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[Flashback] Avant le chaos, le jeu | Pv Lilice ♥

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MessageSujet: [Flashback] Avant le chaos, le jeu | Pv Lilice ♥ Mar 30 Mar - 19:24

Il était une fois, à une époque où l'horreur n'avait pas encore tout à fait déployé ses ailes, avant la fillette, avant la prison, avant les Épouvanteurs et la marche inébranlable d'une destruction se voulant absolue, un homme "simple" et sa compagne, dont les visages, s'ils n'étaient pas tout à fait inconnus, n'attiraient pas encore autant l'attention.

C'était sans capuche et sans une once de morphis dans le sang que le Grand Méchant Loup se permettait alors d'explorer les rues morbides de Woollyland, à peine couvert par les quelques ombres que le soir, même peu avancé, épinglait dans les rues. La nuit l'attirait déjà fortement, pour toutes les opportunités qu'elle présentait, mais la journée et le soleil brûlant sur les prairies de Wonderland n'avaient pas encore été entièrement bannies de son mode de vie – lequel était le sien propre, pas tout à fait soumis aux poursuites incessantes d'une Police aussi stupide qu'acharnée, mais simplement influencé ... du moins était-ce ainsi qu'il se plaisait à le voir.

Woollyland à la tombée du soir demeurait tout de même son lieu et son heure de prédilection : la surveillance de ses ennemis lui paraissait alors moins appliquée. Était-ce la difficulté de repérer un seul criminel dans le flot de délinquants en tous genres ou bien l'indifférence de ce qui pourrait bien arriver auxdits délinquants si le monstre recherché trouvait effectivement refuge parmi eux ? À cette époque déjà, Irfane s'interrogeait sur les moeurs de la Police des contes. Mais, après tout, comment les en blâmer ? En le laissant chasser dans les bas-fonds, ils lui permettaient d'éliminer les rebuts de la société dont il faudrait bien se débarrasser autrement, et du même coup s'assuraient de la sécurité des citoyens respectables. Rien ne prouverait jamais que ce fût réellement là l'attitude de ceux censés assurer l'ordre, mais lui-même s'en persuadait aisément – perspicacité ou esprit psychopatique personnel appliqué à tort à d'autres ? ... Qui le savait ?

Ce soir-là, quelques années plus tôt, les deux compères qui ne tarderaient pas à devenir le pire cauchemar de tout Malkins s'appliquaient sagement à leur activité favorite : la chasse.


Irfane avait faim, comme toujours, et le plat insipide qui s'épanchait dans son assiette, d'où semblaient fuir quelques cloportes, ne pouvait le satisfaire. Ses yeux vagabondaient, acérés sans y paraître, à la recherche d'un repas plus profitable dans cette antre répugnante où ne semblaient s'entasser que des vermines moins ragoûtantes les unes que les autres. La seule chose un tant soit peu comestible se trouvait assise à ses côtés, visage d'ange et corps de poupée – ou inversement. Mais il ne goûterait pas à sa chair, non, pas elle. Fut un temps où il aurait sans hésitation ajouté « pas encore », mais cette précision, devenue inutile sans qu'il ne perçût jamais vraiment clairement l'instant ni la raison de ce basculement, ne lui venait plus même à l'esprit. Elle était ce qui donnait de l'appétit et ce qui aidait à le combler ; mais jamais elle n'en faisait elle-même les frais. Un sourire d'une tendresse maladive à l'adorable, un doigt glissant tout en douceur sur sa nuque et son menton – puis il reporta son attention sur la foule crasse et bruyante.

Il n'y avait là que des cadavres, vivants seulement en apparence mais effroyablement creux à l'intérieur, hommes et femmes désespérés ou bien rongés par quelque gangrène – alcool, drogue ou violence, mais tout ça revenait au même. Il ne semblait pas même se trouver un seul chasseur, ce soir : ceux-là se cachaient parmi les ordures dans l'espoir d'un attraper une peut-être plus précieuse qu'une autre, aux aguets mais se croyant camouflés ; Irfane les repérait sans mal et s'amusait à leur donner ce qu'ils voulaient ... quelques secondes avant de les égorger. Aujourd'hui, non. Rien que quelques ivrognes trop imbibés, des membres de la pègre la plus basse à la texture vaporeuse, des racoleurs trop fades, des prostituées au goût passé ... Rien de neuf, rien de frais !

À moins que ...

    « Alice, chérie, petit soleil, que dis-tu de celui-là ? »

Il venait de lui saisir la main, vivement mais doucement, de pencher son visage illuminé vers ses frêles épaules, et susurrait ces mots en désignant d'un mouvement de tête discret mais explicite ce qui s'était assis à quelques chaises de là. Un jeune homme aux grands yeux qui se voulaient sévère, aux épaules timides et rentrées qui se voulaient hautaines, aux mains fébriles qui se voulaient cruelles. Un bleu, en somme. Un bleu tout plein d'espoir, gorgé d'avenir, succulent de jeunesse et de promesses qui n'attendaient que de se rompre et d'offrir leur suc épicé à la langue suffisamment aguerrie qui saurait le laper. Irfane sentit la sienne piquer hors de ses lèvres et en humecter le contour. Il repoussa lentement son assiette.

Lorsque ses prunelles quittèrent l'appétissant, elles filèrent se planter dans celles de son Alice, tandis que sa main pressait ses petits doigts avec un enthousiasme enfantin.

    « Oh, ma belle, est-ce qu'il ne te plaît pas, toi aussi ? »

Ses dents luisaient d'une envie qui faisait frémir sa gorge dans une joie silencieusement gloussante ; et rien ne pouvait vraiment confirmer que ce fût par pure faim personnelle, et non pas d'un certain côté par désir malsain et délicieux d'admirer ensemble les deux corps qui l'attiraient le plus. Le spectacle, s'il avait lieu, vaudrait en tous cas autant que l'orgie qui le suivrait.


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Big Bad Wolf
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CITATION : « Nul ne ressort jamais indemne d'une confrontation avec le Grand Méchant Loup ... »

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MessageSujet: Re: [Flashback] Avant le chaos, le jeu | Pv Lilice ♥ Mer 31 Mar - 14:17

Les yeux rivés sur la masse gélatineuse qui lui faisait face depuis un bon moment, le verdict tomba enfin. Ce qui surplombait l'objet de pacotille, méritant peu l'appellation d'assiette, ne passerait la barrière de ses lèvres gourmandes. Soupirant, la jeune fille planta sa cuillère dans ce semblant de comestible avant de se perdre à la contemplation distraite de ses propres yeux – deux morceaux d'un ciel bleu que reflétait le pichet d'eau non potable trônant sans fierté au milieu de leur table. Comme toutes les choses mignonnes dignes de ce nom, la petite poupée aimait les friandises et, en plus d'être l'ennemie des économes, mademoiselle avait des goûts raffinés – à condition, bien sûr, de faire abstraction de la liqueur sacrée, celle qui réchauffait le corps et animait les coeurs.

Mais Alice s'ennuyait, c'est un fait. Les prostituées et les ivrognes n'avaient assurément rien de distrayant. Elle tourna la tête vers son compagnon, à la recherche d'une occupation quelconque, et tout en répondant à son sourire, devinait sans peine la faim qui le dévorait. C'est qu'elle commençait à le connaître, le loup ! Cependant, cerner à la perfection le personnage lui semblait impossible, tant il était imprévisible. Les premières semaines en sa compagnie n'avaient cessé de la surprendre, jusqu'à ce qu'elle s'y habitue, voire s'en amuse. Ensemble, ils avaient commis bon nombre de méfaits, lui épargnant cette vie morne et tellement plate que lui auraient imposé ses parents ou la société trop conventionnelle. Amadouant les proies pour son cher et tendre, la fillette assistait souvent aux carnages, impassible devant tant d'horreur, quoique parfois divertie par les cris vains et désespérés que poussaient les victimes de Big Bad Wolf.
Sans doute aurait-elle pu se trouver à leur place fut un temps, mais il n'en était plus question à présent. Alice savait dans quoi elle s'engageait un peu plus chaque jour passé à ses côtés, mais elle avait bien trop pris goût à cette vie déliquescente pour retourner à celle platonique de petite fille modèle. De plus, l'affection éprouvée pour son protecteur, et qui l'avait menée à cette relation ambiguë et inqualifiable, l'avait depuis longtemps persuadée de rester à ses côtés.
La main du loup s'emparant de la sienne, la douce enfant pencha la tête sur le côté, intriguée. Elle était habituée à ces élans vifs, bien que toujours très doux du jeune homme, mais, perdue dans ses pensées, elle ne l'avait pas vu venir, cette fois-ci. Son regard glissa vers son visage, illuminé d'une toute autre expression que la lassitude qui semblait l'avoir habité jusque là.

« Alice, chérie, petit soleil, que dis-tu de celui-là ? »

Tournant la tête dans la direction indiquée, ses yeux, seuls témoins de sa folie permanente, se posèrent sur l'objet convoité. Il était jeune, et surtout, seul. Mais là n'était le petit détail qui le rendait incroyablement attirant. C'était un bleu. Un traqueur. Un large sourire étira ses lèvres tandis qu'elle battait vivement de ses longs cils noirs, se rendant peu à peu compte de l'aubaine qui se présentait à eux. Et ce soir encore, elle pourrait se laisser aller à ses pulsions meurtrières ...
Tandis que ses yeux papillonnaient vers Irfane, qui raffermit sa prise autour de ses doigts délicats, elle poussa son assiette, à l'instar de son compagnon.

« Oh, ma belle, est-ce qu'il ne te plaît pas, toi aussi ? »
« Il est … absolument parfait ! Oh, tu as vraiment l'oeil pour ce genre de choses ! »

La jolie poupée applaudit avec énergie, puis se leva, sa robe courte et légère virevoltant au gré de ses mouvements. Elle fit le tour de la table, se glissant derrière son compagnon, puis passa ses deux bras sur les épaules du Grand Méchant Loup avant d'en effleurer tendrement la joue d'un baiser. Ce geste affectif, simple, n'avait pour but que de tester son loup adoré. Elle n'ignorait pas la retenue dont il faisait preuve à son égard, et, tout en renforçant l'admiration qu'elle éprouvait pour lui et son côté imperturbable, la divertissait tout autant. Mais Alice connaissait les limites qu'il ne lui faudrait jamais dépasser.
Sa voix se fit bien plus basse, histoire qu'aucun client trop curieux n'entende leur conversation.

« Laisse-moi te l'offrir sur un plateau. Je ne serais pas longue, promis ! Mais tu peux toujours nous rejoindre avant que l'on monte … A moins, bien sûr, que tu tiennes absolument à m'accompagner ! Le préfèrerais-tu drogué ? Soûlé ? Ou bien sobre, tout simplement ? »

Ses yeux brillaient, laissant entrevoir toute sa folie au reste du monde. Le simple fait de s'imaginer en train de planter ses baguettes en argent dans le creux des mains du malheureux animait bien plus qu'à l'accoutumé son visage angélique. Alice aimait faire plaisir à son cher et tendre autant qu'elle aimait faire souffrir ses "jouets". Elle pourrait alors se perfectionner dans cet art qu'était le meurtre - oui, un art !
La petite poupée tourna de nouveau la tête vers leur prochaine victime, un sourire en coin.


[Une fois encore, si quelque chose ne te convient pas, ou si tu préfères que je continue un peu plus, n'hésite pas ! ♥]


« Frou-Frou, ils volent les papillons pourpres ...
Pourquoi sont-ils si rouges ?
A cause des lèvres de Lady Ann ?
A cause des fraises qu'elle aime tant ?
Frou-Frou, ils volent ...
Pourquoi sont-ils si rouges ?
Suivons les papillons pourpres ...
Lady Ann les a suivi
Et a été dévorée par les louves. »


- Red Garden -
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CITATION : « C'est bien la pire folie que de vouloir être sage dans un monde de fous » - Erasme

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MessageSujet: Re: [Flashback] Avant le chaos, le jeu | Pv Lilice ♥ Mar 13 Avr - 14:49

L'évidente excitation de la mignonne trouvait un écho frère au creux des entrailles d'Irfane, lesquelles frémissaient, grondantes d'appréhension, comme le gargouillement d'un ventre vide devant un buffet trop bien garni – mais ici la chaleur et les vrombissements se répercutaient plus bas, ou plus haut : dans la poitrine et entre les reins. Au contact des petites mains sur ses épaules, des petites lèvres sur sa joue, il eut comme trop souvent une de ces violentes pulsions qui lui semblaient chaque fois plus difficiles à contenir ; son visage se crispa et ses dents se serrèrent, juste un instant, alors que passait dans son esprit une séquence brève et floue mais dont l'intensité lui laissait toujours la sensation d'avoir en partie accompli les images qu'elle laissait deviner : lui-même se retournant brusquement, les pouces plantés sous la clavicule d'Alice et clouant ainsi l'adorable au sol, sa langue le long de son corps, ses dents se fermant sur sa chair avec un délice sans nom. Mais comme toujours également il revint bien vite à lui, soulagé et déçu tout à la fois de sentir le corps intact resté derrière lui, et repris contenance. Elle n'avait pas dû le voir, ce trouble, d'après leur position respective ; mais sans doute l'avait-elle senti dans la soudaine crispation de ses muscles, ou du moins l'avait-elle deviné.

Irfane tourna lentement son visage vers celui de la poupée, à présent tout proche du sien, un sourire paisible comme si rien ne s'était passé dans la cuve clapotante de ses fantasmes, et imita ses chuchotements, tels des enfants s'amusant par messes basses à taquiner tous les adultes sourds autour d'eux.

    « Oh, sobre, ma douce, le plus sobre du monde : je veux qu'il soit en état de tout comprendre, de tout ressentir. »

Il glissa un regard au jeune homme qui scrutait toujours les alentours de sous ses fins sourcils, comme si les froncer eût pu rendre son regard moins innocent. Oh ! Qu'il se plairait à souiller cette innocence-là ... ! Il réfléchit un court instant, mesurant les propositions, jugeant entre son vif désir d'aller immédiatement glisser ses mains le long de cette gorge et son envie à plus long terme qui lui susurrait tout bas qu'un homme d'abord mis en confiance met plus de temps avant de commencer à crier. Combien déjà s'étaient perdu dans la jouissance imaginée du corps de la fillette avant de s'en voir tirés subitement pour éprouver un autre corps, si brusquement qu'ils en avaient perdu la voix, ou qu'on avait sans peine eu le temps de la leur arracher ? Si la terreur était si orgasmique, c'était qu'elle fleurissait le mieux là où, ne s'y attendant pas, on ne lui avait hérissé nulle barrière.

    « Je ne vais pas venir tout de suite, celui-là se méfiera trop d'un couple ... Sa naïveté est ailleurs. Quelqu'un de frêle à secourir, voilà ce qu'il lui faut ! »

Ses doigts étaient retournés sous le menton de la jeune fille, où l'index et le majeur jouaient à l'unisson, comme on gratte le cou voluptueux d'un chat. Tout était encore possible, toutes les cartes restaient à jouer. Le jeune homme attendrait, car après tout personne en dehors d'eux ne trouverait d'intérêt en lui, sinon quelques proxénètes qu'il chasserait probablement d'un geste fébrile aux allures sévères. Alice irait seule, tout d'abord ; que lui dirait-elle ? Abaisserait-elle la carte de la séduction, ses fines jambes croisées, la robe remontée jusqu'aux genoux, une moue au bout des lèvres ? Ou jouerait-elle la brebis égarée, le cristal de ses grands yeux captant ceux du pauvret comme une toile d'araignée l'insecte trop imprudent ? Lui-même les rejoindrait-il, frère ou père charmant, miel de confiance pour attirer la petite mouche, ou bien pervers collant dont il faudrait éloigner la colombe, et donc fuir ce lieu trop peuplé ? Attendrait-il que tout se fasse afin de les rejoindre discrètement dans une chambre à l'étage, juste au moment où les mains du candide se risqueraient à glisser vers la perte volontaire de sa naïveté – et alors arracher ces mains pour mieux en violer l'innocence encore intacte ?

La rêverie se calma ; les doigts se retirèrent mais ne s'abaissèrent pas ; au contraire il les leva, appelant un service : de l'eau. Le désir lui donnait toujours soif.

    « Vas-y, ma toute belle, et fais-toi donc plaisir. J'attendrai ton signal ... Ce sera la surprise. »

Il la lâcha enfin totalement, le sourire plus large que jamais, et l'invita d'un mouvement de tête à rejoindre le joli jouet, tout en buvant innocemment une gorgée d'eau fraîche.

[ Pardooon de mon immense retard et de la petitesse et creux-esse (... °3°) de ce post ! Si quelque chose ne va pas, as always, mpote moué, et j'essaierai de changer ça avant de partir ♥ ]


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MessageSujet: Re: [Flashback] Avant le chaos, le jeu | Pv Lilice ♥ Ven 23 Avr - 16:35

Taquiner le loup, existait-il jeu plus amusant ?

Aussi l'excitation de la fillette fut-elle poussée à son paroxysme lorsqu'elle sentit sous ses doigts fuselés les muscles tendus de son cher et tendre Big Bad Wolf. Sa légère provocation avait vraisemblablement eu l'effet escompté, et lorsqu'elle le vit tourner la tête, la douce Alice lui décrocha son plus joli sourire - sourire qui illumina un visage respirant l'innocence, preuve que les apparences étaient bien trompeuses, et que la robe de petite fille modèle n'en faisait pas le caractère de celle qui la portait. Mais jouer les ingénues lui était pourtant naturel, si bien qu'il était difficile de cerner le véritable fond de la jolie poupée. Qui était-elle réellement ... Une véritable comédienne d'une intelligence sans égal mais calculatrice au possible ? Ou l'incarnation pure et simple de l'innocence, à l'instar des enfants sans passé, ceux dont le regard n'a jamais été souillé par les immondices de ce monde, avec des manières de fillette extravagante ? Un peu des deux, certainement. Alice était une poupée brisée, qui n'aura jamais été confrontée à la réalité. Le comble étant certainement qu'elle devait folie et cruauté à cette même innocence, évoluant dans un monde où se côtoyaient Plouposaures rose bonbon* et sociopathes sanguinaires.
Elle entendit le Grand Méchant Loup chuchoter, la voix teintée d'un enthousiasme palpable. Une joie intense qu'elle était bien placée pour comprendre. Tuer. Tuer. Tuer. Un mot qui ne sonnait que trop bien aux oreilles de la fillette, une douce mélodie aux intonations incroyablement délicates. Dit à voix haute, il prenait tout son sens.

« Oh, sobre, ma douce, le plus sobre du monde : je veux qu'il soit en état de tout comprendre, de tout ressentir. »

Soit. Alice trouvait l'idée absolument merveilleuse, comme toutes celles que lui soumettait son protecteur adoré. Car en réalité, la fillette acquiesçait volontiers à chacune de ses propositions, et approuvait la moindre de ses initiatives. Elle éprouvait pour lui un immense respect. Il faut dire qu'entre des parents possessifs à l'extrême, un maniaco-dépressif collectionneur de poupées et le personnel d'un hôpital psychiatrique, Irfane lui semblait le seul capable de mériter son attention. Alice suivit de nouveau son regard, avant de dénouer les bras de son cou, effleurant légèrement sa joue précédemment embrassée du dos de sa petite main. La poupée faussement innocente murmura d'une voix chantante, tandis que son compagnon lui chatouillait le menton d'un air distrait, jouant probablement les visionnaires, perdu dans quelques rêves qu'elle devinait sans mal.

« Tout ce que tu voudras, tu t'en doutes. Je te ferai signe ! Ah … Et c'est toi qui payeras la chambre, cela va de soit ♥️ »

La jeune fille délaissa son cher et tendre et refit le tour de la table, sa jolie robe flottant, légère, pour finalement lui tourner le dos, croisant un serveur qui apportait de l'eau à celui qui deviendrait le plus grand criminel de tout Malkins. Alors qu'elle s'éloignait, la douce enfant se retourna une dernière fois vers son compagnon, à qui elle lança le très ironique « Sois sage ! » avant d'éclater d'un rire cristallin – un son délicieux qui jurait avec le cadre vulgaire dans lequel elle évoluait, mains croisées dans le dos, feignant l'insouciance.
Alice arriva enfin à hauteur du jeune traqueur. Il leva un regard sévère, qui se radoucit considérablement à la simple vue de la jolie demoiselle. Elle lui sourit. Il ne lui serait que trop aisé de l'attraper, celui-là. Comme tous les autres, n'est-ce pas ? Peu résistaient à ces grands yeux de verre qui se voulaient tantôt suppliants, tantôt larmoyants.

« Je peux m'asseoir, n'est-ce pas ? Oui, bien sûr ! »

La fillette ne lui laissa pas même le temps de sourciller qu'elle s'asseyait déjà, ses mains fines et douces frôlant le jeune homme, qu'elle sentit frissonner. Réaction des plus … normales ? Un geste d'une sensualité déconcertante, et pourtant tellement peu - un effleurement, rien de plus – mais en parfait contraste avec son visage de poupée. Le pauvre homme, il avait déjà signé son arrêt de mort… Car si on lui avait dit que sous cet air angélique se cachait l'une des personnifications même de la mort, il y aurait probablement réfléchi à deux fois, avant de laisser Alice s'inviter à sa table. Celle-ci croisa les jambes, et accrocha les prunelles de leur nouveau jouet.

« Je vous dérange ?
— N...Non. Bien sûr que non …
— C'est aussi ce que je me disais ! »

Comme si une créature aussi charmante pouvait déranger. Sans doute l'aurait-elle égorgé sur-le-champ s'il avait osé lui dire que oui, sa présence lui déplaisait, et que non, elle ne pouvait pas rester. Mais cela aurait déçu Wolfy et leur soirée aurait été gâchée. Un bien triste scénario en somme. Elle fit l'une de ses mimiques habituelles, en éternelle enfant capricieuse qu'elle était.

« Mais quelle impolie je fais ! Je m'appelle Alice. Un joli nom, n'est-ce pas ? Il me sied à merveille, c'est ce que tout le monde me dit. Et vous ? Oh, non, quelle importance, je ne veux pas savoir ! C'est tellement plus amusant ainsi ... »

L'adolescente laissa de nouveau échapper un petit rire, tout en secouant ses boucles rondes, sans pour autant perdre l'attention de ces grands yeux sombres et profonds qui la fixaient, ou plutôt la contemplaient.

« Je … Heu … Oui, un très joli prénom, assurément ! Quel étrange contraste. Vous, cet endroit … Vous me paraissez bien jeune ? Les mineurs sont interdits ici, vous savez ... »

Il semblait brusquement reprendre contenance. Aussi remarqua t-elle une lueur nouvelle au fond de ces mêmes prunelles. Le jeune homme se voulait autoritaire, il pensait jouer son rôle à merveille, alors l'enfant le laissa déblatérer sa pensée sans broncher. Au fond, elle devinait combien il devait être gêné, c'est pourquoi il ne trouvait d'autre discussion plus intéressante.
Alice l'écoutait à peine. Il leur appartenait, ce serait lui qui égayerait leur soirée, c'était joué d'avance. Elle se perdait déjà dans la vision de son compagnon se délectant de l'innocence du jeune bleu, qu'elle-même se plairait à démembrer, ou à utiliser comme cobaye pour diverses tortures qui venaient tout juste de mûrir dans son esprit où régnait la folie pure. Elle n'hésita pas à l'interrompre une fois qu'elle comprit qu'il n'était plus protégé par sa méfiance de jeune inexpérimenté, tout en lui décrochant son sourire le plus mignon.

« Que vous êtes bavard ! Je trouve cela tout à fait charmant ... »

Elle le vit rougir, et enchaina aussitôt, sans lui laisser le temps de reprendre, une moue au bout de ses lèvres fines, ses grands yeux veillant à garder le jeune homme captif de ses charmes candides. Coudes joints sur le bord de la table, les mains soutenant son visage, Alice prit un air faussement intéressé.

« Que faites-vous ici, tout seul ?
— Journée difficile ... »

Il soupira, elle souriait. Et tandis qu'il commandait spontanément deux verres, Alice en profita pour tourner légèrement la tête et lancer un regard significatif à Irfane, plus parlant encore que tous les discours du monde, un regard dont il devinerait aisément le sens. Car ce n'est pas à ce traqueur trop réservé pour proposer quoi que ce soit à la fillette qu'ils devraient la réussite de leur soirée. Le moment était venu d'agir.

La fillette ferma un instant les paupières, le menton toujours au creux de ses petites mains, et c'est sur des yeux brillants de larmes qu'elle les rouvrit finalement. D'un geste brusque, elle fit tomber le verre qu'on venait tout juste de lui apporter, profitant de l'inattention de son interlocuteur. Des regards se posèrent, curieux, sur une Alice qui semblait sur le point de pleurer, mais s'en détournèrent sitôt qu'il croisait le sien. Elle agrippa le bras du jeune homme, et lui murmura d'une voix tremblante.

« Je vous en prie, partons ! »

Il se pencha vers elle et tenta de savoir ce qu'il se passait, à la fois intrigué et attendri par les traits effrayés de la gamine. Pour toute réponse, elle se contenta de pointer son index sur le loup, à quelques tables de là.

« Je le connais. Il me fait peuuur. Mais si vous ne voulez pas partir, cela ne fait rien. Moi, je m'en vais ... »

Elle se leva d'un bond, sachant pertinemment qu'il la rattraperait. Ce qu'il fit, évidemment. Tout innocent qu'il était, il n'en restait pas moins l'un de ces hommes faibles aux vertus douteuses, et il se plaisait probablement déjà à s'imaginer réconfortant la fillette.

« Je ne vais pas vous laissez seule, voyons !
— Si on montait à l'étage ? Il … Il ne m'a vraisemblablement pas encore vue ! Vite ... »

Alice lui saisit vivement la main, et l'entraîna à sa suite vers les escaliers dissimulés dans l'ombre de la taverne. Elle s'arrêta et le poussa devant elle, puis tourna de nouveau la tête vers son compagnon du crime. La petite poupée lui envoya un baiser, puis sourit – ultime facétie avant de disparaître à l'étage.



* Au départ, je voulais mettre les Bisounours, mais comme ça ne vient pas de Malkins, j'ai opté pour le Plouposaure de Roastie ♥


« Frou-Frou, ils volent les papillons pourpres ...
Pourquoi sont-ils si rouges ?
A cause des lèvres de Lady Ann ?
A cause des fraises qu'elle aime tant ?
Frou-Frou, ils volent ...
Pourquoi sont-ils si rouges ?
Suivons les papillons pourpres ...
Lady Ann les a suivi
Et a été dévorée par les louves. »


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MessageSujet: Re: [Flashback] Avant le chaos, le jeu | Pv Lilice ♥ Lun 28 Juin - 17:20

Le tourbillon de fraîcheur, une dernière taquinerie lancée comme un pétale, disparaissait dans un courant d'air, laissant Irfane dans la moiteur de ses désirs. Tout autour de lui semblait alors s'assombrir, non tant par sa présence que par l'absence du rayon qui l'avait jusque là éclairé ; même son verre d'eau avait déjà tiédi. Il se mêlait ainsi bien mieux à l'atmosphère de la Taverne, et il ne fallait qu'un froncement de sourcils et une ferme courbure des épaules pour devenir un de ces hommes frustres, semblant chacun tout juste échappé des mers de Neverland. Un grognement silencieux dans le retroussement des lèvres et il était certain qu'on le remarquerait d'autant moins qu'on n'aurait nulle envie de l'approcher. Ainsi caché derrière sa coquille de chair toute dédiée au lieu sordide dont elle s'imbibait, il put laisser ses yeux froids vagabonder à leur aise derrière l'ombre lourde des paupières. Sans en avoir l'air, il contempla les frémissements de la jupe de son rayon qui courait vers son plaisir, légère et flottant au delà de la grossièreté de l'endroit comme un papillon au dessus d'un bourbier ; et le clignement de ses cils fascinait autant que le battement des plus délicates ailes de lépidoptère.

Rien ni personne n'y résistait jamais : le jeune homme était déjà perdu. Il en savourait déjà la texture amère et tendre sur sa langue, ses papilles comblées par avance du goût de la peur, sueur froide à laper avec délice dans le dos et au creux des aisselles, qu'il connaissait bien. Les traits du visage, que de son recoin sombre il distinguait parfaitement, portaient dans leur rigidité de prétendu chasseur les premières traces d'un affaissement mièvre dont il ne resterait bientôt plus rien sinon un besoin désespéré de plaire et de protéger. Quand la rougeur grimpa sur les joues, il sut qu'il n'y aurait plus longtemps à attendre : celui-ci aurait décidément cédé bien vite ... Et en effet, les yeux d'Alice n'attendirent pas avant de venir plonger un instant dans les siens, quoique ceux-ci fussent toujours cachés dans l'ombre ; et enfin les deux enfants se levaient, mus d'une précipitation qui n'eut d'égale que la lenteur avec laquelle le Grand Méchant Loup les suivit, dés que le baiser de poupée se fut dispersé à travers les rumeurs.

Il n'eut nul soucis de discrétion lorsqu'il plongea à la suite des agneaux : ici rien ne choquait ni n'incommodait plus vraiment personne, et l'on pouvait traîner des fillettes à l'étage ou rejoindre des couples n'ayant vraisemblablement rien demandé sans attirer le moindre reproche ni une once intérêt. En dehors du verre désormais vide dont le faible éclat se perdait dans l'atmosphère taciturne, plus rien ne rappellerait la présence de ce grand homme au regard gris une fois qu'il aurait grimpé les premières marches ; chacun l'oublierait comme si sa disparition de la pièce avait effacé son existence de ce monde. Dans la Taverne de Woollyland ne passaient jamais que des silhouettes.

Quelques grincements mordirent ses pieds, puis il fut dans le couloir étroit et noir que bordaient les portes des chambres. Il était déjà venu là auparavant, plus d'une fois, avec ou sans Alice : le loueur ne scrutait pas les visages et offrait quand il le fallait – grande commodité – sa mémoire au néant. Il avait étreint jusqu'à l'étouffement ses premières prostituées dans ces pièces sales et trop petites, appris rapidement que la direction n'était pas bien sévère tant qu'on disposait des corps et que quelques espèces sonnantes et trébuchantes venaient couvrir les taches pourpres sur les murs et les draps de toute façon trop sales pour s'en offusquer. Ce soir ne serait pas différent : après les ébats on se déferait soi-même des plus gros morceaux, tandis que le nettoyage de précision serait laissé à d'autres, bons employés sourds et aveugles sinon aux tintements des yubas.

Irfane poussa la première porte du bout du doigt, plongea son regard dans l'entrebâillement grinçant : là ne trouva qu'un vieillard expirant des râles obscènes sous des lèvres d'un rouge carmin. Derrières celles-ci, une jeune femme au regard las lui lança un bref coup d'œil avant de replonger, désintéressée, à sa besogne. La seconde porte s'entrouvrit sur trois corps, dont l'obscurité lui cacha la nature ; mais il aperçut des dents dont l'éclat d'ivoire laissait penser qu'au moins l'une des silhouette prenait plaisir à son activité. La troisième porte ne découvrit encore que des chairs nues, au milieu desquelles il lui sembla, alors qu'il s'éloignait déjà, distinguer des écailles. Quand enfin la quatrième porte lui présenta ceux qu'il cherchait, les précédentes visions avaient eu le temps de souffler sur les braises que la main d'Alice dans celle du jeune homme avait allumées dans son bassin. Et à les voir, tous les deux, dans cette chambre vide et sale, la brûlure du désir montait jusqu'à sa gorge et inondait sa bouche d'une salive au goût sucré.

Il entra, calme mais vif, et referma derrière lui la porte sur laquelle il appuya son dos. Ses bras se croisèrent négligemment tandis que les rides aux coins de ses lèvres se creusaient pour lui fendre un sourire amusé qui ne dévoila pour l'instant aucune dent – tendresse et sobriété. Un silence, un air d'amoureux lancé à la fillette, puis un signe de tête parfaitement poli à l'autre.

    « Eh bien, bonsoir. Que faites-vous donc là, mon petit, avec cette demoiselle ? Ignorez-vous qu'elle m'appartient ? »

Sans se détacher de la porte il se pencha en avant, caressa du revers de la main le tendre menton d'Alice et, dévoilant ses dents à la blancheur bleutée, translucide, haussa gentiment les sourcils pour appuyer sa question.

[ Ce retard est impardonnable ç____ç Mes plus plates excuses (*nez par terre*) et puis voici un fouet pour te venger ! *air douloureux d'avance* Shinon, eh bien j'ai comme tu vois évité de décrire la situation exacte de Lilice et de Mister Bleu, pour que tu décides à ton aise de ce qu'il s'est passé jusqu'à l'arrivée d'Irfane. Pis comme toujours, si problème, pigeon privé malkinien ! <3 ]


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MessageSujet: Re: [Flashback] Avant le chaos, le jeu | Pv Lilice ♥ Dim 25 Juil - 10:51

Alice n'avait aucun de ces atouts pouvant susciter le désir chez un homme. Son corps, dénué de véritables formes, était semblable à celui d'une fillette de douze ans, et ses manières de gamine capricieuse n'arrangeaient rien. Elle devait pourtant sa réussite à ce même corps: si mince, si frêle, il n'appelait qu'à être protégé. Beaucoup, à l'instar du jeune traqueur, s'étaient laissés tromper par ces grands saphirs bordés de longs cils noirs papillonnants et trop avaient succombé à ces sourires tantôt espiègles, tantôt charmeurs – le Grand Méchant Loup non plus n'y avait échappé. Puis un effleurement, ou deux, un simple contact, trop léger pour être suffisamment apprécié, et l'envie venait remplacer les sentiments héroïques que les malheureux avaient pu éprouver l'instant précédant la caresse. Ils se rendaient compte bien trop tard de leurs erreurs et n'avaient pas même le temps de regretter qu'ils gisaient déjà sur le sol froid et dur, sales et défigurés. Mais ils étaient à considérer morts dès les premiers échanges avec la fillette.

Le traqueur parut un peu surprit lorsqu'Alice le poussa vers les escaliers mais il n'y avait rien d'étonnant à ce qu'il ait cédé si facilement. Le baiser envoyé, la fillette le suivit en montant les marches quatre à quatre. Elle mourrait d'envie de chanter, comme pour fêter cette chasse nocturne et fructueuse, mais cela aurait pu éveiller les soupçons de son nouveau compagnon. Alors elle se contenta d'en mimer silencieusement les paroles, l'air en tête, tout en gardant ce masque de frayeur sur le visage, feignant la peur avec application. Tandis qu'ils arrivaient à l'étage, elle rattrapa le jeune homme et s'empara de sa main avec douceur. Il n'était pas bien grand pour son âge, mais toujours plus que la charmante. Aussi fut-il contraint de baisser la tête pour apercevoir ce léger sourire qui venait se dessiner sur les fines lèvres de la petite poupée.
Alice leva son bras, le doigt tendu et désignant le fond du couloir.

« Allons ici, dans la dernière chambre. Elle est rarement occupée. »

S'il n'avait pas été aussi distrait par les jolies mimiques d'Alice, peut-être aurait-il haussé un sourcil, interloqué … Comment sait-elle cela ? A croire qu'elle y est habituée ! Mais il n'était plus que le jouet d'Alice, un pantin dont le destin était définitivement scellé. Et comme tous les autres, il ne s'en rendrait compte que lorsque Big Bad Wolf pénètrerait dans la chambre, un sourire au coin des lèvres. Ce dernier n'allait d'ailleurs plus tarder. Aussi pressa t-elle le pas sur un plancher grinçant, même sous son poids plume et plus encore sous le traqueur qui, encore animé de quelques nobles sentiments, lui ouvrit la porte et la laissa passer. Puis il la referma.

La chambre était sale, les meubles poussiéreux – ce qui n'avait rien d'étonnant, cette auberge miteuse était bien loin des hôtels luxueux de Wonderland. Mais Alice avait l'habitude, et de sa démarche sautillante, la fillette rejoignit le lit sur lequel elle s'installa, tout simplement. Elle ne s'attendait pas vraiment à ce qu'il la rejoigne, il était bien trop timide. Elle trouva juste amusant de voir ses joues se teinter de pourpre devant tableau si suggestif.
La jeune fille aux allures de poupée se décida enfin à le rejoindre et brisa le silence qui s'installait de sa voix cristalline.

« Dis moi, comptes-tu rester sur le pas de la porte toute la nuit ? Voyons, on pourrait croire que je te fais peur. Mais je ne suis pas effrayante, n'est-ce pas ?
- Non, bien sûr que non … Mais pourqu... »

Alice posa son index sur les lèvres du traqueur, vraisemblablement agacée.

« Tu parles trop, ce que tu dis m'ennuies.
- Pardon.
- Ne t'excuse pas, c'est inutile. Il ne devrait plus tarder ! Comme j'ai hate ! »

Elle se désintéressa de lui un instant et tapa dans ses mains avec énergie.

« Qui donc ?
- Personne. Tu as dû mal entendre, mon mignon. »

La fillette haussa les épaules avec dédain puis leva la tête vers le traqueur, une moue au bout des lèvres. Il sembla hésiter un instant puis il se pencha. Alice lui écrasa sa main sur le visage et lui repoussa la tête. En guise d'excuse, la mignonne posa ses lèvres sur sa joue.

« Quelle impatience ! Je te trouve très amusant … Nous passerons une bonne nuit. »

Le jeune bleu parut heureux. Il ne se doutait pas un seul instant que le « nous » ne le concernait pas, et que la soirée serait réussit non pas grâce à ces excès de tendresse, mais plutôt à cause d'accès de folie. Le jeune homme posa sa main sur la frêle épaule de l'adolescente et fit doucement glisser ses doigts sous la manche de sa robe. La porte s'ouvrit alors sur Big Bad Wolf. Le doux visage de la fillette se fendit d'un sourire tandis que le traqueur se figeait à la vue de celui qui les avait poussé à fuir à l'étage.

« Wolfy !! Tu en as mis du temps, je n'aime pas attendre ! Un peu plus et j'aurai dû commencer sans toi ... »

Faussement contrariée, elle fit semblant de bouder. Sourcils froncés et joues gonflées, Alice voulut se donner l'air sévère, ce qui ne fonctionnait que très rarement. Le masque de la colère était de tous le plus difficile à revêtir, mais surtout à garder. Bien sûr qu'elle mentait, elle l'aurait attendu. Elle aurait trouvé la soirée bien ennuyante sans lui. Mais il n'aurait pas été simple de garder le jeune homme dans la chambre sans céder à ses avances. Son cher et tendre glissa une main sous son menton, elle le laissa faire. Le traqueur recula d'un pas, perdu.

« Qu...Quoi ? Comment ça elle vous appartient ? Je … Je suis traqueur, je ne vous laisserai pas faire, monsieur ! »

Alice eut un léger rire, très doux. Qu'il pouvait être naïf, il en aurait presque été mignon !
Elle fit lentement glisser le bout de ses doigts sur les lèvres du loup, l'autre main posée sur son torse, l'épaule nue contre ce dernier. Son sourire n'avait plus rien d'innocent mais demeurait sincère. Trop sincère.

« Mon pauvre chéri … Serais-tu déçu si je t'apprenais qu'il dit la vérité ? »

Le traqueur ne savait plus que dire, que penser. Il n'osait plus avancer, effrayé par le Grand Méchant Loup mais n'osait plus reculer non plus, de peur de heurter un meuble ou le lit qui ne devait pas être bien loin. Il ne comprenait toujours rien à la situation, et se posait mille et une questions sur l'inconnu et la signification de son large sourire.
Il y avait une clé rouillée qui traînait là, dans la serrure. Alice passa discrètement sa main derrière Irfane et la tourna. Puis elle glissa l'objet dans l'une des poches de son vêtement.

Avait-il déjà compris ... qu'il allait mourir ?



[Désolée du retaaard ! T-T
Si tu trouves que je vais un peu vite dans mon post, n'hésite pas et je modifierai la fin !]


« Frou-Frou, ils volent les papillons pourpres ...
Pourquoi sont-ils si rouges ?
A cause des lèvres de Lady Ann ?
A cause des fraises qu'elle aime tant ?
Frou-Frou, ils volent ...
Pourquoi sont-ils si rouges ?
Suivons les papillons pourpres ...
Lady Ann les a suivi
Et a été dévorée par les louves. »


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MessageSujet: Re: [Flashback] Avant le chaos, le jeu | Pv Lilice ♥ Sam 28 Aoû - 11:16

Big Bad Wolf éclata d'un rire léger – ce rire qu'il aurait à son procès, quelques années plus tard, mais alors non encore gorgé de toute la rage et la rancoeur qui s'y agiteraient. Le signe d'un amusement sincère faisait palpiter les ailes de son nez, et creusait sur ses joues ces belles rides de charisme qui donnaient tant d'intensité à son sourire. Ses dents étincelaient sous les petits doigts d'Alice, et devant l'air aussi surpris qu'outragé de leur jeune hôte, il ne put s'empêcher de baiser ces doigts – à peine, tout doucement, du bout des lèvres. L'autre ne réagit même pas, tant il semblait suspendu dans la crispation de peur et d'incompréhension qui l'avait saisi aux mots de la demoiselle ; et ne changea pas d'expression quand la main du Grand Méchant Loup caressa langoureusement celle que la 'faible jouvencelle' avait posée, de son propre chef, sur le torse menaçant. Irfane souriait toujours pour son hôte lorsqu'il se pencha sur l'oreille de la fillette et, d'un murmure à peine audible, sans quitter sa proie des yeux, y susurra :

    « Pardonne-moi si je t'ai fait trop attendre, ma douce ... C'est qu'il fallait lui laisser le temps de s'imprégner de toi, tu sais qu'ils ont ainsi bien meilleur goût ! »

Et puis l'idée même de ce jeune homme seul dans une chambre avec son Alice ... Imaginer ce qui devait s'y dérouler tandis que lui-même n'y était pas, et ce qu'il adviendrait s'il ne les rejoignait jamais ... Oh, il les rejoignait toujours, bien sûr, mais le fantasme seul, à deux pas de se réaliser, même s'il ne s'accomplissait jamais entièrement, valait en lui même autant que la soirée qui suivrait. En outre, dévorer ensuite un corps qui avait pu enlacer Alice – même si ça n'avait été qu'en rêve – permettait, d'une certaine manière, de se rapprocher un peu du corps de la princesse, de goûter les restes de ses effluves – imaginaires ou non, tant pis ! Ainsi se justifiait en partie son désir pour le jeune traqueur : moins par attirance personnelle que par projection, parce qu'il avait plu à Alice, parce qu'en un autre contexte, en un autre monde, eux deux auraient pu former le parfait petit couple. Là reposait une grande partie du plaisir de chasser avec elle : lui rêver des vies et y goûter. Ça, et sa prévoyance, aussi ! Le cliquetis de la clé dans son dos le fit rire encore un peu : voilà une chose qu'il avait bien failli oublier.

Merci, mon ange, murmura la caresse de son bras lorsqu'il se détacha tendrement d'elle pour rejoindre leur aimable invité. Ce dernier glapit – littéralement – en le voyant approcher.

    « Du calme, enfin ! » lui souffla Irfane en posant sa large main, mygale amoureuse, sur l'épaule un peu tremblante. « Nous ne vous voulons que du bien.
    Qui êtes-vous ?! »

Il aurait pu sursauter s'il avait été plus sensible. La Police des Contes entraînait décidément de mieux en mieux ses jeunes recrues pour qu'en une telle situation, elles trouvent encore du répondant. Un sourire à Alice, pour signifier son amusement, et :

    « Nous sommes ... Que sommes-nous ma chérie ? »

Ton faussement hésitant.

    « Oh, simplifions et disons humblement : votre pire cauchemar, hum ? »

Puis d'une voix désormais dépourvue de sonorité joueuse, redevenue froide – car le désir pressait :

    « Maintenant tais-toi. »

Et sans lui laisser le temps de chercher à désobéir, il se saisit du petit chasseur, le souleva comme s'il eût été fait de plumes, le retourna et, avec tout autant de facilité, plaqua son corps sur le sol. Si l'autre se débattit, il n'y fit pas même attention : trop jeune, le mignon, trop faible pour pouvoir décemment espérer se soustraire à son étreinte ! Devant le regard de la fillette – et même dans ce regard, car il semblait dans ces instants que toute action du Grand Méchant Loup ne se justifiait plus que par son image gravée sur la rétine de la chérie –, Irfane s'allongea lui aussi de tout son long sur sa nouvelle proie immobilisée à terre, la pressant lourdement, l'écrasant de son poids, de sa moiteur et de son désir. Un court silence accompagna la scène, puis le jeune homme se mit à hurler quand des dents pénétrèrent la chair à l'arrière de son cou ; et le cri eut beau se trouver étouffé par une main plaquant la tête coupable au sol, le corps tout entier fut pris de violents soubresauts quand, ayant senti sur son coccyx une pression dont il ne voulait pas, la réalisation de ce que son avenir proche serait heurta le pauvre garçon.

Il se débattait et beuglait tant qu'il fallut bien craindre que même les employés prétendument sourds de l'établissement ne pussent s'empêcher d'entendre de tels appels à l'aide ... Mais le Grand Méchant Loup avait solution à tout. Se redressant légèrement, de manière à s'accroupir sur le dos de sa victime, il se saisit d'une main du menton et enfonça l'autre dans la bouche maintenue ouverte, afin d'y attraper commodément la langue qu'il maintint tirée entre deux doigts. Puis, comme si cette position n'était rien moins que parfaitement naturelle, il sollicita l'aide de sa tendre et aimée Alice, un peu de pourpre au coin de son sourire :

    « Fais-le donc taire ... Il ne faudrait pas qu'il abîme tes délicats tympans ! »


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MessageSujet: Re: [Flashback] Avant le chaos, le jeu | Pv Lilice ♥ Mer 27 Oct - 11:04

Si beaucoup s'empoisonnaient l'esprit de questions qui restaient bien souvent sans réponse, la fillette prenait rarement le temps de s'en poser; le monde qui l'entourait lui paraissait bien trop loin et les choses bien trop futiles pour qu'elle leur accorde la moindre importance en faisant mine de s'interroger sur leurs fondements ou autres. Mais il lui arrivait parfois de se demander ce qu'elle serait devenue si ce cher Irfane avait cédé aux passions qui dévoraient son cœur et son corps et dont elle ne pouvait ignorer l'existence car reposaient là-dessus l'établissement même de leurs lien et relation. Elle le savait, elle en jouait. Il le savait aussi, il aimait ça sans doute aucun. N'aurait-elle pas été qu'une victime de plus si le loup s'était laissé aller à ses habituelles «pratiques » avec elle ? Car ne devait-elle la vie à ces désirs inassouvis, ne la tolérait-il pas en partie grâce à ça ? Oh, elle avait bien un don et l'intelligence pour elle, et ce côté mutin qu'il appréciait et qui faisait indéniablement son charme.
Et lorsqu'elle croisa le regard de ce dernier, elle discerna sans mal l'objet de ses questions et ce qui l'avait peut-être sauvé à plusieurs reprises -ne l'aimait-il pas en partie parce qu'elle constituait l'inaccessible ? Mais comme Alice restait Alice, elle ne put s'empêcher de trouver cela très amusant. Aussi lorsqu'il vint effleurer son bras alors qu'elle venait de fermer la porte de cette chambre miteuse, l'un des coins de sa bouche si délicate vint se soulever, comme si tout tendait à lui donner l'air éternellement espiègle, tandis qu'elle chantonnait:

« Que serais-tu sans moi, n'est-ce pas ? »

La jolie poupée déposa un baiser sur sa joue et ses deux billes bleutées roulèrent pour mieux le suivre alors qu'il s'approchait du jeune traqueur.

« Que le cadre jure avec la fragilité de sa pauvre carcasse ! On eut peine à croire que pareil gentleman fréquente un tel endroit. »

Et tel le son du carillon que le vent chatouillait, le rire de l'enfant raisonna dans la pièce lugubre. Alice avait l'impression de ne plus parler du jeune traqueur mais bel et bien d'elle, dont la présence jurait bien plus encore avec le décors. A croire que ces deux êtres auraient pu former le plus parfait des couples si les circonstances l'avaient permis. Ou plutôt, si le monde était tout autre et allait de paire avec cette bien drôle d'idée qui sembla presque lui arracher un frisson.
Elle se balança d'avant en arrière tandis que son compagnon d'une vie rassurait celui d'un soir, et réprima un sourire lorsque la question tomba. Un regard échangé avec le loup, le sourire amusé de ce dernier.

« Ce que nous sommes ? Oh, voyons... Quelle drôle de question ! Et puis d'abord, à quoi cela te servirait que nous soyons quelqu'un ou quelque chose, mon mignon ? La fin de l'histoire resterait la même ! »

De sa démarche légère et dansante, la fillette s'approcha du grand fauteuil qui s'évertuait vainement à donner de l'allure à la pièce.

« Ne le trouves-tu pas amusant ? Moi, il me plaît beaucoup. Oh, mon cher et tendre, quelle réponse parfaite lui donnes-tu là ! J'aime le terme de cauchemar. Mais cela serait dire que je suis terrible et effrayante. Je ne le suis pas, n'est-ce pas ? »

Cela n'avait rien d'une question et elle n'avait d'ailleurs aucun destinataire précis. Big Bad Wolf ou le jeune traqueur ? Les deux sauraient bien lui répondre ce qu'elle savait déjà mais voulait entendre. Alice, douce Alice, tu n'as rien d'un cauchemar. Alice, ma jolie Alice, tu es bien trop délicate. Mais le plus terrible des cauchemars prend fin lorsque l'on s'éveille. Non, Alice, tu es bien pire que cela, tellement plus réelle qu'un cauchemar.
La fragile poupée suivit du regard le moindre des mouvements de son cher et tendre. Plus rien n'arrivait à la choquer, plus rien ne semblait pouvoir la surprendre. Elle avait fait de ces soirées son quotidien... Ou plus encore. Car il n'était pas question d'habitude: leurs soirées ne se ressemblaient pas et ils tenaient bien trop au changement pour penser à s'enliser dans la routine; la fillette s'ennuyait bien vite mais un rien pouvait la distraire.
Il y eut des cris, il y eut de bien vifs mouvements, il y eut du sang. Alice tapa dans ses mains comme si elle eut regardé le plus amusants des spectacles. Avant que le loup n'eut plaqué la face du jeune homme contre le sol, la fillette eut le temps de distinguer toute la détresse, la crainte et la douleur au fond de ses prunelles. Auraient-ils la chance, un jour, de tomber sur une victime moins soumise que celles auxquelles ils étaient le plus souvent confrontés ? Alice aurait tellement voulu voir la réaction d'Irfane si l'une de leurs proies venaient à lui tenir tête.

« Il crie beaucoup. »

Cette remarque inutile -le loup devait bien l'avoir entendu lui-même- la fit rire elle-même. Elle se leva du fauteuil poussiéreux et frotta les pans de sa robe alors que son compagnon la sommait de le rejoindre pour faire taire le mignon.
Alice s'accroupit au niveau de la tête du traqueur tout en relevant la manche sur son épaule que ce dernier avait su dénuder plus tôt. Elle glissa ses doigts fuselés dans la chevelure du jeune homme et les caressa avec cette douceur qu'elle inspirait naturellement.

« Voyons, mon chéri. Crier est inutile, tu sais. Personne ne viendra t'aider. Et certainement pas tes amis de la Police. Oh, mon adorable, ne trouves-tu pas qu'un sourire lui irait mieux ? Il est tellement rigide, trop sérieux. C'est d'un ennui ! »

La fillette raffermit sa prise dans les cheveux du pauvre garçon et lui releva brusquement la tête avec une force qu'on eut peine à imaginer d'elle. Durant un court instant, elle crut bien que les yeux de leur proie sortiraient de leurs orbites tant il avait peur. Elle posa un doigt sur ses lèvres, lui intimant de se taire mais il n'en fit rien. Presque agacée, elle glissa sa petite main dans la poche dissimulée par les plis de sa robe et en sortir une petite lame. Elle entreprit alors d'entailler les extrémités de sa bouche et lui dessina un sourire. Voilà qui est mieux ainsi, murmura t-elle, son propre sourire dévoilant de petites dents blanches. Le sourire de l'ange, n'était-ce pas ce qu'il convenait le mieux au jeune traqueur ? Et voulant éviter qu'il ne crie plus fort à cause de la douleur, Alice glissa le couteau jusque dans la bouche du jeune homme, effleurant -à peine!- le bras de son cher et tendre de sa lame pour mieux la glisser jusque dans la gorge de leur victime.

« Dis, penses-tu t'amuser encore longtemps avec lui ? Oh, et puis, si l'on veut être tranquille... »

Elle planta l'arme dans sa langue, en toute simplicité. Le traqueur se débattait encore et toujours et étonnait la fillette elle-même, qui se demandait s'il n'était pas stupide d'espérer s'échapper du Grand Méchant Loup.
La douce enfant tapota sa joue.

« Tu ne mesures pas la chance que tu as, mon gentil et mignon petit traqueur. Cela pourrait être pire ! Si, si, je t'assure ! Tu sais, mon adoré Irfane pourrait te montrer pire ! »

Alice lâcha ses cheveux, laissant retomber son visage sur le parquet et se releva. A part quelques bruits étouffés, il n'y avait plus à s'inquiéter de l'entendre appeler à l'aide.
Comme si le pourpre tâchant sa robe était naturel, elle s'exclama:

« Zut. Je me suis encore tâchée. J'espère que cela partira. Mais quelle jolie couleur ! »

Et chantonnant une douce mélodie, la poupée laissa tomber le couteau et essuya ses doigts ensanglantés sur les pans de tissus, distraite.


« Frou-Frou, ils volent les papillons pourpres ...
Pourquoi sont-ils si rouges ?
A cause des lèvres de Lady Ann ?
A cause des fraises qu'elle aime tant ?
Frou-Frou, ils volent ...
Pourquoi sont-ils si rouges ?
Suivons les papillons pourpres ...
Lady Ann les a suivi
Et a été dévorée par les louves. »


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MessageSujet: Re: [Flashback] Avant le chaos, le jeu | Pv Lilice ♥ Jeu 18 Nov - 22:13

    « Et puis le rouge te va si bien ... »

Un violent mouvement de la main afin de l'extirper et de refermer la bouche désormais béante sous ses doigts, tandis que son ton se faisait le plus tendre. Sur son poignet, dont les poils s'étaient hérissés sous le passage de la lame, avait coulé aussi un peu de ce rouge. Comme un artiste qui aurait dans l'exultation de son inspiration laissé s'éparpiller sa peinture, Irfane s'essuya, brouillon, le long de l'échine qui se tortillait sous lui ; teinta chaque vertèbre, s'agitant sous la peau comme des animaux affolés ; barbouilla les hanches auquel il se raccrocha enfin.

    « Quelques instants, ma douce, et il sera tout à toi. »

Une petite dureté derrière les accents suaves de la voix : maintenant le plaisir, tout entier, égoïste, le plaisir immonde et absolu du Grand Méchant Loup. Après, les jeux ; après seulement ! Mais qu'à présent on le laisse en paix, que toute sa fureur se relâche le temps d'une étreinte violente, qu'il se laisse aller sans retenue, enfin, aux jouissances macabres – quiconque alors viendrait ne serait-ce que troubler son extase se verrait dans l'instant promu au rang de proie suivante. Même Alice, sans doute, n'aurait pas assez de son adorable minois pour tempérer les pulsions à l'état pur qu'il laissait dés lors éclater au point de l'aveugler jusqu'à méconnaître tout ce qui, en d'autres circonstances, représentait pour lui un peu plus que de la chair. Une fois qu'il aurait eu son compte, après ce petit temps de sauvagerie fulgurante, il pourrait repeindre un sourire sur ses dents rassasiées, s'écarter de son festin et en partager les restes en plaisirs plus posés.

Pour l'instant, la paix.

Derrière sa pupille d'acier froid, un feu lapait tout le regard, embrasait le visage d'une légère rougeur ; les mouvements de son corps, quoique retenus, presque imperceptibles, laissaient voir une fébrilité, maîtrisée mais douloureuse, qui clamait clairement qu'il serait bien téméraire de faire attendre plus longtemps les désirs impatients de cet homme déjà hors de tout contrôle. Il eut un dernier geste langoureux vers Alice, puis la fillette disparut de son monde : ne s'y trouvait plus que le jeune homme et tout ce qu'il pourrait lui faire. Alors ses lèvres se penchèrent vers le corps se débattant toujours, posèrent, sur la peau toute hérissée, un baiser comme une plume ; et Big Bad Wolf laissa se déchaîner toute le torrent de ses envies.

[...]
Quand enfin l'excitation et la rage, puisque portées à leur comble, ne purent que retomber, le calme revint sur la pièce se poser comme une poussière, fine et opaque, plâtre malsain qui, si laissé trop longtemps en place, menaçait de se durcir jusqu'à entraver les mouvements. Ainsi le plaisir par trop intense d'Irfane le laissait, une fois accompli, dans un état de langueur semblable à un gouffre sans fond, où il aurait été si confortable de se laisser chuter, si simple de s'y enfouir, à jamais satisfait. Dans ces instants où la violence trouvait enfin quelque repos, la volonté trébuchait, et lui venait la sensation dangereuse que, peut-être, il serait bon de laisser ces désirs désormais repus s'assoupir dans leur gras contentement, partir à la dérive, mourir définitivement sans même s'en être rendu compte, leurs derniers soubresauts masqués sous de béats ronflements. L'absence si totale d'empathie qu'il démontrait pour le reste du monde lui devenait alors une faiblesse, car son être futur, son existence non encore advenue, lui était lui aussi trop lointain pour qu'il pût prendre en compte son confort – un confort qui serait le sien, un jour, mais qui dans l'instant présent n'en reprenait que la théorie, appartenant à cet autre Irfane de l'avenir, cet inconnu, en somme.

Mais il lui fallait se forcer, secouer les épaules pour chasser cette mauvaise poudre, se lever et continuer, sachant que le contentement ne durerait pas, que reviendrait la faim, bien trop tôt, bien trop pressante, qu'il lui faudrait attendre le temps d'une vie – quelques jours ou des mois, nulle différence quand le besoin habitait chaque seconde – avant de la satisfaire encore ; et même une fois ceci fait, l'attente à nouveau le saisirait de ses serres ravageuses, tout serait à recommencer.

Il leva les yeux vers Alice, de son regard où le feu s'était éteint, dans lequel cette exceptionnelle lassitude, qui ne s'y nichait que dans ces situations trop rares, se dessinait derrière la glace habituelle. Lui n'abandonnerait pas, ne gémirait pas un « à quoi bon ? », ne se perdrait pas dans ce plaisir de courte durée mais plongerait droit dans la douleur de son absence, simplement parce qu'au bout, tout au bout du brouillard, il pouvait deviner la silhouette diffuse d'une promesse muette, d'une sorte d'espoir inarticulé. Il ignorait alors encore ce qui s'agitait sous cette idée abstraite dont il n'avait pas même conscience, mais dont les ébauches se tortillaient déjà à l'arrière de sa pensée, dans cette zone inaccessible consciemment mais où tous les fantasmes se développent, fleurissent, pour un jour faire rouler leurs fruits jusqu'au delà de la limite, jusque devant le penseur qui, surpris, n'a plus qu'à les cueillir avec ravissement. Dans quelques années son grand projet aurait ainsi poussé, gorgé d'un suc riche et acide : la juteuse idée d'une armée, de tout ce qui allait avec et qui le mènerait un jour à ce rôle de tyran absolu pour lequel il avait toujours était fait – s'en persuadant depuis longtemps mais sans savoir qu'il pouvait en agrandir autant l'échelle.

    « Alice. »

Rien dans la voix des précédents remous qui l'avaient habitée, quoique en deçà ; mais une sérénité totale, une douceur sans miel, presque rassurante pour une fois, même si sans indice de bienveillance.

    « Viens, maintenant, chérie. »

Sa main sale, toute tachée d'un pourpre déjà brunissant, se tendait tendrement vers elle : invitation à y poser sa petite paume, à le rejoindre auprès de cet objet généreux qu'ils partageraient avec gratitude, humilité, presque, devant ce bonheur inattendu, comme un cadeau des cieux, le petit corps silencieux à peine agité de dernier hoquets d'agonie.

[ Comme tu vois je me suis permis une subtile ellipse, afin de tout de même ménager ma la sensibilité du lectorat ... ~ En espérant que ça te convienne ! ]


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Big Bad Wolf
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MessageSujet: Re: [Flashback] Avant le chaos, le jeu | Pv Lilice ♥ Mer 16 Fév - 19:06

La voix de l'enfant, qui laissait son loup vaquer à ses « occupations », s'éleva à nouveau dans l'un des coins de la chambre miteuse. La nuit sombre qu'elle apercevait par l'unique fenêtre lui inspira une comptine aux paroles morbides. Sa voix, pourtant si douce, parut alors plus tranchante que l'acier et prit quelque intonation cruelle, achevant de laisser penser au jeune traqueur qu'il vivait le plus terrible des cauchemars. Et le plus douloureux, si bien que la mort ne lui paraissait alors qu'une simple formalité de la vie, plus douce encore que tout ce qu'il avait pu vivre ces dernières heures durant; s'il avait pu parler ou crier, il les aurait supplier d'en finir au plus vite. Mais ces monstres, car tel était l'aspect que la jolie adolescente et son charismatique compagnon avaient prit à ses yeux, prenaient trop plaisir à le voir souffrir... Aussi le jeune homme, au bord de l'inconscience, préféra t-il s'imaginer comment sa soirée aurait pu finir s'il ne s'était pas arrêté dans la taverne ou s'il n'avait pas joué les héros auprès d'une gamine dont les talents de comédienne n'étaient certainement plus à prouver. Pourtant -pourtant!- son simple aspect aurait dû lui mettre la puce à l'oreille, le faire douter de son honnêteté. Ces yeux bien trop grands et clairs, ce sourire bien trop doux et mielleux, cette robe bien trop pleine de volants et de couleurs... Un ensemble jurant presque grossièrement avec l'affreux décors de leur rencontre. Il ne s'était vraiment pas montré digne de sa profession et la situation l'avait rabaissé bien en-dessous du niveau d'un homme, si bien qu'il avait à peine la force de regretter quoi que ce soit. Et pendant ce temps, le loup achevait de lui voler sa dernière part d'innocence.

Lorsqu'il eut terminé, le Grand Méchant Loup énonça à voix haute le nom de la petite poupée et ladite Alice releva la tête, sa voix s'étant tu quelques temps auparavant, comme avalée par ce ciel sans étoile qu'elle avait contemplé -étoiles qui semblaient s'être retrouvées dans les yeux de la fillette lorsqu'elle comprit qu'il avait terminé.
Il lui tendit une main tâchée de ce pourpre qu'elle aimait tant, l'invitant à le rejoindre, ce qu'elle ne refusa bien évidemment pas. La fillette s'accroupit à la hauteur de son compagnon sans le lâcher, les pans de sa robe retombant jusqu'à ses chevilles. Elle observa un instant le jeune traqueur et de son autre main, libéra son front encore en sueur de quelques mèches de cheveux châtain.

« Tu sais, en d'autres temps, dans un autre lieu, il aurait encore pu avoir l'air digne. J'aurais presque pu le trouver mignon ! Mais maintenant... »

Elle déposa un baiser sur la joue froide et humide de l'homme agonisant à ses pieds.

« Il est plus qu'adorable ! »

La fillette pinça gentiment cette même joue comme s'il n'avait été qu'un charmant bambin.

« Dis-moi ton nom. Dis-le moi ! Je tâcherai peut-être de m'en souvenir... »

Il n'avait plus la force de bouger les lèvres. Peut-être même ne l'entendait-il plus.
Alice ria doucement.
Puis elle invita le jeune homme pour la plus macabre des danses, à mi-chemin entre une douce valse et quelques pas désordonnés du folklore malkinien. Tantôt lente, tantôt s'accélérant, la musique émanant des violons qui auraient pu les accompagner s'ajustaient selon les réelles coulées de sangs qui, s'échappant de la chair du traqueur devenu jouet sous les doigts délicats d'Alice, venaient à nouveau parsemer ses tissus colorés de touches de pourpre. L'esprit de la fillette fut comme absorbé par ladite mélodie et à l'instar de son compagnon, se laissa porter dans un tout autre monde.
Presque tout ce qui l'entourait disparu au profit de plus grands amusements.
Si quelqu'un avait franchit le seuil de la porte à ce moment même, il aurait d'abord cru qu'elle jouait tant elle riait. Puis, lorsqu'il aurait enfin compris ce qu'elle faisait, l'agréable surprise aurait laissé place à de plus grands effrois et il l'aurait prise pour folle. Mais elle était lucide: aucune folie ne l'avait emportée; elle n'était pas en transe ou quoi que ce soit d'autre de ce genre. Alice savait. Elle avait conscience du mal qu'elle lui faisait et de la mort qui frapperait le traqueur sous leurs mains expertes. Elle n'avait cependant pas le moindre scrupule et trouvait là même quelques réjouissances que le commun des mortels n'approuvait pas -pauvres d'eux, ils ne savaient pas ce qu'ils manquaient ! C'est aussi cela, qu'elle appréciait chez son Wolfy: il la comprenait. Leur victime aurait d'ailleurs bien pu être un plus jeune garçon ou un homme d'âge mûr qu'elle n'aurait pas éprouvé différentes émotions ou considéré les choses autrement. Meurtre ? Rien qu'un jeu dans l'esprit de la poupée tueuse. Comme ces enfants qui, si innocents qu'ils peuvent en devenir sadiques -quel triste paradoxe!- s'amusent à arracher les ailes d'insectes ou à tirer la queue d'un chat. Alice avait simplement adapté cela à plus grande échelle, à ses semblables et tant pis si sa morale n'était partagée.

Lorsqu'elle eut enfin fini, la fillette était à califourchon sur le torse balafré du traqueur. Elle déposa comme un baiser sur la dague pleine de sang qu'elle avait utilisée puis se releva, simplement. Elle jeta la lame à terre, presque férocement, tandis qu'elle passait sa langue sur ses lèvres rouge sang.

Alice se tourna alors vers le Grand Méchant Loup.
« Je m'ennuie. Il m'ennuie. Je ne m'amuse plus et je trouve cela profondément ennuyant. »

La capricieuse se pencha vers son interlocuteur et lui murmura sur un air de comptine populaire, avant de transformer son éternel sourire en moue insatisfaite.

« Je n'aime pas m'ennuyer. »

Et ce fut le plus naturellement du monde qu'Alice traversa la pièce, écrasant le tibia du traqueur au passage. La fillette laissait donc au Loup le plaisir d'achever leur victime. A moins qu'il n'ait déjà perdu la moitié de son sang, auquel cas son coeur se serait arrêté.
Mais à vrai dire, elle s'en fichait. Et cela n'avait plus d'importance.


« Frou-Frou, ils volent les papillons pourpres ...
Pourquoi sont-ils si rouges ?
A cause des lèvres de Lady Ann ?
A cause des fraises qu'elle aime tant ?
Frou-Frou, ils volent ...
Pourquoi sont-ils si rouges ?
Suivons les papillons pourpres ...
Lady Ann les a suivi
Et a été dévorée par les louves. »


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MessageSujet: Re: [Flashback] Avant le chaos, le jeu | Pv Lilice ♥ Sam 12 Mar - 14:10

Irfane, repus et bienheureux, s'était appuyé tranquillement sur le mur le plus proche et, laissant sa tête rouler langoureusement sur son épaule, relâchant toute tension dans son corps que l'extase avait empli d'un chaud contentement, il observa sagement, sans plus bouger sinon les infimes traces de sa lubricité tout au fond des pupilles, le jeu de la jeune fille. Il ne la connaissait alors pas aussi bien qu'il la connaîtrait dans le futur, et n'avait pas encore cette infinie tendresse, cette presque confiance qu'elle saurait un jour gagner en lui ; mais déjà son corps de porcelaine et l'éclat insolent de ses petites dents blanches, quand elle prenait plaisir aux mêmes loisirs que lui, vrillaient son cœur de l'écho sourd d'une faim joyeuse, qui, même alors que sa proie précédente venait d'être achevée, jamais ne s'apaisait. Il la contempla, ses petits pieds valsant en rythme sur la souillure du sol, ses doigts fins guidant avec une étonnante grâce ce résidu de vie qui n'aurait plus dû en avoir aucune. Les échos de son rire trop insistant auraient pu l'agacer, mais il ne s'en souciait guère, cette fois, plutôt amusé par la vue de cette enfant sans plus aucune tenue qui lui rappelait, par certains côtés, un aspect de lui-même.

Pourtant elle avait tout, en apparence, de la parfaite proie : si fragile, et puis si innocente, jusque dans la forme douce de ses grands yeux – si l'on n'en fixait pas trop le fond... Tous ces jupons qui, de leur épaisseur de tissus, renforçaient par contraste la minceur de poupée des jambes, il les aurait si volontiers soulevés, et arrachés d'un même mouvement que les soyeux cheveux blonds ! Sa peau blanche, il l'aurait pelée doucement, juste pour voir si la chair en dessous portait les marques de la même pureté ; ses os, il les aurait retirés un à un, et portés à l'aveuglante lumière de Wonderland afin de vérifier s'ils n'étaient pas faits de cristal ; ses yeux, enfin, ces petits globes moelleux...

Ses yeux le fixaient : il fut tiré soudain de sa rêverie. La jolie Alice avait fini de jouer, et revenait vers lui, toute rouge de ses ébats, ses lèvres du même pourpres caressées par le passage coquin de la langue.

Un instant le désir de réellement dévorer cette bouche le submergea ; il songea à plonger ses dents dans la chair tendre de son cou, envisagea parfaitement sérieusement d'en finir avec elle, dés maintenant, de la faire rejoindre ce petit corps autrefois frais avec lequel elle allait si bien, afin d'immortaliser dans leur agonie le couple si parfait qu'ils auraient pu composer. S'il avait ce jour-là cédé à ces pulsions, nul doute que le destin de Malkins en eût été radicalement changé ; et il fut près, infiniment près de le faire.

Il s'était relevé, l'intention nettement ancrée en lui, et s'approchait d'Alice à pas paisibles, lentement, savourant déjà le goût de cette chair qui ne tarderait pas à céder sous l'amoureuse pression de ses incisives. Il tendit la main vers elle, la posa sur sa nuque, et s'apprêta à la tirer violemment jusqu'à ses dents – lorsque, de son éternel air de princesse gâtée, les lèvres si appétissantes lui murmurèrent soudain :

    « Je n'aime pas m'ennuyer. »

Alors quelque chose fondit au sein du Grand Méchant Loup. Sans doute fut-ce en cet instant précis qu'il prit la décision, mais sans lui-même la formuler de toute la conviction de sa conscience, qu'Alice était un cas particulier, qu'elle était plus proche de lui, au fond, que quiconque ne l'avait jamais été et ne le serait plus jamais, qu'elle n'avait rien à voir avec toutes les compagnes et compagnons qui avaient défilé à ses côtés, mais qu'elle, très certainement, était destinée à y rester. Ses doigts, qui déjà s'étaient crispés afin de se planter au plus profond de la charmante nuque, se desserrèrent doucement, et à la place glissèrent dans le dos de la jeune fille : il l'attira à lui, sans forcer, sans brusquerie, et cette intense retenue répandait une douleur sourde dans ses muscles qu'il lui fallut ignorer. Comme elle était petite – son front n'atteignait pas même son menton – il dut pencher le visage afin de lui susurrer à l'oreille, d'une voix grave et posée comme elle l'était toujours mais au fond de laquelle une oreille attentive aurait pu percevoir quelque fébrilité :

    « Moi non plus, ma chérie... Si tu savais ! »

Une caresse encore sur cette taille si fine, et il se détacha d'elle comme si rien ne se fût passé derrière son front toujours paisible. Il regarda le corps lamentablement abandonné au sol, songea qu'en effet le jeu était ici fini, et qu'il était bien temps de le porter ailleurs. D'un coup négligent du pied il remit l'ancien Traqueur à plat sur ce plancher où il semblait vouloir s'enfoncer et, sans vérifier s'il était ou non déjà mort, mais afin d'en être bien certain, écrasa sèchement la nuque fine qui céda sans résister. Puis il saisit le cadavre, ouvrit d'une main la fenêtre, au fond de la chambre, et se débarrassa de l'encombrant déchet en le précipitant au bas de l'établissement, juste là où un bosquet de végétation sombre le cacherait suffisamment longtemps aux yeux des habitants de toutes façons bien peu soucieux de ce qui traînait dans leurs rues.

Et revenant vers la princesse, il tira gentiment son bras jusqu'à la porte qu'il rouvrit.

    « Allons-y, Alice, allons chasser l'ennui... Où tu voudras, éternellement ! »


[ Bon, bon, je pense qu'on peut clore le topic, si ça te va, ou est-ce que tu préfères y répondre pour conclure ? ♥ ]


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MessageSujet: Re: [Flashback] Avant le chaos, le jeu | Pv Lilice ♥

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