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Le prix du sommeil. [Oz ♥]

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MessageSujet: Le prix du sommeil. [Oz ♥] Jeu 1 Juil - 22:51

« Mes chers Amis,

Oubliez la morsure froide du sol au petit matin; ce frisson désagréable qui remonte le long de votre dos et vous hérisse les poils.
Ne vous embêtez plus à placer vos mignons petits chaussons pile à l'endroit où vous êtes « sensé » poser vos délicats pieds, au réveil.
Commencez la journée de bonne humeur en foulant le moelleux de nos tapis de chambre.

Ils n'ont que des avantages !
Pas besoin de les soulever pour nettoyer le sol; la poussière, ils la recrachent.
Si quelqu'un a la mauvaise idée de vous faire une farce et l'enlève, le tapis revient de lui-même à sa place.
Qu'importe le côté par lequel vous, mes chers amis, vous glisserez hors de la chaleur de votre lit, il sera là, d'instinct.

L'utiliser c'est d'adopter ! »

Voilà ce que disait le petit mot d'Alexandre qui accompagnait le colis qu'Arthur tenait entre les mains. Quelle extravagance ! Le March Hare essayait-il d'endormir la méfiance du jeune homme, par ces quelques mots rassurants et alléchants ? Oubliait-il que le lapin n'était pas un de ses clients, mais plutôt une victime de cette débordante affection que son cousin avait pour lui ? Et puis, après tout, à lui, Alex ne vendait rien. Il offrait. Le messager se serait, d'ailleurs, bien passé de ses cadeaux. Sa maison en débordait et leur utilité était plus que douteuse.

Ce présent-ci aurait, aussi, très bien pu se retrouver dans un coin de la baraque, abandonné et oublié, mais pour la première fois de sa vie, Arthur s'était dit « Quelle bonne idée ! ». Après tout, un tapis ne pouvait être dangereux, encombrant ou loufoque et il pourrait rendre le réveil plus agréable, non ?! C'est ce que le jeune homme eu la prétention de croire. Naïveté adorable. Confiance déraisonnable. Le lapin ne tirait-il donc jamais leçon de ses erreurs ? N'avait-il pas déjà fait l'expérience de quelque innocent gadget qui s'étaient révélés de vraies plaies ? Oh si ! De maintes fois. Cependant, à chaque nouveau paquet, Whity avait le secret espoir que son cousin avait changé et avait choisi avec plus d'attention l'objet qu'il allait offrir au messager. Grave erreur ! Comme si le fantasque March Hare allait évoluer comme ça, d'un claquement de doigts, pour les beaux yeux du lapin. Arrogance vaine et il ne tardera pas à en faire les frais.

« Alors, de quelle côté ? Hm... Am stram gram piki pki couligram am satram gram. Droite ! Je vais me mettre à droit. Quoique... Hier, il est descendu du lit par la gauche. Alors, c'est peut être la gauche. Heu non ! Lunatique comme il est, il changera surement de côté. Pff ! Que c'est compliqué les gens ! »

ASSEZ ! Arthur en avait assez des bavardages de cette chose. Trois nuits qu'il ne dormait plus, qu'il subissait la toux, le chant et les délibérations de ce bout de chiffon. Trois nuits qu'il maudissait le lièvre à qui il devait cette fatigue et cet énervement. Whity avait beau le déplacer, le mettre au pied d'un autre lit, le tapis revenait inlassablement, sous prétexte d'avoir besoin d'une présence, se lamentant de plus belle. Et c'était ça, le plus beau. Déjà que le tapis ne servait à rien, mais en plus, Arthur avait l'impression d'avoir à côté de lui un autre lui, mais en dix fois pire. Il râlait pour un oui ou pour un non.

« Il y a trop de poussière dans cette chambre. J'étouffe, je vais mourir ! Que quelqu'un me sauve. Arg ! Arg ! Et ce parquet... Quelle horreur ! Ça ne m'étonne pas qu'il vive tout seul, le blondinet-là ! Aucune demoiselle digne de ce nom n'oserait fouler un tel sol, car mine de rien le parterre a son importance ! C'est la première chose qu'on voit tandis qu'on se déchausse. Et puis, sa sent le renfermé, ici. A non, ça ne sent rien, en fait, puisque je n'ai pas de nez. Je... Je n'ai pas de neeeeeeeeeez ! Ouiiiiiin ! Ô Rage ! Ô désespoir ! Pourquoi m'a-t-on fait ainsi ? »

Et cela n'en finissait plus. Dire que dans la journée ce truc ne pipait mot...
Le dernière phrase du petit mot d'Alexandre lui revint en mémoire. Quelle blague. A cet instant, la tête enfouit dans ses coussins, Arthur ne rêvait que d'une seule chose, s'en débarrasser et au plus vite. Dire adieu à ces râles. Bye bye les couinements. Fini les débats sur du n'importe quoi ! Oui. Il ne restait au White Rabbit que ça, trouver un endroit où fourguer ce machin. Une décharge... Une broyeuse... Un magasin... Mais oui ! Un magasin ! Il allait vendre le tapis de chambre à quelqu'un. D'une pierre deux coups. Un peu d'argent et la tranquillité de ses nuits assurée. Le jeune homme ne connaissait qu'une personne assez folle pour se laisser convaincre. Enfin, connaissait était un bien grand mot. Disons que le bruit courrait... Et puis, qu'importe ! Il fallait tenter.

C'est ainsi qu'Arthur se retrouva ici, devant la boutique du célèbre Wizard of Oz, à se tordre nerveusement les poignets, incapable de franchir les quelques mètres qui le séparaient de son hypothétique délivrance. Pauvre petite chose. Le lapin avait vite fait de perdre de son assurance. Les choses étaient bien plus simples dans les rêves qu'en vrai. Et puis, le jeune homme était messager et non vendeur. Arriverait-il à trouver les mots et séduire son interlocuteur ? Il le fallait. Ses traits tirés en témoignaient et son corps tremblant réclamait repos. De plus, il serait inhumain de bruler le tapis. Non. Arthur n'était pas un monstre.
Inspirant un grand bol d'air, Arthur fit un pas en avant... et deux pas en arrière. Quel courage ! Lui qui se prétendait secrètement aventurier, déguerpissait dès qu'il s'agissait de relations humaines. Allons mon brave, remonte donc tes chaussettes, tiens toi droit et avance ! Les ermites solitaires, murées dans leur silence ne sont plus de ce temps. Un peu de culot, que diable !

Arrangeant quelque peu ses cheveux en bataille et lissant sa veste, le White Rabbit se lança enfin. Il ne fallait pas qu'il s'arrête avant d'avoir franchi la porte, pour ne pas avoir le temps de se rétracter et fuir, car en cette matinée, ses talents de coureur n'avaient guère d'importance.
La chaleur du magasin le saisit d'un coup, embrumant quelque peu son esprit et procurant au jeune homme une éphémère sensation de bien être. Juste le temps de souffler et rassembler quelque bribe de courage. En avant pour l'aventure, mon lapin !
Il ne restait plus qu'à trouver le patron dans cette immense boutique, l'épater avec un superbe talent d'orateur, lui refourguer le magnifiquement insupportable tapis de chambre, empocher l'argent et voilà ! C'était simple, non ?!
Poussant un soupir, Arthur s'apprêtait à se mettre en chasse -dire ainsi la chose fait bien plus aventureux- quand une pensée fugace le foudroya sur place.

Et si le célèbre Wizard of Oz avait déserté sa boutique pour quelque temps...
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MessageSujet: Re: Le prix du sommeil. [Oz ♥] Mar 6 Juil - 21:19

    Matinée brumeuse, sur Woollyland. La ville – comme le reste de Malkins – s’éveillait tout doucement et entre les murs colorés de la Boutique, les murmures bourdonnants de l’effervescence travailleuse commençaient tout juste à résonner faiblement. A la réalité, il n’y avait pas grand monde à Oz’s, en ces instants suivant à peine le lever du jour. Quelques employés matinaux et zélés qui, arrivés tôt à leurs postes respectifs, préparaient studieusement leur calendrier des tâches à effectuer – ainsi que les bilans de la veille, pour les retardataires d’entre eux.

    Porcelaine emplie tiédissant sa paume, Cyrus errait pensivement dans le Bureau. Errait était d’ailleurs un bien grand mot ! Non, en vérité, il faisait de bien absurdes cent pas, esquissant sur le sol un cercle parfait qui aurait fait verdir d’envie un apprenti sorcier averti – ou pas, car tout le monde savait bien que la sorcellerie n’exigeait rien d’autre que le talent de celui qui la voulait apprendre et qu’il n’y avait que les enfants pour croire que des subterfuges suffisaient, et encore. Ce qui poussait le Magicien à ainsi user sa tant aimée moquette multicolore était une simple question dont il n’arrivait pourtant pas à décider de la réponse, laquelle, vile et sournoise, se révélait être à choix multiple. C’est qu’il ne se sentait pas le cœur à déjeuner seul et aurait souhaité une aimable compagnie pour partager son thé, dans le noble but de bien entamer une journée qui se devait d’être fructueuse. Le seul problème était que son comptable – plus ou moins – récemment engagé n'était pas encore arrivé et que sa compagne habituelle – et préférée – des jours trop semblables avait désormais quitté la colossale demeure familiale que représentait la Boutique. Madame n’était plus dans sa jolie vitrine et le magicien n’arrivait sincèrement pas à voir par qui il pourrait bien la remplacer. Mais la délicate porcelaine était-elle seulement remplaçable… ?

    Fort heureusement, sa propre tasse faisant partie d’un service ensorcelé, Cyrus put s’enliser allègrement dans ses questionnements bêtaphysiques sans avoir à craindre un soudain et tragique refroidissement de son cher thé, qui aurait transformé en deuil ses interrogatives tergiversations. Repassant en revue, une fois encore, la totalité des mignonnes porcelaines actuellement en vitrine dans l’improbable espoir d’en trouver une qui répondrait à ses exigences du matin, il manqua sursauter lorsqu’une voix, pourtant familière, l’apostropha gentiment.

    « Cyrus, cher ami, que vous arrive-t-il ? Vous semblez bien songeur… »

    Sourire ingénu, sur les lèvres vermeilles. Que l’interpellé rendit brillamment. Eh bien, il venait de la trouver, sa compagne du matin…

    « Rien de très important, douce Flora, ne vous en faites donc pas… »

    N’était-elle pas délicieuse, sa jolie création ? Délicate illusion aux reflets de soleil irisé, illuminant de sa douceur ses instants de solitude trop perceptible – ainsi que la blancheur de son plafond, qu’il lui avait offert en guise de domaine. Mieux qu’un fantôme sans être une vie, Dame Flora était sa petite fée du logis à lui, le souffle de délicatesse qui veillait constamment sur le Bureau – et son créateur. Pourtant seule, dans son tableau de perpétuel changement, elle ne s’en plaignait jamais car conçue à ce seul dessein, et s’y amusait suivant les humeurs du Magicien, vaquant à ses adorables occupations lorsque tout allait au mieux, et n’hésitant jamais à l’aller entretenir lorsqu’elle sentait qu’il avait besoin qu’on lui change les idées. Cyrus ne savait trop ce qui l’avait poussé à imaginer la mignonne merveille qui partageait son Bureau, mais il avait dû être sacrément prévoyant, ce jour-là – encore plus que d’habitude, s’entend…

    Lorsqu’il quitta enfin son refuge pour aller faire sa petite inspection quotidienne dans les rayonnages, ce fut de nouveau plein d’entrain, le pas léger et le regard brillant. La Boutique avait ouvert depuis un moment, déjà, mais il n’y avait jamais grand monde, aux premières heures, ce qui lui permettait de passer saluer ses chères créations en toute quiétude – et de bêtement s’amuser dans les ascenseurs, dont il ne se lassait décidément pas. C’était d’ailleurs par pur caprice de l’un de ceux-ci qu’il se retrouva au rez-de-chaussée, où il n’y avait pourtant rien de commercialisable – toutes les jolies magies qui s’y trouvaient n’existeraient jamais ailleurs qu’à Oz’s, il y tenait. Mû par un brusque désir enfantin – celui de monter les escaliers en sautillant à cloche-pied et à reculons – Cyrus pensait donc directement passer au premier, avant que son regard n’accroche un joli tas de clartés – bien trop peu féminin pour être celui qu’il se prenait presque à espérer. Hum… Pourquoi donc un client s’était-il arrêté sur le seuil de la Boutique au lieu de se laisser plonger dans ses véritables charmes ? Se pourrait-il que… ? Impossible ! Parfaitement et résolument ! Lorsqu’on passait la porte d’entrée, on ne pouvait hésiter trop longuement ! Nul ne pouvait décemment renoncer à une éventuelle exploration de Sa Boutique, il y avait consciencieusement travaillé ! Alors que faisait-il encore incertain, cet immaculé client qui essayait peut-être de refuser son titre avant même d'avoir essayé… ? D’un pas décidé – quoique toujours vaporeux – le Magicien se dirigea vers le jeune homme, bien résolu à ne pas le laisser s’en aller sans un petit tour du propriétaire et quelque chose dans les bras – on ne ressortait jamais de Oz’s sans rien n’avoir acheté, après tout…

    « Si vous cherchez quelque chose de particulier – ou pas, cela dit – je crains qu’il ne vous faille monter un peu plus haut… »

    Il ne trouverait certainement pas son bonheur sans étalage aucun, n’est-ce pas ? Par ailleurs, comment espérait-on trouver quelque bonheur que ce fut sans même avoir vu les magies que l’on offrait – moyennant quelques piécettes, aux étages supérieurs… ?

    « Bien le bonjour, Monsieur ! Peut-être pourrais-je vous être utile… ? »

    Sourire affable et lumineux du commerçant entêté. Le client lui trouverait une utilité, qu’il le veuille ou non…



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MessageSujet: Re: Le prix du sommeil. [Oz ♥] Mer 7 Juil - 18:32

Profonds sont les méandres de la pensée -un zigzag incessant, parfois voluptueux, parfois brusque et incertain. Les pensées voguent, indolentes, vaporeuses, nous coupant du monde quelque temps pour un dialogue enflammé avec nous-même. Un débat. Un désaccord entre la raison et l'envie. Tout, absolument tout est sujet à réflexion -avant ou après acte.
Arthur en était là, lui. Perdu dans les nuages, l'ongle du pouce coincé entre les dents, il réfléchissait. Il était temps, me diriez vous. Certes, mais il faut le comprendre. Les nuits furent courtes et les journées bien trop longues, ce qui prédisposait tout être à quelque instant de folie, même quelqu'un d'aussi pausé et rationnel que le White Rabbit. Il avait débarqué à Oz's sur un coup de tête, parce que c'était plus commode, parce qu'il en avait marre, laissant la raison à la maison, mais la fourbe se présenta à lui au premier doute. Et d'un coup, la crainte que le gérant soit absent se transforma en espoir. Tout serait tellement plus simple et sa conscience en serait tranquillisée, car mine de rien, Arthur avait dans l'idée de vendre un cadeau. Voilà qui n'était pas raisonnable. Voilà qui était odieux. Le lapin n'avait même pas réfléchi à ce détail en venant dans cette boutique, mais on lui pardonne, n'est-ce pas ? C'est la fatigue. Lui par contre, ne se pardonnait pas, s'empourprant fortement face à un tel manque de tact. Pauvre petite chose. Qu'allait-il donc faire maintenant ? Prendre ses jambes à son cou et partir en courant, drapé de lambeaux de sa dignité ? Accepter de passer des nuit blanches ou se reconvertir en messager de nuit ? Idées stupides et puis, qu'allait-il advenir de l'oisive existence du lapin ? Etait-il faible au point de laisser un tapis lui pourrir la vie ? Lamentable !

Se frottant le visage, Arthur poussa un gros soupir. Il n'avait pas à se sentir coupable de ce geste. Après tout, c'était sa santé qui était en jeu -autant physique que mentale. C'est vrai quoi ! Cette chose le rendait dingue et son cousin ne risquerait pas de remarquer l'absence du tapis, ne venant que rarement chez le jeune homme. De plus, Alexandre avait dû déjà oublier qu'il avait fait ce présent au lapin -versatile comme il est. Non, vraiment, il n'y avait pas de quoi s'en faire. Si c'est le cas, que fais tu planté là, mon bon ? Pars donc à la recherche de ton future acheteur !
Le White Rabbit aurait bien voulu, mais une sourde angoisse lui nouait le ventre et transformait ses jambes en coton. La communication n'était vraiment pas son domaine de prédilection et la vente encore moins. Dans son métier, il n'avait besoin d'user que de quelques phrases : « Bonjour ! », « Le lieu, la date et l'heure de la livraison, s'il vous plait. », « Ce sera fait. Au revoir. ». Certes, le jeune homme pouvait se montrer très loquace lorsqu'il s'agissait de se plaindre, mais dans les circonstances actuelles, il serait plus que déplacé de sa part d'aller raconter ses malheurs au directeur de la charmante boutique. Enfin, cet avis ne concerne que moi. Mon cher White aura peut être une tout autre opinion sur le sujet. Passons.

« Si vous cherchez quelque chose de particulier – ou pas, cela dit – je crains qu’il ne vous faille monter un peu plus haut… »

La voix fit sursauter le jeune homme, déjà bien nerveux. Relevant vivement la tête, tout en lâchant son ongle, Arthur fut assaillit par une explosion de couleurs. Ça faisait presque mal aux yeux -il n'avait pas l'habitude.
Les deux homme, côte-à-côte, créaient un contraste intéressant. L'un clarté et discrétion, l'autre couleurs et extravagance. Le lapin se sentit d'un coup assez intimidé par cet étrange personnage, avant même d'avoir réalisé qui c'était. L'homme avait beauté et prestance. Face à lui, Whity faisait pale figure et c'était d'ailleurs le cas de le dire, avec ses vêtements clairs et sa peau de porcelaine. En fait, Arthy était d'une affligeante banalité, mais ce n'est pas ce qu'il avait toujours recherché ? Si, et il s'en réjouissait, d'ailleurs. Enfin... Bref, qu'importe ! Le sujet était tout autre.

« Ah ! Euh ! Bon-bonsoir ! Vous faites erreur, je ne suis pas là pour acheter, mais je vous remercie. »

Rougissant d'embarras, le messager détourna les yeux. Une bien mauvaise habitude qu'était la sienne. Toujours à fuir le regard des autres, de peur d'y voir quelque chose qu'il ne faudrait pas, de se dévoiler ou tout simplement y découvrir l'opinion que ses interlocuteurs avaient de lui. C'était, certes, ridicule, mais Arthur n'aimait pas regarder la vérité en face. Il n'y avait rien à faire.
Mais au fait ! Le visage de l'inconnu disait quelque chose au jeune homme. A bien y regarder, n'était-ce pas celui, un jour vu dans la presse ? Ces yeux verrons que le lapin avait aperçu tout à l'heure -avant que son regard ne dévie- ne s'oubliaient pas facilement.

« Oh ! Mais vous êtes là ! »


Cette phrase ne devait pas avoir de sens pour le célèbre Wizard of Oz -puisque c'était lui-, mais Arthur ne s'en formalisa pas. De toute façon, il était bien trop nerveux pour se rendre compte que ses propos n'étaient pas très clairs. Au Magicien de se débrouiller.

« Je suis venu ici pour vous voir. Oh, mais je manque à tous mes devoirs ! Je me nome Arthur Armitestead. Je suis heur... honoré de vous rencontrer. »

Le lapin parlait d'un ton précipité, presque haletant, ce qui n'empêcha pas le « heureux » de rester coincé au fond de sa gorge.
Il aurait été déplacé de mentir aussi effrontément.
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MessageSujet: Re: Le prix du sommeil. [Oz ♥] Jeu 8 Juil - 12:13

    Clartés égarées et blanche perdition. N’était-ce pas un adorable spectacle qu’il avait sous les yeux ? Que demander de plus rafraîchissant, en cette jeune matinée, que de charmantes neiges toutes frissonnantes d’hésitation à peine contenue sur sa jolie moquette aux couleurs chatoyantes ?! Incontestablement, c’était une journée fort intéressante qui s’annonçait-là. Et il voulait bien laisser quelques unes de ses chères couleurs en proie aux obscurités dévorantes des placards mal aérés – qu’il n’avait de toute façon pas, leur préférant honteusement l’élégance encombrante et désuète des armoires massives – s’il ne trouvait pas très rapidement le moyen de follement s’amuser. Par ailleurs, il n’aurait pas besoin de chercher trop longuement. A la vérité, Cyrus retirait immédiatement et de bonne grâce tout ce qu’il avait pu penser de ronchon et de grognon – cela lui ressemblait si peu, après tout – à propos du Client (malgré lui ?). Après tout, n’était-ce pas le comble de la malpolitesse ne serait-ce que de songer à bougonner après un aimable volontaire – en était-il seulement avisé ? – qui venait vous amener quelqu’amusement ? Il semblait, effectivement, que la blanche porcelaine se chargerait seule – et gratuitement, cela allait de soi, il ne pouvait s’agir que d’un aimable bénévole – de lui apporter défis et distractions – qu’elle (il, en l’occurrence) le veuille ou non… Et il ne tarda pas à en avoir la délicieuse confirmation…

    Sursaut surpris à son approche – oh, aurait-il manqué de délicatesse ? Peut-être aurait-il dû envoyer un éclaireur, à y bien songer… Mais les choses n’étaient pas aussi aisées qu'elles ne le paraissaient au premier abord, dans la mesure où ses lanternes-lucioles ne bourdonnaient pas au rez-de-chaussée – elles s’ennuieraient bien trop, les mignonnes, seules dans le hall d’entrée. On lui souhaita le bonsoir, distraitement, d’une voix tremblotante qui semblait refuser de le voir. Sourire des indulgences obstinées devant l’exquise candeur des naïvetés inconscientes. Allons bon, cher enfant, on ne congédiait certainement pas le propriétaire de céans en prétendant ne pas avoir besoin de ses services – et encore moins en annonçant crûment et brusquement à la Modestie Naturelle le caractérisant qu’il se trompait. Allons ! Lui ?! Se tromper ?! Mais où cela s’était-il vu ? Non, non, le Magicien d’Oz n’était pas un habitué de l’Erreur – il entretenait même avec elle des rapports parmi les plus froidement polis. Et par ailleurs, que pouvait-il donc être venu faire à Oz’s si c’était pour ne rien acheter ? Rapide coup d’œil au-dehors. Lui demanderait-on encore ingénument de lui offrir l’hospitalité ? Il ne pleuvait pourtant pas…

    Et finalement, on le surprit par la douce et aveuglante clarté d’une remarque qui sonnait comme une évidence – ce qu’elle était incontestablement, par ailleurs. Vous êtes là… Hum ? Mais certainement, très cher, certainement. On n’allait tout de même pas commencer à lui reprocher le fait d’être présent dans sa demeure, fidèle à son poste et à son travail – ce dernier mot étant en soi difficilement concevable, dans la mesure où lui-même avouait qu’il s’agissait bien plus d’un jeu grandeur nature. A moins qu’on ne se lance dans des considérations pataphysiques étranges et qu’on ne prétende, solidement épaulé de théorèmes scabreux, que comme l’Univers a la forme d’une tasse de thé vermiculaire, il se pourrait fort bien que le d’ici soit bien plus proche du d’ailleurs et que par conséquent, il était plus raisonnable de laisser les spécialistes se charger de ce type de démonstrations. Et quoiqu’il en soit, rares étaient les situations où Lui, le très célèbre Magicien d’Oz, Mage entre les mages, n’arrivait pas à suivre son interlocuteur, aussi décousus fussent ses discours. Après tout, il prenait un bien grand plaisir à bavarder des heures durant avec la délicieuse chenille aux babillages ondulatoires si incompréhensibles pour tant bonnes gens de peu de foi – non pas qu’il ait eu l’outrecuidance de s’en plaindre, ça lui en faisait plus pour lui, n’est-ce pas… Cependant, il lui fallait bien avouer à l’ombre de ses incertitudes qu’il ne comprenait pas où l’immaculé jeune homme voulait en venir… Oh, que les Poivrons Divins lui viennent en aide ! Mais où allait le monde s’il commençait à perdre le fil de l’absurde à la fleur de l’âge ?! C’était décidé, il inviterait Fréneuse à prendre le thé dès qu’il aurait laissé ce charmant – et curieusement effrayant – jeune homme aux bons soins d’une caissière. Oui, oui, il ne repartirait pas d’ici sans quelque chose dans les bras, Cyrus n’en démordrait pas.

    Malgré ses cogitations silencieuses et le grand, l’immense, le tragique désarroi dans lequel l’avait plongé une si petite – oserait-on dire banale ? – phrase, le Magicien eut la présence d’esprit – ou était-ce plutôt un réflexe ? – de laisser l’amabilité souriante ourler ses lèvres, et surtout, priorité entre toutes, d’empêcher ce sourcil plein d’incompréhension de s’arquer suspicieusement – ce qui aurait ruiné sa réputation de patient homme, ne s’accordant que la facétie de pencher légèrement la tête de côté, comme dans l’attente d’une suite – ou d’une éclaircie. Qui ne manqua pas d’arriver. Un instant, son regard brilla d’une lueur de joie enfantine. Armitestead ? Mais il connaissait ce nom ! Pour être exact, il connaissait un Alexandre Armitestead, grand explorateur, prestigieux fournisseur de breloques en tous genres – qui pouvaient se montrer parfois fort utiles – et très apprécié compagnon de thé – un connaisseur, assurément, parmi ses préférés. Y avait-il donc un lien familial entre l’exubérant lièvre et ce délicat lapin blanc qui le venait voir ? D’autant plus qu’il était intrigué par tant de nervosité mystérieuse… Mais… Il en oublierait ses bonnes manières ! Les présentations avant toute chose.

    « Cyrus Fleming et l’honneur est partagé. Soyez le bienvenu à Oz’s, Monsieur Armitestead. »

    Sourire de circonstance, charmeur et espiègle. Interrogatif, également. Il demanderait après Alexandre plus tard. Pour l’instant, il sentait sous ses voiles la délicieuse et pétillante piqûre de son amie Curiosité. Alors, il se pencha très légèrement vers Arthur, l’air comploteur de celui qui veut tout savoir…


    « Que puis-je faire pour vous être agréable ? »



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MessageSujet: Re: Le prix du sommeil. [Oz ♥] Mar 3 Aoû - 12:24

Un léger mouvement de recul. Un sourire gêné qui éclairait les traits tirés du blanc lapin. L'habitude quand tu nous tiens ! Le jeune homme avait pour principe de garder une certaine distance avec les gens -tant physique que morale- se sentant toujours acculé dès qu'on l'approchait de trop près. Instinct de survie du petit animal faible et méfiant ? Simple précaution du secret aventurier qu'il était, en connaisseur des dangers de cette savane sauvage qu'était la vie ? Lui-même n'aurait su dire quelle hypothèse se rapprochait le plus de la réalité. Dans un élan orgueilleux, il aurait choisi la seconde, pour tout de suite se rétracter, réalisant que le mot "aventurier" ne collait pas à son image d'homme sage et banale. Au fond, Arthur ne s'assumait pas complètement, peu fier de son penchant pour le palpitant -trop bon fils, digne progéniture d'un couple avide de tranquillité. Mais après tout, qu'y pouvait-il ? Il aimait ca, s'ennuyant trop dans sa oisive existence. C'était un besoin légèrement oppressant, bien plus qu'une envie -si quelqu'un arrivait à voir la différence. Tout le monde, sûrement, puisque tous ici étaient un peu philosophes sur les bords -j'aurais la prétention de le croire. En somme, cette rébellion contre sa vraie nature ou plutôt contre ce que ses parents avaient fait de lui, était involontaire, teintée d'une naïve culpabilité. Des excuses, dites vous ? Mais regardez le, si nerveux, si incertain. Ce lapin a-t-il seulement l'étoffe d'un révolté ?

Enfin, tout cela n'avait pas grande importance en cet instant. Ou peut être que si. Après tout, il était en train de se lancer dans une aventure dont il n'avait pas l'habitude. Il ne s'agissait pas d'arriver a l'heure en ayant gardé le colis intact. Il ne s'agissait pas non plus d'agir pour le compte de quelqu'un d'autre. C'était pour lui qu'Arthur était la, pour retrouver un semblant de tranquillité et de forces. Une démarche bien égoïste, il en avait conscience. D'ailleurs, à cet instant, le jeune homme se demandait s'il avait bien fait, s'il était encore temps de reculer -tourner dignement les talons et s'enfuir, drapé d'une certaine insolence. Mais non, ce n'était pas le genre de la maison. Il aurait plus l'air d'une petite bête misérable, oreilles plaquées sur le crâne et larmes aux yeux. Il valait mieux continuer, évitant ainsi de se ridiculiser. Certes, le ridicule ne tue pas l'homme, mais sa petite affaire de messager pouvait s'en trouver ruinée. Franchement, qui irait faire confiance à quelqu'un qui se met à pleurnicher dès qu'il se retrouvait obligé d'utiliser la langue à la place des jambes ? Et puis, que pourrait-il trouver comme excuse à sa précédente réplique ? "Si je voulais vous voir, monsieur, c'était pour vous demander l'autorisation d'emprunter vos commodités.". Si là, il ne passait pas pour un détraqué... Ou alors "Je voulais juste mettre un visage sur votre nom.". Certes, il l'avait reconnu bien avant d'avoir son identité, mais quand même. Il valait mieux s'en tenir au plan, au risque de se prendre un vent, plutôt que se mettre à raconter n'importe quoi et passer pour le dernier des idiots.

"Hé bien, voila..."

Vous me seriez très agréable en acceptant d'acheter mon tapis sans question, ni grande discussion, pensa-t-il très fort. Il ne pouvait décemment pas dire ca. Il était face à un homme d'importance, tout de même.
Se balançant d'un pied a l'autre, Arthur cherchait une manière de présenter la chose, sans se faire passer pour un cousin indigne qui revendait un cadeau. Bon, quelques yubas ne faisaient jamais de mal, mais ce n'était pas la raison principale de cette soudaine envie de s'essayer au métier de vendeur. Enfin, envie... Façon de parler, vous vous en doutez.

"Je suis fort embarrassé de cette démarche. Il n'est pas dans mes habitudes d'agir de la sorte, cependant j'en suis -en quelque sorte- obligé."

Petit sourire d'excuse accompagné d'un haussement d'épaules. Une fois de plus, le lapin blanc se montrait évasif, incompréhensible. A croire qu'il voulait attiser la curiosité du magicien, le tenir a bout d'haleine, laissant tomber ses mots lentement, prenant son temps, n'enchainant pas tout de suite. S'il continuait de la sorte, il allait finir par agacer le directeur, mais le jeune homme était a des milliers de lieux de cette éventualité, trop concentré sur ses mots et son élocution. Il ne fallait pas qu'il se mette è bafouiller d'un coup, sous le coup du stress.
Arthur finit par ouvrir son sac et en sortir l'objet de sa présence. Il tenait le tapis du bout des doigts, les mains légèrement tremblantes. Que voulez-vous, le blanc lapin ne pouvait rien contre sa nervosité habituelle. Quant à l'objet, il était d'une agréable couleur pastelle, semblant moelleux et surtout, muet.

"Ce que vous voyez n'est pas un simple tapis de chambre. Il peut se mouvoir, se dépoussiérer tout seul et est aussi dote de parole."

Le White Rabbit s'arrêta un instant pour reprendre son souffle, bien qu'il n'ait pas beaucoup parlé.
Il n'était vraiment pas fait pour la vente. C'est bien de le réaliser maintenant, mon ami ! Bon, allez, un peu de courage ! Sors la donc, cette phrase qui te brûle les lèvres.

"Accepteriez vous de me l'acheter ?"

Le jeune homme se doutait bien que le magicien n'allait pas lui donner une réponse tout de suite, qu'il faudrait marchander. Les joue rouges d'embarras, il se préparait à argumenter, essayant de se rappeler du petit mot d'Alexandre.
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MessageSujet: Re: Le prix du sommeil. [Oz ♥] Lun 16 Aoû - 23:13

    Les hésitations sous ses yeux ne semblaient pas vouloir passer leur chemin. Rêvait-il, ou avait-il bien aperçu un mouvement de recul ? Oh ! Aurait-il donc mis trop de charme dans son sourire ? Ou était-ce simplement parce qu’il avait vaguement – et courtoisement – pénétré dans l’espace vitale des neiges visiteuses ? Bwahaha ! Serait-il en présence d’un adorable timide ? Voilà qui semblait pourtant évident. Que tout ceci était charmant. Malgré tout, cela avait quelque chose de surprenant. Silencieuses – et gentilles – remontrances. Eh, à quoi s’était-il attendu ? A un second Alexandre, manifestement. Il avait même été tout joyeux, l’espace d’une seconde, à l’idée qu’il puisse entraîner ce nouveau comparse dans ses couloirs colorés, vers de grandes aventures et des joyeuses badineries. Cependant, il était certain que le jeune Arthur Armitestead n’avait pas grand-chose en commun, le nom mis à part, bien entendu, avec son… Son ? Frère ? C’était peu probable, le lièvre exubérant n’avait jamais touché le moindre mot à ce propos. Cousin, alors ? A moins qu’il ne s’agisse d’un oncle – fort jeune, mais pourquoi pas ? Bah ! Cyrus rejeta au loin ces réflexions importunes. Les questions familiales n’avaient jamais été son fort, après tout – il suffisait de voir les rapports que lui-même entretenait avec la sienne, de famille. Et quoiqu’il en soit, il s’amusait déjà franchement. Ce n’était certes pas très courtois, mais il se plaisait à croire qu’il n’y pouvait rien. Impuissance hypocrite ? Fatalement malicieuse, plutôt. Certains mots étaient inconvenants…

    La réponse à sa question se faisait attendre – à croire qu’il y en avait plusieurs. On le tenait en haleine, et que cela se fisse consciemment ou pas, la technique fonctionnait à merveille. Cyrus était de plus en plus intrigué. Si cela continuait de la sorte, il ne se donnait que quelques instants pour se retrouver aussi fasciné qu’un petit garçon impatient devant un spectacle de Magie – tout comme cet enfant qu’il avait lui-même été dans un passé fort lointain. Arthur hésitait, se balançait, semblait osciller doucement sur la balance trop huilée des explications qu’on n’osait entreprendre. Pourtant, il lui faudrait bien se décider et saisir l’Audace – gentiment, bien entendu. Car le Magicien, bien qu’il se sût des capacités de devin supérieures à la moyenne des malkinsiens, doutait de comprendre aussi aisément le but de la visite d’un jeune homme – on ne peut plus charmant, il est vrai – qui lui annonçait, quelques instants plus tôt, et avec toute l’inadvertance du monde, qu’il était là

    Ah. En fin de compte, il s’était décidé à franchir le pas des premières explications. Sa démarche était inhabituelle et il en était embarrassé… Vous m’en direz tant, très cher ! Bwahaha, sérieusement, même un puddy en vacances aurait pu s’en apercevoir seul, hum… Oh, voici qu’il devenait taquin en ces heures pourtant matinales ! Allons, un peu de tenue, Monsieur n’avait de toute évidence pas fini. Grande inspiration. Cette fois-ci, Cyrus ne put retenir un léger haussement de sourcils – encourageant, dira-t-on. Uniquement dans le but de lui assurer que oui, il avait toute son attention.

    Le jeune homme lui montra alors le paquet qu’il tenait sous le bras. Allons bon, qu’était-ce encore que ceci ? Ce n’était tout de même pas… ? Frisson d’effroi, panique latente qu’il parvenait encore à museler quelque peu. Voilà qui ressemblait fort à des prémices de tragédie – la toute première de sa longue, brillante et si prometteuse carrière. Ciel ! Que ferait-il donc si jamais… Si jamais Arthur Armitestead, apparenté de quelque manière que ce soit à son cher Alexandre Armitestead, était venu lui rendre un produit ?! Oh, par toutes les constellations poivronnifères, c’était dramatique ! Tragique ! Un échec ? Un client insatisfait ? Ou pire, un produit raté… Déjà, Cyrus se sentait défaillir en songeant au pire, blêmissant légèrement sous son sourire pailleté. Non, cela ne saurait décemment être le cas… !

    Et en effet, cela ne le fut pas. Entre deux élans de panique effarouchée, le Magicien d’Oz avait reporté son regard inquisiteur – et inquiet – sur ce terrifiant paquet. Ce ne fut qu’au bout de quelques secondes qu’il prit conscience que cette terreur n’avait manifestement pas lieu d’être. Car à la réalité, le sac ne provenait de toute évidence pas de Oz’s. Il aurait pu faire l’inventaire de tous les produits de la Boutique, il était bien certain que la taille et la forme de l’objet sous le bras d’Arthur ne correspondait pas à l’un d’entre eux. Alors, sous les étoffes multicolores, ce fut une succession de joyeuses et trépidantes émotions. Tout d’abord, le soulagement. Eh, le problème ne venait pas de lui ! Puis, la raillerie. C’était ridicule, tout de même, comment avait-il sérieusement pu songer qu’il pût être la cause – même indirecte – d’une insatisfaction quelconque – et à plus forte raison, parmi sa clientèle ! Proprement absurde ! Enfin, tout comme au commencement de cet étrange entretien, la Curiosité prit le pas sur le reste. Car si ce pâle jeune homme n’était là ni pour acheter, ni pour exprimer un hypothétique mécontentement, que pouvait-il bien être venu chercher auprès de lui ?

    La réponse ne tarda pas. Aimablement, on lui expliqua en quoi consistait le contenu du paquet. Un tapis ensorcelé – intéressant concept dont il avait précédemment eu quelques échos légers – quoique présentant sans doute quelques désavantages. Puis… Cyrus manqua s’étouffer dans un hoquet de surprise – piètre fin, pour un Magicien de Génie ! Accepteriez-vous de me l’acheter ? Pardon ? Allons, Monsieur, vous n’y songez pas réellement ? Son regard s’étrécit légèrement, tandis que, dans un instant de flottement, il cherchait auprès de ces pâleurs hésitantes une infirmation quelconque. Mais force lui fut de convenir que si, Arthur y songeait réellement. Dans sa propre boutique ! Eh bien, voilà qui était fort surprenant. Il avait demandé une distraction, on le faisait tomber des nues. Hm, il devrait s’ennuyer plus souvent, Bwahaha !

    « Ma foi… »

    Ne pas trop laisser l’allégresse transparaître dans sa voix et garder un air – faussement – songeur. Ce ne fut pas de la plus grande difficulté, cela dit, il réfléchissait sérieusement.

    « Votre requête est, j’oserais vous l’avouer, pour le moins surprenante. »

    Eh, ce n’était pas monnaie courante qu’un intrépide Armitestead arrivait dans sa Boutique en lui proposant de lui acheter quelque chose – une fois par an, et au printemps, tout au plus.

    « Néanmoins… »

    Un silence songeur eut la gentille prétention de vouloir suspendre le cours du Temps. La Curiosité s’était depuis bien longtemps insinuée dans son cœur – mais il était bien connu que ce dernier n’était pas le meilleur conseiller qui soit, lors d’un échange de ce type. Malgré tout, Cyrus savait bien qu’il ne serait jamais parvenu aussi loin s’il n’avait quelquefois – et plus souvent qu’il ne se plaisait à le croire – prêté attention à ses murmures…

    « Néanmoins, ce serait un réel plaisir que de l’étudier. »

    La requête, s’entend. Naturellement, huhu. Le tapis… Il y songerait plus tard. Pour l’heure, il ne lui appartenait pas. Pas encore, Bwahaha…
    Sourire charmeur dissimulant toutes les interrogations qui bouillonnaient déjà en lui. Le Magicien s’inclina aimablement.

    « Me feriez-vous l’honneur d’une entrevue et, éventuellement, d’une tasse de thé ? Je souhaiterais acquérir de plus amples informations au sujet de ce tapis que vous me proposez… »

    Par ailleurs, la principale raison d’être du Bureau était justement d’abriter ce genre d’échanges, loin des regards indiscrets – Narcisse et ses sbires n’étaient jamais bien loin, en ces brumeuses matinées. Paupières mi-closes, une attente polie avait fardé ses lèvres.
    Les affaires reprenaient…


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MessageSujet: Re: Le prix du sommeil. [Oz ♥] Jeu 18 Nov - 22:54

[Je suis désolé ! Tu as le droit de me faire griller à la broche, tout en me couvrant de douces insultes ! ç_ç]

Arthur -tel un de ces hommes du beau monde, qui ont la classe et la prestance naturelles- posa sur le magicien un regard emplit d'arrogance. Qui était cet homme, après tout, pour que le blanc lapin se mette à rougir de la sorte devant lui ? Personne, entendez-le ! Princier et léger, le messager lâcha délicatement le tapis qui, presque sans bruit, vint se poser à ses pieds en un petit tas moelleux. « J'ai changé d'avis. Je vous l'offre. », murmura-t-il, confiant et superbe. On aurait dit que le jeune homme donnait, dans un élan de bonté, à un pauvre être, quelque chose de précieux. Plus besoin de chercher les mots ! Plus besoin de convaincre (ou de persuader, c'est selon) ! Le White Rabbit en avait fini avec le métier de marchand ! Liberté et solitude, ses douces amantes, il allait les retrouver bientôt. Rejetant les mèches blanches qui lui barraient le front, il offrit à son interlocuteur -qui, à cet instant, devait être plus qu'interloqué- un dernier sourire et tourna les talons, s'éloignant, la démarche presque dansante, drapé d'une belle Insolence.

Enfin, ça, s'était le rêve.

En réalité, le jeune homme n'aurait jamais pu accomplir une telle chose, alors il se contentait de l'imaginer, attendant la réponse du célèbre magicien d'Oz. Ce film, dont il était le superbe héros, était projeté en boucle dans sa tête. Il lui évitait, ainsi, toute pensée parasite et un surplus de stresse, car il y avait des scénarios moins glorieux. Les quels ? Hé bien, un Cyrus Fleming qui lui rit au nez, le prenant pour un de ces parasites qui viennent sonner à votre porte pour vous vendre moult produis aussi inutiles les uns que les autres. Ou encore, un Cyrus méprisant, qui jette dehors le pauvre lapin, ne voulant pas de mendiants dans son magasin. Un dernier ? Très bien ! Enfin, un Arthur Armitestead qui tombe dans les bras de son hôte, pour, quelques temps après, se retrouver au poste avec le motif suivant : « Tentative d'agression sexuelle sur la précieuse personne du Magicien d'Oz », alors qu'en vérité, ce n'était qu'un malaise.
Voilà. Ça vous donne une idée générale de l'état dans lequel se trouvait ce cher lapin blanc, après avoir murmuré ses derniers mots.

Timide et bien trop honteux, Arthur n'osait lever la tête pour voir la réaction du monsieur. Il avait bien trop peur de lire au fond de ses yeux tout ce qu'il s'évertuait à ne pas imaginer : mépris, moquerie, dédain... Toutes ces choses, propres aux hommes riches et puissants. Ils pouvaient se le permettre, eux, après tout. Alors que Whity, lui, ne pouvait qu'essayer de calmer les battement de son cœur, tandis que les premiers mots franchissaient les lèvres de Cyrus.
Hochant la tête, le messager se permit un rapide coup d'œil vers le jeune homme, rougissant de plus belle.

« J'en suis conscient, croyez moi. »

Et pour cause : cette requête ne surprenait pas seulement le magicien, mais aussi Arthur, qui n'avait cessé de se demander, depuis le début, ce qu'il faisait là et quelle mouche l'avait piquée.
Si seulement son cousin pouvait l'oublier, ce serait tellement bien. Ça lui éviterait, de cette façon, de se retrouver dans des situations aussi embarrassantes que maintenant. Enfin bon. C'était de la faute du messager, aussi, cet embarras. Il aurait dû s'habituer à l'humiliation, la côtoyant depuis l'enfance, à chaque fois qu'Alex avait la mauvaise idée de l'inclure dans ses aventures. Mais voilà... Le jeune homme n'était pas de nature rebelle, se laissant toujours surprendre et accordant beaucoup trop d'importance à ce que pense l'autre. Ce d'ailleurs à cause de cela qu'il rejetait en bloque sa nature véritable : celle de l'aventurier intrépide à la recherche du grand frisson. Que penseraient donc ses parents s'ils venaient à apprendre qu'il ne suivait pas leur exemple ? Ça leur ferait bien des peines et Arthur serait incapable d'affronter leurs regards chargés de reproches et de déception. Il valait mieux pour lui de rester à la place qui était sienne, tout en dissimulant sa joie lorsque quelque chose de surprenant venait perturber son oisive existence.
C'est vrai, nous sommes en droit de nous dire que la rencontre avec un homme aussi célèbre qu'était Mr. Fleming pouvait être considérée comme une sorte d'aventure. Cependant, comme dit précédemment, les relations humaines, ce n'était pas ce qui attirait le plus Arthur.

« Vous... »

Vraiment ? Vrai de vrai ? C'était sûr ? Parce que si c'était un blague, elle n'était pas du goût de White Rabbit. Oh son Dieux ! Le pauvre garçon ne savait comment réagir, tant il était surprit de ne pas se faire envoyer valser plus loin d'un gracieux, mais méprisant, geste de la main. Le propriétaire de la célèbre boutique acceptait de réfléchir à son offre. C'était inespéré !

« Merci. Merci beaucoup ! »

Arthur avait l'impression d'être un enfant à qui on promettait, s'il restait sage, le cadeau tant désiré. Posant sur Cyrus un regard reconnaissant, teinté d'une timide naïveté, le jeune homme hocha la tête.
Certes, il n'était pas friand de thé, surement parce qu'Alexandre adorait cette boisson, mais pour se débarrasser de son fléau, à savoir le maudit tapis, le blanc lapin était prêt à tout !

« A-avec plaisir. J'essayerais de répondre à vos interrogations du mieux que possible. »

Tout en suivant son hôte, Whity essayait de réfléchir à ce qu'il pourrait dire au sujet de cet objet de malheur qu'il tenait sous le bras. Espérons que ce cher magicien ne posera pas trop de questions sur la provenance du tapis, car là... Le messager se voyait bien lui répondre : « C'est un cadeau de mon cousin Alexandre, dont j'aimerais m'en débarrasser au plus vite. ». Ha ha ha, quelle farce ! Bref, il verra bien...
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MessageSujet: Re: Le prix du sommeil. [Oz ♥] Jeu 27 Jan - 21:44

    On le remercia avec une folle exubérance de timidité et l’allégresse vint malicieusement gonfler sa poitrine. Eh, se serait-on attendu à une réponse négative de sa part ? Alors même que cette histoire de tapis enchanté l’intéressait déjà passablement ? Bwahaha, s’il savait ! Pauvre enfant effarouché que voici – avait-il réellement un quelconque lien de parenté avec Alexandre ? Il y avait bien quelque chose de familier, dans la forme des yeux, la ligne délicate de la mâchoire, mais… Il fallait bien avouer que Cyrus avait grand-peine à trouver la moindre ressemblance entre les manières – les personnalités – des concernés. Quelle disparate famille devaient-ils former ! Et quel dommage que le Lièvre ne soit pas présent pour se joindre à eux… Bah ! Avait-on idée de courir sans cesse plusieurs – dizaines de – mondes à la fois, aussi ! J'essayerais de répondre à vos interrogations du mieux que possible. Mais il n’en doutait pas le moins du monde !

    « Vous m’en voyez ravi, vraiment ! Mais permettez-moi de vous guider, je vous prie… »

    D’un gracieux geste du poignet, breloques cliquetantes, le Magicien indiqua le chemin vers l’ascenseur qui l’avait amené quelques instants plus tôt. Avant toute chose, rassurer l’immaculé Arthur et le mettre à son aise ; pour ce faire, quoi de plus charmant – et fumant – qu’une tasse de thé – l’un de ses meilleurs, pour l’occasion – et quelques sucreries. Le sourire que Cyrus arborait, tandis qu’il s’effaçait pour laisser son hôte le précéder dans la magique cabine, aurait éclairé la dernière ombre de l’Antre du Léviathan. Il devait presque se faire violence pour empêcher son regard d’être harponné par le mystérieux objet qu’on se proposait de lui vendre – chaque chose en son temps. Les affaires reprenaient, et de la manière la plus intéressante qui fût. Le bouton bleu pervenche sur lequel il pressa vira soudain au jaune bouton d’or, les portes colorées se refermèrent sur eux et Cyrus demanda aimablement :

    « Lorsque notre… affaire sera conclue, m’accorderez-vous le plaisir de vous faire plus amplement visiter la Boutique ? Nos rayons se sont parés de certaines petites nouveautés, depuis quelques jours à peine. Peut-être vous laisserez-vous séduire par l’une d’elles… ? »

    Sourire chaleureux – à peine commercial – et les voilà qui arrivaient déjà. Au… Cinquième. Eh bien, l’Ascenseur avait décidé de leur destination – tout à fait hasardeuse, il fallait l’avouer. Les seuls accès directs au Bureau étaient les portes-tapisseries qui ornaient les étages ; ils devaient donc traverser l’un d’eux pour parvenir à destination. Et tant mieux qu’ils aient été envoyés à l’Animalerie, Cyrus n’y était pas encore passé – c’était d’ailleurs là qu’il avait voulu se rendre, lorsqu’il s’était retrouvé au rez-de-chaussée.

    La Vie bourdonnante du Cinquième les accueillit et quelques lanternes-lucioles vinrent bzi-bziter joyeusement autour d’eux, l’une d’entre elles se posant gentiment sur le nez d’Arthur, avant d’établir domicile dans la blancheur de sa chevelure. Et voici l’immaculé lapin soudainement couronné de mauve – un véritable lilas évoluant sous ses yeux fascinés… Retenant soigneusement un rire peu professionnel au fond de sa gorge, Cyrus entraîna son compagnon jusqu’à la Porte, vérifiant du coin de l’œil que tout allait au mieux pour les créatures magiques – n’ayant eu le temps de le faire plus tôt, il passerait les cajoler après la fermeture. La Tapisserie s’ouvrit sous la légère poussée de ses doigts, et de nouveau, il céda le passage à son invité.

    « Après vous, cher Monsieur. »

    Dès lors, ce fut le confort feutré – mais coloré ! – du Bureau. Le paravent ensorcelé qui délimitait la zone de travail d’Evariste – son bureau à lui – était tiré, signe que le comptable avait dû prendre ses fonctions pendant qu’il faisait sa petite inspection. Bien.

    « Je vous en prie, prenez vos aises et installez-vous comme il vous plaira ! Je reviens dans un instant… »

    Rapide révérence, clin d’œil espiègle à l’attention de Flora, et dans un tourbillon de soieries multicolores, le Magicien d’Oz s’engouffra dans ses cuisines. Où le plateau d’urgence – contenant service et assiette de biscuits – attendait sagement d’être emporté. Cyrus choisit le thé sans la moindre hésitation – il avait toujours été fier de l’instinct qu’il avait, pour ce genre de choses – et se félicita d’avoir créé sa magique bouilloire dont l’eau était constamment à la bonne température. Et deux minutes après l’avoir quitté, il rejoignit Arthur, sourire aux lèvres et plateau en mains.

    « Navré de vous avoir fait attendre, mon cher. J’espère que le thé sera à votre convenance… Chocolat et caramel pétillant, le plus fameux thé de Candyland ! »

    Et l’un des mélanges les plus anciens. Il n’avait toujours pu en obtenir la recette de son fournisseur – la plus noble maison de thés de Malkins. Cyrus s’assit légèrement en face de son hôte et entreprit de faire le service ; ainsi que la conversation.

    « Mais dites-moi, cher Monsieur Armitestead, pourquoi avoir pensé à Oz’s, pour vendre votre tapis… ? »

    Il lui tendit la délicate tasse en porcelaine avec un sourire inquisiteur.


    « Un sucre ou deux… ? »


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MessageSujet: Re: Le prix du sommeil. [Oz ♥] Lun 25 Avr - 18:42

Et l'aventure débuta !

Arthur, en héros intrépide, s'élançait enfin à la suite de son hôte, se préparant a affronter cette nouvelle épreuve intitulée « Les relations sociales ou comment rougir et bégayer tous les trois mots ». L'une des plus dures qu'il ne lui avait été donné de passer. Le tout était de paraître détendu et convaincant, sourire aimablement, vanter l'utilité de son produit et l'affaire était dans le sac ! Certainement ! Enfin, il y avait des chances ! Bon, peut être, pour ne pas se montrer trop sûr de soi. Bref, le tout était d'y croire et le White Rabbit... n'y croyait pas du tout. Ce gars était franchement désespérant. A croire que la seule chose dans laquelle il exilait, c'était la lamentation. Et ça y allait dans son fort intérieur ! Des « Qu'est-ce que je fais ici ? » par-ci, des « Je vais jamais y arriver ! » par-là, sans oublier la tristement célèbre « De toute façon, le monde entier est contre moi, ça sert à rien d'essayer ! ». Une pauvre petite chose qui n'avait de cesse que de pleurnicher sur son sort, les yeux collés à la moquette. Pensait-il y trouver les mots justes ? Naïve espérance. Enfin bon, il était maintenant trop tard pour faire marche arrière. Il était vrai, que le jeune homme aurait pu disparaître en quelques secondes, mais maintenant que le Magicien d'Oz avait son nom... Non, vraiment. Il lui fallait avancer. Faire un petit travail sur soi n'était pas une mauvaise chose. Après tout, la vie ne se résumait qu'à ça – aux rencontres que nous faisions, aux relations qu'on entretenait avec l'autre. Arthur ne pouvait passer sa vie muré dans le silence et la solitude, à se plaindre de cette vie ingrate qui ne lui permettait de vivre qu'un quotidien banal, sans aucune surprise, ni événement. Il y avait bien des choses à voir et à découvrir, bien des gens dont la connaissance pourrait égayer sa triste existence. Il fallait vraiment que le blanc lapin sorte de sa coquille pour découvrir ce que le monde avait à lui offrir de passionnant – l'amour, l'amitié, des personnes capables de l'écouter se plaindre sans jamais le lui reprocher. Tout cela et bien d'autres. La vie était bien longue à Malkins. Il serait dommage de la passer en ermite, ne pensez-vous pas ? Si c'est le cas, allez donc faire changer d'avis l'autre !

Les portes de l'ascenseur -bien plus spacieux qu'il ne l'avait cru- s'ouvrirent enfin et le jeune homme y pénétra sur l'invitation de son hôte. La monté commença. Cyrus, en bon commerçant, combla le temps en faisant au blanc lapin une proposition qui, à dire vrai, ne suscita chez l'ingrat aucune envie, ni curiosité. Cependant, le White Rabbit se força à sourire et hocha vigoureusement la tête.

« Ce serait avec grand plaisir. Il ne m'a pas encore été donné de visiter votre charmante boutique, c'est donc l'occasion. En votre compagnie, cela ne pourrait être qu'un régale et une visite des plus intéressantes. »

Oh, le beau lancé de fleurs et sans bégayer, qui plus est ! Tu prends la main, mon lapin. Cependant, l'écarlate qui lui monta aux joues trahissait son embarras de tenir de tels propos. Tout comme le léger tremblement de sa voix. Ce garçon avait encore des progrès à faire. Dans tous les cas, Whithy espérait que la conclusion de cette petite affaire irait dans son sens. Il n'était pas vraiment prêt à subir l'humiliation d'un refus, ni a accepter d'avoir fait tout cela pour rien. Il essayait, pourtant, de ce préparer à cette triste sentence, se voyant déjà monter sur le terrifiant échafaud de la honte, mais rien n'y faisait. Ces choses là se subissaient, sinon quel intérêt ?
La cabine s'arrêta et laissa sortir les deux hommes. Mais quel spectacle ! Les yeux ébahis et la bouche grande ouverte, Arthur fit un pas en avant. Une luciole vint doucement lui chatouiller le nez, arrachant au lapin un sourire enfantin. S'il avait su que cet endroit abritait des choses aussi adorables, il serait venu plus tôt, rien que pour le plaisir des yeux. Heu... Mais à quoi pensait-il ? Comme si les mignonneries de ce genre avaient un quelconque attrait pour le garçon... Se reprenant difficilement, le White Rabbit suivit le magicien dans son bureau, plus nerveux que jamais.

L'antre du Big Boss. C'est ici, dans ce décors coloré, qu'allait se jouer la bataille finale. Invité à s'asseoir, Arthur posa une demi-fesse sur un fauteuil, craignant d'abimer la confortable chose avec son poids -ô combien grand...-, raide comme un porte-manteau et attendit le retour du directeur. Un plateau à la main, celui-ci ne tarda à apparaître. Eurk ! Pourquoi, parmi toutes les boissons existant en ce monde, Cyrus avait-il choisi le thé ? Arthur retint de justesse une grimasse et remercia l'homme qui lui faisait face tout en prenant la tasse, les mains légèrement tremblantes.

« Dix sucres, s'il vous plait. »

Le blanc lapin avait murmuré ces mots avec toute la timidité et la naïveté, dont il était capable, ne se rendant absolument pas compte de l'absurdité d'une telle demande. Il aurait, dès le départ, demandé du sucre aromatisé au thé, que la demande aurait paru moins saugrenue. Enfin, pour le jeune homme, tout ce qui importait, c'était de sentir le moins possible le goût de cette immonde boisson, que son cousin affectionnait tant. Sans compter que ses petites cellules grises étaient déjà obnubilées par la question précédente. Penser à deux choses en même temps était bien trop demander au garçon.

« Hé bien, votre boutique est la plus célèbre de Malkins, alors mon choix s'est naturellement porté sur Oz's. De plus, mon cousin Alexandre – vous le connaissez, il me semble- m'a beaucoup parlé de vous et de votre curiosité pour les objets magiques et étranges. »

Bon, là, Arthur fabulait un peu. Il n'était absolument pas sûr de ce qu'il avançait. Certes, le March Hare lui avait déjà parlé de Cyrus, mais comme le lapin blanc se contentait de hocher la tête sans écouter un traitre mot de ce que lui narrait Alex, il n'était absolument pas certain d'avoir entendu cela. Cependant, comme le Magicien d'Oz était une connaissance de son insupportable cousin, par simple déduction, le White Rabbit pouvait supposer que les deux hommes avaient des intérêts communs. Et puis, comme on dit : qui ne tente rien n'a rien, et il ne pouvait décemment pas dire à son hôte qu'il était la seule personne assez folle pour se laisser convaincre que le jeune homme connaissait.

« Je-je suis désolé de vous importuner de la sorte et ma démarche doit certainement vous surprendre, cependant il y a une bonne raison à cela... »

Ça fait trois jours que j'ai pas dormi à cause de ce maudit tapis et j'en ai ma claque, pensa-t-il antérieurement. Okay, mais la raison qu'il allait donné au magicien, c'était quoi ? Arthur se mordit la lèvre, réalisant que sa bouche venait de devancer son cerveau -une fois de plus... Sans compter que Cyrus allait sûrement lui demander l'origine du tapis. Coupable à l'avance, le messager baissa les yeux.

« Je-je n'ai point l'utilité de ce tapis, mais peut être que vous, Monsieur, arriveriez à lui en trouver une... »
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mr. tout-le-monde... ou pas !
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