraissez surpris : c’est que vous n’aviez jamais vu ce genre de papillon… ces ailes sont en effet toute marron, excepté deux cercles en haut et en bas, dont le contour est orangé et le cœur bleu. Vous êtes mêmes intrigués par les rebords blancs qui délimites les ailes. Cela est beau, vous dites vous.
Et vous êtes si concentrés sur ces détails que vous sursautez presque lorsque Rodan tend brusquement ses deux bras derrière lui. Lentement, il saisit les anneaux. Et lentement, ceux-ci reprennent leur course vers les projecteurs, soulevant petit à petit le buste du garçon, puis ses jambes, et enfin son corps entier. Suspendu au bout de ses bras tendus, le petit farfadet pointe son menton vers les lumières, et doucement balance ses jambes vers l’arrière de son corps avant de donner un grand coup et… looping ! Le voici la tête en bas, et puis en haut à nouveau, et en bas une fois encore. Mais il s’est stabilisé. Il vous regarde. Ses yeux verts et brillants vous fixent. Et dans cette position, aucun risque d’avoir les cheveux dans les yeux ! Vous voici donc face à deux pupilles qui vous observent. Les lèvres sont droites, l’expression du garçon froide et placide.

« Eh quoy, ils ne portent point de haut de chausses ! »


Jalender surveilla l’heure et jugea bon de partir. Certes, il ratait le spectacle de Rodan, mais il l’avait déjà suffisamment vu. Il ne fallait pas perdre de temps. Retournant dans les coulisses, il y croisa Wolfgang, qui l’attendait. Tout deux se rendirent dans les loges.
« Je vois que tu t’es déjà changé, c’est très bien. »
« Nous avions suffisamment répété les gestes, ce fut bref. »
« Parfait. » Sa voix était entrecoupée de soubresaut à cause de ses gestes rapides : il était en train de se déshabiller. Valse le chapeau et les chaussures. « L’opium fait-il effet ? » Demanda t-il en retirant sa veste.
« Il semblerait que oui, monsieur, je suis moi-même particulièrement détendu… »
« Voilà qui est bien, ils doivent tous l’être aussi ! » Et valse la chemise.
« Etes-vous sûr de ne pas en avoir trop diffusé ? »
« Tu es maître de toi, non ? »
« Oui… »
« Eh bien voila ! Tout est bien alors. Je ne veux pas les endormir. Je n’ai que faire d’une audience qui dort ! Aide-moi à présent s’il te plait. » Wolfgang se précipita sur la crinoline et la tint afin de permettre à Jalender de l’enfiler avec aisance. Il l’attacha ensuite à la taille, juste au dessus des hanches. Il resserra bien le tout pour éviter une chute malheureuse et tendit le jupon à son patron. Jalender passa la tête et une fois enfilée jusqu’au bout, laissa Wolfgang le placer correctement sur la crinoline. Pendant ce temps, il s’occupa de la robe.
Après l’habillage, il fallait encore se maquiller. Alors que Jalender poser sa perruque et l’arranger comme il le faut, son serveur préparait l’ombrelle et les gants. Ne pas oublier les lentilles de couleur, pour avoir les yeux bruns, et en dernier lieu, il se baissa pour mettre ses talons.

« Enfin ! Me voici perruqué et maquillé ! Mes gants, je te prie ? »
« Mais enfin, monsieur, il n’y a point d’oiseau ici…. »
« Les gants, Wolfgang… les gants… »
« Hum… tenez. Je vous porte votre ombrelle jusqu’à la scène. »
« Merci bien. Allons-y. » Conclut Jalender en jetant un dernier regard dans le miroir.


†††††††††††

Et looping !
Et le voici, plus haut encore, suspendu à ses bras tendus. Il vous regarde d’en haut, il vous regarde avec le sourire. C’est un seigneur à présent, c’est un seigneur tout puissant.
Et les étincelles de ses yeux vous sont des éclairs qui vous transpercent le cœur.
Mais cet intimidant moment prend bientôt fin, tout comme la musique qui s’efface peu à peu. Et alors qu’elle s’éloigne, le garçon reprend ses tours d’anneaux afin de redescendre sur terre. Arrivé à une hauteur raisonnable, il s’élance vers le sol et… vole ! Il vole ? Impossible ! Vous vous cramponnez à votre siège, et l’idée vous traverse qu’il est peut-être, sûrement en fait, attaché un fil. Mais diantre l’illusion est bien rendue ! Vous ne savez certes pas encore qui est le gérant de la bâtisse, mais il a un sacré mérite.
L’envol se termine lorsque le garçon pose son genou au sol. C’est alors que croyez voir le fil qui le retenait s’évanouir vers le plafond. Rodan lui, garde la tête basse et l’air à la fois affligé et prêt à bondir. Pendant cette petite pause, silencieuse, vous prenez le temps d’observer les deux danseurs. Le garçon est vêtu de gris pour le bas, à l’exception de ses chaussures noires qui s’accordent à ses gants et sa chevelure. Sa chevelure… n’était-elle pas rouge, tout à l’heure ? Ou alors, c’est un autre petit garçon ? Cette question finie par vous échapper. Quelle importance ?
Vous préférez plutôt vous concentrer sur l’autre jeune homme qui s’approche à pas de loup vers le papillon. Curieux, il prend ses précautions, ne se presse pas. Mais une fois qu’il est arrivé, il penche légèrement la tête eet… Bond !



Rodan se rétablit par un saut prompt et efficace. Les violons, ou peut-être le bond, font sursauter l’autre danseur qui se recule. Et commence alors une sorte de chasse, où l’on voit, pour une fois, le papillon dans la peau du chasseur. Ses mouvements sont brusques et amples, ce qui effraie l’autre danseur. Un pas en avant. Ah ! L’autre évite par une rondade arrière, enchaînée, juste pour la beauté, d’un salto dans le même sens. Mais Rodan ne perd pas le nord et rejoint sa proie d’une simple roue sans les mains – le minimum…
A terre, il se redresse vite et envoie son poing vers le danseur. Ses manches, que vous trouviez plus longues que de raison, se déploient alors dans les airs, à la verticale et dans un mouvement surprenant. Le serveur attrape le tissu à la volée et tire, ramenant contre le lui, dans une rotation, le jeune enfant. Il le repousse dans une rotation inverse tout en maintenant le tissu. Au bout du tour, Rodan tire un coup sec sur sa propre manche pour se défaire de l’emprise d’Istanbul, soussignant sa libération d’un grand jeté tout à fait charmant.
Là, les assauts se suspendent un instant. Les deux adversaires se font faces mais s’observent. Ils hésitent tout deux à revenir à la charge. Finalement, c’est le serveur le plus rapide, il s’élance et impose sa main sur l’épaule du garçon, avant de le pousser vers l’arrière. Rodan se rattrape sur les mains et tenant quelques secondes le poirier, repose aussi doucement qu’un invertébré ses pieds sur le sol. Usant de cette feinte, il se jette sur l’autre danseur qui le rattrape. Sans qu’il n’y paraisse, il a déjà posé sa main sous son omoplate et saisi son autre main, et les voilà qui valse. Ils reviennent vers le centre de la scène, où Istanbul fait tournoyer Rodan. D’ici, le jeune enfant s’élance derechef dans un grand jeté afin de retrouver sa place et termine son mouvement par un saut immobile. Istanbul l’aide à ce propos en le tenant fermement par la taille, et valsons un tour encore, avant de reposer notre tribu.

Redan s’agenouille baisse la tête mais très vite la relève en même temps qu’il dresse son bras vers le ciel, dans un mouvement suffisamment net pour que le tissu s’envole lui aussi. Et en même temps que le tissu redescend, sa tête aussi. Alors, Istanbul lui attrape un bras et l’aide à se relever, dans un piqué tourné tout à fait remarquable. Enfin, le danseur s’agenouille à son tour, et Rodan s’approche de lui. Il pose son genoux contre le sien, appuie sa main sur son épaule et se tient ainsi en équilibre. La tête penchée, presque entièrement cachée par celle du danseur. Dans ce tête à tête, vous réalisez alors que le maquillage d’Istanbul représente des pétales. Sur sa peau mordorée s’en dessine quelques uns, au coin des yeux. Leur centre est certes blanc, mais leur contour est couronné d’orangé légèrement marron. Pourquoi ce symbolisme, de toute façon ?
Tout ceci est bien sérieux, et voici que le jeune papillon récite, doucement et sur un ton monotone qui alourdit l’ambiance.


RODAN
To be and to become, there lays the question
Whether it is nobler in the head to suffer
The dreads and assaults of outrageous fortune
Or to take arms against a storm of troubles
And by opposing, end them.


Il lève une dernière fois la tête, pour regarder Istanbul dans les yeux, et soudain, s’effondre. Le jeune homme le soutient, mais le garçon est mort. D’un air triste, le visage sensiblement dressé vers la lumière, et les yeux perdu dans un vague haut et indiscernable, il rétorque :

ISTANBUL
Et par ce repos dire adieu.
Adieu, à demain;
Aller dormir: et peut-être, rêver.


BOM ! Il baisse la tête. Un grand coup de grosse caisse, amplifié par un son lourd et sourd. Les lumières s’éteignent et le rideau tombe.

†††††††††††


Le rideau est toujours au sol lorsqu’on entend les sons étouffés d’une nouvelle musique. Avec délicatesse, les violons font sonner leurs tristes sanglots et leurs croches émouvantes. Alors qu’ils haussent le ton, accompagnés d’une harpe dont les fils qu’on pince semblent tirer ceux des rideaux, la scène se découvre. Vide pour l’heure. Un détail néanmoins intrigue : ce coquillage blanc cassé en arc de cercle, creux, décoré à l’intérieur de lamelles plus creuses encore, au centre de la scène. Il donne directement sur un canal qui s’engouffre manifestement dans la scène elle-même. Comment est-ce possible ?
Vous en êtes là de vos réflexions lorsqu’une jeune fille qui ne tarde pas, se montre, vêtue d’un ensemble splendide rouge et blanc.



Flânant le long de la scène, elle fait tourner légèrement son ombrelle qui repose sur son épaule. Elle regarde en l’air, vers un ciel d’artifice et de bois. Se croyant seule, elle ne voit pas venir un jeune homme distingué. Bien que son ensemble à lui soit maintenant agrémenté de quelque lignes rouges, pour souligner les bords de la veste, ou pour remplacer cette cravate qui était noire et s’accorder à l’inverse de la demoiselle, vous reconnaissait Wolfgang. Bien plus élégant que tout à l’heure, sans son maquillage exagéré et peu adapté. Bien plus charismatique, à présent qu’il se devait de jouer le citadin plutôt que le clown.
Tac. Fait son ombrelle en touchant le sol. Elle aussi est parfaitement accordée avec sa tenue, et vous remarquez vite la dentelle au bout des baleines, ce qui vous fait sourire.

Alors que les violons se font plus lancinant, Wolfgang s’approche de la jeune fille, et par sa main qu’il lui tend, il l’invite à le rejoindre.
Il s’approche d’elle et la laisse faire le premier pas. Elle pose sa main sur son épaule. Lui, un peu plus bas que l’omoplate, tachant de ne pas trop défaire les plis de sa robe. Enfin, leurs mains s’entrelacent. Pourtant, ils restent un moment immobiles. Ils s’observent, se scrutent gentiment, le sourire aux lèvres. Et puis, la musique s’envole délicatement un ton plus haut, alors que les deux jeunes gens commencent à danser. Jalender recule lorsque Wolfgang avance, et les voici qui s’élancent dans une ronde infinie. Très lentement, s’adaptant à la musique particulièrement languissante, ils tournent avec douceur. Sans tenir vraiment compte des élans un peu plus enthousiastes de la musique à certains moments, le couple valse paisiblement. La tête proche, légèrement baissé, presque tempe contre tempe, ils valsent, le plus paisiblement du monde.

Mais l’exception faisant la règle, Wolfgang se permet, pendant un des élans, de faire tournoyer Jalender avec beaucoup de grâce et de lenteur. Lorsqu’elle lui revient, et leurs mains s’entrecroisent de nouveau, ils continuent.
Et alors qu’ils dansent et que toute l’attention est focalisée sur eux, une trappe au sol s’ouvre derrière. On comprend alors à quoi sert le canal qui conduit jusqu’au coquillage. En effet, de la trappe sort un cygne, un vrai. Vivant et noir, superbe et majestueux. Au coin de ses yeux, ses plumes sont bleues, presque turquoise, si ce n’était cette touche trop sombre. Cela ressemble à de la soie, vous dites vous.
Doucement, le cygne coule le long de l’eau étendue. Peu avant qu’il n’arrive à la hauteur de Jalender et de Wolfgang, ceux-ci, subtils, s’effacent sur le côté pour lui céder le passage. La trappe se referme et l’animal les devance. Les danseurs reprennent leur position centrale. Très vite néanmoins, on se rend compte que, tout comme le cygne, les jeunes gens s’avancent vers le public.

Puis, l’oiseau royal arrive enfin dans le creux du coquillage ; exactement au même moment que les valseurs qui se placent légèrement au-delà de ce dernier. Et, alors qu’ils ont arrêtés tout mouvement, manifestement enchantés par la beauté de l’animal, une lumière émane de son cœur. Une silhouette féminine se dessine dans l’éclat éblouissant, qui petit à petit s’atténue. L’audience assiste alors à une véritable métamorphose.

Les plumes disparaissent sous la chair d’albâtre, et seules quelques unes se transforment en chevelure aussi sombre qu’auparavant. La pose que le cygne humain prend alors vous évoque un souvenir trop éloigné pour que vous arriviez à le saisir. Mais tout de même, ce bras au niveau de la poitrine et cette main plus bas… hum ?

« Oh ! » S’exclament Jalender et Wolfgang, parfaitement synchrones, en découvrant la subtile nudité.
Et BOM ! Un grand coup de grosse caisse, amplifié par un son lourd et sourd. En rythme, les danseurs cachent les secrets de l’amour. Jalender se charge des plus hauts et des plus frivoles, et Wolfgang des plus convoités.
Doucement, on entend les cordes se réveiller, et une nouvelle mélodie se composer. Toum, tou dou, tou toum.

Odile, sur son coquillage ne bouge point, regardant l’audience de ses yeux d’ambre que les plumes bleues à leur creux soulignent. Mais bientôt des chérubins dansants lui apportent quelques voiles. Au bout d’une baguette noire et laquée, on l’enrubanne avec soin. Voilà les frivolités dissimulés, voici qu’on s’attaque aux convoitises…
Tac et tac, les rubans sont détachés des baguettes et épinglés entre eux pour tenir au corps. Et les chérubins s’en vont comme ils sont venus. Mais l’amour reste impassible.
Bientôt, un angelot aux cheveux écarlates s’approche de Jalender pour lui remettre une jupe tandis qu’une jeune fille offre à Wolfgang un corset assorti. Tout deux, et en même temps, rangent leur ombrelle sous le bras afin d’habiller la jeune demoiselle qui a déjà tourné le dos au public. Quel dommage de rhabiller ce dos nu et si sensuel… mais ce serait trop pour notre cher public, et nous tenons à le ménager !

Et pour que le public survive à une telle beauté, Jalender, par jalousie et magnanimité se plaça devant la belle et l’aida à passer son jupon. Il l’attacha et, sûr que les rondes plaisances de l’Amour étaient maintenant bien cachées, il reprit sa place. A cet instant vous pouvez apercevoir le jupon un peu mieux. Ah ! vous aviez raison : c’était bien de la soie, ce tissu turquoise foncé ! Mais vous n’aviez pas remarqué les volages en soie bleu clair, ni que le corset était fait des mêmes couleurs. Et parlant de corset, c’est Wolfgang qui prit la succession. Alors que l’introduction continuait toujours, plus longue que vous ne l’auriez pensé, il lui présenta le corset de face et l’enveloppa avec par la suite. Comme le corset se laçait dans le dos, le public fut bien heureux du petit divertissement qu’on lui offrit avant le spectacle. Partant du bas, Wolfgang laçait le corset tout en suivant le rythme de la musique. Premier temps, il passe dans un trou, deuxième, dans celui d’en face, troisième dans le trou au dessus, quatrième, dans celui d’en face encore, et au cinquième, marqué, il serre ! Et à chaque accent au cinquième temps – en vérité, le premier à nouveau – Wolfgang resserrait les lacets.
Une fois arrivé en haut, toujours en rythme, une boucle, deux boucles, on passe, je tire. Une boucle encore, deux boucles toujours, on repasse, et je retire !

Puis Wolfgang reprit enfin sa place, tandis qu’Odile, maintenant toute habillée, décrivait un rond parfait avec ses bras. Se grandissant à la pointe de son pied, elle tourna la tête en même temps que son bras droit, qu’elle posa sur l’épaule du serveur avant d’effectuer une rapide rotation en sa direction. Et la voici dans les bras du jeune homme, soutenue par son bras gauche qui s’appuie sur l’épaule du garçon ; et par le bras droit de celui-ci qui la maintenait au niveau du milieu du dos.
Alors, la main droite de l’amour se pavane sur le torse de l’innocent qui, fasciné, poussé par un sentiment inconnu et dont il ignore la provenance, se met à chanter sa joie.



L'amour est un oiseau rebelle
Que nul ne peut apprivoiser
Et c'est bien en vain qu'on l'appelle
S'il lui convient de refuser
Et le corps s'adjoint aux mouvements de la main. Mais bientôt, la menotte est saisie, et sa semblable l'invite à danser. Alors Odile se tourne plus exactement vers Wolfgang, il resserre son étreinte d'un geste net. Enfin, ils commencent à danser, mais déjà, s'aidant du torse du garçon, l'amour s'envole en rond vers Jalender.
Soudain, Odile prend la suite, et à son tour, elle chante. La voici qui tourne pique jusqu'à tomber dans les bras de sa dulcinée. Laquelle l'invite à valser quelques temps, avant que l'amour, plus indécis qu'un métronome se tourne déjà vers Wolfgang. Et comme on le supposait, la voici qui retourne vers son aimé.Rien n'y fait, menaces ou prières
L'un parle bien, l'autre se tait
Et c'est l'autre que je préfère
Il n'a rien dit mais il me plait
L'amour, l'amour, l'amour,
L'amour est enfant de bohème
Il n'a jamais jamais connu de lois
Celui-ci l'accueille bras ouverts, et les voici qui reprennent la danse. Finalement, cette chorégraphie n'a rien de complexe. Mais vous appréciez le changement de chanteur, en fonction des couplets.
Et voila Odile qui chante à nouveau. Vous reconnaissez un Tango dans leurs mouvements, et vous songez qu'un Tango à trois... Ah ! L'infidèle, voici qu'elle repart vers la demoiselle ! Elle grande saute et tourne pique encore eeet... se laisse tomber ! Dieu merci sa dulcinée la rattrape ! Ouf... Quand même, il faut avoir sacrément confiance... Mais alors qu'elles virevoltent, l'Amour commence déjà à se détacher.Si tu ne m'aimes pas je t'aime
Si je t'aime prend garde à toi
Si tu ne m'aimes pas
Si tu ne m'aimes pas je t'aime
Mais si je t'aime, si je t'aime
Prends garde à toi
L'oiseau que tu croyais surprendre
A tire d’ailes s'envola
L'amour est loin, tu peux l'attendre
Tu ne l'attends plus, il est là

Tout autour de toi, vite, vite
Il vient, s'en va puis il revient
Tu crois l’étreindre, il t'évite
Tu crois l'éviter, il t’étreint

L'amour, l'amour, l'amour,
L'amour est enfant de bohème
Et de lois jamais n’en connaîtra
Ah pour sûr, c'est un oiseau bien oisif ! Le voici déjà qui repart vers le muet. Terrible animal que cet Amour ! Voyez comme il marche avec tant de langueur auprès de l'homme... Lui, galvanisé, semble la protéger de son bras. Mais soudain, Wolfgang, comme on lancerait un oiseau pour qu'il vole, encourage l'Amour à aller vers la belle.

Et l'Amour volète, sur la pointe des pieds, il fait sa révolution autour de la jeune fille et fidèle seulement à la parole, il vient et s'en va, et revient au final. Mais dans la main, Jalender va pour faire tournoyer Odile, mais c'est elle qui le fait tourner. Et dans sa rotation, la belle semble vouloir s'éloigner, mais l'Amour la force à s'arrêter et l'enlace tendrement.

Puis il lui donne un bref répit, en lui accordant la Valse du Condamné. Mais cela ne dure guère, comme vous pouvez le deviner. Et après une dernière minauderie, L'amour dans un baiser final, s'enfuit de l'étreinte de la belle. Et son rire semble rester, comme un écho.
Immédiatement, Wolfgang l'accueille tout souriant. C'est toujours la même chose, vous dites vous. Mais, oh ! Surprise ! Profitant d'un temps marqué, Odile se cambre, les jambes légèrement pliées, soutenue par Wolfgang, fier et droit. Et, avec une extrême délicatesse, Wolfgang suit le mouvement, faisant pencher toujours plus sa partenaire.
Si tu ne m'aimes pas je t'aime
Si je t'aime prend garde à toi
Si tu ne m'aimes pas
Si tu ne m'aimes pas je t'aime
Mais si je t'aime, si je t'aime
Prends garde à toi Et c'est avec professionalisme que les danseurs tiennent la pose dans cet ultime couplet, tenant également la note avant que la musique ne leur autorise à faire silence. Et c'est sur un tendre baiser que prend fin le spectacle.

TADA !
Le rideau tombe, et Jalender est repoussé hors de la scène. Il semble perdu, déboussolé et désemparé. L’air presque affolé mais surtout très triste, il déambule entre les tables. La mine d’une femme en chagrin d’amour, il vogue de port en port, flottant avec peine à la surface, jusqu’à être balloté à une table où il s’échoue.
Il s’assoit sur celle-ci, comme une amazone sur un cheval, pose son ombrelle sur son épaule et s’enivre de ses tourments.

Quand soudain, il aperçoit le marin.
« O Capitaine ! Mon Capitaine ! Notre effroyable voyage est fini
Le vaisseau a franchi tous les caps, la récompense tant cherchée est ici ! »


Et de ses plus beaux yeux, les cils battants et les émeraudes scintillant, Jalender esquissa un sourire franc (?) et charmant. Se redressant, et retrouvant sa dignité en même temps que son élégance, il ancra son regard dans celui de son vis-à-vis. Et, d’une voix un peu trop traînante :

« Voulez-vous jouïer avec moi, ce soir… mister L’inconnu ? »






MODALITES HORS ROLE PLAY

Spoiler:
 


Parce que je les ai un peu massacrés…

EN LITTERATURE
  • Shakespeare (in Hamlet)
    « RODAN [Hamlet]
    To be or not to be, that is the question
    Whether 'tis nobler in the mind to suffer
    The slings and arrows of outrageous fortune
    Or to take arms against a sea of troubles
    And by opposing end them. »


    « ISTANBUL [Hamlet]
    And by a sleep to say we end
    To die, to sleep;
    To sleep: perchance to dream. »


  • Walt Whitman (in Leaves of Grass)
    « Oh, Captain, my Captain ! our fearful trip is done;
    The ship has weather'd every rack, the prize we sought is won ! »


  • Alfred Jarry (in Gestes et Opinions du Dr. Faustroll, ’Pataphisicienl)
    « Voulez-vous jouïer avec moi, mister Loyal ? »

  • Montaigne (In Essais, "Des Cannibales").
    « Eh quoy, ils ne portent point de haut de chausses ! »
EN MUSIQUE
  • "Habanera", Carmen, Bizet
    [[b]Note[b] Etant donné que je ne sais pas compter en temps, les « temps » ici sont les notes, ou si vous préférez, les sons « toum(1), toudou(2/3), tou(4) tou(1, alias le 5ème, celui qui est marqué) ». Tapez-le en rythme, vous verrez. Cette petite explication afin que tout le monde se figure bien comment j’ai vu la scène : ) ]
  • "Aquarium", Le Carnaval des Animaux, de St Saens
  • "Wilkommen", Cabaret[i], B. Fosse
    Merci à Wall E et Lulu de m’avoir permis de l’utiliser telle qu’elle *o* et en voici une video.
  • "La danse des valets", [i]Romeo et Juliette, Prokofiev
  • "Intermezzo", Cavalleria Rusitcana
  • "Can Can", Gaité Parisienne, Hoffenbach
DIVERS
  • Vénus, Boticelli
  • de Montesquiou, Robert <3 (Dieu ait ton âme :' )
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MessageSujet: Re: :: OUVERTURE :: Que le spectacle commence ! Lun 2 Nov - 23:10

Lucian avait assisté au spectacle d’entrée avec l’œil impavide quoique vaguement admiratif de l’homme qui n’y connait absolument rien. Il arrivait relativement à se débrouiller avec la musique de cabaret, mais son oreille de néophyte luttait sur les harmonies plus classiques de l’opéra. Intellectuellement, il arrivait à saisir, en s’appliquant, le rythme de l’œuvre, mais Alexis ne s’était pas vraiment concentré sur l’éducation artistique de son fils adoptif et les mouvements des danseurs lui demeuraient aussi cryptés que les hiéroglyphes tortueux des invocations de sorcières. Tout ce qu’il aurait pu dire, c’était que c’était joli. Triste vérité : Lucian était un ignare total dans tous les domaines de l’élite sociale, mode, art, culture ou décadences.

Au moins, il avait fait un effort particulier sur sa tenue. Il avait demandé l’aide de sa voisine pour la choisir et son costume était très convenable, noir et élégant, loué pour la journée. Bon, ce n’était pas pour autant qu’il était bien élégant. Il avait changé d’apparence spécialement pour l’occasion, adoptant les traits d’un autre de ses voisins, un marin élégant et hargneux qui possédait à peu près la même carrure que lui – les mêmes cheveux blonds courts, aussi, et des yeux délavés sans couleur particulière. Il se sentait moins déstabilisé ainsi ; se mouvoir dans un corps de petite fille avait été passablement… étrange. Il n’avait pas arrêté de se casser la figure dans l’herbe, déjà, ce qui était indéniablement adorable mais extrêmement embarrassant. Surtout que s’étaler en robe signifie risquer de montrer sa culotte aux Traqueurs qui vous suivent et, corps d’emprunt ou non, Lucian était très pudique. Non, un corps d’homme adulte était définitivement plus pratique. Froggie lui avait enseigné quelques gestes de gens de la haute, même si le résultat avait manqué la faire mourir de rire, et il s’était appliqué à réviser quelques pas de danse avec la vieille dame qui habitait au-dessus de chez lui.

Bref, il n’était absolument pas préparé à se faire aborder par la demoiselle rousse qui aboutit soudain à la table qu’il partageait avec Frog. Sa surprise se manifesta par un clignement d’yeux lorsque la jeune femme s’assit sur la nappe, semblant se recueillir avant de lui adresser un long discours :

« O Capitaine ! Mon Capitaine ! Notre effroyable voyage est fini
Le vaisseau a franchi tous les caps, la récompense tant cherchée est ici ! »


La jeune fille planta les yeux dans les siens. Un peu étonné, Lucian lui renvoya son regard. Voulait-elle un verre pour la récompenser de sa performance ?... Mais il n’avait que de la bière…

« Voulez-vous jouïer avec moi, ce soir… mister L’inconnu ? »

Jouer ? Il devait danser ? De petits signaux de paniques s’allumèrent derrière le visage indifférent de Lucian. Il n’était pas homme à se sous-estimer – Alexis, et son expérience de Traqueur, lui avaient appris à savoir évaluer correctement ses compétences pour s’en servir au mieux – et il en était certain : ses quelques talents de danseurs suffisaient pour faire illusion au bras de Frog, mais pas contre une jeune femme experte.

Contre une jeune femme. Oh Big Bad Wolf. C’était une chose de se danser avec sa vieille voisine et une autre de se retrouver contre une femme jeune, belle et richement vêtue. Non que le Traqueur soit tombé sous le charme de l'inconnue ; c'était là une description objective de la rousse, et il aurait été ridicule de tenter de nier son côté agréable à l'oeil. Lucian n'avait pas l'instinct du chasseur de beauté et, s'il avait une libido, il la cachait soigneusement. Simplement, la situation lui apparaissait comme terriblement embarrassante et, près de lui, Frog confirmait cette impression en s’étranglant de rire dans sa chope. Toujours inexpressif malgré tout - à peine si un froncement de sourcil un peu plus prononcé révélait sa nervosité -, Il hésita sur la marche à suivre. Avec tout ça, que venait faire la récompense évoquée ? Devait-il lui offrir à boire, puis la faire danser ? Ou alors la jeune femme voulait réellement jouer avec lui… C’était toujours possible. En fait, c’était le plus logique. Elle avait bien utilisé le terme jouer, après tout.

Frog lui fit signe de se lever et il obéit sagement, souple comme un piquet de bois. Se souvenant vaguement des instructions de sa vieille voisine, il salua avant de chercher à adopter une posture qui puisse signifier à la fois qu'il était près à danser si elle le souhaitait tout en pouvant passer pour une position naturelle et innocente si la jeune femme n'avait pas ça en tête. Le résultat final ressemblait fâcheusement à quelqu'un debout les bras ballants.
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Lucian Hauer
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MessageSujet: Re: :: OUVERTURE :: Que le spectacle commence ! Lun 9 Nov - 21:19

Pauvre garçon, il avait l’air tout déboussolé. Jalender jubilait intérieurement de sa petite manigance. Il faut dire, l’hôte des lieux avait convenablement choisi le port dans lequel il s’était échoué. Il avait repéré du coin de l’œil ce petit matelot en perdition, cette bouille charmante aux cheveux blonds et aux yeux bleus. Il aurait pu être franchement élégant, s’il n’avait pas eu cette moue stupéfaite et dubitative lorsque Jalender se fut assis.
Mais au moins, il savait à quoi s’attendre : son nouveau partenaire ne devait pas bien connaître la danse. Qu’importe, il se ferait un plaisir de la lui apprendre.

Le sourire les lèvres, le petit chat regarda son marin s’ériger péniblement. Il fallait se lever..? Eh oui ! Subtilement, Jalender remercia d’un hochement de chef la jeune demoiselle assise au côté de sa proie. Décidément, les femmes sont les vraies maîtresses de cérémonies : elles ne perdent jamais le nord et ont toujours l’initiative. Et Earley était certainement leur plus grand admirateur. Revenant à son mousse, il le regarda avec compassion, comme un enfant observerait la souris qu’il va offrir à son boa.
Hais confiance… fu fu !
Eternellement joueur, le jeune homme s’approcha de la planche, doucement. Avec une pointe de langueur, mais surtout, de la manière la plus délicate qu’il pu : il ne fallait pas effrayer la souris. Il ne fallait pas la faire fuir… Il prit la main du garçon, lentement, frôlant à peine ses doigts, mais les frôlant suffisamment pour lui intimer un geste.
Il lui fit poser sa main sur sa hanche, ce qui n’était certes pas très correct, mais le matelot aurait-il eu le courage de la poser plus haut ?
Rien n’était moins sûr, pour cet angelot prit de vertige.

De celle qu’il avait de libre, il enserra l’autre main du jeune homme et les leva à mi hauteur.

« N’ayez crainte. » Lui susurra t-il en s’approchant de son oreille. Il y demeura une demie seconde de trop et retrouva sa place. « Vous n’avez qu’à vous laisser faire. Quand j’irai en arrière, vous ferez un pas en avant. Vous allez voir… »
Et sans le prévenir outre mesure, il resserra son étreinte, et fit effectivement un pas en arrière. Le garçon, maladroit et toujours mal à l’aise fut surpris et entrainé par la force (?) de la danseuse… ou du moins, par l’élan de son recul… (?), rencontra assez étonnamment la crinoline de la Jalender. Bonté divine ! Ces choses là sont-elles si souples, véritablement ? Ou est-ce le tissu qui semble si doux..?

Mais sans lui laisser le temps de disserter sur la délicatesse de la soie, le chaton continua de danser et fit un nouveau pas sur le côté. Et cette fois, sans prévenir. Tout ce qu’il dit fut pure mascarade :

« Je n’ai pas souvenir de vous avoir vu auparavant. Viendriez-vous de loin ? » Avec un battement de cils et un faux sourire. Et, en supplément, un nouveau pas.
Le jeune homme allait-il lui marcher sur les pieds, ou n’allait-il pas ? La suite, au prochain épisode !


Dernière édition par Puss In Boots le Jeu 19 Nov - 22:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: :: OUVERTURE :: Que le spectacle commence ! Ven 13 Nov - 17:55

Apparemment, Lucian avait deviné juste : c’était bien la danse que la jeune femme avait en tête. Elle s’approcha doucement, lui saisit la main avec délicatesse pour l’inciter à poser la main sur sa hanche. C’était très bas. Lucian n’était pas sûr que sa vieille voisine l’ait fait mettre la main à cet endroit-là. Il était à peu près sûr qu’il s’en serait souvenu, mais la jeune femme était sans doute une professionnelle de la danse et, de toute façon, il ne se voyait pas formulant une objection devant tout ce monde.

Il cligna des yeux en le comprenant : il dansait effectivement devant un public. La jeune femme, après tout, semblait être l’organisatrice du spectacle ; les gens devaient regarder. Oh Big Bad Wolf. Il sentit ses gestes se raidir encore d’avantage, suivant maladroitement le mouvement de la rousse lorsqu’elle lui fit lever l’autre main. Les invités se trouveraient sans doute quelque chose à faire, non ? Danser aussi, ou discuter, ou boire leur consommation… Du moins, il l’espérait ardemment.


- N’ayez crainte, lui murmura-t-on à l’oreille.

Les oreilles étaient une partie sensible de Lucian. Déjà à deux doigts de virer à l’écarlate sous l’embarras, elles décidèrent que c’en était trop et franchirent le pas. Le cerveau soudain un peu freiné, Lucian mit quelques secondes à s’apercevoir qu’on avait continué à lui parler.


- Vous n’avez qu’à vous laisser faire. Quand j’irai en arrière, vous ferez un pas en avant. Vous allez voir…

Il vit, en effet ; la jeune femme joignit aussitôt le geste à la parole, lui refusant quelques minutes de méditation pour a) se remettre de l’attentat auriculaire qu’il venait de subir b) surmonter un peu son embarras et c) calculer comment il pouvait combiner danse et contact minimum avec sa partenaire de jeu. Bon soldat, cependant, il effectua le pas en avant demandé, manquant percuter sa partenaire, son torse pressant donc, par nécessité, les… la poitrine de la rousse. Il se recula autant que possible, mais elle le feinta d’un pas sur le côté qu’il suivit de son mieux. Ca ne pouvait pas être plus difficile que le combat, non ? Vous voyez votre adversaire attaquer, vous ripostiez ; vous voyez votre ennemi prendre un pas de côté, vous l’imitiez. Le principe était presque le même, en complètement différent.


- Je n’ai pas souvenir de vous avoir vu auparavant. Viendriez-vous de loin ?

Il releva la tête de ses pieds, qu’il observait avec attention. Il avait presque oublié : il fallait regarder son adv… partenaire en dansant. Le concept lui semblait aussi absurde que se battre à l’épée sans regarder ses mains.

- Woollyland, répondit-il un peu distraitement. Mais je fais surtout des voyages de croisière, donc mes permissions à terre sont assez courtes…
Ce qui était presque vrai : le véritable propriétaire de son apparence actuelle travaillait effectivement sur un navire de croisière. Il s’efforçait toujours de suivre les mouvements de la danse. Les premières tentatives furent des semi-échecs : il partait trop loin, ou manquait lui marcher sur les pieds – réflexes vifs obligent, il arrivait à lever les siens avant de la piétiner. Puis il parvient à peu près à maîtriser. Il ne lui manquait plus qu’à acquérir grâce, souplesse et talent pour pouvoir être déclaré danseur passable. En attendant, il fit l’effort d’Entretenir La Conversation, ce qui était très important dans les fêtes même si ça allait encore le distraire et lui faire rater ses pas.

- Et vous ? Vous habitiez à Wonderland avant d’ouvrir ici ? Qu’est-ce qui vous a décidée à sauter le pas ?

Déduire qu’elle était, sinon une habitante, du moins une habituée de Wonderland lui semblait logique si elle pensait avoir pu le voir auparavant. Quant à la question suivante, c’était autant une tentative héroïque d’entretenir la conversation qu’un souvenir soudain du fait que lui et Froggie étaient supposés chercher quelques informations sur l’établissement nouvellement ouvert.

Il espérait simplement n’avoir pas à danser toute la soirée pour les obtenir. Les pieds de la jeune femme n'y survivraient certainement pas.
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Lucian Hauer
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MessageSujet: Re: :: OUVERTURE :: Que le spectacle commence ! Jeu 19 Nov - 22:52

Ha ha, bien sûr, il était mal habile et si mignon. Et lui, il était si cruel. Mais cela le ravissait. C’était assez amusant pour Jalender que d’admirer ce petit spectacle du poisson qui se noie. Pauvre chou. Cela dit, il comprit vite comment la valse fonctionnait – ce qui n’est certes pas difficile, sauf pour les gens qui souffrent de problèmes psychomoteurs ():-) Mais semblait-il que ce pauvre martyr ne savait pas faire deux choses à la fois, et il avait donc beaucoup de mal à répondre tout en suivant les pas, ce qui continuait de ravir grandement son tortionnaire.

- Woollyland. Mais je fais surtout des voyages de croisière, donc mes permissions à terre sont assez courtes…

Hum, Wollyland. Il songea quelques instants à son doux papillon avant de revenir à son charmant matelot. Wollyland, il aimait bien. Surtout la taverne, mais il ne fallait pas le dire ! Et plus encore, la boutique de son très cher Magicien, et l’enfumoir de son palmipède d’ami. Le reste du pays, il l’avait peu visité, peut-être à tort. Mais il n’en avait guère eu l’occasion. Les missions vous envoient un peu là où l’on désire votre présence, mais vous n’y restez jamais bien longtemps. C’est du tourisme pur et dur, avec l’action et le danger en plus. L’« aventure » quoi. Et ce petit garçon avait l’air d’être un aventurier. Mignon, mignon ! Ses croisièresdisait-il ? Il était donc marin ? Ou soldat… Mais les soldats de Malkins sont tous liés à la police des contes, les restants sont des mercenaires, et Jalender n’aimait guère l’idée d’avoir des Traqueurs dans sa bâtisse, aussi il
chassa sur le champ cette idée malheureuse. Et puis, c’était la classe d’être marin, non ? Dans un effort surlui-même, l’inconnu continua de discourir :

- Et vous ? Vous habitiez à Wonderland avant d’ouvrir ici ? Qu’est-ce qui vous a décidée à sauter le pas ?

Avant d’ouvrir ici… il supposait donc qu’elle était la gérante. Ah, mauvaise idée. C’est sûr, il n’avait pas pensé à préciser que Jalender était un homme. Peu importe, il avait prévu de faire son entrée plus tard, et il n’y manquerait pas. Il fallait bien donner le change après tout. Il avait froncé les sourcils au moment de la question et se gronda d’avoir laissé transparaitre cette émotion. Il faut rester calmer, mon Elke, c’est comme ça que l’on gagne la partie. Il afficha un nouveau sourire chaleureux et répondit :

« Oh, ce n’est pas moi qui dirige l’établissement, je ne suis qu’une danseuse. Mais vous êtes perspicace, j’habite effectivement à Wonderland. » Il se permit de marquer une pause rieuse avant de reprendre : « Depuis un moment bien plus long que je n’oserai jamais l’avouer. » Battements de cils. On ne demande pas son âge à une demoiselle, chenapan !
Poli comme il se doit, Jalender renvoya la balle dans le camp du damoiseau.


« Vos croisières, disiez-vous ? Vous êtes marin ? » Il pensa à ajouter un commentaire, mais cela aurait été superflu. Indélicat par ailleurs, car il aurait coupé court à sa propre offre de réponse. Au lieu de ça, il se mit à rêver de mer et de voile, et songea à Neverland, sa terre natale. Et alors qu’il relevait la tête pour revenir au cœur de la Merveille, son regard tomba en plein sur le Capitaine Hook. Les yeux du chaton s’écarquillèrent légèrement, et son sourire s’accrût sensiblement. A la bonne heure… elle était donc venue. Brave fille.
Il retourna à son vis-à-vis et resserra un peu son étreinte, histoire que le jeune homme se focalise sur lui et seulement sur lui. Oh oui, reste encore un peu sous mon envoutement, il n’est pas encore l’heure que je quitte la scène


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MessageSujet: Re: :: OUVERTURE :: Que le spectacle commence ! Dim 22 Nov - 16:56

- Oh, ce n’est pas moi qui dirige l’établissement, je ne suis qu’une danseuse. Mais vous êtes perspicace, j’habite effectivement à Wonderland.

Oh. Lucian avait pensé que quiconque ouvrait la danse était forcément le maître de cérémonie, mais le propriétaire des lieux semblait du genre discret. Peut-être avait-il prévu, et voulait-il éviter, la présence de Traqueurs lors de la fête… Ou peut-être Lucian était-il juste trop méfiant ? On avait souvent tendance à la paranoïa lors des filatures ou des missions d’espionnage… Il évita à grand-peine de piétiner un pied léger et se rappela à l’ordre. Il sombrerait plus tard dans ses doutes et ses réflexions : pour l’instant, l’important était que sa partenaire de danse sorte à peu près intacte de l’épreuve.

Elle ne répondit pas à sa question ; il n’insista pas. Il n’était pas sûr que ce soit poli de demander son âge à une femme. Alexis lui avait vaguement fait un cours sur le sexe opposé avant qu’il ne sorte pour la première fois de son domaine, mais il s’était montré assez confus, comme si le consultant tentait de combiner une vie d’indifférence totale à l’égard de tous préjugés et quelques principes jugés indispensables à l’éducation d’un enfant. Il en avait surtout retenu qu’il fallait être courtois envers les femmes, mais ce n’était pas obligatoire, d’autant qu’elles pouvaient être vicieuses mais autant que les hommes, et puis bref, tu es un garçon intelligent, tu verras bien, fais juste gaffe à toi.

En garçon intelligent et docile, Lucian avait donc vu – quoique pas grand-chose – et faisait gaffe à lui.


- Vos croisières, disiez-vous ? Vous êtes marin ?

La jeune femme l’étreignit encore plus fortement, à son grand embarras – non seulement ils se retrouvaient très proches, mais il avait du mal à voir ses pieds, ce qui faisait courir un grave danger à sa partenaire. Il tâcha de rester à peu près droit et assuré malgré la situation, tentant discrètement de garder quand même le maximum d’éloignement possible avec sa partenaire. Oh, il fallait qu’il réponde à sa question, aussi…

Il soupira intérieurement. Vivement la fin de la danse, qu’il puisse retourner à Froggy et à sa table paisible… Quand il n’aurait plus à surveiller ses pieds, ni à entretenir une conversation. Oh, la jeune femme était sans doute très sympathique ; elle n’avait pas l’air malaimable, et il se sentait mieux maintenant qu’il savait qu’elle n’était « que » danseuse, donc plus proche de son statut social et moins disposée à s’indigner si jamais il ne montrait pas l’éducation attendue.


- Oui, approuva-t-il simplement.

Une syllabe. Ce n’était peut-être pas assez pour entretenir le dialogue. Il fit un effort de réflexion.


- Je travaille dans le secteur du tourisme. C’est un peu répétitif mais paisible. Et vous ? C’est intéressant d’être danseuse ?

Lucian avait rarement souhaité du mal à son prochain – à part Alexis, avant, mais il aurait éprouvé un net sentiment de soulagement si Froggie s’était soudain écroulée au sol pour lui permettre d’aller l’aider. Il n’allait pas réussir à entretenir la conversation toute la soirée.

Ni même plus de cinq minutes, s’il devait être sincère envers lui-même.
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MessageSujet: Re: :: OUVERTURE :: Que le spectacle commence ! Mer 25 Nov - 20:58

- Oui, approuva-t-il simplement.

Voilà qui était bref. Au moins, il connaissait la concision, ou était-ce trop difficile pour ce bellâtre de danser tout en parlant ? Peu importe, cela amusait beaucoup Jalender qui, de toute façon, n'avait pas grand chose à faire de cette conversation.

- Je travaille dans le secteur du tourisme. C’est un peu répétitif mais paisible. Et vous ? C’est intéressant d’être danseuse ?

Laquelle était d'ailleurs superficielle et vide de sens, donc franchement inintéressante, vous en conviendrez. Comme à ce propos, elle n'avait rien de passionnant et qu'elle ne donnerait aucune information cruciale, Jal songea que c'était le bon moment pour prendre congé de son matelot. Après tout, c'était plus que visible que le garçon faisait de son mieux pour éviter l'effondrement ou simplement l'extrême maladresse de piétiner la jolie danseuse. Le chat songea que la torture avait assez durée. Il n'avait plus le temps de jouer non plus. Par politesse néanmoins, il répondit, tout aussi superficiellement :
« Très intéressant oui. Varié, mais exténuant. » Il ponctua d'un sourire. Pas les mêmes tempéraments c'est certain. Jalender n'était pas fait pour rester immobile. Il fallait que les choses soient vives, captivantes. Il acheva la conversation :
« Et c'est effectivement très intéressant. Vous devriez vous y abandonner quelque peu, c'est un vrai délice pour le corps, et une fois qu'on en connait les ficelles, cela devient un jeu d'enfant. D'avantage, ce peut être fort pratique en diverses circonstances... »
Et à nouveau un sourire, celui qui vous suggère la plaisanterie, mais celui également, un peu trop railleur pour être simplement taquin.
« Bien, je vous laisse à présent. Vous avez été très brave et fort galant, mais je n’oserai vous retenir plus longtemps. Retournez donc rejoindre votre amie. C’est une gente demoiselle qui me semble au courant de bien des choses… » Il desserra leur étreinte, laissant le jeune blond respirer à sa guise, et retrouver un peu de sa pâleur de tout à l'heure.
« Ainsi je vous rends votre liberté, profitez-en autant que vous le pourrez… »

Et dans un dernière tour léger, Jalender s’en alla, non sans avoir lancé un dernier regard équivoque et ambigu au garçon. Dans un bruissement d’ailes, le papillon s’envole…


Et va rejoindre son nid. A peine fut-il hors du champ de vision de son ancien partenaire qu’il pressa le pas et se rendit aussi vite qu’il le pu aux loges. Le jeu des potions allait commencer bientôt et Hook venait d’arriver. Il ne fallait pas qu’elle patiente trop longtemps.


Dernière édition par Puss In Boots le Jeu 26 Nov - 16:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: :: OUVERTURE :: Que le spectacle commence ! Mer 25 Nov - 21:08

Post de Wolfgang sur la Roulotte Wollandienne.

Voir le topic : Roulotte Wollandienne


Dernière édition par Puss In Boots le Dim 29 Nov - 12:11, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: :: OUVERTURE :: Que le spectacle commence ! Mer 25 Nov - 21:36

Résumé rapide de la Situation
Spoiler:
 

« Ils ont intérêt à avoir été subjugués… » Soupira Jalender. « Ah, ce n’est plus de mon âge… Enfin, Hook est là ! Tout est bien, tout est bien. » A présent seul, et à présent que l’urgence du spectacle n’était plus, il pu respirer quelques secondes et se déshabiller, une fois encore. Il prit même le temps de ranger un peu, laissant les jupons sur les crinolines, en prévoyant de les ranger quand tout serait fini.

Il se démaquilla et enfila une nouvelle chemise. Cintrée et blanche. Il passa un pantalon d'un beige dont la teinte équivalait celle de sa veste. Puis s’assit pour mettre ses chaussures. En se redressant, il se tourna vers la coiffeuse et entreprit de mettre une nouvelle perruque. Une aux cheveux mi-longs, ce qui était déjà plus longs que les siens et qui lui permettait de dissimuler ses oreilles. Il se remaquilla aussi, mais très légèrement, afin de gommer quelques irrégularités et tromper quelques regards suspicieux.
Il se vêtit ensuite d’un long manteau et prit le temps de l’ajuster parfaitement. Pour finir, il se couvrit d’un haut de
forme. Enfin, les gants, et bien sûr, en signature, sa canne. En se regardant dans la glace, il prit tout le soin de perfectionner sa présentation. Aucun mauvais pli, le sourire incliné comme il faut, la mine fraîche et agréable, l'oeil vif ; la tenue élégante.
Une dernière vérification et il s'en alla. Alors qu'il traversait les coulisses, il se racla la gorge et vérifia que sa voix avait retrouvé un semblant de virilité.
Il se fit discret à la sortie des coulisses et se dirigea vers l'orchestre. Il glissa dans le dos de son frère et lui souffla qu'il était l'heure.
Ce petit signal signifiait que Ludwig devait suggérer à l'orchestre de commencer une valse dans 2 minutes très exactement, et que lui même devait partir au moment où la valse débuterait pour aller s'installer dans l'appartement en attendant Hook et Jalender.

Puis Puss laissa son frère et déambula « au hasard » dans le Chat Noir.
Il vit au loin que son portier, aimable et ordonné était en train de « proposer » au Capitaine de retirer ses effets. Jalender rejoint le groupe. L'orchestre avait pris le relai après le spectacle et une musique de fond accompagnait l'atmosphère agitée et bavarde. Rien de mieux pour tromper l'audience et l'attention.

« Mon Capitaine. » Salua t-il dès qu'il fut à leur hauteur. Il congédia son employé non sans un hochement de tête pour le remercier, puis revint à son invitée.
Il se fit un (presque) plaisir de prendre délicatement la main qu'on lui tendait et d'y déposer un baiser.

Entre temps, petit récapitulatif de la situation.

Hook était bien habillée, tout en prestance élégante,
C'était clairement un capitaine,
Son regard était franc et sans détour,
Elle avait du charisme
Et... oh, Dieu ! Personne n'est parfait... et bien que les chats raffole du poisson, ils le préfèrent vivant....

Jalender se redressa, esquissa un sourire et d'un geste rond de la main, invita Hook à pénétrer plus avant dans le Chat Noir.
La musique s'était changée subtilement depuis quelques secondes. Quelle magnifique et synchrone orchestration, vous me le concèderez...

« M'accorderez-vous cette danse, mon Capitaine ? »

Capitaine et non Madame ni Mademoiselle, car l'un ou l'autre étaient inconvenants.
"Captain, my captain."
Jalender espérait beaucoup de cette entrevue. Depuis son départ – forcé – de Neverland, il cultivait une certaine rancœur à l'égard de ce brave imbécile d'adolescent nommé Peter. Et, connaissant les sentiments du Capitaine à l'égard de ce même adolescent, il rêvait doucement de pouvoir sceller une alliance qui pourrait nuire, vous l'aurez compris, à cette âme téméraire et impulsive.

Quoiqu''il en soit, il avait tendu la main, surtout pour accompagner le futur mouvement dudit Capitaine plutôt que pour qu'elle la prenne et que tout deux aillent gambader main dans la main (<3).
La mièvrerie, ce n'était pas son genre, et il supposait bien que ce n'était guère non plus celui de son vis à vis.

Alors mon bon capitaine, Shall we dance ?
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MessageSujet: Re: :: OUVERTURE :: Que le spectacle commence ! Dim 29 Nov - 11:48

___
Certainly

Sa main gantée de noir dans celle du chat, Hook esquissa un bref sourire avant de s’avancer elle aussi. C’était comme plonger la main dans la fosse aux scorpions en essayant de ne pas se faire piquer. A la différence qu’Hook agitait les doigts, remuait la merde des traqueurs avec une certaine joie. Bien sur que cet endroit était plein de chasseurs de délinquants, tout le monde avait été convié à l’ouverture de ce qu’elle considérait comme un troquet.

Pourtant, il fallu rapidement l’avouer. De troquet, il n’y avait rien ici. Tout était faste, élégance et couleurs chamarrées. C’était très honnêtement tout ce qui plaisait au Capitaine, elle aimait les lieux de beauté et de bois ciré. Un peu comme son navire. Et puis toutes ces personnes dansantes n’étaient-elles pas en train de tanguer un peu ?

Quand la valse commença, Hook voulu faire quelques compliments mais respira par accident une grosse bouffée d’opium. Tiens, bien sur que le chat savait bien faire les choses. Bien sur qu’ils tanguaient tous un peu. Nouveau sourire sur ce visage attaqué par l’embrun.

Oui, car Hook n’était pas déguisée ce soir et avait suffisamment prévu que tout le monde souhaiterait se dissimuler. Elle s'était vêtue d'un pantalon noir fluide et d'un corset en queue de pie rouge et ébène ornés de roses. Aucun traqueur ne pouvait l’intercepter sans trahir sa couverture. Alors elle se pavanait, en personne, au milieu de tous ses ennemis. Quand aux pantins, il ne fallait pas y penser, en cette période, Hook ne possédait que des cadavres encore chauds, et pas ces revêtements conçus spécialement pour elle. C’était d’ailleurs pour changer cet état de fait qu’elle était là ce soir. Jalender déguisé était charmant, mais c’était un poisson du même sang qui intéressait Hook.

Une fosse au scorpion, et Jalender était son crochet.

« Dansons » s’exclama-t-elle dans un rire, se faisant, elle ajusta sa main dans celle de Jalender et alla déposer son etymon sur l’omoplate de son cavalier. Ils attendirent quelques secondes que la valse termine sa boucle et entamèrent de concert quelques pas. La ronde faisait gentiment valser les cheveux de la capitaine dont l’impressionnant chapeau était resté, une fois n’est pas coutume, au vestiaire. Beaucoup de regards se tournaient vers cet étrange couple et sur le sourire carnassier qu’Hook adressait à Jalender, là tout près, à quelques centimètres de son visage fardé. Elle le fixait dans les yeux avec une insistance étrange mais s’émerveillait en secret de trouver là un très bon danseur. Allez demander à la fange des pirates de présenter un peu d’élégance… ils ne savaient que pourchasser les enfants perdus et se rendre ivres pour se consoler des les avoir perdus.

« Il est rare de trouver galant homme à Malkins. En réalité, il est rare de trouver le moindre homme sur le continent que je fréquente. Les seules à les remplacer sont les sirènes »


Nouveaux tourbillons, tournicotons, de pas enlacés et distribués selon une mécanique parfaite. Quand on sait danser, on ne réfléchit même plus, on se laisse porter aussi facilement que par la marche. Et il est inutile de préciser à quel point Hook aimait se laisser flotter.

Au bout de quelques minutes, elle approcha son visage jusqu’à l’oreille de Jalender.

« Mais est-ce votre frère que j’aperçois la bas ? Ne faudrait-il pas que j’aille le saluer ? »


___
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MessageSujet: Re: :: OUVERTURE :: Que le spectacle commence ! Dim 29 Nov - 19:37


L’avantage d’évoluer dans une société dont les règles de bienséances ont envahit corps et âmes jusqu’à devenir des réflexes, c’est qu’on avait peu de chance d’être éconduit si on se contentait de les suivre. De fait, si on les appliquait scrupuleusement, ce n’était rien d’autres qu’une danse dont on n’a même plus besoin de se soucier des pas. Ainsi, Hook après y avoir été convié joignit sa main à celle de Jalender, et mis en mot l’invitation :

« Dansons » s’exclama-t-elle dans un rire.

Avant de mener les pas et de conduire son partenaire. Chose pour le moins étrange, mais le chat se laissa guidé pour l’étreinte, habitué qu’il était à tenir parfois se rôle ; et se rattrapa en menant la danse lorsqu’il fallut danser. Enfin, à ce stade-là, était-il question de mener quoi que ce soit ? Cavalier comme cavalière connaissaient les pas à la perfection, et il serait plus juste de dire qu'ils voguaient paisiblement au gré d'une eau invisible mais entraînante.
Jalender se contentait plutôt de soutenir le regard que l’on avait posé sur lui, à vrai dire, il était plutôt étonné de ce regard. Croyez qu’une émeraude qui se mire dans un miroir n’en serait pas moins stupéfaite. C’était ainsi : une telle couleur d’iris, ça ne se croise guère qu’une fois dans l’existence… la croiser une seconde fois, et sur le faciès de quelqu’un d’autre que soi, est une expérience plutôt bouleversante. A tel point qu’il en oubliait de remarquer les défauts plutôt visibles qui ternissaient un peu la beauté de ces mêmes perles qu’il était en train d’admirer. Se concentrant uniquement sur la couleur, il s’amusa donc à noter s’il n’y avait pas quelque différence, et conclut que ceux du Capitaine était légèrement moins brillants que les siens. Mais il n’aurait su en être sûr, à cause de cette peau quasiment achrome qui les faisait briller avec plus d’éclat encore. Qu’importe, laissons-nous plutôt abuser par les aimables paroles qui suivirent :

« Il est rare de trouver galant homme à Malkins. En réalité, il est rare de trouver le moindre homme sur le continent que je fréquente. Les seules à les remplacer sont les sirènes »

Il esquissa un sourire, presque un rictus. Fort bien… facéties ou sincérités, cela lui importait peu ; l’allusion à Neverland l’égaillant bien plus. Ce pays… ce petit pays… cet ancien pays, qui pourtant était sa terre natale. Qu’il lui paraissait bien insignifiant à présent, ce petit Elke en train de jouer. Comme le temps peut vous changer…

« Je reçois avec plaisir ces paroles et tiens à vous les renvoyer. Il est encore plus rare de trouver une galante femme en ces lieux. Elles ont toutes pris l’habitude des princesses. Je suppose que la direction d’un établissement change néanmoins les habitudes de chacun… »

Quelques pas encore en silence, mais alors que Jalender s’était un peu trop oublier à ces tours éthérées – sûrement à cause de l’opium et de leur répétition, qui mimait assez bien la légèreté d’un envol – Hook le rappela à l’ordre.

« Mais est-ce votre frère que j’aperçois la bas ? Ne faudrait-il pas que j’aille le saluer ? »

Hmm ? Ludwig, le saluer ? Hum, certes. Décidément, on ne peut guère se reposer en ces lieux… Jalender regrettait parfois toutes ces extravagances et ses manigances… Ses os aussi, regrettaient d’appartenir à un maître si pressé en toute chose. Quant à son dos, qui se moquait de l’élégance et de ces futilités-là, il lui en voulait terriblement, et pour se venger lui lançait quelques décharges de temps à autres. Le petit chat émis un faible soupir : c’était fini la pause.

« Vous avez raison, et je manquerai à mon devoir de vous faire attendre davantage. Mon frère comme vous le voyez est en train de monter dans mes appartements, il nous y attendra. Je vais vous laisser un moment, et vous n’aurez qu’à le suivre. Moi pendant ce temps, j’irai au bar, chercher quelques rafraichissements. En est-il un que je puisse vous offrir ? »
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MessageSujet: Re: :: OUVERTURE :: Que le spectacle commence ! Dim 29 Nov - 19:49

« C’est l’heure. » Avait-il dit, avec tout le maniérisme dont il était capable. C’est l’heure, j’ai donc chronométré que tu devrais lancer la valse et t’en aller maintenant. Hook est arrivé, et nous allons bientôt te rejoindre. Il devait donc monter, et c’est ce qu’il fit : il se dirigea discrètement vers les escaliers et entreprit de monter les marches.
Pff. C’était compliqué. Tout était toujours compliqué avec Elke. Même pour un alchimiste comme lui, son frère était compliqué. C’était pour vous dire… mais ce n’était pas ce qui tracassait le plus Ludwig. En vérité, il était très inquiet. Il n’avait guère l’habitude d’avoir un vrai contact avec quelqu’un. Pour sûr, Elke était quelqu’un de société, et il avait toujours un entourage large et varié. Pour sûr, il était toujours accompagné, et avec l’ouverture de ce Cabaret, il risquait d’être très pris et tout le temps visité. Il n’y avait qu’à voir la clientèle de ce soir. Même si c’était un soir un peu spécial, Ludwig était persuadé que cette bâtisse connaîtrait toujours un franc succès tant que son frère en serait le directeur. Ce qui signifiait : toujours des têtes, et jamais de tranquillité.
Rien que ça, c’était une idée toute nouvelle à laquelle le garçon devait s’habituer. Elke l’avait jusqu’à présent toujours protéger de la société humaine et il avait veillait à ce que Ludwig ne soit jamais découvert ni trop entouré. Il prenait encore soin de son frère, ce n’était pas ce qu’il voulait dire, mais maintenant, il allait falloir que Ludwig se prenne un peu en main. Et pour lui apprendre les responsabilités, Elke y allait fort. Très fort. Il avait profité de l’ouverture pour inviter le fameux Capitaine Hook, dont le nom faisait trembler les petites filles mêmes au-delà des limites de Neverland. Jadis, quand la famille Von Herzfenger y habitait, le Capitaine était déjà célèbre, et il était de notoriété commune que cette brute était aussi élégante que cruelle. Tous les petits enfants en avaient peur, et quoi que puissent faire les parents, le Capitaine restait toujours l’effigie de la terreur. D’autant plus que les pauvres habitants de Neverland ne pouvaient pas grand-chose contre ce Corsaire, à l’exception de ce fou non moins notoire de Peter Pan. Ludwig ne l’aimait pas plus que le Capitaine, car à son sens, ce n’était que deux entités négatives qui s’affrontaient. Mais il espérait ardemment qu’à l’égal des particules, les deux finiraient par se rencontrer, très exactement, à se rentrer dedans pour finalement exploser et créer une nouvelle entité positive.

Les conséquences de leur mort ne pourraient être que positives.
Quoi qu’il en soit, depuis que Peter avait fait son coup d’Etat et que Elke et lui avait dû fuir leur île, le jeune homme s’était laissé séduire par les paroles faciles de son frère et, sans avoir l’ardeur des sentiments de Jalender, il éprouvait tout de même un petit agacement à l’entente du nom de Peter.
Alors, pourquoi ne pas aider Hook ? On lui avait proposé ça, ce marché plutôt alléchant sur un plateau, et il n’avait qu’à se servir. Utiliser son don et sa passion afin de créer des pantins pour le compte du Capitaine. On savait que le passe temps de celui-ci était de pénétrer des cadavres encore chaud et de les manipuler. Mais cela présentait plusieurs inconvénients que les inventions de Ludwig viseraient à effacer. Bien évidemment, le Capitaine étant un homme de parole, il financerait ces recherches, et plus exactement, cette production. Cette alliance pour le moins douteuse ne dérangeait pas Ludwig.
D’après son frère, Hook tiendrait sa promesse, et il ne lui était guère avantageux de ne pas la tenir. Aussi, pour le jeune homme, cela représentait une opportunité incomparable : personne n’avait voulu de ses talents, car tout le monde dédaignait la science « occulte » comme ils la nommaient. Pourtant, cela n’avait rien de « noir » ou de dément, c’était de la science, et c’était donc utile.
Et que quelqu’un puisse s’y intéresser, ça le faisait frémir.

Il était donc ravi d’un côté, et anxieux de l’autre, parce qu’il n’avait vraiment pas l’habitude d’établir et d’entretenir un quelconque commerce… Certes, il laisserait son frère le guider, mais il craignait, comme toujours, qu’Hook fut repousser par son apparence – et même si le Capitaine en question devait en voir des vertes et des pas mûres, en question de monstres – ou alors, par son inaptitude à s’exprimer clairement devant toute autre personne que son frère. C’était un défi pour lui que de faire cet entretien. Mais Elke lui avait promis que cela lui serait également très utile quant à son gain d’autonomie.
Il faut bien commencer un jour, dit-on, mais il semblait à Ludwig que ce n’était jamais le bon jour…
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