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Le briquet surgelé » Bast }Complete

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MessageSujet: Le briquet surgelé » Bast }Complete Sam 1 Mai - 23:18

The Soldier Lighter




WHAT THE FOCK...
C'qui lui ?




    Nom : Eventyr.
    Prénom : Bast.
    Surnom(s) : Briquet Boy || Le surgelé || Le clopeur || Hey, t'as pas du feu ? || Lighter ||
    Balais : 26, tous bien rangés dans l'placard.
    Naissance du braillard : 21 Décembre {Solstice D'Hiver}

    Boulot : Ex-soldat de l'UIF, j'étais en service dans la garde d'un magnat de la technologie dont le nom m'échappe. Paix à son âme . Maintenant je me contente de gagner ma vie en tant que barman. Entre autres choses moins avouables.
    Débarque de : Verassoie.
    Préférence d'étude de cas : Pas que je sois vraiment difficile de ce côté, tous les cas sont bons à prendre. Mais reconnaissons que les mâles sont un poil plus intéressants.
    Super pouvoir à la Superman : Foutez-moi un briquet normal entre les mains genre le vôtre, celui du voisin, ou du pigeon qui vient de passer, et j'vous en fait sortir trois chiens de flammes enragées.






DO YOU LIKE WHAT YOU SEE ?
Honnêtement ?





[Ch'tite précision avant de commencer :
Le narrateur n'est pas Bast, mais un
personnage extérieur servant à le décrire. ]

« A la claire fontaine, m'en allant promener... ♫ »

Ce soir là, j'étais de patrouille nocturne. Faire le tour des entrepôts, revenir aux labos, enchainer avec les appartements du directeur et ressortir surveiller les alentours des bâtiments en empruntant un chemin de ronde bien défini. Ce chemin passait par la grille protégeant l'entrée de la propriété. Et, fredonnant ma chansonnette, je ne m'imaginais absolument pas faire face à un intrus. Faut dire que j'étais un bleu débarquant fraichement au poste de garde du corps et je prenais ma nouvelle importance très à cœur. Lorsque je vis la silhouette adossée contre les grilles de fonte, je me suis figé, restant dans l'ombre pour ne pas être vu et pouvoir observer. L'intrus restait là, sans bouger. Autant saisir ma chance. Alors que j'allais sortir mon arme, une simple épée, une voix claire de velours glacée s'éleva dans le silence nocturne.

« J'ai trouvé l'eau si belle que je m'y suis baigné... Il y a longtemps que je t'aime, jamais je ne t'oublierai ~ »

Ainsi j'étais grillé depuis un bon moment. Moi et ma stupide chanson. Préférant prendre les devants, je me suis avancé sous la lumière lunaire, arme pointée en direction du visiteur. Répondant à mon invitation muette, celui-ci s'éloigna de son dossier métallique et fit quelque pas avant de sortir de l'ombre. La première chose qui me frappa fut le noir absolu de ses cheveux. Encre, jais, charbon, corbeau, cherchez encore que ça ne suffirait pas. La lumière semblait littéralement absorbée, ne renvoyant que de faibles reflets argentés sur les mèches et épis de sa tignasse. Un vrai brun, pur de dur. Et encore, ça dépassait ce stade. La seconde chose qui attira mon regard et le captiva fut les prunelles à la fois sombres et luisantes vrillées sur moi. Un regard froid, semblant regarder dans le vague, absent malgré le sourire chaleureux qu'arborait les lèvres minces du jeune homme. Malgré les vêtements sombres, Il s'approcha encore un peu et j'ai alors réalisé, qu'en plus d'être fin et plutôt grand, le bougre avait une arme à feu à la ceinture, luisant d'un éclat froid et métallique sous les étoiles lumineuses.

« N'approchez-pas plus et je ne vous ferai aucun mal. »
« Oho ? On ne reconnait même plus son supérieur ? »
« De que... Merde ! Heu... Navré Monsieur Eventyr ! »

Mais quel crétiiiin. Il portait pourtant bien son uniforme ! Que j'vous explique, je venais de menacer le chef de la garde, Bast Eventyr, alias le Soldier Lighter. Mon erreur aurait pu être pardonnable, je ne l'avais encore jamais rencontré. Mais les erreurs ne sont pas bien tolérées ici. On me l'avait décrit de telle manière que je me l'étais imaginé bien plus âgé, bien plus baraqué, bien plus marqué par le temps. Et je me retrouvais devant un être plutôt élancé, souple, loin d'être sec comme un cure dent mais pas spécialement marqué niveau musculature. Sans compter le visage régulier, les yeux envouteurs malgré leur indifférence et le sourire tout à fait amical qu'il m'accordait. Sous la Lune, le vêtement sombre que nous portions à la garde ne m'avait pas frappé. Pas autant que l'étrange personnage au teint blafard et aux cheveux de ténèbres pures que je venais d'aborder. Faut dire qu'il détonnait fortement de l'impression que devait donner un garde. Mais s'il est devenu notre chef, ça ne doit pas être pour des prunes. Par réflexe et mesure de sécurité, je me mis au garde à vous et rangeai mon arme. Le Sieur Bast se mit à rire et agita vaguement sa main dans les airs.

« Repos, repos, il n'y a pas de mal le bleu, tu n'as fait que ce pour quoi on te paie. La patrouille se passe bien ? »
« Oui, Monsieur. »
« Bien, bien... »

Il fit encore quelques pas et sorti son arme qu'il pointa sur moi, son sourire charmant toujours suspendu à ses lèvres. Son allure s'était faite menace en un rien de temps, une aura malsaine avait aussitôt semblé nous entourer. Il n'était plus le jeune homme agréable d'aspect et de caractère. Il était devenu un Bast froid, glacial. Même son aspect laissait transparaître le changement. Le regard dur, le rictus amer et cynique. Il en imposait sans rien faire. Il faisait peur sans rien faire tout comme il semblait prêt à faire ami ami avec un subordonné un instant auparavant. Si tout à l'heure j'étais mal à l'aise, j'avais peur maintenant. Sans rire.

« Ne fais aucun mouvement brusque et personne ne sera blessé. »

Ah. Oui. On me l'avait dit aussi. Outre le fait d'être fort au maniement des armes et fin stratège, formation chez les UIF oblige, Bast était un enfoiré.



PSYCHOBABBLE
Aucun sens, vraiment.


Oui, un enfoiré de premier ordre. A mon entrée ici, en temps que bleu, les anciens m’avait un peu rôdé sur le système de fonctionnement de la garde ainsi que le fonctionnement de Bast. Chaque témoignage était différent, tous ce rejoignaient sur un point : toujours un sourire vaguement cynique, à moitié amusé, un tiers charmeur qui ne quittait jamais ses lèvres, qu’il soit énervé, de bonne humeur ou totalement à l’ouest. Jusqu’alors, on avait toujours vu Bast sourire, pour un oui, pour un non, ce qui en soit, forçait à la bonne humeur. Mais le reste détonnait avec cette première impression. L’un des plus anciens gardes, ici avant l’arrivée du nouveau commandant, gardait un souvenir irréel des choses qui se passèrent lors de la succession. Bast s’était présenté ici non pas pour entrer dans la garde mais bien pour la diriger, il l’avait d’ailleurs fait comprendre dès son premier jour. Défiant d’emblée l’ancien qui gérait la petite milice personnelle de l’entreprise, il proposa une évaluation pratique et théorique. Amusé, le vieux avait accepté. Pauvre fou. On leur proposa plusieurs cas de figures d’intrusion, voire d’attaques impossibles à parer sur tous les fronts sans découvrir de points essentiels dans la propriété. Bast s’en était toujours sorti avec les mouvements les plus utiles et les moins néfastes à ses troupes, réussissant à déjouer au mieux les plans prévu impossibles à contrer de manière toujours très inventive. Il gagna sur la théorie de part son imagination débordante mise au service d’un problème épineux. La pratique, pensait-on, serait en faveur de l’ancien. Plus fort, plus aguerri, plus entrainé. Bast n’en fit qu’une bouchée. Feintes, attaques, voltiges, parades, une véritable tempête, un spectacle mortel dans toute sa magnifique horreur. Il blessa l’ancien au bras et réussit la pratique, devenant la tête pensante de la mini garde rapprochée du directeur, tout bonnement ravi.

Il maniait ses hommes d’une main de fer, sachant toujours où les flatter pour obtenir leur aveugle obéissance. Tout le monde se savait manipulé un minimum, mais personne n’y pouvait rien. Pourquoi se rebeller alors que l’on vous caresse dans le sens du poil sans rien vous demander qui ne soit au-delà de vos moyens ? Je n’avais pas encore eu droit à ces démonstrations de persuasions douces mais impossible à contrer. Je me rendis compte que je venais d’en être victime. Son air rassurant, sa voix glaciale muée en un air chantonnant et chaud appelant à la confiance et à la familiarité. L’absence totale de peur alors qu’il était menacé et savait que j’étais formé à tuer en cas de refus d’obtempérer. La confiance en soi qu’il laissait transparaitre était trop présente pour qu’on l’ignore. Oh, tout le monde le savait ambitieux, ce n’était pas un secret. Personne ne savait pourquoi il était venu se perdre dans un contingent personnel alors qu’une carrière plus glorieuse aurait pu attendre le jeune homme au sein de l’UIF, d’où il était sorti quelques années plus tôt. Personne ne le saurait. Jamais encore on n’avait pu obtenir une quelconque information sur ses réelles intentions, ne serait-ce que ses pensées où ses goûts. Un secret ambulant impossible à surprendre ou à écouter munie d’un ego disproportionné qui écrasait, sous son joug de confiance total en sa force d’esprit et de corps, toute personne ne disposant pas d’un caractère assez fort pour l’atteindre, là haut, dans ce monde que l’on appelle âme. Une enflure impossible à atteindre et qui continuait de vous méprisez sans le vouloir vraiment. Car vous ne pouviez rien lui faire.

Tout ça, je le tenais des rapports de mes nouveaux collègues qui s’amusaient et s’étonnait constamment du comportement de cet étrange enfant sorti de nulle part. Car il n’était que ça au final, d’après leur dire. Rien qu’un enfant impatient et insaisissable dont l’inconstance n’avait d’égal que son extravagance et son lunatisme. Un Arlequin au sourire toujours changeant, mais néanmoins, toujours souriant.

A présent que j’avais devant moi un sourire cruel, menacé par une arme dont on avait levé le cran d’arrêt, je me suis rendu compte qu’il ne devait pas y avoir que de bons sourires chez lui. Celui-ci était mauvais. Foncièrement mauvais. Il me hurlait d’avoir peur, me montrait ce qui allait suivre. Car on pouvait tout voir sur ce sourire.

Tentative désespérée du lapin piégé par le loup, j’ouvris la bouche pour appeler. A l’aide, à l’intrus, quand sais-je aujourd’hui. Je souhaitais juste crier pour qu’on m’entende. Mais une lame, sa lame, vint se planter entre mes lèvres grandes ouvertes sur un cri muet.

« N’essaie pas de recommencer.»

Prévisible. Ma réaction était prévisible, il n’avait fait que se préparer. C’est comme ça qu’il avait gagné contre son prédécesseur, en lisant à l’avance tous ses mouvements faciles et emplis d’une volonté vacillante à mesure que la confiance du plus jeune augmentait. Ce type avait une facilité déconcertante à savoir lire les choses les plus évidentes qui pourtant nous paraissent si compliquées. Un bref ricanement teinté d’amertume brisa le silence qui s’était installé et Bast soupira.

« Même si ça n’a plus vraiment d’importance maintenant. Au revoir le bleu, dommage que ta carrière s’arrête ici, tu étais prometteur, je t’assure. »

Sa voix ne trahissait aucune raillerie, il semblait à la fois sincère mais totalement indifférent, comme non concerné. La lame qui menaçait toujours ma bouche descendit quelque peu et disparut un instant, le temps de me trancher la tête.

C’est ainsi que mourut la première victime assassinée froidement et en pleine connaissance de cause par Bast, le Briquet Boy, le soldat au briquet, comme il fut surnommé par les autorité après cet incident.


Essuyant sa lame dans l’herbe, l’homme se mit à fredonner doucement.
«Il y a longtemps que je t’aime, jamais je ne t’oublierai...»


AND THE OTHER THINGS...
Et sinon, bien ou bien ?




Premières impressions concernant le forum: Oh.My.Fucking.God.♥️.
Éventuelles idées pour l'améliorer: En ce qui me concerne, vraiment pas besoin de plus 8D
Comment nous avez-vous découvert: Via un membre.
Depuis combien de temps faites-vous du Rp': Bientôt 4ans, plus ou moins remplis ~
Évaluation de votre activité sur le forum: Je pense pouvoir passer tous les jours. En ce qui concerne le Rp, je saurais ne pas enfreindre le minimum demandé.
Code: -Validé par Wawa- Youpla Bidou Boum \o/


Dernière édition par Soldier Lighter le Mar 11 Mai - 14:15, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le briquet surgelé » Bast }Complete Lun 10 Mai - 23:57



WHEN I WAS A CHILD...
Bah, j'étais pas un Jedi.


Une fois sa lame nettoyée, il se redressa et fit un geste de la main. Une petite dizaine de silhouettes sortirent alors de leurs caches et se regroupèrent autour de Bast.
_ Cachez le corps.
Ordre bref saupoudré d’un léger agacement qui n’appelait à aucune approbation. Deux silhouettes se détachèrent du groupe pour transporter le cadavre derrière d’épais buissons tandis qu’un troisième homme en noir utilisait son pouvoir, effacer les tâches de toute sorte, pour faire disparaître les restes de sang sur le sol. Comme quoi, tout pouvoir peut avoir son utilité. Une fois leur besogne accomplie, les trois ombres revinrent à leur place. Le groupe était composé de deux jumelles acrobates, un homme de la garde, une jeune sorcière et deux mercenaires de sexe opposé que Bast avait réunis pour leur besoin d’argent et leurs antécédents laissant supposer un professionnalisme à toute épreuve. Le leader prit la parole.
_ Vous savez tous pourquoi nous sommes ici et je n’aurais qu’une chose à vous demander, de la discrétion. Je peux facilement berner mes subordonnés mais je ne peux pas m’occuper de toute la forteresse. J’aimerais éviter que l’un de vous soit pris. Aussi donc, discrétion. Nous avons toute la nuit devant nous après tout.
Il eut un sourire amusé et ils se dispersèrent en petits groupes de deux ou trois, Bast et la sorcière prenant le chemin menant aux appartements du directeur. La moitié des effectifs du corps de la garde était regroupé dans ou non loin de cette zone, le reste étant étalé dans les deux dortoirs ou dans les différentes patrouilles. Les liquider tous sans faire de vagues ne serait pas un problème, chacun ayant des pouvoirs aidant à faire taire leur victime ou supprimer toutes traces de leur passage.
Lorsqu’enfin la sorcière et le brun eurent fini leur sale besogne, il ne restait plus que le pauvre directeur, paisiblement endormi dans sa chambre. Bast y pénétra en allumant toute les lumières et s’assit à l’envers sur une chaise, las de tous ces morts, attendant que le bonhomme ventripotent qu’il était censé protégé émerge de sous ses draps. Sortant un paquet de clopes, il craqua une allumette et alluma sa dose de nicotine, expirant avec une satisfaction plaisante.
Entre temps, le gros bonhomme c’était réveillé, et observait son chef des gardes avec des yeux comme des soucoupes.
_ Bast, que faites-vous ici ?
_ Hm ? Oh, je trouve juste votre chambre très agréable pour fumer.
_ Ah bon…
Un instant il se recoucha, celui d’après, il avait sauté hors du lit en pointait un doigt tremblant de rage et de peur sur son officier.
_ Pourquoi êtes vous couvert de sang ?!
_ Merde, j’avais oublié ça, grommela le brun en se levant de sa chaise pour aller observer les gouttelettes pourpres sur ses vêtements, ses mains et son visage dans un miroir.
_ Ça ? Comment ça ‘’ça’’ ? Bast, que se passe-t-il ici au nom du ciel !
L’interpelé se tourna vers le quémandeur de réponse, sourire aux lèvres.
_ Je m’ennuyais ici. On m’a proposé un deal intéressant, je remplis ma part du contrat.
Disant ses mots, il sortit un briquet de sa poche sous les yeux ahuri de son ex-employeur. Tout le monde ici connaissait le pouvoir de Bast, cet intoxiqué à la nicotine, mais il ne l’utilisait que rarement. Et ce n’était jamais très bon signe.
_ Et que comptez-vous faire ? demanda le ventripotent.
_ Vous tuez voyons, n’est-ce pas évident ?
Le brun semblait sincèrement surpris que l’autre ne l’ait toujours pas compris. Un rire nerveux fit trembloter le ventripotent.
_ Ah ! Comme si vous pouviez ! Gardes ! GARDES !
Il hurla ainsi à s’en décrocher les poumons mais finit vite pas s’essouffler. Ne voyant et n’entendant que le silence pour lui répondre, pris d’un doute, il sortit dans le couloir à pas pesant. Rouge, sang, mort, tripes, os, blessures, un mix dégoûtant avait décoré la demeure sous ses fantaisies et provoqua un haut le cœur chez le gros homme. Bast sortit la tête dans le couloir à son tour, regarda à droite, à gauche puis avisa sa proie qui était appuyée contre le mur d’en face, le teint blême.
_ Il vous en faut décidemment bien peu, soupira-t-il contrarié.
_ ‘Sieur Bast, vous voulez que je m’occupe de lui aussi ? proposa la charmante sorcière en s’approchant d’un pas dansant.
Un instant, Bast faillit se laisser tenter. Déléguer le boulot, refuser de perdre la face contre l’aspect purement logique de sa condition humaine et morale. Mais il faillit juste. Pas encore assez droit pour écouter sa moral, encore trop pour accomplir le boulot qu’on lui a confié, chien de garde fidèle tant que l’on tient fermement sa laisse.
_ Merci Lily, mais je préfère que tu ailles retrouver les autres, dis leur d’évacuer, je vous rejoins dans quelques minutes.
_ Pfeuh, ‘Sieur Bast, z’êtes qu’un rabat joie, grommela-t-elle en tirant la langue au brun avant de s’éloigner de son étrange pas dansant.
L’ex-garde se tourna vers son ex-patron, qui tentait encore de fuir lentement à travers le sol encombré des restes de son ancienne garde. Calmement, Bast se mit à marcher vers lui, ouvrant et fermant son briquet au rythme d’une mélodie que lui seul comprenait, la fredonnant tout bas. Et il finit par achever la mélodie, allumant son briquet, libérant ses chiens enflammés sur l’être déjà mort de terreur qui termina sa vie en maudissant le Soldat au briquet.

Nul n’aurait pu se douter de la mutinerie qui s’était infiltrée petit à petit jusqu’au cœur de la propriété, ne laissant aucun survivant derrière elle, aucune trace. Lorsque le soleil colora le ciel d’un rouge orangé, les comparses étaient déjà loin du lieu du crime, les poches emplies de leur part d’argent sale mais néanmoins assez pure pour leur accorder de démarrer une nouvelle vie.
Pourquoi Bast avait-il dû tuer cet homme ? Peut-être qu’il devenait trop important aux yeux d’un concurrent sur le marché. Peut-être qu’il avait trempé dans des affaires qui l’avaient dépassé. Peut-être que rien, peut-être que Bast était juste tombé sur un malade en quête de sensationnel qui trouvait que massacrer toute une entreprise, ça déménageait pas mal.
Une chose de sûr, Bast n’en n’avait pas grand-chose à foutre. L’argent était là, lui permettant de quitter son job ennuyeux. L’argent était là, le privant à jamais de tout espoir d’une quelconque carrière. Il était grillé maintenant, fiché, mis à prix. Mais après tout, faire carrière chez les criminels pouvait se révéler assez productifs depuis l’avènement de Big B. à la tête des truands parcourant ce monde. Être constamment sur le fil, pile ou face, chute ou envol, c’est grisant non ?

Les autorités mirent trois jours avant de découvrir le carnage, trois autres avant d’identifier le briquet posé sur le front d’un corps aux étranges blessures brûlées. Bast était déjà loin.


----------------------------------------


_ BABAAAAAAAA !!
La femme se réveilla en sursaut, cheveux en pétard, vêtements de nuit totalement débraillés.
_ Hein.. que ? Hein ? Keuwa ?
Elle secoua un peu la tête pour se réveiller, ébouriffant ses cheveux ce qui lui permit alors de voir ce qu’elle avait sous ses yeux fatigués –son oreiller – lorsqu’un boulet de canon humain d’un mètre dix fonça sur elle en criant.
_ BABABABABABABABAAAAA !!
_ NOM DE DIEU BAST LA FERME !
Et le silence fut.
_ Chéri, commença-t-elle d’une voix empâtée, il ne faut pas hurler comme ça dans tous les sens, c’est mauvais pour mes maux de tête.
_ Mais Baba ! Y a des chiens ! s’écria le garçonnet les yeux écarquillés, tirant sur la manche de la femme aux longs cheveux bordeaux.
Baltimor haussa un sourcil et fit une moue pensive. Des chiens ? Que viendraient fiche des chiens ici ?
_ Baba, viens vite, ils vont tout brûler !
L’air à la fois paniqué et fasciné du bambin de cinq pommes plus excité qu’une pile électrique acheva la réticence de la sorcière qui se leva tandis que Bast s’agrippait à sa main et la tirait vers le petit salon de la maisonnée. Endroit charmant au demeurant, Baltimor, aussi appelée Pourpre, y vivait depuis un ou deux siècles déjà, lorsqu’un beau matin d’hiver, elle s’était retrouvé avec ce braillard de gosse sur les bras. Venu de nulle part, déposé là par quelque femme désespérée qui espérait trouver en la sorcière une mère aimante et attentionnée, la bonne blague. Mais Baltimor avait récupéré l’enfant contre tout bon sens, amusé par les sourcils froncés et la moue butée qu’affichait l’enfant quand elle le découvrit. Qui sait, ça pouvait être marrant d’élever un enfant déjà si grognon ?
Ouais, bah la prochaine fois, elle foutrait le gosse abandonné dans une cage entre des alligators et des lions. Parce que le côté charmant devient vite insupportablement harassant lorsque la petite boule de chair toute mignonne qui vous balance des gouzigouzi finit par apprendre à parler et prendre exemple sur vous. Et Pourpre était loin d’être le modèle idéal. Sans fois ni loi, elle errait là où les jobs trainaient, clopant une minute sur deux, se soulant le soir en charmante compagnie. Bref, elle vivait sa vie de jeune femme pleinement et avec entrain jusqu’à ce que Bast –ainsi nommé à cause de la première tentative que fit l’enfant pour prononcer Baltimor, tentative qui foira en un « BAAAST » et une assiette de soupe renversée –entre dans sa vie.
En gros, le mioche était devenu intraitable, avait un putain de caractère à la noix et se comportait de manière tout à fait irresponsable, même pour son âge. Du haut de ses cinq-ans-presque-six, il avait à lui seul achevé la réputation de coureuse de bar de Baltimor, réussit à la fixer sur un job rentable et l’épuisait totalement, semblant aspirer son énergie pour sauter dans tous les sens, s’émerveiller d’un rien et bouffer des papillons pour finalement offrir à sa mère un éblouissant sourire respirant la joie. C’est pour voir ce sourire que Baltimor avait finalement décidé de le garder, ce braillard de mioche.
Et aussi le fait qu’elle était devenue totalement gaga de ses cheveux noir charbon.

Trimballée par la boule d’énergie, Baltimor fut donc emmenée dans le salon et là, pour une fois, elle fut étonnée de voir que son fils n’avait rien inventé. Ce dernier, une fois pénétré dans la pièce, se cacha aussitôt entre les longues jambes de Pourpre, observant avec méfiance les trois chiots de feu qui dormaient les uns sur les autres sur le sofa.
_ Oho ? s’étonna-t-elle de sa voix claire et dépouillée de toute trace de sommeil désormais.
Curieuse, elle s’approcha et passa sa main au dessus des trois petits êtres. L’air ondoyait sous la chaleur mais elle ne sentit rien. Elle posa ses mains sur ses hanches et se baissa en avant, observant son fils.
_ Bast, qu’est-ce que t’as fait encore ?
_ Hé ? Mais rien du tout ! J’ai joué avec ton truc qui fait sortir du feu et c’est eux qui sont sortis à la place ! gémit-il en se mordant la lèvre, s’accrochant de plus belle à la jambe de Baltimor.
Le femme observa le salon et avisa le briquet en argent sur le tapis. Le clapet était ouvert et à moins qu’elle n’ait des allumettes, chose dont elle douta fort, le seul truc capable de faire sortir du feu, c’était ça. Le seul truc susceptible de faire sortir des chiens de feu n’était donc pas le robinet.
_ Mon chou, ferme le au moins, c’est dangereux ce truc.
L’enfant se décrocha avec méfiance et se saisit du briquet qu’il referma d’un coup sec.
Les trois chiens s’évaporèrent aussitôt.
_ Bien fiston. Rallume-le maintenant.
Le gamin s’exécuta et trois flammes sortir du briquet, se mouvant pour finalement former trois petits chiots de feu qui sautèrent sur Bast pour le lécher de leur drôle de langue. L’enfant en hurla de peur et courut se réfugier dans les jambes de sa mère en pleurant comme une madeleine.
Baltimor explosa de rire et finit par faire comprendre au garçonnet que ses chiens étaient les siens, qu’ils ne feraient de mal à personne et n’enflammerai rien à moins qu’il ne le souhaite et qu’il devrait composer avec toute sa vie, car tel était son pouvoir.
Le jeune Bast fut très heureux d’apprendre qu’il pouvait faire apparaitre des chiens de feu, mais beaucoup moins du fait qu’il devrait supporter les trois catastrophes ambulantes pour encore de nombreuses années.
La moins jeune Baltimor fut très heureuse d'avoir un braillard pleurnichard pour fils et famille, et espérait le supporté pour encore de nombreuses années.


----------------------------------------


_ Hey Bast, tu voudrais faire quoi plus tard ?
_ Hm ? J’en sais rien.
Chris expira la fumée qu’il retenait dans ses poumons et passa la clope à Bast. Ce dernier tira une bouffée et observa le rougeoiement des cendres.
_ Pourquoi ?
_ Comme ça.
_ Chris, je sais très bien que c’est jamais comme ça avec toi.
L’autre pouffa un instant et s’allongea en travers du jeune homme.
_ Tu m’connais trop bien, c’est même plus drôle.
_ On s’en branle, accouche. Pourquoi tu demandes ça ?
_ Parce que moi, j’aimerais bien tenir un bar ultra huppé.
Bast éclata de rire et glissa une main dans les cheveux blonds de son vis-à-vis.
_ Comme ça tu pourrais te mettre bien tous les soirs et chopper toute personne se sentant seule avec son verre, hein ?
_ Pfeuh, ta gueule, se renfrogna l’autre et lui balançant son t-shirt à la gueule.
_ Allez quoi, t’énerves pas, fit-il en ricanant, c’est déjà mieux que d’avoir aucune idée.
Chris observa Bast un instant, s’attardant sur la clope qu’il avait entre les lèvres.
_ Et Pourpre elle en pense quoi ?
Bast haussa les épaules, se renfermant d’un coup. Il sortit du lit, enfila un jean et s’étira. Chris, son meilleur pote et accessoirement partenaire de coucherie quand ils n’avaient personne sous le coude, s’étala en étoile de mer sur les draps et laissa son regard voguer vers la fenêtre et le ciel bleu qu’elle laissait voir.
_ Bast.
_ Quoi ? grommela l’intéressé en essayant de boutonner une chemise correctement.
_ Tu devrais lui dire que tu aimerais rejoindre l’UIF.
Silence menaçant.
_ Tu crois que personne n’est au courant ?
_ L’UIF ne m’intéresse pas.
_ A d’autres, Bast ! s’emporta le blondin.
_ Bon Dieu mais ouvre les yeux Chris ! Baltimor a vu sa famille réduite à néant par l’UIF !
_ N’étaient-ils pas des criminels ?
_ Ce ne change en rien le fait qu’elle soit ma mère ! Je ne vais quand même pas rentrer et lui dire « Hey Mum’ ! Tu connais pas la dernière, j’aimerais faire ami-ami avec le corps armé qui a assassiné ta famille ! » si ?
Chris soupira et s’enroula dans le drap. Bien sûr que non il ne voulait pas ça. Mais cette histoire remontait à tellement longtemps… Et puis, ils étaient recherchés morts ou vifs pour de nombreux crimes contre la société. Ce n’était que justice, même si c’était cruel. Pourpre avait grandi, mûrit. Elle avait pu élever un nourrisson laissé à l’abandon, c’était fait une nouvelle vie. Telle que Chris la connaissait, elle n’aurait pas trop de mal à accepter la décision de Bast. Raah Bast… Si seulement il pouvait s’inquiéter moins et vivre plus pour lui-même.
_ Soit.
_ Quoi ?
_ Soit. Reste ainsi prostré toute ta vie, laisse Baltimor s’inquiéter de te voir ne rien faire qui te plaise. Laisse les crimes continuer et d’autres familles subir ce sort. Soit lâche si c’est ça que tu veux. Maintenant dégage. Je ne veux rien avoir à faire avec un lâche.
_ Oy, Chris-
_ Dégage !
Choqué, Bast obtempéra. Il récupéra son paquet de clope, sa boîte d’allumette et son briquet et s’en alla, hésitant entre rentré où aller vagabonder vers la forêt pour sortir les chiens.
Suite à ça, Bast prit la décision de partir sans avertir personne et passer le concours d’entrée de l’UIF. Il montrerait à Chris’ qu’il n’était pas un lâche. Il montrerait à Baltimor que malgré ses choix, il resterait lui-même. Laissant un simple mot à l’intention des deux personnes qui lui étaient le plus cher, le jeune homme parti, briquet en poche, vers l’avenir qu’il allait créer de ses propres mains. Pour résumer les longues années de galère qu’il subit après avoir réussit le concours, nous dirons simplement que quelque chose s’est cassé en lui, un jour comme les autres, sans aucune raison particulière. Malgré la première place qu’il obtint dans sa promotion, il quitta les rangs de l’organisation armée et s’engagea comme garde auprès d’un magnat de la technologie. La suite, vous la connaissez…


Quelques années plus tard, dans un bar huppé d’une quelconque ville.

_ Maaaa, je m’ennuie…
Long soupir du barman affalé sur son comptoir. Il avait du fermer ce soir, car un courrier lui était parvenu, demandant un rendez-vous seul à seul avec "Épiphane", nom de couverture pour son job d'intermédiaire entre populace et gens moins bien élevés près à faire tout un tas de sale boulot pour de l'argent. Lorsqu’enfin la cloche de l’entrée retentit, Bast s’était endormi sur le comptoir. Le mystérieux expéditeur, tout emmitouflé dans son manteau d’hiver, tenta de le réveiller en l’appelant, lui donnant même quelques tapes sur les joues puis, voyant que rien n’y faisait, il prit une bouteille d’eau glacé qu’il déversa sur la tête du brun.
Ce qui au moins eu le mérite de le réveillé pour de bon.
_ Bonjour, c’est bien vous l’intermédiaire pour marchander avec les mercenaires ? fit l’inconnu d’une voix assez enfantine.
_ Appelez-moi Épiphane, répliqua l’intéressé en passant une main dans ses cheveux trempés. Alors, quel bon vent vous amène à la Taverne du Feu follet, cher client ?
_ J’ai besoin du Soldat au Briquet pour une requête personnelle concernant un sorcier un peu trop audacieux ces derniers temps, pourriez-vous lui faire passer le message, Barman ?
Bast eut un charmant sourire d’enfant sous ses yeux de glace.
_ Je suis sûr qu’il sera ravi d’entendre la suite, cher client…



Navré s'il reste des fautes, je revérifierai plus tard ~
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MessageSujet: Re: Le briquet surgelé » Bast }Complete Jeu 13 Mai - 9:13

Bonjour et bienvenue :D

Une fiche très sympathique, c'est bien écrit, ça fait plaisir. *smile* Je te valide donc et, pour reprendre l'expression de Roastie, te "rosifie" de suite 8D Nous fixerons ta prime lors du hiatus, je te remercie donc de patienter jusque là. N'oublie pas ton notebook dans la foulée.

Bonne journée \ô/


// Absent jusqu'au 11 Janvier //

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Walrus
team steak haché
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HUMEUR : Bweh.
CITATION : « L'objet possédé est heureux tant que son propriétaire l'a à l'oeil... »

BOITE A JETONS : 0000

FICHE : La Cabane à Huîtres.
NOTEBOOK : Le moule à muffins
VIE SOCIALE : La pêche à la crevette
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MessageSujet: Re: Le briquet surgelé » Bast }Complete Jeu 13 Mai - 11:05

*omg omg je suis rooose *-* * Merci, merci o/

Je m'attèle au note book bientôt :)
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MessageSujet: Re: Le briquet surgelé » Bast }Complete Jeu 13 Mai - 14:27

J'ai toujours pensé, à titre personnel, que la couleur rose était maléfique. ♥️ /PAN/


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MessageSujet: Re: Le briquet surgelé » Bast }Complete Jeu 13 Mai - 14:56

Tu penses donc que mon sweat moitié fushia est maléfique °A° ?
Mon pov' sweat tout funzy est maléfique...

*-*
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MessageSujet: Re: Le briquet surgelé » Bast }Complete

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