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Un pas, deux pas, trois pas [Little Red]

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MessageSujet: Un pas, deux pas, trois pas [Little Red] Mar 29 Juin - 21:24

Sur plus d'une centaine de mètres, des traces de pas se suivaient. Elles formaient un chemin sinueux, zigzaguant de droite à gauche. A en croire la largeur des empruntes, ce n'était ni un enfant, ni une fée. Une déduction digne des plus grands détectives, qui ne laissait aucun doute sur l'identité de la personne ayant foulé, entre seize heures et dix-sept heures, le sable noirâtre de la plage. Douce ironie. Le remous perpétuel des vagues limpides avait effacé, à quelques endroits, le passage emprunté par l'inconnu aux pieds chaussés. Cela le rendait encore plus tordu, difficile à suivre. Le vent, en traître, avait lui aussi pris soin d'effacer les repères d'une bourrasque. Le sable cendré, dans un nuage gris et compact, s'était déposé délicatement afin de recouvrir les formes ovales. Ainsi, adieu tracé lisse et rectiligne. Bonjour route tortueuse, impossible à retracer au millimètre près. Et pourtant ! Pourtant quelqu'un s'évertuait à tenter l'impensable, du haut de son mètre soixante-dix-huit et un demi-centimètre. Sa silhouette, chaussée de bottes noires à lacets, sautait d'une trace de pas à l'autre. Chacun de ses rebonds atterrissait avec précision dans les empruntes préexistantes, ne manquant pas au passage d'entasser une fois de plus les grains microscopiques. Ses chaussures étaient plus petites et ne mangeaient qu'une humble partie de la trace formée par l'inconnu de seize heures. Nouveau mouvement de jambe, formant un pont entre les deux empruntes qui se suivaient, non sans un énorme écart. D'un bond olympien, la fine silhouette décolla son pied botté pour le projeter sur la trace qui l'attendait. Les mêmes gestes furent répétés plus d'une centaine de fois, au même rythme que la marée qui faisait s'échouer les vagues à intervalles réguliers.
De cette longue paire de jambes s'élevait un corps mince, musclé. Vêtu d'un long manteau noir sous lequel était à peine dissimulé un t-shirt ample jaune poussin et d'un pantalon de toile blanche, ce corps s'avançait lentement, suivant le mouvement de sa paire de jambes. Les bras accrochés au buste étroit était recroquevillés contre ce dernier. Les mains étaient emmitouflées négligemment dans les poches basses du veston. Et c'est cette silhouette dégingandée d'adolescent qui sautillait allègrement, comme celle d'un vrai gamin. La tête relevée, Peter Pan avançait à son rythme. Ses cheveux, d'un orange éblouissant, frétillaient au gré du vent marin, retenus de justesse par un large bandeau noir. Les yeux du jeune homme, quant à eux, iris d'un vert émeraude sans défaut, fixaient le paysage droit devant. Et quel panoramique ! Du ciel jusqu'au sol, tout n'était que gris uniforme, fade. Or, il eût la surprise de constater une mer d'écume multicolore, tout ce qu'il y avait d'étrange. Habitué aux chaudes couleurs de Neverland et son petit air paradisiaque, il était déstabilisé par le côté à la fois déprimant et étonnant de cette plage cendrée. Sans dévier sa trajectoire, il bifurqua son regard sur les emballages roses, verts à pois, rouge rayés de blanc, qui faisaient office de frontière entre mer et terre. Un sourire amusé se dessina sur ses lèvres. Il en aurait bien chipé quelques uns, s'il n'avait pas été si "pressé". Peut-être au retour, quand il n'aurait plus rien à régler. Car déjà, à une dizaine de mètres, s'érigeait le rocher auquel ce chemin de pas menait. Tout en se mettant à fredonner une comptine pour enfants, il se mit à enjamber les empruntes, sautant désormais de deux à deux.

Arrivé à destination, le roi des enfants perçut un souffle rauque. Ah Bingo ! Etouffant un rire amusé, il escalada discrètement l'immense rocher qui se dressait sur sa route. La montée ne fut pas longue ; il agrippait chaque prise avec dextérité, prouvant de son habilité à grimper dans les arbres toute la journée. Lentement, il s'allongea sur la pierre. Il ne faisait aucun bruit, calmant sa respiration afin qu'elle devienne imperceptible. Ses gestes mesurés le conduisirent en haut de son perchoir, à six mètres au dessus du sol. D'en bas, il distinguait une forme ronde, très ronde, et plus grande que lui. Une sorte de masse, boule géante avec des membres habillée dans ce qui devait être un costume grisonnant. Sur le crâne de la "personne", il n'y avait pas un cheveu, si tête il y avait. Du haut de son rocher, le voleur avait du mal à savoir avec exactitude ce qui se trouvait en contrebas. Il ne faisait là que des suppositions
.

- Salut ! S'écria-t-il soudain, suivi aussitôt d'un cri de surprise.
- AH ! C'est bien vous Peter Pan ? Questionna la "chose" en levant des yeux rétrécis vers son interlocuteur.
- Il semblerait. Enfin... c'est ce qu'on dit aux dernières nouvelles.

Tout en s'esclaffant sans gêne, Peter se laissa glisser du haut du rocher pour retomber tel un félin dans le sable et s'enfoncer d'au moins cinq centimètres. L’homme, enfin plutôt l’ogre, en face le dévisagea longuement, peu convaincu. Cet inspection pour le moins désobligeante fut ponctuée d’un soupir d’agacement par le destinataire qui déjà s’approchait. Ses mains s’engouffrèrent de nouveau dans les poches rembourrées pour que finalement, il en sorte une simple enveloppe, pliée en quatre. D’un geste brusque, l’ogre s’en saisit, l’ouvrit et sortit son contenu –un beau paquet d’argent-, ce qui lui prit environ cinq minutes, grâce à son illustre cerveau aussi gros et dense que deux balles de tennis. Un « gromf » vint confier au maître farceur que son cadeau était bien accepté. Un haussement d’épaules en fut la seule réponse.

- Quand aurais-je le retour ? Demanda l’adolescent en fronçant les sourcils.
- ça dépend. A Candyland c’est difficile de faire des transactions sans que ça passe inaperçu. Mais je demanderai à mon boss. Vous voulez quoi déjà ?
- Juste des planches et des provisions, répondit Peter, agacé. Rentrez-vous ça dans le crâne mince !
- Eh... plus poli sale gosse !

Le mot interdit. Le mot tabou. Le seul mot qu'il ne fallait pas prononcer devant Peter Pan lorsqu'on était un adulte, même de race gnomienne avec vingt centimètres de plus en longueur -et cinquante en largeur au moins-. Le petit rictus qui déformait la bouche de l'adolescent se fit plus intense, plus menaçant. L'ogre ne parût pas le constater et empochait déjà son argent sale. S'il y avait bien une chose qu'il ne fallait pas faire : ignorer la colère du roi des enfants. Être ignoré par un adulte. Quel affront ! Quelle stupidité. On ne lui avait pourtant pas assez dit qu'il fallait se méfier de son client ? Cette créature avait déjà eu le culot de briser sa bonne humeur, à lui qui sortait si rarement de Neverland pour mener ses trafics à bien. Mais voilà qu'il enfonçait le couteau dans la plaie encore saignante. Dans sa joie envolée à l'idée de converser avec pareil idiot et adulte qui plus est. Ah décidément, comme d'habitude, les vieux ne pouvaient pas s'empêcher de tout gâcher. Peter Pan s'énervait, tout seul dans son coin, sans que l'ogre ne s'en rende compte. Tant pis, tant pis, tant pis, se répétait-il à lui-même en serrant les poings. Des fourmis lui picotaient les doigts, attisant une envie folle qui montait en lui. Oui tant pis, il trouverait un autre fournisseur. C'était simple. Des imbéciles pareils, il y en avait encore. Des sous-fifres d'organisations délictueuses et sans grande renommée vis-à-vis de l'U.I.F. et ses traqueurs. Dans Malkin, il trouverait une entreprise qui accepterait de ressourcer Neverland et son mouvement anarchique. Après tout, lui et ses alliés ne dépendaient pas d'eux. Ils avaient juste besoin d'un peu de nourriture, pour combler les attentes des nouveaux enfants arrivés deux jours plus tôt, au nombre de quatre. Pour s'offrir leurs grâces, le roi des enfants s'était empressé de contacter l'une de ces entreprises frauduleuses, ce qui n'avait pas manqué de le répugner au passage. Et comble de l'horreur, voilà qu'on lui avait envoyé un ogre dont le Q.I. ne devait pas dépasser la moyenne de l'espèce. Alors une petite bévue... il pouvait se le permettre tout de même ! Décidé, l'adolescent se tourna vers l'ogre prêt à mettre les voiles. De sa poche gauche, il sortit discrètement un joli poignard en argent et à la lame empoisonnée. Il gardait toujours une telle arme à proximité. C'était nécessaire, lorsqu'une somme rondelette était associée à votre prénom. D'un geste vif, il transperça son ancien interlocuteur, devenu cadavre encore chaud. Et s'il était encore vivant, le poison à diffusion rapide se chargerait d'arranger le travail. Ce dernier se fit dépouiller comme il se doit par le jeune homme, qui de nouveau affichait un sourire enjoué, amusé par le crime qu'il venait de commettre. Il venait quand même d'assassiner un ogre énorme ! Il en était fier ; de toute sa liste de meurtres, c'était le premier de cette race. Rapidement, il se redressa alors et rangea dague et enveloppe dans la poche intérieur de son manteau. Il inspecta les environs en murmurant :

- Bon bon bon... J'ai terminé maintenant non ? Alors j'ai le droit de prendre ce ptit bonbon !

Aussitôt dit, aussitôt fait. Peter Pan s'avança vers la rangée de friandises trempées à ses pieds. Il en prit un, puis deux, puis trois. Tous eûrent un goût qu'il qualifia gentiment de "dégueulasse". Sa récompense pour avoir mené à bien son entrevue -selon lui- était elle aussi envolée. Il n'avait plus qu'à retourner à Neverland les mains vides, en espérant que sa joie habituelle revienne durant le trajet. Et pour appuyer là-dessus, des bruits de pas vinrent le déranger. L'adolescent se retourna alors, pour n'apercevoir qu'une gamine blonde avec un chaperon rouge. Il la trouvait drôle, ainsi vêtue. Etait-elle une orpheline ? Une enfant perdue ? A première vue, elle avait déjà passé les treize ans. Mais peut-être pouvait-elle encore rejoindre Neverland, si l'humeur de Peter Pan acceptait une nouvelle recrue dans son monde. Toutefois, le simple fait de rencontrer une gamine au beau milieu de la plage, à cet endroit précis, le fit tiquer. Non loin d'être stupide, Peter comprit que quelque chose clochait dans la présence de la petite fille en rouge. Or, il décida de jouer le masque de la gentillesse dans l'espoir d'amadouer la nouvelle venue, tandis que son ombre à peine visible se mettait déjà à onduler faiblement autour de lui. Il était aux aguets mais ça, l'inconnue ne pouvait pas le savoir.

- Qu'est-ce que tu fais là toi ? Demanda-t-il calmement, oubliant complètement le corps gisant à deux mètres entre lui et la demoiselle.
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MessageSujet: Re: Un pas, deux pas, trois pas [Little Red] Mer 30 Juin - 11:32

Tout semblait si flou, Rion se voyait en train de se promener dans une forêt plutôt sombre et sinistre. Elle se voyait beaucoup plus jeune, vêtue d’un chaperon rouge cachant son joli visage angélique. Elle avait dans sa main gauche un panier remplie de friandise pour sa mère-grand. Etait-elle en vie ? Rion ne comprenait plus rien, était-ce son passé ? Un souvenir ? Un rêve ? Ou bien était-elle morte, tel un fantôme qui revivait indéfiniment des évènements cafardeux, refoulés ? Little Red Riding Hood avait l’impression d’entendre avec cette vision une douce et mélancolique mélodie. Comme si elle pouvait voir autre chose qu’elle-même, Rion dirigea son regard vers la maisonnette habitée par sa mère-grand. La personne qu’elle détestait, qu’elle haïssait venait de pénétrer dans cette demeure afin de détruire la vie de sa famille, d’assassiner sa mère-grand et de se faire violer par l’être le plus abominable. Le petit chaperon rouge désirait se réveiller, oublier ce cauchemar car oui, c’était finalement un inquiétant cauchemar.
Soudainement, tout s’évapora, ne devenant que cendres puis un grand vide. La délicieuse mélodie laissa place à un fond de vague léchant le sable. Petit à petit, Rion se réveilla, mais sans sursaut. Elle semblait en effet être allongée de fatigue près d’un arbre. La mission qu’elle effectuait n’était pas des plus simples. Les jumeaux Tweedle Dee et Tweedle Dum avaient soit disant la « flemme » de faire cette mission et la donnèrent à Rion sous peine de parler à la police d’un autre passé sadique et glacial du petit chaperon rouge. C’était plutôt rare mais il s’agissait d’exiger des informations d’une femme, nommée Arkennia. Cette dernière selon les jumeaux, était en contact direct avec le Big Bad Wolf. Cependant, cette garce semblait en effet avoir le don de s’évader.
Une fois debout, Little Red Riding Hood se précipita vers le bord de la plage pour se rincer le visage malgré l’eau de sel. Au moins, elle semblait fraîche et c’était déjà un point positif. Elle avait les pieds nus et gambada le long de la plage. Brutalement, et sans qu’elle ne s’en doutait, il y avait non loin d’elle cette femme, sa cible. Malgré les déguisements cette dernière savait pertinemment quand il s’agissait de Rion. C’est alors, tentant le tout pour le tout et usant de son don, le Petit Chaperon rouge s’approcha lentement (Quelle horrible stupidité car du rouge… c’est « légèrement » voyant). Elle sorti de sa bottine ocre une dague qui venait d’être aiguisée et qui avait été probablement, voir certainement dérobée à une des victimes de Rion. Le petit chaperon rouge repensait aux massacres qu’elle avait récemment provoqués. En effet, elle avait juré de ne plus tuer mais avec les jumeaux, une promesse ne peut jamais être tenue même lorsqu’il s’agit de ne plus manger de chocolat. Ils savent comment manipuler les gens et les faire agir en leur faveur. Rion était manipulée par les jumeaux mais en fin de compte, elle y trouvait un certains avantage à collaborer avec eux.
Le petit chaperon rouge s’approchait encore et encore, très furtivement, arrivant près de sa cible. A une dizaine de mètre derrière Arkennia, Rion usa de son don et se téléporta dans un nuage noir et épais vers sa cible pour l’immobiliser de deux coups de dague dans les cuisses pour éviter qu’elle ne s’enfuie. Un cri s strident perça la mélodie des vagues s’écrasant sur la plage. Rapidement, le petit chaperon rouge se plaça face à cette femme et lui posa aussitôt des questions :

« -Tu es bien une partisane de Big Bad Wolf ?
-Qui êtes… vous ? Répondit-elle dans la douleur.
-Répond à ma question, répliqua Rion en pointant le couteau vers la gorge dénudée de la femme !
-Oui… Oui je le connais, je travaille pour lui…
-Où est-il ? … »
Rion n’avait pas pu obtenir de réponses. La jeune femme, qui était rousse, avec des yeux d’émeraudes venait de succomber à un coup de couteau dans la poitrine. Levant les yeux, le petit chaperon rouge n’avait pas aperçu qu’elle n’était plus seule, ce qui avait été une grossière erreur pour cette dernière. Il s’agissait d’un homme imposant, plutôt grand et extrêmement musclé. Il avait un couteau de cuisine en sang dans sa main droite ainsi qu’un objet métallique qui pouvait sembler dangereux. Ce qui était étrange, et que le petit chaperon rouge ne comprenait pas, c’était la façon dont il s’était approché sans que cette dernière ne l’ai vu… réellement étrange…
Aussitôt, le petit chaperon rouge usa de nouveau de son don pour échapper à un coup mortel de son ennemi. Dès qu’elle pu, elle se jeta sur lui en grimpant sur son dos. Dégainant sa dague, elle le frappa plusieurs fois au niveau du cou. L’homme tomba inerte sur le sable froid en entraînant Little Red Riding Hood avec.
Quelques heures plus tard, Rion était toujours autant énervée de ne pas avoir pu obtenir de réponse. Qui était cet homme et pourquoi avoir tué cette Arkennia ? Elle supposait qu’ils faisaient parti de la même « secte » et qu’il la suivait pour qu’elle ne puisse divulguer d’informations. Horripilée, le petit chaperon rouge risquera de se faire méchamment gronder par les deux méchants jumeaux…
Finalement, au bout d’un certans temps, quelqu’un l’interpella, il s’agissait d’un adolescent plutôt grand, même vraiment grand, les cheveux rouges et qui à première vue, semblait être un jeune pas si innocent. D’un coup d’œil, elle vit un corps qui gisait près de lui. Elle avait effectivement raison, cet adolescent semblait ne pas être parfaitement normal. D’ailleurs, le petit chaperon rouge était persuadée de l’avoir déjà vu quelque part mais elle n’arrivait pas à se souvenir d’où et comment. D’un éclair, elle se souvenait de l’affiche : «wanted » . Persuadée qu’il était Peter Pan, le fameux adolescent anarchiste qui était recherché par la police, Rion garda sa dague cachée dans son chaperon rouge et s’inventa aussitôt une histoire plausible (ou presque) pour qu’elle puisse normalement sauver son anonymat. Changeant sa voix en la rendant beaucoup plus enfantine qu’il n’y parraît, Little Red Riding Hood s’approcha en titubant et répondit en balbutiant :

« -Bon…bonjour… Je me suis perdue… »
Tout ce qu’elle espérait, c’était qu’il ne l’avait pas vu tuer un homme qui venait d’assassiner une femme… A part ça, l’histoire qu’elle concoctait ainsi que le nouveau personnage qu’elle incarnait semblaient parfait.
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MessageSujet: Re: Un pas, deux pas, trois pas [Little Red] Jeu 1 Juil - 8:27

Mensonges et sourires factices. Un voile de traîtrise se posait sur les deux interlocuteurs, couvrant le moindre de leurs faits et gestes. Dès que Peter avait tourné la tête, le spectacle avait inévitablement commencé. Les acteurs s'étaient mis en place, prêts à jouer jusqu'à ce que le rideau ne tombe, emportant avec lui les masques d'hypocrisies qu'ils s'étaient empressés d'arborer. Toutefois, ce moment était loin d'être venu. C'est pourquoi, avec la scène dégagée et deux comédiens expérimentés aux longues tirades creuses, la pièce pouvait débuter. Le jeune adolescent entamait le dialogue, de sa phrase indifférente sur un ton tout aussi désinvolte. Habitué à l'improvisation, il se préparait déjà en tissant une réponse à la moindre question qui pourrait franchir les lèvres de la demoiselle. Son imagination fusait, élaborant les mensonges les plus subtils. Il avait l'expérience de plusieurs siècles avec lui, malgré son apparence juvénile à peine émergée de la fraîche puberté. Mais devant lui, il avait une personne dont il ne connaissait ni les intentions, ni l'âge exact, bien qu'il supposât qu'elle ne devait pas avoir plus de seize années derrière elle. Bien peu d'informations s'offraient à lui, ce qui faisait naître un réel handicap n'étant pas en sa faveur. D'un œil attentif, méfiant de prime abord, il inspecta la fille face à lui. Bien plus petit que lui, il pourrait la surplomber en cas de souci. Son corps frêle ne jouait pas non plus pour elle. La première idée que le roi des enfants se fit, ce fut celle d'une enfant lâchée au beau milieu de nulle part, dans un endroit où elle n'aurait jamais dû se trouver. Or, toujours l'expérience étant son obligée, il préféra ne pas se fier au tableau que la demoiselle s'évertuait à lui peindre. Dans un monde comme Candyland, où adultes pullulaient en véritables insectes, il n’était pas à l’abris d’un coup bas. Sa tête était placardée sur les panneaux de toutes les villes, ce qui ne faisait qu’accroître sa notoriété et ainsi le rapprocher de l’un de ses grands objectifs. A cette pensée, il laissa se dessiner un sourire sibyllin sur ses lèvres. Bien sûr, cela n’allait pas passer inaperçu vis-à-vis de son interlocutrice, mais qu’importe. Cette dernière, une fois l’interpellation ayant atteint ses oreilles dissimulées sous la capuche ensanglantée, tourna un visage étonné vers le roi des enfants. Il s’en amusa, se délectant de ce petit air interloqué qu’elle prenait.

Pauvre fillette que voici. Elle paraissait pure, un exemple parfait de chasteté. Peut-être l’influence perverse des adultes ne l’avait-elle pas encore atteinte. Car bien qu’il ne puisse libérer tous les enfants de la tyrannie parentale pour leur instaurer la sienne, Peter restait convaincu qu’au delà des frontières de Neverland, des gamins toujours innocents et inconscients de la dureté du monde extérieur. Et la petite drapée de rouge semblait faire parti de ceux-là. Une âme d’enfant dans un corps d’enfant. Perdue de surcroît. La candidate idéale pour agrandir la famille du maître farceur. Il n’y avait pas grand chose à craindre d’elle, du moins en apparence. Encore et toujours en apparence. Lentement, la gamine vint à tituber dans sa direction, désemparée. Elle balbutia quelque parole que l’adolescent ne pût comprendre. Seuls deux mots lui parvinrent : « Je… perdue ». A croire qu’il ne retenait que ce qui l’intéressait un tant soit peu. Malgré ce léger détail, les trois mots restants étaient bien futiles. Les couper ne changeait en rien le sens de cet aveu. Elle s’était donc égarée, ce qui expliquait sa présence étrange en ces lieux grisonnants et peu accueillants. Peter en fut satisfait. Et bien que d’anciens réflexes, qui ne l’avaient jamais trahis, persistaient dans sa posture à la fois menaçante et décontractée, il concéda toute son attention à la jeune fille. Son ombre, elle, ne cessait d’onduler faiblement autour de sa personne, aux aguets ; signe que de simples mots, prononcés à la va-vite, ne lui permettaient pas d’accorder pleinement sa confiance au premier inconnu croisé. Bien que ce mouvement soit imperceptible de par l’obscurité naissante, elle n’en restait donc pas moins présente. La pénombre était l’alliée de Peter : fourbe, discrète, et silencieuse. Mais pour le moment, elle ne lui servait que de cocon protecteur, bouclier de fortune au moindre geste suspect
.

- Ah je comprends mieux, répliqua le garçon en posant les mains sur ses hanches. Tu es quand même courageuse de venir ici seule alors que la nuit ne va pas tarder.

Petite leçon de morale comme il savait si bien le faire avec les enfants perdus. Paraître protecteur c’était sa spécialité. Enfin tout ne se résumait pas au mot tromperie chez lui. Bien qu’il soit incapable de l’admettre franchement, il se sentait obligé de venir en aide à ces gamins crasseux qui n’avait ni toit ni argent. De part le système élitiste, les vies misérables qu’ils menaient n’avaient aucune chance de s’améliorer. Il avait connu ça aussi. N’être qu’un déchet de la société, un vagabond sans avenir… était l’unique sort réservé aux gamins nés défavorisés ? Quelle belle injustice. Le monde des adultes était décidément bien ce qu’il était : injuste envers les enfants. C’est en ressassant ce flots continu de pensées tordues que Peter se redressait de toute sa hauteur. Au passage, d’une main évasive, lâche, il fit tomber les papiers colorés qu’il tenait fermement jusque là. Les emballages, vidés de leur contenu exécrable, s’échouèrent sur le sable cendré, avant d’être emporté par la marée venant lécher les bottes du roi des enfants. Toujours dans des gestes mesurés, comme pour ne pas effrayer la nouvelle venue, celui-ci se retourna complètement, ne lui présentant qu’un quart de son visage ainsi que son dos jusqu’à présent. La dague nimbée d’un filet de sang étant soigneusement dissimulée dans la poche intérieure de son manteau, il n’avait plus rien d’effrayant à première vue. Seul un regard attentif pouvait discerner la bosse sous le vêtement noir de jais. Or, c’était sans compter le corps, immense masse étalée sur le sol, qui gisait à quelques pas de lui. Et pour cela, il était difficile, voire impossible, d’élaborer un mensonge assez plausible pour convaincre la petite au chaperon de son innocence sans faille. Toutefois, Peter Pan ne se souciait pas de ce genre de choses. Il y avait un moyen beaucoup plus simple pour éviter la confrontation : ne pas aborder le sujet. Et si, malgré tout, la pauvre gamine qui d’ailleurs n’avait pas l’air du tout choquée par la présence de ce cadavre –point ébranlant sa pureté supposée-, abordait le sujet, le garçon trouverait une excuse, bizarre soit-elle. Soudain, il repensa à ce sujet. Toute enfant digne de ce nom aurait hurlé à la vue de cette boule pataugeant dans une mare de sang. Pourtant, la demoiselle n’était point partie dans un cri suraigu qui aurait alerté toute présence féerique cent mètres à la ronde. Et pour qu’elle fixe ainsi son regard dans celui de l’adolescent, ce dernier ne pouvait mettre ça sur le compte d’une cécité aigüe, mais plutôt sélective, calculée. Serein, dans un laps de temps d’environ trois minutes, il parvint donc à quelques hypothèses. La première étant évidemment que la jeune fille ici présente représentait un danger pour lui : quel qu’il soit, il n’en avait pas la moindre idée. La seconde supposait un traumatisme assez violent pour que son interlocutrice perde certaines notions du monde qui l’entourait (hypothèse aussitôt rayée de la liste). La dernière restait celle d’un lourd retard mental, une niaiserie profonde et irrécupérable. Et vu son regard éberlué, peut-être simulé, Peter choisit la sûreté au danger. Certes, il pouvait toujours garder le dessus lors d’un combat rapproché, mais autant ne pas attiser immédiatement la méfiance de la demoiselle.

- En tout cas c’est fâcheux. Tu as quel âge ?
- Gromf… au… cours…
- Ah toujours en vie toi ? Demanda l’adolescent en baissant les yeux sur le cadavre pas encore tout à fait cadavre apparemment.

Quel ogre déplaisant. Ne pouvait-il pas mourir en silence, comme tout le monde ? Son imposante enveloppe corporelle venait assurément de lui épargner une mort subite, s’accommodant ainsi de quelques souffrances supplémentaires. Car ici, sur cette plage, il était peu probable qu’une tierce personne puisse connaître l’existence du poison qui parcourait actuellement les veines de l’être gnomien. Alors au lieu de mourir d’un simple coup de poignard, il finirait empoisonné, hurlant à l’aide à qui voudrait l’entendre. Lorsqu’il serait de retour à Perdition, Peter se jura de s’entraîner afin d’abattre ces créatures d’une seule et unique attaque. Un tonneau vide devrait suffire… un gros tonneau. Comme si de rien était, ignorant les supplications de sa victime, le roi des enfants s’avança vers l’étrangère, sans se détacher du même sourire nébuleux depuis tout à l’heure. Il ne prit même pas la peine de contourner le corps sur lequel il sautilla tranquillement, les mains dans les poches. Agile comme un félin, il retomba juste devant la petite rouge et vint enlacer ses épaules, passant amicalement un bras autour d’elle. Dans ce simple geste, il y avait deux avertissements cachés ; le premier était qu’il était plus fort, alors autant ne pas tenter de bêtises. Le second restait, je peux être agréable si tu l’es aussi avec moi. Pas très compliqué. Il connaissait les coups fourrés, habitué aux perfidies des pirates. Alors ce n’était pas une gamine qui allait lui apprendre les mauvais coups possibles dans une vie illicite. Abaissant son visage auprès du sien, arborant le masque de la courtoisie, il continua son texte qu'il savait par coeur, à la lettre près.

- Alors ? Tu n'as pas répondu à ma question. Mais allons discuter autre part d'accord ? Ce coin de la plage est vraiment... vraiment ennuyant. ça ne t'embête pas au moins ?

Question qui n'attendait aucune réponse, et encore moins une objection. Sans laisser le temps à la demoiselle de prononcer le moindre "non" éventuel, il tourna les talons, l'entraînant avec lui. Peter était ainsi ; on ne le contestait pas, un point c'est tout. D'une démarche tranquille il s'éloigna alors du rocher, bifurquant à gauche, toujours miss Little Red Riding Hood -dont il ignorait la profession- sous le bras. Toutefois, ce qu'il ne prévut pas, ce fut de tomber, quelques mètres plus loin, sur deux cadavres méchamment amochés. Un homme et une femme, allongés l'un à côté de l'autre. Un joli travail de professionnel. En distinguant pareil spectacle, le maître farceur ne put s'empêcher d'émettre un sifflement d'émerveillement. S'il existait quelqu'un capable de pareilles ignominies sur des adultes, il espérait qu'il s'agisse d'un enfant. Mais autant ne pas trop compter là-dessus. Au même moment, sous son épaule, il sentit quelque chose changer chez la jeune fille. Raidissement subit. Accélération du pouls peut-être ? Qu'importe, le résultat était le même : cette fois, la vue de ces cadavres ne la laissait pas de marbre.

- Tu les connais, n'est-ce pas ? Tes parents ? Questionna-t-il tandis qu'un éclair d'exultation transperçait son regard.
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MessageSujet: Re: Un pas, deux pas, trois pas [Little Red] Jeu 1 Juil - 19:06

Il s’agissait effectivement d’une danse de mensonge, le petit chaperon ronge ainsi que le jeune adolescent présumé être Peter Pan, valsaient dans la fourberie. C’était le mirage de ce que chacun désirait et cachait. C’était un coffre et les deux détenaient la clé mais ne dévoilaient qu’une partie du trésor. C’était un stratagème afin de permettre de faire tomber le masque de l’hypocrisie de l’autre. Ils se tenaient fermement et ne se laissaient pas partir, le premier qui arrêterait la danse aurait perdu et serait démasqué. Rion l’accrochait péniblement et se sentait déstabilisée par le regard perçant du jeune adolescent.
Au fond d’elle, Little Red Riding Hood savait qu’elle aurait du être beaucoup plus prudente et montrer qu’elle avait peur du cadavre au lieu de s’avancer comme une téméraire alors que le personnage qu’elle incarnait était une petite fille perdue et innocente. De plus, son histoire semblait de moins en moins plausible alors qu’en fin de compte l’adolescent remarqua que la nuit allait bientôt dominer Candyland. En effet, l’endroit devenait de plus en plus sombre, la mer s’engouffrait dans un noir profond et intense, un peu comme du café pensait Rion. Il était de plus en plus difficile de percevoir la chevelure rouge intense du jeune adolescent. Néanmoins, il était toujours possible de distinguer les vagues qui léchaient le sable qui lui, devenait encore plus humide et frais.


« -J’ai…, tenta-t-elle d’annoncer à voix haute »

Le petit chaperon rouge fût surpris par la voix de l’ogre qui brisa l’atmosphère tendue entre le probable Peter Pan et elle. D’ailleurs, en y repensant, elle trouva le ton de l’adolescent plutôt protecteur lorsque ce dernier lui avait répliqué qu’elle était plutôt courageuse alors que la nuit avançait à grand galop. Etait-il le réel Peter Pan recherché assidument par la police et considéré comme un dangereux criminel ? Ou bien semblait-il de quelqu’un qui cherchait la justice et un but dans sa vie ? Après tout, Little Red Riding Hood faisait sa propre justice et son but était de se venger du Big Bad Wolf. Et quelle était la probabilité qu’il était Peter Pan ? Bon… il y avait certes un corps à côté d’elle mais qu’est-ce qui dit qu’il n’avait pas mangé trop de bonbons ? … Après une intense réflexion, c’était finalement Peter Pan.
Lorsque l’ogre cessa de parler, de grogner, de se plaindre ou d’agoniser, certainement mort, il y avait de nouveau cette atmosphère lugubre entre les deux interlocuteurs. Rion vit Peter Pan s’approcher dangereusement d’elle. Par chance, elle avait eu le réflexe de reculer mais ce n’était pas une quelconque attaque, au contraire, c’était pour l’enlacer. Surprise, et en même temps gênée, une vague de sentiment la percuta de plein fouet et faillit la faire tomber dans l’eau impétueuse des ronces des émotions. C’était à la fois agréable et désagréable. Elle se sentait honteuse et en danger tout comme appréciée et protégée. Paralysée, tétanisée, gênée, Rion ne savait plus quoi faire. Pour elle, cela semblait durer une éternité. C’était un étrange mélange de bonheur et de souvenirs d’un passé. Aucun homme depuis l’évènement tragique ne l’avait enlacé comme ça. Même son père était incapable de la toucher, de lui donner un baiser sur le front, de la dorloter…
Finalement, ce fût la fin de cette étreinte. Elle remarqua qu’il semblait avoir de la force dans les bras et qu’il pouvait bien avoir une certaine dangerosité pour Little Red Riding Hood. Lorsqu’il posa la question s’ils pouvaient aller plus loin pour discuter, elle ne put faire qu’un léger signe de la tête. Heureusement, la nuit était en faveur du chaperon rouge qui était toujours rouge de honte. Quelques secondes plus tard, elle lui répondit :


« J’ai… 15 ans… »

Mais quelle erreur ! Mais quelle stupide, ignoble erreur que d’avoir avoué son âge réel alors qu’elle faisait beaucoup plus jeune selon sa voix et son air enfantin. Etait-il encore possible d’incarner la gentille petite fille perdue et innocente ? D’un coup, elle semblait avoir eu l’envie de lui dire la vérité, qui elle était, son passé… Mais qu’elle est folle ! Avait-il un don d’influencer les gens ou quoi ? Rion se sentait bercée par l’idée de tout avouer mais il lui était formellement interdit de révéler son identité. D’ailleurs, elle se rendit compte qu’il partait en direction d’un autre endroit sans avoir vu le signe du chaperon rouge. Il était important, vital que Rion reprenne conscience et garde son sang froid car elle était probablement en danger et sa capacité de déduction, d’observation étaient atteints.
Soudainement, malgré une nuit sombre et brumeuse, Rion vit les deux cadavres qu’elle avait négligé d’enlever. Etait-elle fatiguée ? Maudite ou profondément sotte ? Probablement un peu de totu parfois. Little Red Riding Hood sentait son cœur battre à la chamade, un coup de chaleur lui monta au visage et elle ne sentait plus très bien. Essayant à nouveau de garder son sang-froid, son masque était sur le point de tomber et épuisée, elle se sentait s’échapper de la danse, n’étant plus au même rythme. Etait-ce la fin de ce personnage factice ? Peter Pan interrogea le chaperon rouge à propos des deux corps inertes.


« -Non ce ne sont pas mes parents… »

Plusieurs idées lui vinrent aussitôt. Fallait-il fuir au risque de se faire rattraper ou même d’user de son don de téléportation même s’il n’était pas encore au point ? Ou bien fallait-il tout avouer au risque d’avoir des ennuis ? Ou pire encore… Fallait-il tenter de tuer Peter Pan ?
Aussitôt, la voix du chaperon rouge se changea, c’était beaucoup plus mature, beaucoup plus digne d’une adolescente. Elle voulait se dévoiler légèrement tout en gardant une part de secret.


« -Je suis en réalité la cause de leur mort… je ne suis pas perdue… J’avais dit cela pour éviter de me causer des ennuis mais il semblerait que tu sois sensiblement plus intelligent que la moyenne des adolescents de ton âge. Je crois savoir qui tu es… Serais-tu le fameux Peter Pan recherché par la police ? Ne crains rien… Je n’ai pas prévu de te tuer, du moins pour le moment… Malgré mon air angélique, je ne suis pas un enfant innocent. J’ai des capacités d’assassin et il vaudrait mieux éviter de me chercher de trop. Pour l’instant je te fais confiance et j’espère que tu ne vas pas prendre le chemin du risque. »

Le petit chaperon rouge avait eu de l’audace d’avouer une partie de la vérité tout en le menaçant. L’atmosphère était des plus tendues et elle était impatiente de voir la réaction du jeune adolescent.
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MessageSujet: Re: Un pas, deux pas, trois pas [Little Red] Jeu 1 Juil - 22:40

Le temps qui s'écoula entre sa réplique et celle de la jeune fille parût vraiment long. A croire qu'elle hésitait, défaillante. Ses suppositions s'étaient donc avérées vraies ; un sentiment venait de se transformer en elle. Son rythme cardiaque s'était subitement accéléré, témoignant d'un malaise profond. La vue de ces cadavres là réfutait donc la troisième hypothèse de Peter, celle de l'enfant déconnectée du monde de par ses capacités de réflexion. Intéressant. De plus en plus intéressant. Patient, il ne se défit pas de son expression énigmatique, telle une statue de marbre. Tout deux se permettaient cet instant de flottement, où n'importe quoi pouvait arriver. Il s'agissait de la pause tragique, annonçant la scène finale. Qui allait sortir vainqueur de cet affrontement verbal, mené par le mensonge et la tromperie ? Déjà, l'un des deux masques commençait à s'effriter peu à peu, au fil des évènements. Trois corps, obligeant deux mensonges, et entraînant la chute d'un combattant. Le silence persistait, agaçant. Toute cette mascarade n'avait plus grand intérêt désormais. Tout deux le savaient pertinemment, mais aucun ne désirait l'admettre. Par fierté peut-être, ou par simple envie de faire durer encore un peu, l'espace d'une seconde éphémère, cette sensation poignante et angoissante. Malheureusement, toute bonne chose connaissait une fin, à un moment ou à un autre. Du moins, pas dans le monde de Peter, ce qui l'empêchait d'engendrer la fin tragique qui les attendait. Depuis l'arrivée subite de la petite rouge, il avait retrouvé un semblant de bonne humeur qu'il n'allait pas laisser s'échapper aussi facilement. Il désirait encore s'amuser un peu, même si cela ne devait mener nulle part. Or, il semblât que son interlocutrice ne soit pas du même avis. Sur le ton de la confession, en un simple murmure, elle fit s'échapper de sa bouche la réplique fatidique. Par sept mots, alignés dans un moment de battement, elle signa la fin du jeu. Le roi des enfants en fut déçu, grandement. La partie de théâtre était terminée, et le masque teinté de rouge se morcelait après seulement une vingtaine de minutes, tout au plus. Vif comme l'éclair, il retira le bras qui encerclait les épaules de la demoiselle et se recula de quelques pas, paumes en avant, las. Un soupir discret fut la seule réponse qu'elle obtint de par son premier aveu. S'il n'y avait plus de raisons, à quoi bon feindre l'intérêt pour cette conversation ? D'un côté, Peter se fichait pas mal de la vérité. Tout ceci n'était qu'un moyen de passer le temps après tout. Pourtant, il ne s'éclipsa pas en sachant son divertissement terminé. De son œil distrait, il avait constaté le changement soudain dans la posture de mademoiselle rouge. Elle semblait soudain plus adulte -terme qui lui réprima un rictus de dégoût-, plus sûre d'elle. La pauvre gamine déboussolée venait de s'envoler, emportée par le souffle marin.

Voilà un point qui venait de capter l'attention fugace de Peter Pan. Une curiosité enfantine, un peu idiote, le piquait aussi sûrement qu'une escouade d'abeilles enragées. La gamine face à lui, ou plutôt l'adolescente, lui semblait d'un seul coup aussi vieille que le monde. Elle prenait cette expression exacerbante de celle qui vous prend de haut, avec son mètre soixante et quelques. Elle le fixait avec de grands yeux bleus indifférents, sans une once de pétillement dans le regard. D'un seul coup, tout chez elle respirait... la plasticité. Aux airs de petite poupée, le visage coulé et façonné dans la cire, sans la moindre expression faciale digne d'un être humain. Alors certes une poupée, de cire ou de chiffon, avait toujours ce côté adorable et joli, qui faisait craquer les petites filles. Mais cela s'arrêtait là. Les sentiments n'allaient pas plus loin que celui représenté sur le visage peint avec application. Et pour cette poupée là, on ne pouvait discerner que des traits plats, sans sourire. Selon les critères du maître farceur : quel ennuyeux, ennuyeux visage. Pourtant, outre l'expression désabusée de la demoiselle, il trouvait ses propos drôles. Oui, drôle était le mot juste. C'était de loin la plus téméraire des filles qu'il avait eu l'occasion de côtoyer jusque là. Il n'alla pas à employer le terme grotesque, ne désirant pas s'octroyer les foudres de la jeune inconnue plus si inconnue que ça. Assassin alors ? Bah pourquoi pas. Même les filles pouvaient cacher des armes sous leurs jupons en ces jours tourmentés. Elles apprenaient aussi à se battre, à viser les points vitaux. C'est pourquoi une adolescente tueuse, ça ne l'étonnait guère. Dans sa vision du monde, ce genre d'excentricités avait tout à fait leur place. Rien n'était impossible à Neverland, alors pourquoi pas ici ? Il ne s'était donc pas trompé sur sa première supposition ; cette fille pouvait représenter un danger potentiel. Mais pour le moment, il ne la considérait pas comme telle. Difficile, avec ce corps frêle et si petit. Baissant les mains, Peter sentit son corps frémir. De violents soubresauts secouaient son torse tandis que son sourire s'étirait de plus en plus. Il eût beau se mordre les lèvres, rien n'y fit. Alors que le silence s'était de nouveau installé sur le bord de la plage, il se mit à rire sans retenue. Cela dura cinq bonnes minutes, durant lesquelles le roi des enfants était pris d'un fou rire incontrôlable. Des larmes perlèrent au coin de ses yeux tandis qu'il se tordait en deux, tentant vainement de réprimer cet accès d'hilarité. Lorsqu'enfin, sa crise passagère se fut effacée, il daigna reporter son attention sur la fille à ses côtés
.

- J'avais raison, tu es bien courageuse, répliqua-t-il, amusé. Tu es marrante, ta façon de parler aussi. A t'entendre on dirait que tu es plus vieille que moi d'au moins trois ou quatre siècles. Tu n'as pas l'impression d'inverser les rôles Miss red ? Je peux t'appeler comme ça non ?

Ce surnom lui allait bien, à cette demoiselle encapuchonnée de rouge. Et même si elle refusait une appellation aussi familière, Peter continuerait de s'adresser à elle ainsi, car personne ne lui donnait d'ordres. C'était lui le roi de son monde, alors même une personne y étant étrangère n'avait l'autorisation de le contester. Et même si ce visage crispé lui conseillait farouchement de se tenir tranquille, il ne savait pas ce que c'était. C’est pourquoi revenant auprès de Miss red, tout fraîchement surnommée de la sorte, l’adolescent se mit à tourner autour d’elle. Il ne la quittait pas des yeux, esquissant un doux sourire mystérieux. Il ressemblait à un chasseur tournant autour de sa proie, à la recherche de la moindre faille exploitable. Mais mademoiselle n’en avait pas à première vue. Dommage, cela aurait sûrement pimenté un peu la discussion. Arrêtant son jeu, Peter finit par remarquer qu’il n’avait pas tout à fait répondu à son interlocutrice. Quelques points restaient en suspens, dans le vague. Pourtant, il ne voyait pas l’utilité de confirmer son identité. Oui c’était lui, le jeune anarchiste recherché assidûment par l’UIF. Lui, dont sa tête était placardée partout. Lui, dont on disait qu’il fallait se méfier comme la peste. Car il était dangereux, violent, psychopathe. En effet, mais seulement pour les gens plus vieux que lui. Donc si elle restait tranquille et qu’elle ne signalait pas sa présence, c’était plutôt elle qui n’avait rien à craindre.

- Oui, peut-être que je suis Peter Pan en effet. C’est ce qu’on dit aux dernières nouvelles, répéta-t-il en usant des mêmes termes qu’avec l’ogre allongé plus loin. Pourquoi, tu as l’intention de me tuer un jour ?

Nouvel éclat de rire. Si une troupe de pirates, dégénérés soient-ils, ne pouvait pas venir à bout de Peter Pan, il doutait qu’une jeune fille y parvienne. Chaque jour sur Neverland, il mettait sa vie sur un plateau pour qui voudrait tenter de la lui ôter. Jusqu’à maintenant, seule une attaque de Hook s’était rapprochée de l’impossible. Et Peter en gardait une marque précise, blessant à chaque instant son orgueil démesuré. Alors une fille… une fille connaissant son identité… c’était absurde. Voilà ce qu’il pensait. Toutefois, alors qu’il laissait vagabonder son esprit sur les dernières paroles de la dite demoiselle, il sentit que chez lui aussi, une partie du masque se fragmentait. Il avait perdu l’atout de l’anonymat, si difficile à conserver. Un nom, un visage, suffisaient à le démasquer, et ce par n’importe qui. Il soupira. Alors au final, il avait aussi était privé d’une part de secret. Le rideau tombait, s’écrasant inévitablement sur les deux acteurs dont le jeu avait été piètre ce soir. Aucun n’avait joué son rôle bien longtemps. C’en était risible. Tournant les talons, Peter haussa les épaules. Il mettait son dos à découvert, sans la moindre gêne. Si la petite rouge désirait lui porter le coup de grâce, c’était l’instant rêvé, qui ne se présenterait pas de sitôt. Du moins en apparence. L’ombre, silencieuse, continuait de se tapir dans l’obscurité. Peut-être avait-elle déjà comblé la distance entre celle de la jeune fille et elle, qui sait. Elle attendait le moindre faux pas pour agir, et ainsi permettre à son propriétaire de s’éclipser.

- En tout cas, je ne suis pas d’accord avec toi, souligna le maître farceur sans se retourner. Le risque n’est-il pas amusant ? Pourquoi l’éviter quand on peut s’y confronter ? A penser comme ça, tu dois vraiment avoir une vie ennuyante. Je te plains Miss Red. Il faudrait que tu pimentes un peu ton quotidien. Tu devrais passer un jour à Neverland, si l’envie te prend.

Les mains derrière la tête, Peter se cambra en arrière, témoignant d’une extrême souplesse. Le visage à l’envers, il observa un instant son interlocutrice, sans un mot. Elle avait bien dit avoir quinze ans n’est-ce pas ? C’était donc une candidate pour Perdition. En changeant un tantinet son comportement un peu trop adulte, elle pouvait devenir une véritable Enfant Perdue. De plus, elle faisait plus jeune que son âge, peut-être son développement était-il plus lent que pour les autres. Tout ces critères réunis ne firent que confirmer la nouvelle idée du roi des enfants. Il était toujours à la recherche de sous-fifres, de gamins à qui il pouvait venir en aide. Et d'une assassin, pour exterminer la race des grands, il en avait sûrement besoin. Elle serait à la hauteur de cette tâche, il en était persuadé. Les deux corps sans vie à quelques mètres d'eux témoignaient de son habileté au combat. Pour en être bien sûr, Peter s'approcha donc des deux cadavres, les inspectant avec un calme olympien. Un homme, une femme. Elle s'était acharnée sur les deux, en vraie furie. Les genoux transpercés de la dame montraient une tactique fourbe mais efficace. La victime, incapable de bouger, s'était retrouvée à la merci de la petite rouge. Pas mal du tout. Lentement, l'adolescent s'accroupit auprès du premier corps habillé d'une robe élégante. Tout en évitant les estafilades de sang coagulé, il tâta la peau raide du cadavre. Tuée depuis plusieurs heures, à première vue. Morte du coup dans la poitrine. Les blessures sur les jambes l"avaient empechée de s'échapper. Oui, finalement la demie inconnue était une tueuse à ne pas sous-estimer. Et cela intriguait le spectateur de ces deux meurtres. Une main songeuse sur le menton, il se redressa de toute sa hauteur. La pénombre, qui déjà avait envahi les lieux, ne l'empêchait pas de retrouver la silhouette rougeâtre de mademoiselle rouge. Il se tourna donc vers elle, retrouvant un sourire impénétrable qui ne présageait rien de bon pour l'intéressée.

- Tu sais... Candyland est un endroit absolument dérisoire comparé à Neverland. Si tu le souhaites, je peux t'y emmener, et tu pourras même rester parmi nous.

La proposition, le dénouement, était enfin lancé. Maintenant, il ne restait plus qu'à Miss Red de clore le débat. Toutefois, Peter Pan espérait juste qu'elle fasse le bon choix, autant pour elle que pour lui.


Dernière édition par Peter Pan le Ven 2 Juil - 22:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un pas, deux pas, trois pas [Little Red] Ven 2 Juil - 11:59

Le masque une fois tombé, le Petit Chaperon Rouge se sentait dévoilée, nue sous le regarde de Peter Pan. Peut-être que le jeu aurait pu durer beaucoup plus longtemps si les cadavres n’avaient pas été sur leur chemin. Peut-être qu’elle aurait pu encore garder son rôle d’enfant perdue et profondément arriérée, naïve. A nouveau, ce fût les sentiments qui firent échouer la jolie Rion. Déçue, elle inclinait sa tête vers le sol, comme dominée, abattue. Peter Pan semblait avoir une expérience impressionnante dans le domaine du mensonge et de la fourberie. D’ailleurs, au sujet de l’expérience, Little Red Riding Hood eu un flash-back. Elle se voyait se promener dans une ville bondée de gens. Alors qu’elle était en proie à chercher sa cible, un panneau d’affichage attira son attention. Effectivement, c’était un papier froissé et poussiéreux d’une trentaine de centimètre sur lequel était inscrit une somme d’argent. Observant avec attention ce : « wanted », Rion apprit qu’il s’agissait d’une recherche d’un dénommé Peter Pan, anarchiste et maître dans l’art de la manipulation. Les trais de son visage accentuaient un air sadique et essentiellement tortionnaire. Il était inscrit qu’il était âgé de plusieurs siècles… Plusieurs siècles…
Mais quel tricheur ! Non seulement il n’avait pas le visage d’une personne de plusieurs siècles, mais en plus il avait l’expérience, voilà la raison de la difficulté de faire face à la sournoiserie de Peter Pan. Désormais en colère, le Petit Chaperon Rouge désirait se venger et lui montrer que finalement elle était tout aussi capable de faire obstacle à Peter Pan. Mais finalement, après une intense réflexion, ce n’était probablement que du suicide que d’avoir eu l’idée d’affronté un tel adolescent. Avait-il vécu aussi longtemps grâce aux crèmes antirides et à la chirurgie esthétique ? Ou bien était-ce l’ambition de Peter Pan qui provoquait en lui une espèce d’immortalité juvénile. L’hypothèse qui semblait la plus probable était la dernière.
Soudainement, le jeune adolescent se mit à rire, à éclater de rire, à se plier en deux. Rouge de honte mais aussi de colère, Rion avait compris que c’était en rapport direct avec le monologue du Chaperon Rouge. Cette situation très embarrassante semblait durer une éternité. En réalité, cela ne dura qu’environ cinq bonne minutes, cinq longues et affreuses minutes dans lesquelles Peter Pan pouffait de rire. Un seul et unique mot venait à l’esprit de la jolie Rion : « ASSEZ ! »… Mais aucune parole, aucun son ne provenait de la bouche de Little Red Riding Hood. Finalement, il finit par se calmer et exposer son point de vue sur son interlocutrice. Il avait raison dans un certains sens, Hoodie était dans un sens courageuse mais aussi à aller dans la gueule du loup… Finalement pour changer d’expression, à foncer tête baisser dans le tas. Il avait aussi prononcé qu’elle était soit disant : « marrante » et qu’elle se croyait pour en clair beaucoup plus mature ou autre que Peter Pan. Et pour finir, ce vieux de « je ne sais pas combien de siècles » osa trouver un surnom à son interlocutrice alors qu’elle pouvait être potentiellement dangereuse du haut de ses un mètre soixante-trois ! Mais quel toupet, quel culot ! La nouvelle « Miss Red », en pleine crise d’emportement, c’était limite si Rion allait se jeter sur Peter Pan pour lui griffer son visage de garçon au regard hautain, arrogant et si ravissant. Mais en fin de compte, avec un minimum de maturité et de bon sens, cette dernière ne le fit pas. Et là, sans prévenir, il se dévoila. Il avait enfin eu l’audace d’avouer qui il était. Lui aussi enleva son masque et arrêta sa danse. Il était bel et bien Peter Pan, l’anarchiste ! Est-ce qu’un jour les beaux garçons cesseront d’être des vilains ou des anarchistes ? Est-ce qu’un jour un vrai prince charmant, gentleman, sans opinions politiques d’extrêmes gauches ou droites et qui n’aurait pas une obsession à éliminer chaque adulte de la planète existera ? Probablement aux calendes de mars !


« -Non je n’ai plus l’intention de te tuer actuellement. Mais si jamais tu oses faire la moindre chose déplacée envers moi, là tu pourras dire au revoir à ta tête et tes bijoux de familles ! »

Rion y était allée un peu trop loin… Non seulement il s’agissait d’une provocation mais aussi d’un avertissement parfaitement pathétique et digne d’une enfant de dix ans.


« -Excuse moi… j’y suis allée un peu trop fort mais sache que je ne fais jamais totalement confiance aux gens… du moins, c’était ce que je faisais avant… et c’est ce qui a crée ma perte dans le passé. Je n’ai pas envie de chercher des problèmes là où il n’y en pas. »

Finalement, Peter Pan s’éloigna et Miss Red trouva cela très étrange que ce dernier osa montrer son dos sans aucune défense. C’était si facile de pouvoir le tuer dans un tel moment, dans une situation aussi évidente. Mais comme elle l’avait souligné plus haut, pourquoi chercher les ennuis quand il n’y en a pas ? Et puis, peut-être était-ce l’occasion de se faire une connaissance et un ami qui pourrait l’aider dans sa quête de vengeance du Big Bad Wolf. Et lorsqu’il promulgua que la vie de Hoodie devait probablement, voir certainement être ennuyante, cette dernière répliqua avec calme tout en esquissant un sourire :

« -Non ma vie n’est pas spécialement ennuyeuse. On peut dire que j’ai la chance, ou plutôt la malchance de m’attirer les ennuis. Même pas besoin d’un coup de téléphone, ils arrivent au moment le plus opportun comme l’inverse. J’aime le risque mais il faut savoir être raisonnable. Il ya des limites dans la vie et il faut savoir les connaître sauf si tu tiens à ta propre perte Peter Pan. Mais ne t’inquiète pas trop, je me réserve des journées à passer à Neverland pour y gouter avec délice et onctuosité le gâteau du risque avec une crème chantilly de danger. »

Elle préféra se taire et laissa Peter Pan la dévisager, comme s’il pensait à quelque chose en rapport avec elle. Avait-il des projets la concernant ? Restant de marbre, elle vit l’examiner les corps. Elle en déduit qu’il avait effectivement des projets pour elle et qu’il semblait compter sur l’habilité de Rion pour tuer des personnes adultes. Voulait-il réellement l’ajouter dans son clan ou était-ce plutôt un moyen de savoir la technique de meurtre de cette jeune adolescente mystérieuse au chaperon rouge ?

«-Ecoute, je ne sais pas vraiment si je peux te suivre car j’ai un emploi et j’ai une certaine ambition qui me permet de vivre en cet instant. Je ne sais pas si en te suivant je pourrais continuer dans le chemin de la vengeance. Je préfère donc décliner son invitation mais sache qu’il se pourrait que je puisse toujours revenir sur ma décision… Mais pour l’instant je préfère refuser. »

Lui tournant le dos, elle partit dans le sens opposé lentement, comme si elle se délectait du comportement qu’aurait Peter Pan. Allait-il déclarer la bataille et l’attaquer sauvagement ou accepter son offre et la laisser partir ? Ou même encore, se pourrait-il que Peter Pan décide de la suivre et de l’aider ? Ce furent énormément d’hypothèses qui traversèrent instantanément l’esprit de la jeune fille au chaperon rouge. Elle désirait une certaine réponse mais n’était-ce pas plus excitant que d’avoir la surprise ? Au dernier moment, elle détourna la tête pour l’observer… Oui, Little Red Riding Hood, alias Miss Red selon Peter Pan, adorait se faire désirer…
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MessageSujet: Re: Un pas, deux pas, trois pas [Little Red] Sam 3 Juil - 20:49

Des mots ? Des réponses à ses paroles ? Peut-être, peut-être pas. Depuis maintenant une dizaine de minutes, Peter Pan n'écoutait rien d'autre que le remous perpétuel des vagues. Trois fois son interlocutrice s'adressa à lui et trois fois, il l'ignora sans gêne. Seule l'élaboration de son plan l'intéressait sur l'heure. Il avait vraiment besoin d'y réfléchir sans être interrompu par des menaces enfantines. Elle avait beau être une assassin douée, l'adolescent n'avait pas peur d'elle. Ses grands yeux bleus de vierge ne lui inspiraient pas vraiment le respect qu'il aurait dû lui accorder. Après tout, les petites filles étaient loin d'être effrayantes comparées aux rustres pirates. Avec leurs jupettes blanches à froufrous, elles n'égalaient pas les haillons déchirés par les batailles de ces grossiers personnages de Neverland. Et même si elles dissimulaient des poignards dans leurs bottes montantes, cela ne suffisait pas à les rendre dangereuses. Avec ce genre de raisonnement, il était impossible que la pauvre demoiselle ne parvienne à faire trembler le brave roi des enfants. Pourtant, en examinant le travail méticuleux de Miss Red, il comprenait jusqu'à quel point elle était sérieuse dans sa besogne. D'une seule traite, elle pouvait se débarrasser d'inconnus plus grands qu'elle. Malheureusement, les visages tombés au combat ne permettaient pas au jeune homme de pallier la force de la tueuse. Ces deux là ne lui disaient absolument rien, de parfaits étrangers. Et bien que ces connaissances sur le monde se limitassent aux frontières de son royaume, il se tenait au courant des grosses primes lui faisant concurrence sur le marché du crime. Il eût beau se remémorer les affiches parcourues ces dernières semaines, aucune ne faisait allusion aux cibles de cette fille. Dommage. Il aurait aimé la tester encore avant de lui confier des missions. Et surtout, il aurait aimé s'assurer qu'elle était digne de découvrir la localisation de Perdition, emplacement jalousement gardé secret afin d'éviter les assauts d'adultes hystériques désireux de détruire le repère de leur ennemi et sa bande. Mais maintenant, il n'avait plus qu'à attendre sa réponse, positive évidemment. Un refus serait mal accueillit, encore plus de la part d'une personne à qui Peter proposait une telle opportunité. La simple possibilité qu'elle choisisse le non catégorique ne lui venait même pas à l'esprit. Selon lui, tous les enfants rêvaient de se joindre à son mouvement. C'était le moyen le plus efficace d'échapper aux règles, de vivre des aventures palpitantes et sans fin. Qui pourrait donc laisser s'échapper une telle chance ?

Eh bien Miss Red, apparemment. Sa décision semblait sans appel, irrévocable. Chaque syllabe poignarda Peter, qui ne s'y était pas préparé. Jamais on ne lui avait répondu de la sorte. Il n'en revenait pas. C'était inadmissible. Comment pouvait-on préférer une existence aussi minable ? Une vie de servitude perpétuelle vouée aux exigences des adultes ? C'était une chose qu'il ne comprenait, lui qui s'évertuait à réprimer ce système capitaliste tourné au profit d'être sans cœur, incapables de penser à autre chose que leur si précieuse monnaie. Ces quelques mots le révulsaient, comme la pire ignominie prononcée jusqu’à ce jour. Et elle poussait l’affront jusqu’à souligner qu’elle pourrait changer d’avis ? Cette fois, le maître farceur hésitait entre rire ou soupirer par mépris. Un sentiment de colère le submergeait, emplissant la moindre parcelle de son corps raidi. Reconsidérer sa réponse ? Cela signifierait pour le garçon de faire profil bas et d’attendre patiemment qu’elle daigne rejoindre sa cause. Pour qui se prenait-elle donc ? Il ne possédait pas une telle patience, et ces mots audacieux n’allaient rien y changer. Son regard, toujours empli d’un éclat de malice, se noircit soudain. Les sourcils froncés, il observait la jeune fille qui déjà tournait les talons, le laissant choir au beau milieu de la plage. Elle semblait se jouer de lui, attendant qu’il tombe dans son piège précaire. Déjà, après avoir avancé de seulement quelques pas, elle se retournait et lui rendit son regard. Dans celui qui le fixait, Peter décela une certaine provocation qui le piqua à vif. Ses lèvres autrefois souriantes se tordirent en un rictus agacé. Rapidement, il s’empressa de fourrer ses poings dans les poches de son manteau. Il ne baissa pas la tête, soutenant les yeux azurés de son interlocutrice. L’attention de cette dernière devait être totalement rivée sur son visage, sûrement pour y scruter le moindre changement malgré l’obscurité totale. Or, ce qu’elle ne devait pas savoir était que le danger, contrairement à ce qu’elle pouvait penser, ne viendrait pas d’en haut. En rage d’avoir été rejeté, le Roi des enfants sentit bouillir en lui une frustration grandissante. Et pour répondre à ce sentiment désagréable, celle qui se tenait constamment sur ses gardes s’élança aussitôt. Dissimulée par la pénombre de la nuit, la pernicieuse silhouette ténébreuse de Peter s’allongeait dangereusement. A une vitesse folle, elle combla la distance qui la séparait de celle à peine visible du chaperon rouge. Cela ne fit pas de bruit. Il était très peu probable, voire impossible, qu’elle en soit consciente. En à peine quelques secondes, l’ombre avait déjà cerné sa cible. Toutefois, elle s’était arrêtée à environ un mètre, prête à attaquer au moindre ordre de son maître et propriétaire. Ce dernier, trouvant que désormais la situation revenait à son avantage, finit par se calmer. De véritables sauts d’humeurs le secouaient depuis son arrivée à Candyland. Sûrement le mal du pays.


- Et puis quoi encore ? Rétorqua l'adolescent en poussant un soupir de mépris. Tu me fais décidément bien rire. Tu es peut-être une vraie girouette mais pas moi. Je crois que tu viens de rater ta seule et unique chance Miss Red. Si tu préfères te faire engloutir par les adultes de cet endroit, c'est désormais ton problème, et non le mien.

Lentement, Peter passa une main évasive dans ses cheveux flamboyants. Bien qu'il n'osât pas l'admettre, cette situation l'ennuyait. Une alliée de plus n'aurait pas été de refus. Et une tueuse, de surcroît. Rares étaient les enfants pouvant se montrer utiles à ce sujet. Cependant, avec cette fille, c'était son égo qui prenait un mauvais coup. Et ça, il ne pouvait l'accepter. C’est pourquoi il agissait ainsi ; afin de panser sa vanité. Il n’avait pas d’autre choix désormais. De plus, le temps pressait. Il devait retourner à Neverland au plus vite avant que le vil crochet ne découvre sa disparition. Si cela se produisait, ce serait la fin du mouvement, aucun enfant n’étant capable de se gérer lors d’une bataille contre les pirates. Bien qu’il en soit flatté, se sachant indispensable, il trouvait parfois que cette dépendance avait des allures de véritable plaie. Il ne pouvait jamais s’éloigner de Neverland, sous peine de représailles, les gamins hurlant à l’abandon une fois son retour. D’ordinaire, il envoyait donc Wendy à la place. Pourtant, aujourd’hui, malgré les supplications de ses protégés, il avait quitté l’île dans le secret absolu pour régler les soucis de ravitaillements. Et son expérience de ce soir l’avait grandement refroidit de retenter pareille expédition dans le monde extérieur. Si toute l’espèce magique grouillant dans les autres lieux retors de Malkin était comme la demoiselle ici présente, il ne voyait plus l’intérêt de s’aventurer dehors. Et encore moins de s’aventurer à Candyland, sur cette plage de cendres. Inclinant la tête pour scruter un instant le sol, Peter s’aperçu qu’un emballage rouge s’était déposé à ses pieds. Ignorant l’espace d’une seconde le chaperon en laissant à son ombre le soin de s’occuper d’elle, il s’accroupit pour recueillir la confiserie. Petite forme ronde, il la regarda gésir au creux de sa paume. Elle avait la même couleur que le vêtement dont était recouverte son interlocutrice. La ressemblance l’amusa. D’un mouvement du pouce, il déballa la sucrerie et la jeta dans sa bouche. Cette fois, il fut chanceux. Un goût de fraise se répandit dans sa bouche et il se mit donc à sucer le bonbon tranquillement. Entre deux coups de langue, il s’adressa de nouveau à la jeune fille :

- En fait, je constate que tu es comme les sucreries de cette plage. Tu appâtes les gens avec ton emballage, tu leur donne envie de t’attraper. Mais en réalité, tu as vraiment un goût dégueulasse si tu me permets l'expression.

Peter tendit le bras en avant. Sa main s'ouvrit légèrement. Guidé par la pesanteur qui régissait le monde, l'emballage ensanglanté glissa de ses doigts pour tomber lentement sur le sable noir. A peine eût-il frôlé le sol qu’une botte vint s'abattre sur lui. L’adolescent, dans un excès d’énervement, prit bien soin d’écraser ce papier coloré, lui procurait un plaisir monstre. Quand enfin il se stoppa, l’emballage avait été enterré sur dix centimètres de profondeur. Le geste était on ne peut plus explicite. Si la demoiselle ne souhaitait pas rejoindre son organisation anarchique, alors elle devenait une alliée des adultes. Autrement dit, l'ennemie déclarée du roi des enfants de Neverland. C’était regrettable certes, mais incontournable. Aussitôt, l’ombre se déploya discrètement dans l’obscurité. Elle se précipita sur le mètre restant, impitoyable. Son possesseur était bien décidé à en finir cette fois-ci ; plus rien ne semblait se dresser sur son chemin. Et pourtant, une fois de plus, il fit erreur. Loin devant, de longues formes élancées couraient dans leur direction en criant à qui voulait l’entendre. A cause de la distance qui les séparaient, et ce malgré la nuit silencieuse qui se profilait, le maître farceur n’arrivait pas distinguer leurs propos. Contrarié, arrêté en plein élan, il esquissa un soupir d’agacement. Son ombre sournoise se rétracta alors aussi vite que possible, reprenant une forme normale. Les nouveaux venus étaient rapides, à voir leur silhouette se préciser à chaque seconde. Il était donc temps de s’éloigner, et vite. Imitant le chaperon rouge, Peter se tourna dans le sens opposé ; les deux interlocuteurs se faisant respectivement… dos.

- Si un jour on se recroise Miss Red, j’espère que tu m’amuseras encore. Toutefois, pour ma part, je ne pourrais pas m’assurer que tu ne craindras rien. Alors, à la prochaine !

Sans attendre de réponse, le roi des enfants reprit son chemin. A ses oreilles, le nom « Rion » ne cessait de revenir, crié par les deux personnages qui approchaient. Etait-ce la véritable identité de Miss Red ? Peut-être. Il n’avait pas les moyens de s’en assurer, et ne le désirait pas outre mesure. Il se contenterait donc de ce surnom jusqu’à ce qu’elle se présente, un de ces jours. L’ombre d’un sourire se dévoila à ses lèvres, sans que personne ne puisse en bénéficier. Puis, reportant son attention sur le tapis de sable à ses pieds, l’adolescent constata que de nouvelles empruntes se dessinaient à perte de vue. Ni une ni deux, il se mit à sautiller comme à l’aller d’une trace à l’autre. Et tandis qu’il s’amusait de la sorte, il se mit à compter. Un pas, deux pas, trois pas…
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Un pas, deux pas, trois pas [Little Red]

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