En échange de sous-sous ♥
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Il était une fois une pomme. [Crazy Apple]

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MessageSujet: Il était une fois une pomme. [Crazy Apple] Dim 18 Oct - 15:32

Il était une fois,
Alors tu es là ?
Tu es prêt à commencer ?
Vivons tant qu’il en est encore temps,
Mais je te préviens,
L’innocence c’est comme la vertu,
Elle est toujours mal récompensée.


Une ombre au bord du chemin. Au milieu des passants rêvassant, trônait un petit enfant insouciant. Naïveté souveraine dans un monde perverti. Le blondinet enleva ses bottes crottées et ses chaussettes trouées. Une légère bosse s’était formée sur le coté de son pied endolori. A qui la faute ? Une excroissance temporaire toute molle que nous appelons communément « ampoule » s’y était installé. Dommage, elle ne brillait pas. Ethan la tripota distraitement un moment. C’était amusant. Les passants passaient, quoi de plus banal ? Ils l’évitaient précautionneusement, contournant voire changeant de trottoir. Il commençait à pleuvoir, le bruit des pas se mêlaient au clapotis des gouttes s’écrasant sur le pavé.

-« Flic Floc la pluie. »

Murmura le jeune garçon en levant les deux mains vers le ciel purificateur. Evidemment, il fallait plus que cela pour nettoyer ses petits doigts boueux mais quand on est un enfant perdu, la notion de propreté est très restreinte vous savez ? Il laissa tomber ses pieds nus dans le caniveau. L’enfant frissonna; l’eau était froide.

Un grondement affreux survint, il se trouvât que l’enfant avait faim. Levant ses doux yeux vers le trottoir d’en face, il regarda avec avidité l’étalage qui trônait au milieu de la rue. « A la pomme d’or ». Tout un programme n’est-ce pas ? Un carrosse passa à vive allure, éclaboussant le petit qui fronça les sourcils en signe de mécontentement. En voilà assez. Il se leva d’un bond et s’étira, donnant un coup de coude involontaire dans une masse graisseuse derrière lui. Il sentit une main se saisir de lui et tenta de se débattre.


-« Dis donc petit tu n’as pas l’impression d’emmerder ton monde ? Dégage du trottoir.

L’homme l’étranglait, les pieds d’Ethan ne touchaient plus terre, le souffle lui manquait. Angoisse, il griffa son agresseur tout en gémissant. L’exécrable passant le lâcha et prit congé d’un geste méprisant de la main. Les fesses dans une flaque, ahanant, le jeune garçon indigné resta pétrifié quelques minutes, une main tremblante couvrant sa gorge meurtrie.
Tous ces gens étaient affairés, pressés, irritables, haïssables. Les adultes sont des êtres qui pourrissent de l’intérieur, ils brûlent leur vie par les deux bouts et oublient qu’ils ont été enfants. Ils grognent tout le temps, mécontents ; croient que tout leur est dû. Il faut savoir prendre, mériter, travailler ; s’abaisser et baiser les pieds des plus riches, des plus forts. Esclaves d’ un monde impitoyable.
L’enfant enfila ses pieds nus dans ses bottes humides et glissa ses chaussettes trouées dans la poche de son manteau souillé. Où aller maintenant ? Il regarda à droite puis à gauche, une longue avenue, des gens, la pluie. Cette faim qui tiraillait ses entrailles.

L’enfant ne balança pas longtemps, il commença a courir vers le trottoir d’en face. Une pomme, juste une pomme. L’alléchant étalage de pommes rouges le narguais et particulièrement la pomme jaune d’or qui trônait, entourée de ses subalternes rouges. La reine des pommes. Appétissante. Il la désira tout de suite, salivant, imaginant son goût, sa chair. Quelques voitures pilèrent, d’autres klaxonnèrent mais dans le brouhaha de cette immense fourmilière ténébreuse, il passait presque inaperçu. Un petit sauvage dans la grande ville qui tendait la main vers la jolie pomme, le petit enfant perdu qui s’en saisit et la glissa sous son tee-shirt en esquissant un discret sourire triomphant. Il s’éloigna d’un pas alerte, le cœur battant à tout rompre, le souffle coupé, l’oreille affûtée au moindre signal. Il eut le malheur de se retourner, quelqu’un le bouscula et il tomba face contre terre. La pomme roula nonchalamment entre les pieds des passants.
Le marchand de pomme dû le voir parce qu’il entendit un cris suraigu crever la mortelle discussion des habitants de la ville.
-« Au voleur ! Au voleur ! »

Vite se relever, vite ramasser la pomme, vite s’échapper entre les gens. Il cru pouvoir s’en sortir, quel dommage ! Un homme l’attrapa brusquement, le ceinturant tout en le poussant dans une sombre allée. Deux autres l’accompagnaient, l’un était rouge, presque obèse et soufflait comme un buffle tandis que les deux autres étaient secs. Celui qui semblait le plus jeune s’approcha de lui, un rictus malsain tressaillit sur son visage, l’enfant prit peur et recula.

-« Tu vas nous rendre la pomme petit…et après on verra ensemble ce qu’on pourra faire de toi vermine. »

Ethan jeta un coup d’œil à la pomme et haussa les épaules, une bouffée de haine monta en lui et il croqua vivement dans la chair juteuse du fruit doré.

-« Sale … ! Tu te fous de nous ?! reprit le gros monsieur en faisant monstrueusement bouger sa graisse d’un air outré.

Le second ne disait rien, observant la scène, amusé. Le petit sec qui s’était déjà avancé le frappa au visage, l’enfant fut projeté dans les poubelles, s’écrasant contre le mur de brique dans un raffut de métal épouvantable qui par la même occasion répandit des ordures dans la ruelle. Il se releva difficilement, jambes flageolantes, sa joue le brûlait et son cœur bondissait dans sa poitrine. La pomme croquée avait éclaté.

L’enfant tremblait, pleurant. Vengeance, pitié que quelqu’un vienne, pitié Ramoneur, revient. Lui qui pensait pouvoir vivre, lui qui pensait pouvoir rêver, désillusion.

-« Il était une fois…il était une fois ! Il hoqueta, les trois hommes rirent et s’avancèrent d’un pas menaçant. Il était une fois une pomme, une jolie pomme jaune qui roulait sa propre vie, elle roulait dans les rues, dans les prés. Un jour elle …

Les mains se tendirent, se raidirent, se durcirent. Ethan ouvrit les yeux, ses agresseurs étaient à moitié pétrifiés, et hurlaient à l’assassin, ses jambes se dérobèrent sous le poids de sa culpabilité , il devait finir, prenant sa tête au ceux de ses mains il continua :

-« …elle rencontra une pauvre fillette affamée qui rampait. « Pourquoi rampes tu petite fille » lui demanda –t’elle. « Je rampe parce que ma vertu ne m’a apporté que du malheur, j’ai faim, j’ai soif en bref, je me sens mourir. Je sais que je ne parviendrais pas en bas de la vallée avant la nuit où les voleurs se feront une joie de me prendre comme esclave. » La petite pomme attristée lui proposa son aide, loin d’imaginer que cet acte allait causer sa perte. En effet la petite fille s’avéra être comme tous les humains adultes, la vie ne l’ayant pas épargnée, elle n’avait plus rien d’une enfant mais avait tout d’un monstre. Elle se saisit de la pomme et croqua avidement en elle. Souffrant le martyr, la pomme perdit conscience… »

Un bruit de pas, l’enfant se recroquevilla, les yeux fermés, pourvu que personne ne le punisse encore. Injustice à l’enfance.
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MessageSujet: Re: Il était une fois une pomme. [Crazy Apple] Ven 30 Oct - 17:06

Bla, bla, bla.

Des mots, rien que des mots. N’ayant aucun sens, aucune vie. Ils sonnaient vide dans le crâne de Muscarine.

« Trouve… enfant… Ethan… perdu… Peter… »

Elle n’écoutait pas. Ou plutôt, elle n’entendait pas. Son cerveau était tracassé par autre chose. Futile. Le Loup était là, il lui parlait. Il lui donnait un ordre. Mais elle, le regard vitreux et la bouche pâteuse, elle avait du mal à penser, à réfléchir. Son sang se glaçait petit à petit dans ses veines. Elle avait peur, elle était terrorisée. Le Grand Méchant Loup l’impressionne et Crazy Apple perd complètement tous ses moyens devant un tel homme. Elle devient une femme quelconque, banale. Son inattention énervait BBW et celui-ci se mit alors à la pousser violemment par terre et à la rouer de coups et

Non. Son regard n’était pas vitreux, sa bouche n’était pas pâteuse. Elle n’avait pas peur, elle n’était pas une femme banale. Le Grand Méchant Loup ne lui faisait frémir les orteils que par son charme, qui émoustillait assez la jeune empoisonneuse. Tous ces meurtres et toute cette haine, comprimés en un regard l’envoûtait. En revanche, elle n’écoutait pas ce qu’il lui disait. Elle avait la tête ailleurs, quelque part coincée entre une image de Blanche-Neige éviscérée et une montagne de fruits multicolores. Malgré tout, elle en avait retenu le principal. Un enfant, Ethan, elle devait le trouver. Elle avait besoin de lui, et elle devait se débrouiller pour comprendre pourquoi les enfants perdus sont… des enfants. Il y avait aussi « cette autre chose ». Celle qui fait que les Epouvanteurs existent. Mais ça, elle le savait. Elle avait bien du mal à l’oublier, donc elle n’y prêtait pas vraiment attention.

Bien. Elle devait se rendre à Neverland. Pour son voyage, elle avait besoin de pas mal de choses. Des ingrédients par-ci par-là. Pour se faire, la jeune Epouvantrice décide de flâner dans les rues de Wonderland. Elle revêtit une robe courte dans des tons orangés, marrons, tirant parfois sur le violine, et sort un chapeau avec sur la calotte, un bourdalou ambre. Elle ressemble à une glace Orange/Cassis/Chocolat. Mais elle reste très distinguée. Un coup de rouge à lèvres pour les repulper. Après réflexions, aujourd’hui, elle serait rousse. Elle enfile donc une perruque aux reflets auburns, bouclée, plutôt courte elle aussi. Elle ne se ressemble plus, et c’est ce qu’elle cherche. Elle prend son chapeau, le pose délicatement sur sa nouvelle chevelure et prend la direction de Wonderland sans oublier d’emporter quelques fruits dans son sac. Son nom, si on le lui demande, serait Daisy Draté. Le parapluie couleur abricot au bout de ses doigts gantés de blancs, elle est prête.

Spoiler:
 

Armée de son rapapluie dernier cri, la jeune « Daisy » gambade dans les rues inondées. Il y avait peu de magasins ouverts. L’air était lourd, sombre. Un café à l’enseigne clignotante se trouvait juste face à d’un épicier. Des cagettes et des cagettes de pommes. Musca..euh, « Daisy » en achèterait. Et puis, pourquoi pas une ou deux poires aussi, elle ont l’air bien mure. En attendant, elle avait froid. Après avoir franchi l’entrée du café, la demoiselle commanda un thé bien chaud, à la châtaigne. Elle était contre la fenêtre, afin d’observer les passants. C’était son petit plaisir lorsqu’elle sortait dans les rues. Les passants. Ces hommes et ces femmes qui courent pressés comme des citrons, ces enfants qui pleurent car ils ont glissés dans les flaques, les autres qui préfèrent jouer à cache-cache. Ils ont tous un faciès différent, une attitude qui change. Elle aimait vraiment les observer, imaginer leur vie plus que misérable et sourire de toutes ses dents lorsqu’elle se rendait compte qu’elle valait bien plus que n’importe qui ici bas.

*Mon dieu, et elle, avec ses chaussures en caoutchouc, n’est-elle pas pitoyable ? HO ! LUI ! Mais regardez-moi cet homme. Il est… énorme. On dirait un de ces animaux, un mastodonte. Pleins de graisse et de…poils. Et puis il à l’air violent. Pas que la violence me déplaise, mais venant de quelqu’un manquant cruellement de subtilité, comme cet homme, cela devient anticonstitutionnel. Enfin, contre ma Constitution, à moi. De plus il… il frappe un enfant ? *

Ses yeux se mirent à pétiller. Voir un acte de violence lui faisait avoir des frissons partant de ses chevilles jusqu’à ses oreilles. Sur un enfant, ça avait quelque chose d’encore plus attrayant. Son esprit tordu souriait intérieurement. Certes, la volupté n’était pas dans le vocabulaire de ce gros balourd, mais, Dieu que ça lui faisait plaisir de voir quelqu’un frapper un autre quelqu’un. Et puis cet enfant, il était particulier. Blondinet mort de froid. Mais il avait une démarche assez adulte, presque familière. Muscarine venait de finir sa tasse. Le thé aux châtaignes est vraiment bon, à cette époque de l’année. Elle se leva, alla donner quelques Yubas à la serveuse pour son thé, sortit, ouvrit son parapluie et se dirigea vers l’épicerie. A la même seconde, peut être une de plus, le garçon blond sauta sur une des pommes. Miss Applewood décida de rester immobile, en observant la scène. Les hurlements des passants, le vendeur qui criait au voleur, l’enfant qui courait, qui se retrouvait coincé pour croquer dans cette pomme dorée et se faire frapper par un autre homme. Maigrelet, inapte à toute forme de violence. Une aberration.

*Seigneur Dieu, mais rebelle-toi gamin ! Un coup sec dans les reins, un autre derrière la nuque, et ce cure-dent finira les quatre fers en l’air.*

Oui, Muscarine aimait bien faire appel aux dieux, même si pour elle, le seul dieu existant était une déesse : elle-même. De loin, elle ne voyait plus vraiment ce qui se passait. Plus elle y pensait, plus elle y croyait. Après tout, peut-être qu’il en faisait partis, de ces enfants, idolâtrant Peter. Elle s’approchait, doucement, comme si de rien n’était. C’est à cet instant qu’elle compris. Elle le vit, la tête dans les mains, en train de parler. Ses deux agresseurs étaient immobilisés. Complètement pétrifiés. Le Loup lui en avait parlé, de cet enfant. Il lui avait dit que certains avaient des dons extraordinaires, comme de pouvoir pétrifier les gens en racontant des histoires. C’était lui. C’était cet enfant, Ethan, celui qu’elle cherchait, un enfant perdu.

Ne pas s’approcher tant qu’il n’a pas fini son histoire. Le mettre en confiance. Faire en sorte qu’il ne prenne pas peur. L’aider. Lui mentir.

Elle n’avait pas eu besoin de courir jusqu’à Neverland pour le trouver. Miracle ! Même si elle devrait y aller pour « cette autre chose », cela attendrait. L’histoire se finissait, Muscarine écoutait d’une oreille discrète quelque bribes. Cela parlait d’une pomme qui perdit conscience. C’est tout ce qu’elle comprit. Il tremblait. Il avait peur, et froid. L’empoisonneuse décida de s’approcher, calmement. Ses pas résonnèrent, ses talons claquèrent. Elle s’accroupit, fit en sorte que son parapluie protège le petit garçon puis pencha sa tête vers lui. Elle prit son plus beau sourire, sa voix la plus douce, et lui dit :

« Tu sais, en réalité, les pommes n’ont pas de conscience. Ton histoire n’est pas aussi triste qu’elle en à l’air. En revanche, elles disposent de différentes humeurs. Quand elles sont fatiguées, elle sont jaunes. Quand elles sont tristes, elles tendent vers le marron, et quand elles sont heureuses, elles sont vertes. Le mieux, c’est quand elles sont rouges, là, elles sont amoureuses. C’est pour ça que les gens préfèrent les pommes rouges. Ils pensent qu’ils tomberont également amoureux. »

Elle respira un instant. C’était difficile de jouer la gentille femme pour attendrir un enfant. Inventer des histoires grotesques, sans aucun sens… elle n’était pas vraiment habituée. Mais elle le devait. Elle devait se rapprocher de lui, coûte que coûte. Elle sortit une pomme verte de son sac.

« Tiens. Comme ça, peut-être que tu deviendras heureux. »

Elle se releva, abandonnant sa pomme dans la main tremblotante de l’enfant. Elle s’en alla quelques secondes, arranger l’histoire de vol envers le propriétaire. Quelques Yubas et l’affaire était réglée. Muscarine dit qu’elle aurait dût mieux surveiller son neveux, qu’elle s’en excuse, et que cela ne se reproduira pas. A la serveuse du café, elle lui demanda de lui garder la table la plus reculée et d’y disposer un chocolat-crème-supplément-chantilly avec un ou deux gros biscuits à la fraise. Après coup, elle retourna vers le garçon, qui n’avait pas bougé d’un centimètre. Elle l’aida à se relever puis l’emmena dans le café. Pour qu’il la suive, elle lui glissa doucement à l’oreille :

« Viens. Dès à présent, je vais te faire découvrir monts et merveilles. »


Avatar Halloweeeeen ♠


Dernière édition par Crazy Apple le Dim 13 Mar - 15:34, édité 2 fois
Narcissico-Fruitophile
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HUMEUR: Explosive, mais acidulée.
CITATION: « Explosion fruitée, avec ou sans sucre ? »

BOITE A JETONS: 0000

FICHE: Mangez dix fruits par jours, pas de légumes !
NOTEBOOK: An apple a day keeps the doctor away ♥
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MessageSujet: Re: Il était une fois une pomme. [Crazy Apple] Mer 30 Juin - 0:08

« Mary Poppins. » ~

Alors mon enfant satisfait?
Incroyable n’est-ce pas ?
Elle était descendue du ciel, comme un ange.

Mon petit pré pubère, mon petit puceau.
Crétin puéril qui te crois indestructible.
Efface ce sourire idiot, tu me rends fou.
C’est vrai, tu as encore besoin qu’on te change tes couches.


L’enfant n’en croyait pas ses yeux. Il baissa la tête, fixant le sol. C’était un rêve, un rêve qui allait s’achever. Il se retrouverait encore seul, sous la pluie glacée.
La dame avait une douce voix, le petit garçon ferma les yeux et se laissa bercer.
Les grandes personnes n’étaient peut –être pas toutes perfides finalement. Les gouttes d’eau martelaient le parapluie dans un bruit sourd, la rumeur de la foule parvenait jusqu’aux oreilles de l’enfant perdu, étourdi. Son cœur battait la chamade, il s’était encore mis dans le pétrin, comme d’habitude, il avait agi sans réfléchir. Mais après tout, n’était-ce pas l’une des particularité de l’enfance ? Ne pas prendre de risque, rester dans les jupons de sa mère, timide et sage comme une image. Le monde extérieur est exécrable, il sent mauvais. Que s’était-il passé pour que les adultes se transforment en créatures détestables, débarrassées de ce grain de folie puéril ?
Ce « il » qu’ils n’étaient plus, un vague souvenir de bataille de boue, de saut dans une flaque d’eau pluvieuse… et après ? Une transformation s’était opérée, plus personne ne voulait regarder derrière son épaule, les oursons en peluche ? Abandonnés au profit d’une mallette garnie de papiers. Parce que c’est sérieux, d’avoir du travail, c’est sérieux d’avoir une mallette, c’est sérieux d’être grand. Vous ne croyez pas que c’est tout aussi sérieux d’être un enfant ?
« Ne fais pas ci, ne fais pas ça », rester dans le droit chemin, suivre les grosses fesses des adultes se trémoussant dans la rue. La vie est d’un ennui quand on est responsable ! A toujours avoir quelque chose à faire, on finit par ne plus savoir ce que c’est que de ne rien faire. De s’étendre dans l’herbe et de rêver, se demander ce qu’on va faire de sa crotte de nez, sucer à tour de rôle une sucrerie avec ses amis, ou lancer des tomates sur l’équipage de poisson pourri.

Il était une fois l’histoire des humeurs d’un fruit merveilleux. C’est vrai, quoi de plus beau qu’une pomme sinon une autre pomme encore mieux sculptée ? Lisse, d’une douceur charmante, vêtue d’un imperméable coloré, dotée de rebondissements admirables. Comme un cœur au creux de ses mains ,engourdies par le froid, trônait de nouveau une jolie pomme verte, une émeraude : un bijou tout simplement.
Ethan eu envie de pleurer, il lécha le fruit, l’essuyant ensuite de sa manche boueuse. Il salivait, hésitait, recommençait. Ses mains tremblaient d’excitation, sa langue virevoltait, il n’avait pas assez de bave pour couvrir toute la surface de cette merveille. La mousse s’agglutinait sur le fruit, se voyant ensuite balayée par la pluie, dégoulinant sur les doigts frêles de l’enfant. La dame s’était détournée, elle avait emporté le parapluie loin, si loin qu’Ethan n’entendait plus le clapotis. La vie avait repris, les adultes s’affairaient de nouveau pendant que l’enfant perdu restait là, au milieu de la ruelle insalubre, seul avec son trésor. Les méchants étaient maintenant silencieux, eux dont les cris étaient si terrifiants.

Et la dame se tint face à lui. Elle avait un sourire très étrange, comme si elle était satisfaite de l’avoir trouvé dans ce cul de sac puant. Ethan leva le visage vers Madame pomme, les yeux brillants d’admiration. Il voulait savoir, pouvoir raconter l’aventure de cette femme qui n’était pas comme toutes les autres madames qui se dandinaient dans leurs robes moulant leurs formes disgracieuses. La dame qui lui avait conté une histoire était particulière, il le savait, le sentait. Ses poumons brûlaient, il entrouvrit les lèvres vers l’inconnue, la pluie coulant le long de son visage rougit. Puis elle le saisit, lui et ses habits crasseux. Il eut tout juste le temps d’attraper son sac qu’elle le tirait hors de la ruelle aux poubelles. Sa poigne était ferme, tant et si bien que le petit se sentait obligé d’allonger son pas pour ne pas se retrouver traîné sur le pavé. Il courait presque, la pomme à la main, son sac sur l’épaule, qu’avait –il oublié ? Il sursauta, se retourna brusquement, se contorsionnant pour ne pas se dégager de la main protectrice de la dame aux pommes. Ses cheveux blonds alourdis par l’eau se plaquèrent contre ses joues rebondies, les gouttelettes perlèrent le long de son cou blanc ; un long filet de sueur lui parcouru l’échine.

Les statues éternelles imploraient le ciel tumultueux. Le rêve n’était en réalité que cauchemar, tout cela n’était qu’illusion monstrueuse. Qu’est-ce qu’il s’imaginait ? Que l’on pouvait se jouer de la vie impunément ? Que rien en son cœur ne s’en trouverait changer ? Mais dites moi, racontez moi vous qui devez vivre auprès des fantômes, que pensez vous des criminels ? La potence, à la potence mon jeune homme. Oui, retourne toi et cours, COURS, je te l’ordonne. Mais n’oublie jamais le visage tordu et suppliant de cet homme que tu as pétrifié. N’en as tu pas retiré du plaisir ? Si, tout ton corps est encore palpitant d’incompréhension puérile et tu t’en délectes. Qui es tu pour décider de la punition divine ? Ethan sentit sa gorge se serrer. Ses larmes se mêlèrent à la pluie purificatrice. Il se laissait guider par la femme au parapluie, la femme aux pommes, la femme salvatrice…cette femme dont il voulait connaître toute l’histoire mais qui n’était encore qu’un mystère.

Elle lui avait promis monts et merveilles, il n’allait pas être déçu. Ils étaient entrés dans un café et s’étaient installés au fond de la salle, à l’abri des curieux. Ethan aurait eu quelques années de plus, il se serait vanté d’avoir conquis cette femme, mais c’était plutôt l’inverse qui s’était produit. Elle le fascinait. Pourquoi ? Peut-être parce que cela faisait des années qu’il n’avait pas vu de femme à proprement parler. Il se demandait soudain à quoi pouvait bien ressembler sa propre mère. Il se complaisait à dévisager l’inconnue, peut-être lui ressemblait-elle ? Il s’imaginait, blottit contre son ventre rond porteur de vie, la reniflant tel un chien errant, avide d’un parfum au prix inestimable. Le parfum de l’amour. Mais l’enfant perdu ne se laissait pas bercé par ces illusions bien longtemps. Il était évident qu’il ne pouvait s’abaisser à faire entièrement confiance à une adulte, aussi avenante soit-elle. Il posa son regard sur la pomme verte posée sur la table, la caressant du bout de son index couvert d’excréments.

En dessous de lui s’était formée une mare tant il était trempé, il avait enlevé ses chaussures, laissant se balancer ses pieds hideux au dessus de l’étendue d’eau. Son manteau détrempé continuait de mouiller son dos, quoiqu’il fut étendu sur sa chaise de manière à le laisser sécher. Il éternua et essuya la morve qui commençait à s’amasser au dessus de ses lèvres, d’un revers de la manche, laissant paraître sur sa chemise une longue trace verte gluante. Tout en reniflant, il passa distraitement la langue sur ses dents. C’est vrai qu’il n’était pas très gracieux, mais en tout ceci transparaissait un charme certain, celui de l’enfance. Il dodelina de la tête tout rivant son attention sur le chocolat-crème-supplément-chantilly qui se dressait majestueusement sur la table. Etait-ce pour lui ? La dame ne dit mot lorsqu’il approcha sa main de la chose en question. Qu’était-ce ? Il n’en avait jamais gouté, mais son ventre l’avait flairé, depuis le temps qu’il attendait le moment de se remplir la panse, ne doutez pas qu’il allait se faire prier. Ah ça non ! Il se jeta dessus tel un ouistiti qu’il était sans nul doute, repliant ses jambes sous son derrière pour se surélever. C’était chaud, doux, bon. Il l’engloutit bruyamment, d’une traite. C’est vrai qu’il n’est pas très distingué mais cela réside dans une règle secrète des enfants perdus. Etre distingué ce n’est que pour les grands. Quand on est distingué c’est que l’on joue à se moquer des adultes qui sont qualifiés de « prout-prout ». Il retint un rot qui allait s’échapper de justesse, parce qu’on ne rote pas devant une dame comme les pirates de Poisson Pourri. Une moustache de crème chantilly s’était dessinée au dessous de son nez, une goutte de chocolat avait laissé une longue trace marron sur son menton.
C’était tout de même étonnant, pour la première fois, il n’avait pas eu a partager sa nourriture, et rien que pour cela, il trouvait la situation exceptionnelle. Il esquissa un sourire adorable comme Peter leur avait appris et, pour se montrer gentil, il saisit un gâteau et le tendit à la dame.


-« Tiens » Il se ravisa soudain, secoué de regret, portant le met à son nez, il recommença alors, avec plus d’enthousiasme : « C’est à la fraise ! ». Oui, vous avez deviné, la fraise, c’est pour les filles, et Ethan était tout sauf une fillette qui aimait la fraise. Non, ce qu’il adorait par dessus tout, c’était la glace à la pistache, qu’il partageait volontiers avec Zuip.

Sagement, il déposa le gâteau face à la dame, croquant tout de même dans le deuxième, parce que même si cela n’était pas bon, il avait l’estomac dans les talons. Manger la pomme verte ? Non pas tout de suite, il avait prévu d’y goûter, lorsqu’il serait dans le malheur pour que sa magie verte fasse effet. Mais pour l’instant, il était curieux et cette curiosité attisé par cette belle femme le rendait fou de joie. Il s’assit alors, pris un air faussement sérieux, joignant ses mains avant de dire la bouche encore pleine :


-« Merchi pour le gachteau et le chocholat. » Tout en parlant, il crachait, postillonnait mais pour lui, c’était tout à fait normal, c’était comme cela qu’on faisait, au pays de Neverland. Quand il eut fini d’avaler ce qui traînait sur sa langue et de frotter avec ses doigts ce qui était resté collé à son palais, il s’éclaircit la gorge pour parler distinctement. Il se lança donc dans un interrogatoire terriblement naïf et indélicat mais après tout, il ne pouvait pas le savoir, qu’on ne faisait pas comme cela, au pays des grands méchants.

-« Comment tu t’appelles ? Et puis comment tu sais pour l’histoire des pommes ? Et tu voles avec ton parapluie ? Tu me donnes une glace à la pistache ? Pourquoi tu es gentille avec moi alors que les adultes sont tous censés être puants ? Ah ! Et tu connais Poisson Pourri ? J’espère que tu n’es pas amie avec lui, si ? Est-ce que tu connais Big Bad Wolf ? Tu me racontes ton histoire ?

La dernière question était joyeuse, posée d’une voix claironnante, chantante, oui, il sentait que son aventure commençait tout juste.


-« Ah…euh S’il te plait madame la pomme ? Ajouta-t-il, se sentant obligé de respecter quelques usages de politesse grotesques.
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MessageSujet: Re: Il était une fois une pomme. [Crazy Apple] Ven 13 Aoû - 23:27

*Quelle ironie du sort tout de même, tomber sur l’enfant que je cherche, pouvoir l’aborder sans difficulté… Il ne me reste plus qu’à le séduire !*

Non, Muscarine. On ne « séduit » pas un enfant. Lui faire ton regard tendre, ta bouche en cœur et tes gestes minutieux, lents et doux ne vont pas le « séduire ». Il ne doit même pas savoir ce que c’est que d’être sous le charme. Il est bien trop jeune, bien trop inconscient, il se satisfait d’un rien, enfant perdu ou non. Ce sera bien plus compliqué qu’un simple baiser à donner, il faudra l’attendrir, lui offrir ce qu’il veut et surtout… Oh oui, surtout, le faire rêver.

Le rêve, selon Muscarine, rime forcément avec la folie, des fruits qui font « BOUM » et le Grand Méchant Loup. Le rêve, selon un enfant, rime avec la naïveté, des sucres d’orges et Casimir. Diamétralement opposé, les efforts de l’empoisonneuse allaient devoir être considérables pour faire en sorte que Daisy Draté soit la femme « rêvée » de cet enfant.

***

*AU SECOURS !*

Cet enfant, assis là, face à la « douce » Muscarine Daisy était d’un sale… Les dents du Compte Crassouillou paraîtraient plus propres que les ongles de ce grossier enfant. Une véritable honte pour l’Epouvantrice de se balader avec un tel ramassis de saleté. Seulement, ce mélange de dégoût, d’aversion, ne devait absolument pas paraître sur le visage de Muscarine euh, Daisy. Elle se contrôlait. Ne respirait que d’une narine – de préférence celle qui se trouvait du côté de la bougie à la framboise placée sur la table, mieux pour sa survie – et le regardait d’un air aussi enjoué que possible, bien que discuter avec une fosse septique lui semblait plus convenable. Toute l’obscénité que Crazy Apple pouvait imaginer tenait entre les pieds crasseux du gamin et ses cheveux gras. Cette indécence, ce je-m’en-foutisme de l’opinion des autres… Cette naïveté… Grand nombre de petites fées venues de leur monde où tout est bleu penseraient que c’en est charmant, attendrissant « Oh, quel enfant adorable… Il sent l’innocence, une vraie merveille ♥ ». Une horreur. Cet enfant était détestable, bon à jeter au bas de la pyramide des classes sociales, quelque part entre les ordures et les coquilles Saint-Jacques – Musca les détestait. Il puait. Il puait la mort. Les orteils de la Maîtresse de l’Epouvante se crispaient, elle priait pour que cette mission se finisse vite. Aussi vite qu’elle a eu la chance de commencer…

« Vas-y… Mange. Tout est pour toi, tu n’es pas obligé d’en laisser. »

Le regard tendre, la bouche en cœur et les gestes doux… Elle les faisait quand même. Incorrigible Muscarine. Voir cette boule de crasse se jeter sur les gâteaux et le chocolat donnait presque envie de vomir. Il pleuvait toujours dehors, les gouttes qui ruisselaient le long des vitres étaient si belles… Par rapport au spectacle qui œuvrait devant les yeux déconfis de Daisy Draté. Il ne devait pas se rendre compte du bruit qu’il faisait – non plus que de sa vulgarité ! Les clients du bar eux, s’en apercevaient et ne touchaient, pour la plupart, plus – ne serait-ce que des yeux – leur consommation. Un vent froid d’écœurement parcourrait la salle au galop. La serveuse va finir par leur demander de quitter les lieux, mais Musca ne devait pas faire de scandale, jouer le rôle de la gentille femme attentionnée qui n’a d’intérêt que pour la pauvre âme sans défense qu’elle venait de sauver. Foutaises. Si une chose préoccupait Musca, c’était bien ce que l’on pensait d’elle… Daisy Draté était vraiment… Un rôle dur à jouer.

La seule chose qui attendrissait MusDaisy était cette petite moustache de crème chantilly, au-dessous du nez de l’enfant. Il faut se le dire, ce blanc pur faisait un tel contraste avec la saleté qui régnait autour de lui ! Une lueur d’espoir…

« Tiens, c’est à la fraise ! »

Remarque pertinente. Mais pourquoi diable ne mangeait-il alors qu’un biscuit ? Il n’aime pas la fraise ? Il veut… l’offrir à Musca ? Ou plutôt à Daisy… Un acte de… Rha, comment ça s’appelle déjà ?… Ah oui, gentillesse. Bizarre.

« Merchi pour le gachteau et le chocholat.

- Oh euh, je t’en prie mon enfant. C’est un plaisir. Mais ne te prive pas, emporte au moins le deuxième dans ta poche, moi je n’en ferais rien. »

« Bien répondu ! » pensait Musca. Et c’est vrai qu’elle avait eu l’air sincère. Un peu plus et elle lui pinçait la joue… Un petit rien pour l’homme, un grand pas vers la sympathie pour Mumu ! *frappe sa joueuse*
Quoi qu’il en soit, au moment où un des nombreux postillons du gamin atterrit sur la joue de Daisy Draté, une lumière verte dans le centre des récepteurs de son cerveau s’alluma. Les Nerfs se mirent à perdre la tête, et les Neurones ne savaient plus très bien sur quel bouton appuyer pour envoyer la bonne réaction face à une telle situation. Les Gestes décidèrent de se s’arrêter, la Parole fit de même, ainsi ils purent bloquer l’invasion que les Cinq Sens firent devant le Grand Poivron, âme de tous les Malkiniens, trônant au-dessus des Neurones.

« JE N’EN PEUX PLUS ! Cela fait au moins DIX minutes que les yeux prient pour se fermer ! dit la Vue.

- Moi je ne vous parle pas de la glotte qui gigote, la langue bloque tant bien que mal les remontés d’acide, mais les reins n’arrangent vraiment rien ! hurla le Goût.

- Et ses petits bruits… un carnage ! Les tympans pleurent, ils sont inconsolables ! Dites-lui de manger proprement ! renchéri l’Ouïe.

- Il… il a… POSTILLONE SUR SON BEAU VISAGE ! ah oui, le Toucher n’était pas content… On ne va plus tenir bien longtemps, Grand Poivron… Oh, âme généreuse et charitable. Nous sommes tous d’accord. L’Odorat aussi. Pas vrai ? Dis-lui ce que tu nous disais dans les Veines… A propos du tu-sais-quoi.

- Je… Je meurs… C’est… Trop dur. L’Odorat tressailli. »

STOP. *Petit bruit de reniflement*
Muscarine Applewood n’allait pas mourir, privée d’odorat à cause d’un gamin de Neverland. Hors de question. C’est non. Elle prit une grande inspiration, se préparant à lui expliquer ce qu’était de l’eau, au moment où il ouvrit sa bouche – histoire d’achever l’Odorat pour de bon.

« Comment tu t’appelles ? Et puis comment tu sais pour l’histoire des pommes ? Et tu voles avec ton parapluie ? Tu me donnes une glace à la pistache ? Pourquoi tu es gentille avec moi alors que les adultes sont tous censés être puants ? Ah ! Et tu connais Poisson Pourri ? J’espère que tu n’es pas amie avec lui, si ? Est-ce que tu connais Big Bad Wolf ? Tu me racontes ton histoire ? Ah…euh S’il te plait madame la pomme ?

- »

Silence insoutenable. Elle devait trouver une parade.

« Eh bien, en voilà des questions… Je m’appelle Daisy. Daisy Draté.
Je connais plutôt bien les pommes, j’aime assez leur couleur, et dans ma vie j’ai connu une femme absolument fascinante qui les faisait même exploser ! N’est-ce pas extraordinaire ?! Hahahaha !
Je euh.. ne voles pas avec mon parapluie… Désolée. Je ne vois pas vraiment d’où te vient l’idée que les parapluies sont semblables à des ailes… C’est bizarre comme… pensée.
J’euh… Oui ! Oui, tu veux une glace à la pistache ? J’irais t’en chercher une après, en partant. Dans un cône en poil de castor, tous les enfants aiment ça !
Les... attends. C’était quoi ta remarque sur les adultes ?
»

Son regard était fuyant. Elle ne savait pas quoi répondre, tant de questions… Elle ne se souvenait même pas de tout. Le gamin répéta mot pour mot à partir de sa remarque sur les adultes et M’Daisy répondit au reste des questions.

« Oh, mais les adultes ne sont pas puants ! Personne n’est censé dire ça, à part… Euhm… Tu ne serais pas un… Ami de Peter Pan ? »

Pour prononcer le nom de Peter, elle avait chuchoté, comme s’il s’agissait d’un secret. Elle jouait définitivement bien son rôle. Muscarine Applewood, perdre son sang-froid ? Eh bien NON.

« Enfin peu importe, tu répondras lorsque ce sera ton tour ! A ce moment, elle sourit de toutes ses dents. Blanches, elles.
Je c… connais pas. Poisson comment, tu dis ? Non, ça ne me dit rien… Je ne suis donc pas amie avec… ça. Enfin, lui.
Oh, Big Bad Wolf par contre je pourrais t’en parler des heures j’en ai entendu parlé, oui. Un grand homme. Oh, méchant certes, mais il a quand même réussit à s’échapper de Samarcande. C’en est presque méritant, NON ?
»

Elle venait de se tourner vers les autres clients du bar. Aucun n’avaient acquiescé, inconscients.

« Mon histoire maintenant… c’est ça, hein ? »

C’est là, que ça devient dur. Muscarine pinçait ses lèvres, elle ne savait que dire. Elle allait devoir faire une chose qu’elle n’aurait jamais imaginé, sa vie lui convenait parfaitement. Elle devait s’inventer une vie de rêve.

« Et bien, je suis née à… Woollyland. Mes parents sont… dans le… un regard discret parcourant la salle, puis s’arrêtant sur ce qui retenait son attention, une tête d’ours des montagnes accrochée au mur. La vente de fourrures ! Pleins de fourrures.. Héhé. Oh, je n’ai jamais manqué de rien. Les fourrures ça rapporte ! Surtout celles destinés à être utilisé en tant que tapis ! Grâce à ça, je suis une très grande amie du Prince Charmant tu sais. On a eu beaucoup d’affaire avec les Cavallonne, je suis souvent allé… Déjeuner. Chez Liam. Oui, je l’appelle par son prénom *gloussement*. Ensuite euh, je suis partie. Et je suis devenue… Chanteuse. Dans un cabaret… de Wonderland. Tu connais le « Moulin Pourpre » ? Enfin, j’ai eu une carrière vraiment… vraiment. Je suis plutôt assez connue, enfin, c’est un art qui se perd maintenant, le… la… Enfin, t’es un peu trop jeune ! *petits gestes d’embrouillement avec ses mains* QUOI QU’IL EN SOIT, je ne travaille plus. J’ai beaucoup d’argent et un comptable extraordinaire ! Du coup, j’offre des chocolats et des glaces à la pistache aux enfants qui me semblent dans le besoin. »

Quelle déesse de l’improvisation. Aux premiers mots, elle bafouillait, on voyait l’hésitation sur son visage mais à la fin, une véritable pro. Et puis, cet enfant, il lui avait appris à… « rêver » ? … Noon. Mentir. Mais ça, elle le faisait déjà très bien !
Avec ce même sourire et ces mêmes yeux doux, Muscarine proposa amoureusement au garçon de l’emmener faire un tour de shopping. Elle lui avait dit qu’avec tout son argent, elle pouvait lui offrir de nouveaux vêtements et un bon… bain. Il semblait connaître ce mot, ce qui était étonnant. Elle se leva, lui tendit une main quelque peu hésitante et lui dis :

« Allez viens, on va aller te chercher ta glace aux pistaches et te décrasser, puis tu vas prendre le temps de me raconter ton histoire à toi. Je suis sûre qu’elle est bien plus intéressante… »

[Désolée des bêtises que j'ai écris.
J'étais en forme /PAN/]


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MessageSujet: Re: Il était une fois une pomme. [Crazy Apple] Ven 3 Sep - 10:57


Tu rêves, tu ne fais que cela.
Quand seras tu sérieux ?
Cesse de gesticuler,
Petit pantin désarticulé,
Je vais te les remonter moi, les bretelles.


Le cliquetis des couverts le berçait, il se sentait bien, entouré par la fumée dansante. Les odeurs des plats se mêlaient à la cigarette, tout comme les conversations s’entrechoquaient. Il régnait un brouhaha ravissant. Les indiscrétions murmurées serpentaient jusqu’à s’élever et former, ensemble un nœud incompréhensible. Les verres scintillaient, étoiles des uns qui trinquaient, plongeant leurs lèvres dans un breuvage doré.

-« Bien sur que je fais partie de la bande à Peter, je suis un enfant perdu! Hurla -t’il, prêt à se lever, indigné. Ses petites mains tremblaient d’excitation, il les plaqua contre son torse, tentant de calmer son cœur palpitant. Conscient du danger que cela représentait, il regretta bien vite de s’être fait remarqué. Il retroussa ses lèvres, contrit, tout en regardant furtivement à droite et à gauche. Personne ne s’était tourné vers eux, comme si le monde entier se forçait a les ignorer. Ils étaient entourés par des êtres apeurés, si couards qu’ils n’osaient pas même lever les yeux vers l’interdit.

Il faisait agréablement chaud, les joues du petit s’étaient tachetées d’un rose pâle et ses oreilles décongelaient doucement à l’ouïe de cette nouvelle histoire. Mary Poppins s’offrait à lui : cadeau truqué. Le papier était beau, ses couleurs chatoyantes mettaient en appétit. La boite était, quant à elle, désespérément vide. Il fronça les sourcils, retroussant son minuscule nez busqué qui coulait encore. Ses narines se dilatèrent, non, il ne flairait pas la vérité. Il y eu un énorme bruit, une explosion nasale. Le mucus jaillit, verdâtre.


-« Ah, soupira -t’il, ça va mieux.

-« Tu ne me dis pas la vérité Madame la pomme, personne n’a de prénom aussi ridicule que des zizis grattés.

Il s’agenouilla sur sa chaise, prêt à bondir puis se décidant enfin, il posa son pied nu sur la table. La tasse vacilla dangereusement, se jetant vers l’avant, Ethan écrasa le gâteau rose d’un coup de genou. Se saisissant des deux joues de la menteuse, il les pressa entre ses paumes tandis que le visage de la dame se tordait comiquement. L’enfant plongea son doigt dans la bouche de la madame et frotta l’intérieur visqueux. Cela ne dura qu’un instant, il retira son petit index souillé et l’approcha doucement de ses lèvres, observant la bave dégoulinant. Cela le fit loucher. Il ouvrit démesurément son bec et engouffra l’extrémité dudit doigt avec nonchalance.

Il grimaça, ce liquide était acide, il piquait la langue comme un millier d’aiguillons empoisonnés. Tentant de se débarrasser de cette ignoble sensation d’insécurité, il cracha par terre, mais le goût de l’amère déception resta. Un long frisson lui parcouru l’échine. Revenant, tétanisé, à sa place, il plongea distraitement ses pieds dans ses bottes gelées qui laissèrent échapper un couinement plaintif.


-« Tu n’as rien a voir avec Big Bad Wolf Madame Pomme lâcha -t’il lourdement, déçu. Il était en danger, cette dame voulait l’envoûter. Elle n’avait rien d’une mère, tout d’une chasseresse. Son regard n’était pas doux, mais perçant, ses lèvres minces se courbaient et formaient un demi cercle sans harmonie. Et le pire dans tout cela : elle voulait lui donner un bain. Il se voyait déjà, plongé dans une mousse rosâtre piquant le né, sentant le bourgeois puant de propreté. Elle voulait le changer, le rendre présentable aux yeux des adultes, le faire grandir. Il s’imaginait déjà portant des froufrous, peut-être même qu’elle lui ferait porter des robes. Non, il voulait garder ce pantalon trop grand hérité de Bouboule, ce petit chemisier -crème ou beige, peut importe-, ses chaussettes trouées et dépareillées. C’etait ce qu’il était et il aspirait à le rester. Garder ses souvenirs, pour ne pas oublier, d’où il venait. Le rouge lui monta au front, Ethan sauta à pieds joints, vacilla et bouscula la serveuse qui renversa son plateau sur la menteuse. Les orangeades à l’anis servirent de diversion, l’enfant enfila son manteau encore trempé, attrapa la pomme verte et l’enfourna dans son sac.

-« Merci pour tout, mais j’ai des choses à faire. Mon histoire attendra ! Cria-t’il en poussant hâtivement la porte. Le carillon léger tinta, Ethan n’était finalement qu’un coup de vent. Il était parti courant, sous la pluie assommante. Par où prendre ? Il tourna à droite, bousculant les passants indignés, il glissa sur la pellicule d’eau et se rattrapa in extremis à un réverbère. Une vieille dame s’arrêta et l’observa curieusement, elle lui tendit son parapluie. L’enfant apeuré geignit, il ferma les yeux. Quand il les rouvrit, la vieille dame disparaissait dans une rue ténébreuse, le parapluie orange était à ses pieds.

Il y en a qui savent que leur heure approche. Ils regrettent le temps passé et finalement retrouvent en eux l’enfant perdu. Il faut que leur vie soit terminée pour qu’ils puissent savourer l’innocence. C’est une gourmandise qu’il ne faut pas avaler, l’enfance.

Ethan attrapa l’objet et le le dévora des yeux. Il était au bord d’une longue descente pavée. Il plaça le parapluie à l’envers, s’y installa en boule avant de s’élançer. Il tourna, tourbillonna, telle une fusée, l’installation filait. L’enfant perdu riait et criait, se heurtant à un homme, il finit sa course sur le ventre. Il se releva difficilement, sa tête tournait, il avait envie de vomir et ses jambes flageolaient. Il s’appuya contre un mur de briques rouges délavé, le parapluie orange replié, coincé entre ses jambes. Il fuyait, certes, mais c’était pour préserver ce qu’il était, un enfant, perdu.


-« Hé petit, excuse toi. Grogna l’homme qui se redressait. Ethan leva la tête vers l’homme aux yeux écartés et lui tira la langue avant de reprendre sa course folle.

C’était excitant, très excitant. La pluie lui battait les tempes, son sac rebondissait contre sa hanche et le parapluie inutile lui servait d’arme, écartant les quelques grandes personnes sur son chemin. Il bondissait dans les flaques, ses bottes n’étant plus que des éponges. Il se retourna mais le rideau ruisselant faisait qu’il ne voyait rien à plus de deux mètres. Cela devenait impossible de rester dehors, il poussa la première porte qu’il trouva.

C’était une librairie. Un trésor d’histoires. Mais cela, Ethan l’ignorait. Pourquoi ? Parce qu’il ne savait pas lire. Il papillonna des yeux, le vieux gérant était endormi, la tête entre ses bras sur le bureau, tapis dans l’obscurité naissante. La lumière poussiéreuse inondait les allées, Ethan s’approcha sans bruit et toucha la main décrépie de cet être fantôme qui ne sourcilla pas. Le ronflement qu’il produisait indiquait qu’il dormait profondément, comme Boule-de-bec lorsqu’il avait trop mangé.
L’enfant entra dans ce labyrinthe aux couloirs sinueux, les étagères touchaient le ciel, les échelles semblaient avoir poussé telles des plantes grimpantes ici et là. Des lampes suspendues à certains rayons éclairaient le nom de la rangées d’une lumière crue qui mourrait pathétiquement avant de toucher sol. Ethan ne savait plus où il était, s’il avait tourné à droite où à gauche, tout ce qu’il savait, c’était qu’il avait trouvé un endroit où se cacher. Il déposa ses effets contre une étagère, celle ci grinça. Il grimpa à une échelle jusqu’à une lampe dans l’espoir de se réchauffer à son contact. Ses petites mains s’agitèrent autour de la lumière. Il se brûla. Il reteint un cri de douleur mais dans un malheureux mouvement, il se cogna le poignet contre un épais livre mal rangé. De rage il le saisit et allait le jeter du haut de son perchoir lorsqu’un ronflement mécontent suivit d’un hoquet du gérant le rappela à l’ordre : il était un intrus, il ne fallait pas se faire repérer. Il contempla la couverture de cet immondice, noire, avec des symboles dorés. Passant son pouce meurtrit sur ces gravures, il décida ensuite de le ranger, voyant qu’il n’y avait que des petites lettres alignées à l’intérieur. Décidément, les adultes se complaisaient dans l’ennui.
Il resta assis en haut de l’échelle, rêvant, de cette dame, reine des pommes.



Dernière édition par Ethan le Jeu 10 Fév - 23:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Il était une fois une pomme. [Crazy Apple] Ven 8 Oct - 19:09


« Bien sûr que je fais partie de la bande à Peter, je suis un enfant perdu ! »

Horreur et damnation. Si ce gamin continuait de hurler, Muscarine ne pourrait plus se retenir. Elle exploserait. Littéralement.
Au moins, elle était absolument certaine qu’il s’agissait du garçon qu’elle recherchait. Cependant, il était bien moins coopératif que prévu. Elle devait l’emmener, loin, et le faire parler. Mais rien à faire, il ne voulait pas la suivre.
Elle s’était rassise, après que le gamin se soit mis à crier. Elle ne voulait pas se faire remarquer davantage en étant seule cliente debout, mais à sa grande surprise, personne n’avait tourné le regard vers eux. Comme s’ils étaient transparents. Et être transparente, ce n’était pas ce qu’elle appréciait le plus. Heureusement, l’éternuement le plus fort du monde retenti au moment où l’Epouvantrice se perdait dans sa vanité. Cet enfant ne connaissait vraiment aucun principe de la discrétion. En revanche, il en connaissait beaucoup sur le dégoût et le répugnant. Un délice.

« Tu ne me dis pas la vérité Madame la pomme, personne n’a de prénom aussi ridicule que des zizis grattés. »

Des Zizis Grattés. Des Ziz… ZIZIS GRATTES ?! Ses yeux se déshydrataient, petit à petit. C’était dût à l’incapacité de cligner des paupières. Bouche bée. L’étonnement paraissait absolument réaliste. Heureusement. Et puis où allait-il cherchait ça ? Daisy Draté, ça ne ressemblait pas à… Bon, si. Mais de toute façon, un zizi, pour ce gamin pouilleux, ce devait certainement être un petit animal qui dort dans un terrier pendant l’hiver. Rien d’autre. Et Muscarine n’était pas un animal. Certes non. Elle était bien pire qu’un zizi.

Cependant, elle disposait d’une chose : l’hygiène. Et dieu sait que l’hygiène est respectable en ce bas-monde. Combien de sans-cabanes voyons-nous dans les rues de Wonderland ? Il ne faut pas se leurrer, elles en sont bondées. La pauvreté touche Malkins, et quelqu’un ferait mieux d’y faire quelque chose. Cela devenait dérangeant de se sentir observée et enviée par des hommes-poissons sale – comble pour un homme vivant sous l’eau. Enfin, dérangeant tant qu’on ne trouvait pas joie à être prise comme un modèle… Puis dans tous les cas, tant qu’il n’y avait pas de contacts établis entre la saleté et Muscarine, ce n’était après tout pas si gênant. Mais dès qu’il y a contact, il finira obligatoirement par y avoir explosion d’épiderme. Et voilà, il y a eu contact.
Les mains gluantes de la bestiole perdue se sont permises de compressées les si délicates joues de Crazy Apple. Non seulement, on ne compresse pas une dame, mais en plus, on ne bloque pas les zygomatiques de quelqu’un aussi impunément ! Son expression était étonnamment placide. En réalité, elle ne réagissait plus. Mort cérébrale. C’en était trop.
Le gamin exerçait des pressions sur toute la peau un minimum malléable de Musca. Il n’eut aucune peine à lui ouvrir la bouche et y enfourner son petit doigt répugnant. Elle n’était même plus étonnée, juste déconfite. Au moment où il l’enleva, où il cessa de la toucher, elle était toujours aussi inerte. C’était mauvais signe. Très mauvais signe. Elle ne vit même pas que le gamin lécha son doigt humidifiée des glandes salivaires de Crazy Apple, elle serait certainement tombée de sa chaise, mais son regard était ailleurs. Bien plus loin.

Elle s’imaginait, dans une pièce sombre, seule. A côté d’elle, une chaise et scie. Puis ce gamin. Il arrivait, innocemment, s’asseyait sur la chaise et commençait à parler. Il était aussi sale que dans la réalité, mais au moment où il tira la langue, Muscarine s’empara de la scie et la lui trancha. Puis c’était au tour de sa main, son bras. Sa jambe, toute entière, puis enfin sa tête. Des petits bouts d’enfant sale. Voilà ce qu’elle désirait trouver sous ses yeux. A la place, il y avait ce même gamin qui commençait à se mettre à bouder parce qu’elle ne connaissait pas Le Grand Méchant Loup. NAÏVETÉ. Elle le connaît. Elle le côtoie. Mais si elle en parle, comment réagiras-tu, toi ? Petit gamin inconscient, avide d’aventures palpitantes au côté des méchants. Tu tremblerais de peur. Si tu savais qui elle était réellement, tu ne retiendrais ni tes larmes ni tes hurlements. Tu n’aurais qu’une envie : finir en petits bouts de gamin sale.

Au moment où elle se réveilla, il était parti. Enfuit. Il s’était mis à courir et avait disparu. Il était maintenant loin, certainement en train de hurler, comme à son habitude. Elle avait… échoué ? Hors de question.
Elle se leva brusquement et dans son mouvement, fit tomber la chaise. Elle prit la tasse de chocolat, d’ores et déjà renversée par le gamin, puis la jeta au sol. Elle se brisa en d’innombrables morceaux. L’Epouvantrice était énervée. Non seulement elle avait perdu de vue ce gamin, mais en plus elle se sentait souillée, impure. Une seule et unique chose lui rendrait son statut de femme illustre. Et Boum.

« Ah ! Ben j’espère que vous comptez nous la repayer, hein ! C’est pas gratuit v’savez ! Ca en coûte des Yubas, ingrate !

- Ingrate ? J’aurais plutôt dit folle. »

D’un geste lent, elle se saisit de sa perruque déjà trop rouge, laissant ainsi ses longs cheveux châtains se dérouler sur ses épaules. Quiconque avait vu son avis de recherche était maintenant capable de la reconnaître. Muscarine Applewood, dite Crazy Apple.

« J’aurais plutôt dit folle, car voyez-vous, selon beaucoup de Malkiniens, c’est ce que nous sommes. Nous, maître de l’Epouvante. Fuyez, tant qu’il est temps. Ça va faire Boum. »

Son sourire n’arrivait plus à se décrocher de son visage. Cet enfant l’avait surmenée, elle devait décompresser. Du coup, BOUM. La plupart des clients étaient partis en courant, les imbéciles restant pensaient que leur table les protégeraient des explosions. C’eût été vrai, s’il s’agissait de pommes, comme à son habitude, seulement cette fois, Muscarine s’était armée de grappes de raisins noirs. Ainsi, le bar en lui-même n’avait ni pris feu, ni explosé vulgairement. Il avait fait pleins de petits boums disséminés partout. Elle avait, le plus amoureusement du monde, refait la tapisserie de l’établissement, à son goût. Le rouge et le noir se marient d’une manière parfaitement artistique. La jeune femme attendit d’être sûre que plus personne ne respirait dans le bar pour sortir. Le bruit avait fait fuir les passants. Elle était seule dans la rue, prête pour partir à la recherche du gamin. Et elle le trouverait.

N’étant plus à l’abri sous une quelconque chevelure factice, elle prenait tout de même gare à ne pas se faire pendre en embuscade par des Traqueurs. Mais ceux-ci étant trop occupés à jouer au Crazydoku Gazetteux dans leur locaux moisis, elle n’avait que peu de choses à craindre. Armé de raisins et d’une volonté de fer, elle ne tarda pas à tomber sur un homme un peu trop fier. A ses pieds, un parapluie. Orange. Coïncidence ? Je ne pense pas.

« Eh bien, vous ne fuyez pas ?

- Beuh, pourquoi j’fuirais ?

- Inculte. Par où est-il parti, le gamin ?

- Eh beh, ma p’tite dame… On gagne pas un renseignement sans donner une p’tite récompense ! »

L’homme, obèse et très laid, eu un rire gras. Et Boum.
Utilité ? Zéro.
Bras ?... Zéro ♥.
Dans la rue, la porte d’une librairie battait à cause du vent. Ce gamin se serait réfugié la-bas ? Bien sûr. Qui chercherait un enfant dans une libraire – avait-il seulement remarqué qu’il s’agissait d’un endroit avec des livres, objets inconnus pour lui ?
En s’approchant doucement, Muscarine put entendre des bruits suspects. Le gérant de l’établissement dormait. Elle ne le tuerait pas, pas maintenant. Elle avait assez ôté de vies pour la journée. Elle entra plus profondément dans la librairie, en essayant de ne pas faire un seul bruit. Comme elle aurait aimé avoir un minuscule Carpenter dans sa poche, à cet instant précis… Elle avait pris soin de bloquer la porte, unique sortie, par une chaise, une barre en fer et deux ou trois livres. Montagnes de choses futiles qui seraient simplement et purement longues à enlever si l’envie de fuir reprenait au gamin. Elle essayait de se taire pour voir d’où provenaient les bruits de l’enfant, qui semblait être dans une des dernières colonnes. Vers cet immense poster de Jean-Jeau Roussac, célèbre écrivain de Malkins.

Clac, Clac, Clac. Ses talons sur le parquet.

« Eh bien gamin, montre toi. Nous n’avons pas fini de discuter, il me semble. Viens donc. Je vais te la dire, la vérité. »

Elle marchait dans l’allée principale, mais aucun bruit ne lui parvenait en réponse. Peut-être avait-il peur, cet être dégoûtant. A chaque nouvelle colonne qu’elle passait, elle lançait un petit grain de raisin. Ce qui était pratique avec les petits fruits, c’est que l’explosion produite est assez importante pour détruire et effrayer, mais pas assez pour supprimer. Un véritable plaisir pour la torture ! Et c’est ce qu’elle faisait actuellement, de la torture. Torture psychologique. Les colonnes tombaient, les unes après les autres. Mais pas de gamin. Jusqu’à l’avant-dernière. Il était tout en haut, trônant comme un roi. Elle s’arrêta, leva la tête et se mit à la lui raconter, la vérité.

« Je suis Muscarine Applewood. Mais on m’appelle Crazy Apple, fidèle Epouvantrice aux côtés de Big Bad Wolf. N’essaie pas de t’enfuir, ni de me raconter une histoire, je connais ton don, ça ne marcherait pas. Je sais m’en protéger. Maintenant descend, j’ai quelques questions sur Peter et vous autres, gamins perdus dans le vaste monde. Si tu réponds bien, tu auras peut-être la vie sauve, qui sait ? »


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MessageSujet: Re: Il était une fois une pomme. [Crazy Apple] Sam 4 Déc - 12:23

Tu es diabolique, mais pas autant qu’elle
S’en sortir vivant ? Qu’elle idée mon enfant !
Il n’y faut même pas penser,
Petit puceron repoussant.


Ethan au sommet de l'échelle, dormait paisiblement. Ses cils humides tels des rideaux reposaient ses yeux clos. La lumière tamisée lui servait de veilleuse: l'obscurité ne régnait point dans le silencieux endroit. Quelque part le cliquetis, d’une vieille horloge s’élevait, faisant frémir ses fins sourcils au rythme des aiguilles dansantes. La valse de la nuit entamait son premier cycle, et jusqu’à l’aube les démons allaient roder dans les rues insalubres.
Sa calme respiration s’unissait aux soupirs essoufflés des étagères boisées. Le magasin entier était vivant, et le jeune enfant rêvait tranquillement dans l’un des recoins de l’estomac gargouillant.
Il y eu un crissement, un craquement, un claquement...de porte peut être, de chaise surement. C'était certainement le gérant, qui s'était levé, encore amolli par le sommeil, et qui avait fermé la boutique à clef. Le ronflement saccadé du propriétaire parvint jusqu'à lui, il devait s'être rendormi. Il était en sécurité, enfin, c'est ce qu'il croyait. Il se blottit dans les bras du doux Morphée, et s'y laissa bercer. La pluie martelait la devanture, elle chantait en tombant sur le pavé, elle rinçait la ville de ses traces d’immoralité, elle se vautrait dans les bouches d’égouts, se roulant dans sa bourbe avec délice, gonflant le flot de détritus débordant dans la rue.

Les secondes qui sautent hors du cadran pour venir assassiner les dernier instants d’une volupté naissante. Lorsque le soleil embrase une dernière fois le ciel, avant d’aller retrouver les eaux profondes du désespoir, de laisser la place à la souffrance d’un infini noir piqué de trous dont la réalité est expirante. La nuit, d’un large sourire mesquin, se délectait des crimes qui se passaient en son sein ; de ce théâtre d’ombres chinoises armées de folie qui fourmillaient et hurlaient. De sa persienne, elle observait, et s’amusait quelque fois, à déclencher l’action, lorsque le lever de rideau tendait à être trop long : « Ethan réveille toi » lui murmurait-elle à l’oreille, posant sa main altière sur sa tête blonde. L’enfant quant à lui, ne se décidait pas à être coopératif, un large filet de bave coulait le long de la tranche des livres contre lesquels il s’était appuyé.

Quelque chose vient de tomber, sur une lame du parquet. Une goutte, de pluie, qui courait sur le vernis. C’était claquement de talon, abrupte et confiant qui retentissait lourdement. La perle aqueuse et le roulement du petit fruit, l’explosion et ce coup de lumière, tonnerre. Les uns se mêlaient aux autres dans un chaos harmonieux. Enchevêtrés les bruits se complétaient, superposés, ils s’annihilaient, monstrueux et inaudibles. Ethan ne devinait pas encore que ce qui faisait rage n’était pas à l’extérieur mais bel et bien à l’intérieur même du cocon au fond duquel il s’était réfugié, ce petit parasite.

Un nouveau grondement, le cri assommant de l’effondrement : les histoires s’effritaient et noirci par la cendre de l’autodafé, le papier brûlait, laissant échapper un dernier crépitement, gémissement. La lumière au dessus de lui tressaillit, bientôt elle s’éteignit. Le petit perdu, du haut de sa prison, aurait pu la voir arriver, cette folle fulminante, mais il avait préféré rêver. Il est facile de se leurrer, de ne pas vouloir soulever ses paupières lourdes d’illusions heureuses. Mais n’est-ce pas cela être un enfant ; pouvoir vivre innocemment ?

Peut-être fallait-il abandonner l'idée, de collecter les histoires du monde entier, et rentrer bien sagement au pays des enfants. Il n'avait rien vécu, pourtant le monde lui faisait peur, et ses yeux clos le protégeaient, de l’insupportable vérité. Et pris au piège, de sa tour réputée imprenable, il allait constater qu’il venait de se faire damer le pion. C’est qu’elle se tenait tout près la dangereuse, avide de croquer dans se fruit encore vert, immature.


Spoiler:
 


Il y avait une drôle d’odeur qui se répandait autour de lui, peut-être que Boule-de-bec avait décidé d’allumer un feu pendant la nuit, lui qui est toujours très frileux. Ethan cependant, n’y cru que quelques secondes, son petit nez encombré l’alerta du danger. Il la vit alors; encore abruti par sa courte sieste, il se frotta les yeux, peut-être était-il encore en train de rêver, qui sait?

Elle l'avait poursuivi, rattrapé, attrapé. Folle voilà ce qu'elle devait être, il secoua sa lourde tête, il devait être tombé sur une vilaine madame perverse, pas étonnant qu'elle ait voulu l'amadouer avec des friandises, il y avait lamellibranche sous roche. Peut-être allait-elle lui dire ce qu'il voulait entendre pour qu'il la suive? Peut-être qu'elle allait lui raconter des faussetés, la mocheté. Parce qu'elle avait perdu toute beauté dans sa course, elle n'avait plus rien d'admirable, cette furie. Il fut secoué d'un violent frisson, pris d'une quinte de toux pendant qu'elle parlait, n'écoutant plus que d'une oreille.
Il faillit s'étouffer de rire: qui pouvait bien se nommer Muscarine? Ce nom ne faisait pas du tout peur, surtout pour quelqu'un qui se donnait tant de mal pour paraître aussi effrayante que Poisson Pourri, quoiqu'elle ne lui arrivait pas même à la cheville. Doux et moelleux, on avait presque envie de le manger, ce mucus de narine, n'est ce pas l'empoisonneuse? Mais elle s'accrochait comme un champignon sur une cime d'arbre, comme une crotte de chien sous une chaussure. Il lui avait pourtant dit adieu, alors que pouvait-elle bien vouloir encore? L'odeur des alentours l'indisposait toutefois, ses poumons enflammés n'exhalaient plus que la douleur; il cracha dans sa main un liquide blanc, pâteux, tandis que d'une oreille distraite il entendit le nom de "Big Bad Wolf".


-"Qu..que ?! L’échelle vacilla et du barreau, l’enfant glissa, sans même avoir le temps de crier, il se retrouva à ses pieds, ou plutôt sur ses pieds, essuyant son immondice sur la botte de la détraquée. Il se releva et lui sourit, comme un enfant tout fier de sa bêtise. Ne pas lui raconter d'histoire? Elle connaissait bien mal les enfants: ce sont les rois de la mythomanie. Le petit prince qu'il était avait décidé de jouer un peu avec l'Epouvantrice, parce qu'elle croyait vraiment, qu'il lui était possible de lui offrir son héros Peter sur un plateau d'argent. Quelle drôlerie.

-"Comment tu es au courante de mon pouvoir madame la pomme? Il est comment Big Bad Wolf? Tu veux bien me le montrer un jour? Je peux manger le raisin?

Il lui pris des main les petits grains de raisin et les avala avec contentement.

-" Qu'ech'que tu veux à Peter? Lui demanda-t'il les joues pleines et la bouche dégoulinant de jus.

Spoiler:
 



Dernière édition par Ethan le Jeu 10 Fév - 23:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Il était une fois une pomme. [Crazy Apple] Mer 2 Fév - 18:48

En l’observant s’éveiller de ses rêveries fantasques, Muscarine se demanda ce que ce gamin pouvait avoir à envier, si ce n’était les réponses à ses questions sur Peter. Il baignait dans un de ces sentiments mielleux que l’empoisonneuse avait à peine eu la chance de côtoyer : l’innocence de l’enfance. Cette sensation d’avoir le droit de tout faire, de tout se permettre ; le plaisir de la découverte incessante – puisqu’un enfant ne connaît RIEN au monde réel - ; et surtout, la chance de pouvoir courir nu sur la plage et d’être « mignon ». Mais tout ça, Muscarine n’en voulait pas. Elle avait tout ce qui lui plaisait, elle tuait presque selon son bon plaisir, elle inspirait la crainte et faisait naître le sentiment le plus puissant de l’être humain : la peur. Elle était véritablement comblée, alors pourquoi avait-elle cette impression d’être gonflée de regrets lorsqu’elle regardait trop longtemps ce gamin si repoussant ? Enfance dévorée trop tôt, Crazy Apple était une de ces personnes qui n’avait ni d’âge ni de véritable passé. Elle ne vivait que le présent, sans ressasser aucun souvenir, sans espérer un futur glorieux. Elle savait pertinemment que ce qui l’attendait sur le long terme était à craindre, alors elle profitait des instants présents, vivait dans des rêves qu’elle espérait profondément voir se réaliser, sans se soucier jamais des répercussions ; tout comme lui. La différence était le pourquoi. Un gamin vit sa vie par méconnaissance, une Muscarine la vit par négation et par crainte.

Elle se devait de réagir de façon impulsive et démesurée, car à cet instant précis, elle avait compris que cet insecte ne ferait que la tourner en bourrique. Jamais il ne lui dirait quoi que ce soit sur Peter de cette manière, jamais il ne l’écouterait. Tout au long des siècles, elle n’avait appris qu’à agir sans réfléchir. Cela lui devenait naturel et c’est pour cette raison que sa seule envie, maintenant, était de transformer cet endroit en bouillie fumante et rougeâtre. Elle allait devoir procéder comme elle l’avait toujours fait, de manière la plus spontanée possible.
Mais juste une fois, pourquoi ne pourrait-elle pas faire preuve d’intelligence et de réflexion ? Se contrôler était un défi pour Muscarine, cela découlait du miracle. Mais maintenant qu’elle avait cet amas de chair, ce gluant, collé à ses pieds, pourquoi ne pas essayer… Il était si petit, si fragile ; mais pourtant gonflé de tant de fierté et de tant d’assurance. L’innocence, vous dis-je. Il lui faisait penser à son enfance, à ces instants pourtant supprimés de sa mémoire. La même détermination coulait dans les veines de la petite Muscarine Queenbee, le jour où elle avait décidé de survivre sans Pôpa & Môman. La même petite étincelle, la même fierté, brillait dans ses yeux lorsqu’elle réussissait excellemment ses premières potions. Les enfants sont tous si semblables. C’est si dur de lutter contre un tout petit, si dur de l’anéantir et de le contraindre. Parce qu’à la différence d’un adulte, lui, il se relèvera. Si vite…

Ce soir, était le soir du changement, ou bien du test. Elle essayerait une façon de faire différente, une approche plus douce, plus calme. Plus sereine, aussi. Elle n’avait rien à envier à ce gamin, elle le savait. Mais et lui, que pouvait-il vouloir de Musca ? Sa remarque, ses yeux brillants, ses mots ; ils insistaient tous sur une même chose : Le Grand Méchant Loup. Voilà quel était son point faible. L’innocence n’a de limites que son propre abus, sa propre démonstration. L’innocent est loin d’être redoutable ; c’est bel et bien le coupable qui fait frémir. Alors Muscarine prit une grande inspiration, regarda le gamin essuyer sa bave sur ses – désormais jetables – escarpins et le laissa s’emberlificoter lui-même, n’ayant visiblement que de curiosité à l’égard du Loup. Il venait de creuser sa propre tombe, de déclencher son propre piège. Perdue dans ses pensées, elle le laissa manger ses fruits, chose qu’elle n’aurait jamais faite habituellement (manger un fruit, c’est une absurdité !).

« En réalité, je ne veux rien à Peter. C’est à toi et à tes semblables, que j’en veux. Ou plus précisément, que je m’intéresse. Je te propose un marché ; elle s’accroupit, afin d’avoir les yeux directement plongés dans ceux de l’enfant. Elle sortit un dernier raisin de sa sacoche qu’elle posa doucement sur la joue rebondie d’Ethan. Du bout de son ongle, elle le fit doucement rouler sur cette-dernière, tout en observant attentivement le petit fruit aussi vert que les mains du gamin. Je te pose quelques toutes petites questions insignifiantes, auxquelles tu me donnes mes réponses et en échange, je t’emmène voir Irfane, plus connu sous le nom de Big Bad Wolf. En prononçant le nom du loup, Muscarine avait fait un clin d’œil accompagné d’un large sourire au petit être. Elle avait également, d’un coup de doigt rapide, poussé le grain de raisin jusque dans la bouche de l’enfant. Qu’est-ce que tu en dis ? »

Elle tentait de respirer sans trop s’étouffer dans les odeurs pestilentielles qui émanaient du morveux crasseux. Nouvelle méthode d’approche, nouveaux résultats ? Elle espérait bien que ce petit mensonge aurait plus d’impact et de réussite que ses précédents. Car si d’habitude, il y a une chose qui marche sur les enfants, se sont bien les mensonges. Encore faut-il capter leur attention, car un gamin à qui l’on ment sur une chose qui ne l’intéresse pas n’en aura strictement rien à faire. Elle en avait fait les frais quelques minutes auparavant. Mais là, la présence du Loup dans le marché devrait – normalement – changer la donne. Si tout se passe comme prévu, Muscarine repartirait avec ses réponses et pourrait filer sur l’île de Peter pour vérifier ses intuitions. Elle tuerait sûrement le gardien de la librairie, au cas où il ne dormait que d’une orbite, mais elle laisserait très certainement la vie sauve au petit joufflu.
En revanche, s’il refusait une seconde fois de coopérer, elle ne pourrait rien se promettre. Son idée lumineuse de faire intervenir la raison avant tout risquerait bien de s’envoler aussi vite qu’un pot de miel devant un Nounours affamé.
Très lunatique cependant, Muscarine ferait peut-être tout exploser avant même que le mioche n’ait eu le temps de se curer le nez, une fois de plus.

« Bien entendu, si tu refuses, tu finiras en plat principal du Jabberwock à la prochaine nuit sans lune. Et crois-moi, tu n’en a pas véritablement envie. »

L’épouvantrice se releva, souffla légèrement et pencha sa tête en insistant du regard sur Ethan. Sourcil levé et bouche pincée, elle attendait fermement une réponse. Les bras pliés, reposés sur ses hanches, la minute qui suivit lui permit de songer une dernière fois à ce qu’il adviendrait de tout cela. Mais après tout, je l’ai déjà dit, Muscarine Applewood ne pense pas au futur.
Sa tête se vida de toutes pensées futiles à son goût pour ne laisser place qu’à l’image récurrente des instants trop longs : celle d’une Blanche-Neige se vidant de son sang dans un lac, teintant l’eau d’un rouge étincelant.


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CITATION: « Explosion fruitée, avec ou sans sucre ? »

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Il était une fois une pomme. [Crazy Apple]

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