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Good Morning Sunshine [Mirror]

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MessageSujet: Good Morning Sunshine [Mirror] Jeu 26 Nov - 23:39

[C'est Charmy qui m'a dit que je pouvais poster ici *yeux de Bambi*]


« Me voilà! »

Matteo s’était matérialisé dans le bureau de son patron avec le fracas qui lui était caractéristique. Une seconde plus tôt, il poussait la porte de son appartement. Quinze secondes plus tard, il noyait Mirror sous un flot de paroles.

« Alors? J’vous ai manqué? »

Il s’installa dans la chaise faisant face au bureau de son supérieur, prenant ses aises avec le naturel d’un habitué.

« Pour ma part, j’ai failli mourir d’ennui et quelle perte c’eût été pour vous tous! »

Il étouffa un bâillement au seul souvenir des évènements des derniers jours.

« Mon pauvre grand-oncle… De son vivant, jamais n’aurait-il accepté qu’on s’apitoie ainsi sur son compte. »

La Police des Contes s’était déjà livrée au très sérieux jeu des gages : Blue Fairy devait s’abstenir de toucher à un homme, Lucian Hauer devait babiller sans cesse, Barbe Bleue, au contraire, faire vœu de silence et ce, jusqu’à ce que l’un d’entre eux craque. Nul besoin de précisre que le pari avait pris fin assez rapidement… Car parler, pouvoir parler continuellement, de tout et de rien, était certainement l’une des principaux traits de Matteo della Chiave. Oh, il savait très bien se taire et écouter lorsqu’il le fallait. Cependant, certains individus le rendaient encore lus volubiles qu’à l’habitude et Curkain Sheen avait le malheur d’en faire partie.

Il poursuivit donc sur sa lancée, s’allongeant pratiquement sur son siège tandis que ses mains décrivaient de curieuses arabesques en l’air pour appuyer ses propos :

« J’avais emmené… la petite… la petite… »

Il pianota sur le bureau, creusant sa mémoire à la recherche du nom de sa compagne des dernières semaines.

« Ça se termine par a… Maria? Non. Martha? Non plus… Ah, oui! Mina. Tu sais, l’ex-petite copine de Dracula? Je trouvais qu’elle serait appropriée pour des funérailles, toute ténébreuse comme elle est. Je croyais qu’elle apporterait une petite touche romanesque, gothique à l’occasion. Mais non. Non, elle a été aussi rasoir que tous les autres. Tu ne me croiras peut-être pas mais… »

Il s’interrompit tout net et plissa des yeux, dévisageant son interlocuteur avec indignation.

« Sheen. Me fais pas ce coup-là. Je sais très bien que tu ne m’écoutes pas et que tu as les yeux rivés sur ton journal en ce moment. »

Matteo confisqua prestement le dit journal et le cala sous son bras, défiant son capitaine de venir l’y chercher. Plusieurs se méprenaient sur l’expression que renvoyait le masque du redoutable Traqueur. Ils interprétaient à leur manière sa neutralité, y reflétaient leurs propres peurs et émotions. Peut-être parce qu’il l’avait côtoyé avant et à la suite de son accident, le jeune homme avait appris à lire cet écran qui séparait son patron du reste du monde. Il devinait et avait parfois même l’impression de voir les sourires ironiques et les sourcils haussés en signe de scepticisme de Sheen.

« Suffit que je m’absente deux semaines pour que tu oublies tes bonnes manières… Je veux même pas imaginer l’état dans lequel se trouve le reste de l’équipe! »

Ses lèvres s’étirèrent en un sourire taquin. Embêter Mirror lui avait drôlement manqué. Puis, comme pris d’une impulsion soudaine, il se redressa en une position à peu près correcte, reposant ses coudes sur le bureau devant lui.

« Bon. Trêve de bavardages et passons aux choses sérieuses. J’ai entendu dire qu’il y avait une nouvelle. Elle est jolie? »
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MessageSujet: Re: Good Morning Sunshine [Mirror] Lun 30 Nov - 23:19

C’était toujours pareil avec Matteo. Un moment vous êtes tranquillement en train de lire les journaux du matin afin de vous tenir informé de tout ce qui se passe dans le pays, profitant ainsi du silence calme et paisible d’un QG encore désert à cette heure matinale. Et la seconde d’après un « Me voilà ! » énergique vient signer l’arrêt de mort de votre repos.

Derrière son masque, Mirror se permit à la fois de fermer les yeux de lassitude, et de sourire très légèrement. Matteo ne changerait jamais, mais sans doute, ce n’était pas plus mal.

En revanche, il ne fallait pas croire que, sous prétexte qu’il avait eu quelques semaines de congés pour assister à l’enterrement de son grand-oncle (et l’on se demandait bien comment est-ce qu’il avait réussi à se débrouiller pour avoir autant de congés, mais c’est une autre affaire), Matteo allait avoir droit à l’attention complète de son supérieur.
Sheen était parfaitement capable de faire plusieurs choses à la fois, merci bien, et de toutes les façons, la faconde du jeune homme parler était presque assimilée à un bruit de fond, et l’écouter n’était pas une vraie tâche.

Parce que comment voulez-vous confondre : « Non plus… Ah, oui! Mina. Tu sais, l’ex-petite copine de Dracula? Je trouvais qu’elle serait appropriée pour des funérailles, toute ténébreuse comme elle est. Je croyais qu’elle apporterait une petite touche romanesque, gothique à l’occasion. » avec : « qui sort ses ingrédients, calmement. A quelques tables de lui, un drôle d’énergumène est en train de déchiqueter des fleurs. Il est venu avec un parapluie, qu’il a posé à ses pieds, et chantonne avec un air béat en remuant une pâte qui semble un peu douteuse. »
Impossible n’est-ce pas ? Donc les deux se font très bien ensemble.

Ce n’est que lorsque son journal lui fut lâchement arraché que Mirror consentit à se laisser reposer contre son dossier et à tourner le regard vers Matteo. Il s’installa confortablement, bras sur les accoudoirs, mains croisés, dans une attitude qui pourrait passer pour imposante mais était en fait essentiellement ironique.

Il restait silencieux, parce que laisser Matteo s’éparpiller dans ces volutes verbales était toujours très amusant. Il avait d’ailleurs l’intention de rester silencieux le plus longtemps possible, mais la dernière question de Barbe-Bleue lui tira un petit rire.

« Si la nouvelle est belle ? Très drôle… Tu sais très bien que je ne prête qu’un intérêt très relatif aux nouveaux, et aucun à leur aspect esthétique. Je ne suis attentif qu’aux faits. Et d’ailleurs, à propos de fait, le journal que tu tiens momentanément sous le bras consacre un article à l’enterrement de ton grand-oncle, et dit que la jeune fille qui t’accompagnait s’appelait Andrea, pas Mina. Personnellement, j’ai tendance à leur faire bien plus confiance, à eux, qu’à toi.
Bref, tu ferais mieux de poser la question à Katjida. Même s’il n’arrivera sans doute pas avant… 5 heures encore ? Quelque chose comme ça…
»

Il était encore très tôt, c’était d’ailleurs bien étrange que della Chiave soit déjà là.

« Tu es terriblement matinal aujourd’hui... Je t’ai manqué ? »

Après tout, ce n’était pas parce que lui n’avait pas répondu à la question qu’il ne pouvait pas la poser à son tour, non ? Mais à peine la phrase avait-elle franchi ses lèvres qu'il se reprit, avec une voix plus amusée encore.

« Non, j'ai mal formulé la question, ce serait plutôt, tu t'es retrouvé seul ce matin, tu n'as pas supporté, et tu savais que j'étais sans doute à peu près la seule personne debout à cette heure que tu pouvais embêter sans problème, c'est ça ? »
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MessageSujet: Re: Good Morning Sunshine [Mirror] Mar 1 Déc - 1:38

Ne se laissant pas impressionner par la position de son patron, Matteo alla jusqu’à l’imiter, posant sagement ses bras sur les accoudoirs de son siège et tentant de conserver ses mains croisées pendant plus de dix secondes. Sa résolution s’éroda lorsqu’on l’accusa de confondre le nom de Mina pour celui d’Andrea et, cherchant à se défendre, il fit aussitôt appel à ses mains si expressives pour soutenir son discours :

« Bon. Bon. Bon. Les journalistes, hein. Du grand n’importe quoi. Même pas capable de prendre des noms en note comme il le faut. Tiens, je parie que le mien est mal orthographié et qu’il ne compte qu’un seul L! »

Il fit mine de jeter un bref coup d’œil au journal et froncer les sourcils à la vue de la faute en question. Le fait que ses yeux soient posés sur la page des Sports n’avait pas la moindre importance, tout était dans le spectacle. Et puis, oh, nul besoin de s’attarder sur cet insignifiant détail, il lui fallait déjà s’offusquer du manque de crédibilité qu’on lui attribuait :

« D’ailleurs, elle est belle la confiance! Elle est belle la coopération policière! Tu te fies plus à un paparazzi qu’à moi? Je me demande combien de fois ils t’ont tiré d’affaires, ces p’tits journaleux, hum. »

Le «hum» avait été placé à la fin de sa phrase pour lui conférer une touche supplémentaire de dignité. Il n'osa pas risquer un regard dans la direction de Mirror pour vérifier si cela avait eu l'effet escompté.

Se croyant tiré d’affaire, le jeune homme avait espéré pouvoir tirer sa révérence, se réapproprier son bureau sagement et aller juger lui-même des qualités esthétiques de la petite nouvelle. C’était sans compter l’interrogatoire du Grand Inquisiteur Curkain Sheen, qui posa le doigt sur un fait curieux auquel Matteo n’avait pas porté attention. Pris de court, sa réaction première fut de répondre :

« Oui… »

Il réalisa subitement son erreur et porta sa main à ses lèvres traîtresses. Horreur! Deux semaines sans pratique et sa résistance au pouvoir s'était évanouie! Heureusement, Barbe Bleue possédait un autre as dans sa manche : son habileté à broder, à enjoliver, à palabrer, baratiner, tant et si bien que la vérité qu’essayait de lui arracher Mirror se trouvait quasi-méconnaissable.

« Tu m’as percé à jour! Je suis follement amoureux de toi! Ces mariages en série et ces femmes perpétuellement accrochées à mon bras n’ont pour but que de te rendre follement jaloux. Depuis des années, j’attends qu’enfin, ENFIN, tu me remarques! »

Bon. C’était un mensonge pur et simple comme on pouvait sans douter (les moulinets qu’avaient décrit ses bras en l’air, sa main portée tragiquement sur son cœur en étaient des preuves additionnelles). Et cette fable lui avait exigé une sacrée concentration, l’intraitable pouvoir de son supérieur réclamant toujours l’entière vérité. Panique! Un infime instant de relâchement et c’en était fait. D’ailleurs, déjà se sentait-il en terrain glissant, prêt à accepter la défaite, d'un ton contrit :

« Mais bon. Bon. Si tu veux tout savoir, oui, tu… »

Non. Non, non. Mayday, mayday. Il fallait reprendre le contrôle, trouver une idée géniale, l’élaborer à l’infini jusqu’à ce qu’il se soit délivré de l’emprise insidieuse du pouvoir :

« En fait, j’étais chez moi et je me suis dit, dans un éclair de génie : ‘’Mais pourquoi ne pas me rendre au bureau plus tôt ce matin? Après ces semaines d’absence, j’aurai un tas de trucs à rattraper’’… ou plutôt, je devrai aider mes collègues à se rattraper, parce que, comme tu le sais bien, la Police des Contes est tout à fait incapable de se débrouiller sans son meilleur limier, ne serait-ce qu’une toute petite minute. Alors, hein, on s’imagine le désastre après deux semaines…! »

Progressivement, le ton s’était fait plus assuré. En face de son patron, son moulin à paroles était pareil à un moteur récalcitrant: suffisait de le huiler un peu pour qu’il fonctionne comme un charme. Néanmoins, dès que la tension se voyait relâchée, le besoin de cracher le morceau revenait de plus bel. Le soulagement était un ennemi, il laissait croire que le danger s’était évaporé alors qu’au fond, il n’attendait que le moment propice pour contre-attaquer.

Matteo s’était déjà interrogé s’il ne donnait pas trop crédit au don de son Capitaine et qu’en réalité, son désir de se montrer authentique face à Curkain Sheen était aussi fort que son envie d’en jouer. Et si cela s’avérait vrai… Bah, quelle importance? Il s’amusait beaucoup trop à éviter – que ce soit de façon imaginaire ou fondée – le fameux « Miroir de Vérité » pour s’en faire.

Ainsi, enchaîna-t-il, moins affirmé, cette fois :

« Bref, je suis venu. Ici. Et je t’y ai trouvé. Comme ça, par pur hasard. Par improbable coïncidence. C’est toi qui te trouvais sur mon chemin. Alors que je venais… Bah, remettre les choses en ordre. »

Le Traqueur haussa les épaules, l’air impuissant. La source semblait s’être finalement tarie. Il ne voyait pas quoi ajouter de plus à son apologie, déjà plutôt substantielle. Ne restait, en fait, qu’à se replier dans son dernier retranchement : renvoyer la balle dans le camp adverse.

« Et… Et ça m’embête de me justifier alors que je devrais faire mon boulot, fit-il valoir, en agitant sa main de cette façon si particulière aux Della Chiave.* Pire, ça m’embête carrément d’avoir été le premier à te poser cette question et que tu ne te donnes même pas la peine d’y répondre. Égoïste comme tu l’es, tu préfères me la renvoyer dans la figure. »

Il s'était redressé et avait relevé le menton, l’air à la fois outré et dédaigneux. Une main toujours nonchalamment appuyée sur le bureau, il tendit le journal dérobé plus tôt à son supérieur etl déclara :

« Enfin, je vois clairement que tu préfères ce journal à ma compagnie… alors vas-y, reprends-le. Et quand tu mourras seul, à un âge très avancé, tu penseras à moi et te diras : ‘’Ah, mais que n’aurais-je dû écouter mon bon ami Matteo et lui dire combien je tiens à lui pendant qu’il en était encore temps, plutôt que de le tourmenter comme je l’ai fait!’’ »

Matteo della Chiave n’était jamais sérieux. Le but de sa tirade était purement ludique, l’art pour l’art, quoi. Il était parfaitement conscient que Sheen lui avait manqué, et vice-versa. Parce que Sheen l’admette ou pas, ils étaient amis. C’était d’ailleurs l’une des rares choses qu’il ne jugeait pas nécessaire de trompeter jour et nuit.

En d’autres mots, que Mirror se prête au jeu ou pas, qu’il raffermisse la fraternité qui les unissait ou pas, Barbe Bleue ne lui en tiendrait pas rigueur. Prendre son pied, voilà ce qui l’intéressait vraiment. La commissure tremblante de ses lèvres indiquait l’approche imminente d’un fou rire et le ridicule de cette situation.


*On parle bien sûr ici de...
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Good Morning Sunshine [Mirror] Jeu 17 Déc - 23:43

Qui avait-il à faire pendant que Matteo présentait son numéro ? Rien si ce n’est de profiter du spectacle. Et quel spectacle… profusion de mots, de gestes, de variations dans les tons et les couleurs… Magnifique n’est-ce pas ?
Mirror suivait avec un intérêt non dissimulé les différentes péripéties et rebondissements qui constituaient tout discours de Della Chiave. Il était tour à tour indigné, offusqué, gêné, déclaratif, enthousiaste, assuré… La moindre petite variation du discours justificatif était marquée d’un mot, d’un accent, d’un regard, d’une mimique et d’un geste expressif des mains. C’était élaboré, complet et complexe. Un chef d’œuvre oratoire.

Mirror était en plus particulièrement amusé, parce que Matteo, une fois de plus, semblait se forcer à résister à son don. Ce qui était particulièrement comique.

Oui, parce que, évidemment, Mirror n’utilisait pas son don sur ses collaborateurs. Enfin, pas sur ses proches collaborateurs. Du moins, très rarement. Quand le besoin s’en faisait sentir. Ou de temps en temps pour s’amuser. Et puis c’était tout de même rare.

Enfin bref, de toutes les manières, là, ce n’était pas le cas. Il ne s’agissait que de Matteo et son honnêteté spontanée…

En fait, Sheen se sentait presque attendri. Il ne pouvait pas dire honnêtement que Matteo lui avait manqué. Il avait été très occupé ces deux semaines, il vivait très bien sans Matteo, et de toutes les façons, il était beaucoup trop centré sur lui-même pour ressentir l’absence de qui que ce soit comme un manque. Mais quand même…

Comment dire. Il y avait quelque chose en lui qui se disait « Ah… c’est vrai, c’est comme ça quand Matteo est là. C’est amusant comme ça. On a envie de rire, on oublie une partie de ces histoires qui vous encombre la tête. C’est vivant comme ça. » Et il ne l’interrompait pas toutes les trente secondes pour faire des commentaires sur les arguments plutôt vaseux qui étaient avancés.

Parce que n’importe quelle autre personne, Mirror l’aurait arrêté depuis belle lurette d’un « Mais je ne vous accuse encore de rien, vous n’avez pas encore à vous défendre » ou bien d’un « Vous savez ? Je m’en fiche, économisez votre salive, voulez-vous ? ».
Mais Matteo… Matteo aimait parler et Sheen aimait l’écouter.

Bon. Ce moment d’une sentimentalité débridée passé, Sheen se retrouvait face à un Matteo mi-outré, mi-dédaigneux, mi-mort de rire (oui, Matteo était plus qu’un, il dépassait les limités, il fallait au moins trois moitiés pour le constituer) lui tendant son journal.

Sheen réfléchit un instant avant de tendre le bras pour le prendre et le reposer aussitôt, devant lui, refermé. Il eut un bref éclat de sourire, avant de prendre la parole d’un ton peiné.

« Non, Matteo, non… Ne dis pas cela s’il te plait. Ce journal n’est rien pour moi. D’ailleurs je comprends tout maintenant. Ton discours m’a ouvert les yeux sur les errements de ma conduite.
Je comprends bien, je devrais profiter de ta présence, mais je ne dois pas, parce que tu n’es venu ici que par hasard et que mes questions t’empêchent de retourner à ton travail. Alors que tu ne désires rien d’autres pourtant ! Donc je t’en prie, va… va…
Je voulais… mais non, je ne peux pas te retenir plus. Il y a effectivement une pile de travail en retard sur ton bureau.
Cela dit, j’avais l’intention de te proposer… mais non, vraiment j’abuse de ton temps. Tu ne désire que faire ton boulot, n’est-ce pas ? Le travail des deux semaines, ah oui, et celui des semaines d’avant que tu avais déjà en retard…
En fait, je voulais t’inviter à prendre un café, mais tu n’es ici que par hasard et je t’empêche de retourner à ton cher travail…
»

C’était indigne de sa part d’exploiter de manière si retorse (et peu convaincante s’il voulait être honnête avec lui-même) les failles logiques du discours de son ami, mais bon.
Bizarrement, il n’avait jamais autant envie d’enlever son masque que lorsque Matteo était là.

« Mais je vais retenir ton premier avis, et te laisser retourner à tes occupations. Quand je mourrai seul, à un âge très avancé, je penserai à toi et je n'aurai pas à me dire : ‘’Ah, mais que n’aurais-je dû écouter mon bon ami Matteo et le laisser travailler pendant qu’il en était encore temps, plutôt que de le tourmenter comme je l’ai fait en le retenant sans raison !’’… Non ? »
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MessageSujet: Re: Good Morning Sunshine [Mirror] Lun 28 Déc - 20:44

Plutôt satisfait de sa diatribe flamboyante, Matteo avait attendu avec impatience la réplique de son patron. Ne nous méprenons pas en mentionnant sa satisfaction face à son propre discours. Il savait très bien que ses arguments ne tenaient pas debout, qu’il ne réussirait jamais à clouer le bec du redoutable Curkain Sheen et était peut-être même conscient qu’il n’avait jamais été soumis au pouvoir de Mirror. Ce que Matteo ressentait, c’était le plaisir du sport. Chaque fois qu’il avait l’impression que tout avait été dit, qu’il ne pouvait pas ajouter quoique ce soit à la somme déjà monumentale de ses monologues, de ses excuses idiotes et histoires à la sauce « grand n’importe quoi », il s’étonnait lui-même en inventant une fable de plus, en multipliant les mots comme certains le pain et le poisson, de transformer ses idées les plus farfelues en échafaudages de paroles comme d’autres l’eau en vin.

Et le sport était encore plus divertissant lorsque pratiqué en compagnie de son supérieur. Un match contre Sheen relevait toujours des Olympiques ou des grands tournois d’échecs, parce que le dit Sheen était doté d’un insupportable esprit analytique, qui lui permettait de disséquer une conversation et de ne pas se laisser étourdir par les feux d’artifices verbaux de son subordonné. De plus, ses exercices rhétoriques avaient tendance à suivre un but précis, au contraire de ceux de Barbe Bleue, qui s’envolaient dans tous les sens, exploraient une avenue, puis s’en détournaient pour s’intéresser à une autre…

Bref, lorsque vint la réponse de Mirror, Matteo fit beaucoup plus que simplement l’écouter : il l’absorba avidemment, phrase par phrase, les yeux agrandis, retenant un fou rire aux meilleurs traits d’esprit de son patron. Et quand la palabre se termina et qu’il fut interpellé, lui, l’auditoire attentif, il fut pris de court. Clignant des yeux, il dévisagea Sheen pendant un instant avant de balbutier :

« Non! Euh. Je veux dire oui. Enfin, tu sais bien que non. »

Oups. Il se sentait comme un joueur de tennis qui, à force d’anticiper le prochain coup de son adversaire, en aurait oublié de surveiller le véritable jeu… et aurait reçu la balle en pleine gueule, sans même prendre la peine de lever sa propre raquette.

« Euh. Je… Euh. Sheen, allons. Voyons, Sheen. »

Voyons, Sheen, aide-moi, semblait-il vouloir dire. Ça peut pas se finir comme ça. Donne-moi un coup de main. Se mordillant la lèvre inférieure, le regard hagard, il fut forcé d’admettre, bien à contrecoeur :

« Merde, tu m’as eu. »

Mais alors que la bataille semblait perdue et que tout espoir l’avait abandonné, un regain d’énergie vint à sa rescousse et réussit à ressusciter son Verbe défait.

« Attends, non. Non. »

Il secoua la tête comme un ivrogne ayant plongé sa tête sous l’eau et retrouvant peu à peu ses moyens. Gratifiant son interlocuteur de son sourire le plus radieux, il mit aussitôt son moulin-à-paroles en marche :

« Je suis heureux – et sidéré – que tu reconnaisses ta faute avec autant de candeur et de sincérité. C’est de la repentance comme je n’en ai jamais vue, même pas comparable à quand j’étais moi-même à genoux devant ma première épouse après ma première infidélité conjugale. »

Mais valait mieux ne pas s’aventurer dans le terrain glissant de ses déboires amoureux, parce qu’il pourrait en perdre la raison pour laquelle il avait commencé à déblatérer en premier lieu.

« Quoiqu’il en soit, je suis, heureusement pour toi, un homme d’une grande magnanimité. Ça coule dans les veines des Della Chiave, vois-tu? Je suis donc prêt à te laisser expier tes péchés en me payant un café. Je négligerai même le fait que tu n’as pas osé avouer combien tu pensais à moi pendant mon absence. Je considérerai ce café comme un sacrifice offert en témoignage de tes bons sentiments à mon égard. »

Pour ne pas paraître trop pressé d’accepter la proposition de son C apitaine, il ne manqua pas d’ajouter quelques justifications :

« Mais je le fais pour toi, évidemment, pour atténuer ta culpabilité et rien de plus. Et aussi pour m’assurer que tes vieux jours ne seront pas trop tourmentés. Parce que si c’était que de moi, oh, c’en serait déjà fini de tous ces dossiers qui m’attendent impatiemment et qui tremblent à la seule idée de mon efficacité du tonnerre. Eh oui. Voilà. »

Hum. Sa mauvaise foi atteignait des sommets inattendus ce jour-là. Matteo se tenait bien campé devant le bureau de Mirror, mais il sentait que le savant assemblage de ses arguments oiseux risquait de s’effondrer tel un château de cartes, si on se donnait la peine de souffler dessus. Souhaitant à tout prix éviter une nouvelle joute – il était exténué! Un duel si tôt le matin, qui plus est! – il conclut son discours par un :

« Voilà. »

Puis, l’air d’une mère exaspérée d’avoir dû réexpliquer cent fois pourquoi le ciel est bleu et pourquoi son garçon doit aller à l’école comme tous les autres enfants, il s’enquit :

« Bon, alors, on va le prendre, ce café? »
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MessageSujet: Re: Good Morning Sunshine [Mirror] Sam 9 Jan - 17:35

Il n’y avait pas deux personnes sur terre comme Matteo della Chiave. Mirror en était à peu près sûr.
Que l’on tente d’engager contre lui une bataille d’esprit, un duel de mots et de raisonnements logiques était chose courante. Il y avait toujours des suicidaires orgueilleux qui se croyaient assez fort pour en ressortir autrement que complètement humiliés.
Mais que l’on dise « Merde, tu m’as eu. » et juste après « Attends, non. Non. » pour reprendre de plus belle… ça… C’était pas courant du tout.
Matteo s’amusait. Matteo jouait. Matteo se fichait pas mal du « Grand Mirror », de son redoutable esprit critique et de ses jugements lapidaires et arbitraires. Les assauts de Matteo se faisaient avec des épées de bois et des plumes d’indiens sur la tête. L’insouciance légère de celui pour qui rien ne mérite d’être pris au sérieux.

Alors Mirror, au lieu de reprendre points par points l’argumentation spécieuse de son vis-à-vis et de la réduire en poussière d’un trait de logique bien placé, éclata de rire. Pas un des petits sons ironiques et brefs qui marquait son amusement détaché pour les choses de ce monde. C’était un éclat de rire innocent, joyeux.
Et maladroit. Terriblement maladroit parce que c’était un exercice auquel il ne se livrait pratiquement jamais. Une rareté que peu de personnes pouvaient se vanter d’avoir entendu.

Mirror détestait rire.
Rire était horriblement douloureux, physiquement et moralement. Sous le masque, son visage tentait par réflexe de former une expression qu’il ne pouvait plus rendre, réveillant de veilles cicatrices, avec leur cortège de douleurs et démangeaisons, tiraillant des chairs devenues raides et cassantes. Invariablement, son rire se transformait en un cri, un râle de douleur et de rage impuissante.
Parce ce qu’il détestait aussi lorsqu’il riait, c’était cette envie d’enlever son masque et de montrer son visage, celui qu’il avait toujours dans sa tête, son visage de jeune homme arrogant et insouciant. Et c’était impossible. Carrément, radicalement, définitivement, absolument, impossible.
Et c’était frustrant, horriblement frustrant, comme une démangeaison sous un plâtre ou une douleur à une jambe amputée.

Rire en général faisait virer à l’aigre l’humeur de Mirror. Il cessait brusquement la conversation, rentrait chez lui et détruisait tout ce qui lui tombait sous la main. Ensuite il reprenait les choses normalement.

C’était toujours comme ça, sauf avec Matteo. Avec Matteo, Sheen savait sauter par-dessus cet obstacle. Peut-être parce qu’il supposait que le jeune homme était capable d’imaginer l’expression de son visage, de son vrai visage. Ou que cela finalement n’avait que peu d’importance.

Ce jour-là, comme d’habitude, l’éclat de rire de Mirror fut coupé brutalement par un léger cri de douleur, suivi d’un poing qui s’abattit violemment sur la table, et puis c’est tout.
Il se releva, donna deux petits coups sur son masque, mais Matteo pouvait deviner à la façon désinvolte qu’il avait de faire le tour de son bureau que Sheen était en train de sourire.

Il passa un bras par-dessus les épaules de Matteo, affectueusement, pour l’entraîner vers la sortie.

« Allez, on y va, on y va… »

Et puis, juste avant de passer la porte, comme par générosité, il ajouta :

« Je suis content de te revoir, allez… »
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MessageSujet: Re: Good Morning Sunshine [Mirror]

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Good Morning Sunshine [Mirror]

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