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Le poulpe meurt, l'encre reste.
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the walking web ; hacker vaillant, rien d'impossible.
intrigue n°1
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01 Novembre 2011 - Happy Halloween !! Une ribambelle de citrouilles fait son apparition dans les smiley et l'event Chasse à la citrouille d'or s'organise. Aux participants ; vous avez jusque samedi matin pour vous concerter et confectionner votre kit de survie par ici. FIGHT ♥

28 Juin 2011 - Nouveau thème, tout frais-tout crème, un gros hiatus d'une semaine et deux jours. Crazy Tale fête ses deux ans et quelques miettes \ô/ On vous attend ici pour laisser un petit message d'amour ou simplement pour commenter les surprises qui débarquent enfin !

26 Juin 2011 - Mise à jour des top-partenaires décédés ou perdus de vue, si l'on vous a mangé votre bouton sans faire exprès, prévenez-nous !

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Ça gazouille, ça grésille, ça gazouille et ça frétille : Gazetteux, plume de poulet et encre de poulpe dans les mains, nous observons et nous sommes toujours là. La Gazette recrute et lobotomise, ici.

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Coups de cœur
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L'échappée Sauvage de la Mignonnerie { Jab ♥ }

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MessageSujet: L'échappée Sauvage de la Mignonnerie { Jab ♥ } Mer 7 Juil - 2:18

    « Aaah ! L’impertinent ! »

    « L’auriez-vous vu, vous en eussiez été révolté ! »

    « Révoltééééééééééééééééééééééé !!! »

    « Pourtant, il semblait si aimable, à son arrivée… »

    « Mais c’était compter sans cette odieuse… »

    « Horrible mégère ! Harpie tentaculaire ! »

    « Elle le maltraite forcément, le pauvre bougre… »

    « Il semblait pourtant si aimable, si aimable… »

    « Wooooooooooooooooooo, méchante mégèèèèèèèèèèèèèère !!! Très très très méchaaaaaaaante !! »

    « Elle lui a vilement refusé le simple honneur de nous adresser la parole ! »

    « A nous ! »

    « Nouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuus nous nouuuuuuuuuuuuuuus !!! »

    « Elles ou moi, qu’elle lui a dit ! Est-ce simplement concevable ?! »

    « Mais vous rendez-vous compte, Cyrus ?! »

    Honnêtement, il ne se rendait compte qu’à moitié – et encore, en étant largement optimiste. Mais il hocha néanmoins la tête, comme on en attendait de sa part. Et le dialogue simultané put reprendre son cours comme si de rien n’était – s’était-il seulement interrompu… ?

    Voilà bien quelques dizaines de minutes que le Magicien d’Oz avait entrepris son second inventaire de la journée – ce qu’il appelait affectueusement son petit tour de chez lui. Chaque jour, il inspectait scrupuleusement le contenu de ses étalages, avant et après les ventes. Un moyen comme tant d’autres de vérifier les actuelles tendances de la clientèle – quels étaient les produits qui avaient le plus de succès, quels étaient les plus demandés, que manquait-il aux autres pour plaire encore plus, et autant de divers et variés questionnements de créateur soucieux de la satisfaction de ses chers et très aimés clients. Par ailleurs, la méticuleuse inspection était également un agréable moyen de faire ses comptes. Oh, bien sommairement, certes. Il ne s’agissait que d’une manœuvre basique dans le but d’avoir une petite idée personnelle sur la chose. Après tout, ses affaires florissant aussi bien qu’un beau bouquet de coquelicots, il avait fini par se décider à investir dans un expert comptable. Et loin de lui l’idée que ce dernier, fraîchement engagé – depuis quelques mois – fût un incapable ou pis, un malhonnête personnage ! Jusque là, il avait bien fait son travail et se montrait fort zélé. A la limite, les soupçons pourraient être d’un autre genre, à ce stade, mais tant que ses affaires – et sa fortune, surtout – n’étaient pas menacées, Cyrus fermait les yeux. Partiellement, du moins – on n’était jamais trop prudent, n'est-ce pas…

    Le voici donc, depuis un bon moment, savourant l’un des instants qu’il préférait entre tous et qu’il réservait d’ailleurs pour la fin du petit tour d’inspection, à savoir l’entretien habituel avec les tasses Mademoiselle. Bouffée de tendresse paternelle, sous ses soieries chamarrées. Ce qu’elles pouvaient être mignonnes, à toutes parler en même temps et à lui raconter avec force fougue et passion les déboires et anecdotes rigolotes de la journée. Si on lui en laissait la possibilité, nul doute qu’il passerait des heures en leur compagnie, juste à les écouter piailler allègrement leur joie et leur indignation. Et comme toujours, c’était à regret qu’il les quittait pour remonter dans ses quartiers, même en sachant qu’elles seraient les premières qu’il irait saluer le lendemain matin.

    Prenant congé des demoiselles de porcelaine en s’assurant de les rassurer comme il se devait – mais certainement, il ne remettait nullement en cause leur charme naturel et savait pertinemment que le client, gonflé d’impertinence et de lâcheté, ne les avait dédaignées que parce qu’il subissait silencieusement le joug tyrannique d’une commère despotique – Cyrus traversa la jolie tapisserie murale et pénétra dans le Bureau d’un pas guilleret, quoique légèrement las – fin de journée oblige. Et comme il commençait à en prendre l’habitude, depuis quelques temps, il s’annonça d’un ton léger, par un simple :

    « Evariste ! Etes-vous toujours là, mon cher ? »

    Et si tout allait bien, Evariste répondrait que oui, il était toujours là. En réalité, l’expert comptable semblait être un excellent investissement – à court comme à long terme. Arrivé aux aurores, il partait en dernier, bien après les autres employés, y compris les plus retardataires, sans jamais déroger à cette règle qu’il semblait s’être imposée à lui-même – ses horaires n’étaient d’ailleurs pas véritablement fixes et digne des meilleures horloges wonderlandiennes, mais ils étaient toujours caractérisés par cette sorte de constance méticuleuse qui aurait presque pu paraître suspecte, en d’autres temps et en d’autres lieux. Aurait-il donc quelque chose à cacher, ce bon petit aveugle ? – qui avait tout de même quelques centimètres de plus que lui…

    C’est alors qu’un flope-flopement incongru qui n’aurait certainement pas dû se trouver en cet endroit en cet instant, parvint aux oreilles de Cyrus. Hum ? Il n’y avait pourtant pas de puddy, dans le Bureau… Se pouvait-il que, rentré plus tôt que d’habitude – quoiqu’il n’en eût pas l’impression – il était en passe de surprendre quelque jeu étrange entre son comptable et un petit cube adorablement gélatineux ? Découvrirait-il un passé tumultueux baignant dans la mignonnerie, derrière cet homme aux allures si sévères ? Oh, ça ne l’étonnerait pas tant que cela, en vérité ! Mieux, il l’espérait presque – cela serait si amusant ! Cependant, il lui fallut se résigner – temporairement, du moins – à une toute autre explication. Voire à aucune explication du tout. Le Magicien arqua un sourcil sensiblement surpris.

    « … Puis-je savoir au juste ce qui se passe, ici ? »

    Sous ses yeux ébahis, le digne Evariste était aux prises avec cinq – non, six – puddies avides de tendresse, tandis que quatre ou cinq autres flope-flopaient joyeusement dans tout le Bureau. Et depuis son perchoir plafonnier, Dame Flora riait doucement…



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mr. tout-le-monde... ou pas !
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MessageSujet: Re: L'échappée Sauvage de la Mignonnerie { Jab ♥ } Mar 13 Juil - 0:09

Il existe une règle, dans le monde des contes de fées, qui affirme que plus l'histoire commence mal, plus elle se terminera dans l'allégresse et le bonheur guimauve. Ainsi, la belle princesse qui bêtement au début de notre histoire se retrouve orpheline, miséreuse et gardienne de chèvres dans un trou paumé finira invariablement par épouser un prince -charmant, comme de juste- qui justement serait de passage dans les environs. A l'inverse, ce qui commence plutôt bien se terminera fatalement de façon tragique, par exemple la servante de la jeune altesse qui se libère enfin de son carcan social, et mène une vie de château bien méritée après de longues années de servitude et d'humiliation… Elle sera fatalement dénoncée par son ex-maitresse indignée d'un tel opportunisme et sera exécutée dans de longues et atroces souffrances. Cette règle invariable ne s'applique -malheureusement!- pas uniquement aux grandes épopées connues de tout un chacun mais également souvent dans la vie de tous les jours. Et plus particulièrement la mienne. Ma journée avait très bien commencé. Il était donc parfaitement logique qu'elle se termine mal, très très mal…

Tout avait donc bien démarré, la routine habituelle, ma chère et tendre routine. Il ne faisait pas tout à fait jour quand j'ai traversé Woollyland, qui se remettait à peine de ses crimes de la nuit. Elle frissonnait encore, dans l'obscurité nue qui ne me gênait pas. C'était l'heure d'entre deux, celle où les noctambules se décident enfin à dormir, et où les braves gens ne sont pas encore réveillés. C'était un peu mon heure. Je m'arrête un instant devant le monstre qui, je le sais, étale sa devanture colorée face à la misère du monde, écrasant de hauteur et d'imposante gaieté entre deux maisons trop petites et une boutique fermée. Immense! Et si haut! Il imposait sa croissance tentaculaire tant au monde des finance qu'à la réalité plus tangible, semblant s'étendre sans cesse, sans que rien ne semble pouvoir le stopper. Un titan!

Et j'aime à me dire, parfois, que la machine infernale qu'à lancé ce magicien et qui respire, là, devant moi, de toute la force de ses ventilations et de ses craquements de bâtisse neuve, est plus puissante que l'Autre. C'est rassurant, en un sens… Et c'est peut-être pour ça que j'aime cet endroit, qui mange des quantités astronomiques d'argent et en crée davantage encore. Je m'accorde facilement à ce genre de rouage, je m'y glisse, je l'huile amoureusement, décuple, centuple son efficacité. Les autres ont le génie, et moi… moi je l'exploite. C'est en souriant que je pousse la porte et traverse la tapisserie enchantée, pour commencer enfin mon travail, dans le lieu encore désert. J'aime mon boulot.

Ma main parcourait pensivement la fiche technique du producteur d'un alliage raffiné dont il vantait les qualités pour le support de magie en tous genre, justifiant pas sa résistance supposée un tarif légèrement plus élevé que celui de son concurrent. L'examen attentif des comptes -piratés- de son usine me laissaient quelque peu dubitatif. Si mes calculs étaient exacts, et ils le sont toujours, le coût de production était inférieur à ce qu'ils annonçaient et les points en bourses de l'entreprise largement surestimé. Qui plus est, je…

Flop flop flop.

… trouvait suspecte l'absence de compte-rendu de contrôle qualités ou de chaine de fabrication détaillée. Il me…

Flop flop flop.

… semblait probable que c'était une arnaque monumentale, d'autant plus que la société était récente et semblait…

Flop flop flop.

… s'appuyer sur nous pour son lancement. Il fallait résilier nos contrats et…

Flop flop flop!

… et le bruit inconnu qui m'agaçait depuis tout à l'heure était à présent bien trop proche à mon goût. Je me levais, posait Phil sur le bureau, avançait d'un pas. Le bruit un peu spongieux ne s'était pas arrêté. Je soupirais, me frottait l'arrête du nez dans un geste agacé. Allons, du calme. Un animal s'était vraisemblablement échappé de l'étage qu'il habitait et avait sautillé, par on ne savait trop quel miracle, jusqu'au Bureau. Dès qu'il me verrait, il ferait comme tous les animaux que j'ai croisé toute ma vie: il couinerait de surprise et fuirait flop-floper plus loin. J'ai toujours fait très peur aux non-humains: sans doute parce qu'ils sentent l'Autre en moi…. Aussi rien, absolument rien ne me préparait à ce qui allait suivre.

Un… truc visqueux et gélatineux, mou, venait de m'atterrir en plein visage et coulait lentement le long de la joue. Je restais, un instant, stupidement figé par la surprise, puis, passablement effrayé, empoignait la chose et la jetait au loin, dégouté. Pour la sentir presque aussitôt revenir, s'agripper à ma jambe, monter, et se caler sur mon torse par je ne savais quel miracle qu'en temps normal la gravité interdisait. Une brève pensée émue pour mon costume: gris, de bonne facture, il m'avait coûté plus que je n'étais prêt à en gaspiller pour une gelée sautillante trop affectueuse. Ou peut-être agressive, je ne savais pas trop. Je le chassais, à nouveau, et m'armais dans un réflexe quelque peu étrange d'un dossier épais, terriblement lourd… que j'écrasais sans pitié sur la bestiole.

- Inutile. C'est un puddy.

La phrase laconique de mon téléphone m'appris deux choses: la première, c'est que cet être dénué d'instinct ne pouvait en effet pas me craindre, la seconde, que je ne pouvais pas l'éliminer durablement. Sitôt le dossier enlevé, le gluant repartit à l'assaut.

Il faut que vous sachiez une chose: je ne suis pas formé à lutter contre quelque chose bougeant relativement plus vite que le dossier de comptabilité de corpulence moyenne. L'adversaire acharné que représentait le Puddy dépassait mes compétences. En proie à une formidable irritation, j'eus pourtant un réflexe inespéré, pour l'aveugle que je suis. J'écrasais le carton rigide de mes comptes sur la bestiole en plein vol et le propulsais par un heureux hasard à travers la tapisserie. Comme quoi il m'arrive d'avoir un peu de chance. Je retrouvais, d'égarements en égarements, un peu à tâtons, le chemin de mon bureau, plus ou moins guidé par la voix moqueuse de Philionnel. Était-ce ma faute si dans ma lutte contre l'envahisseur j'avais laissé ma canne contre le meuble? Mais…

- Attention!!

… je fus frappé dans le dos par une multitude d'adversaires pugnaces et vindicatifs, désireux d'honorer leur camarade tombé au combat. Je ravalais un grognement -dignité, dignité- et me retournais, maugréant des imprécations acides et bien senties exprimant tout ce que je pensais de la magie, des magiciens et plus particulièrement de l'un d'entre eux. Pourtant, j'aimais bien Cyrus, son génie économique, ses manières policées pour extorquer le plus possible, sa distance et enfin, la façon soigneuse qu'il avait de ne pas trop fouiller dans mes horaires ou mon passif. C'est grâce à lui si je sortait un peu la tête du monde du crime organisé. Mais parfois… sur ce genre de chose… je lui aurais volontiers fait avaler son puddy. Parce que je suis sûr que ce bazar ne peut être que de sa faute. Et puis quelle idée, d'inventer ces trucs. C'était forcément une idée stupide de…

- Evariste ! Êtes-vous toujours là, mon cher ?
- Où veux-tu qu'il soit???

Irfane merci, mon téléphone peut parler pour moi. Cyrus sait que je suis toujours là.

- Cet ahuri ne peut pas se déplacer tout seul, de toute façon.

… bon. Je présume que je ne pouvais pas exiger qu'il parle pour moi ET qu'il soit courtois. C'était trop demander. J'entends le mage approcher, entre les bruits visqueux qui perturbent quelque peu mon écholocalisation et les gloussements du portrait avec qui mes rapports restent… tendus.

- … Puis-je savoir au juste ce qui se passe, ici ?

Dans un effort de rester digne, je me redresse, met mes lunettes noires -j'ai toujours jugé inutile d'imposer à Cyrus le poids de mes yeux morts. Au moment précis où il rentre, je suis debout, raide, en train de réajuster ma cravate, immobile… et couvert de Puddies acharnés. Je ravale tranquillement ma grimace hargneuse, retrouve mon calme proverbial, et…

- C'est inutile, Evariste. Les puddies sur toi sont d'un rouge vif qui ne trompe pas.

… et abat mon poing violemment sur Philionnel. Il agonise dans un grésillement vindicatif: peu importe. Il a une fonction auto-réparatrice et au moins, me fichera la paix pendant un moment. Je le glisse dans ma poche.
Mes lèvres s'étirent dans un rictus de mauvaise augure, et je persiffle:

- A vrai dire, je voudrais bien le savoir!!

Non, ce n'est pas un éclat d'énervement désabusé qui a percé ma voix atone. Bien sûr que non.
J'arrache d'un geste brusque un de mes ennemis gélatineux accroché à mon cou, et le lance au hasard. Le plus loin possible. Je ne sais pas qu'il atterri à moins de vingt centimètre du visage de Cyrus, bien sûr. Mais ça ne m'aurait pas foncièrement déplu. Avec un peu de satisfaction vengeresse, j'entends les bruits de gelée bondissante se diriger vers lui. Il est prit pour cible, à son tour. Je paierais cher -enfin, façon de parler- pour assister au spectacle d'un magicien d'Oz assailli par les ardeurs dégoulinantes d'une bande de puddies en rut, mais je ne peux qu'imaginer. Ce qui est déjà une petite compensation...
Soupir.
Clopin-clopant, ralenti par l'assaut continu et gluant sur ma personne, traversant un espace hostile, je parviens jusqu'au mage. Plus miraculeux encore, j'arrive à garder une expression relativement impassible. Et si ma main se crispe un peu sur l'épaule-guide de mon employeur, ce n'est pas tout à fait ma faute…. Et non, non, je ne grince pas des dents. Je remonte le long d'un rang de perles, écarte un tissu inconnu, un autre… trouve son visage. Bon, il est surpris.

Soulagé, j'écarte la potentialité d'une blague d'un goût navrant. Reste -comme toujours- le pire à envisager.

- Cyrus, dites-moi… avez-vous inspecté l'animalerie?

J'ai comme le pressentiment que nos problèmes ne font que commencer.


Le jour où les terriens prendront figure humaine
J'enlèverai ma cagoule pour entrer dans l'arène
Et je viendrai troubler de mon cri distordu
Les chants d'espoir qui bavent aux lèvres des statues
Thiéfaine
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MessageSujet: Re: L'échappée Sauvage de la Mignonnerie { Jab ♥ } Sam 24 Juil - 0:26

    Une invasion de puddies dans le Bureau ? Voilà qui expliquait certainement le flope-flopement insolite qui l’avait accueilli. Certes, la présence des adorables cubes était, en elle-même, dépourvue d’explication logique et plausible, mais… Qu’importait la Logique, après tout ! La première surprise passée, le sourire de Cyrus retrouva tout son éclat, poussant même l’allégresse jusqu’à se teinter vivement d’un amusement à peine contenu – de la joie mesquine et non-assumée d’avoir un aveugle comme vis-à-vis – fard si léger et qu’il aimait tant. Parce que, à dire vrai, la cocasserie de la situation n’échappait guère à son regard malicieux de connaisseur. Pas plus que l’amabilité du… charmant assistant de son comptable, qui répondait – plus ou moins, selon ses humeurs – au digne nom de Philionnel et était à lui seul un monument d’affabilité, doté, pour ne rien gâcher, du raffiné don de toujours avoir le mot qu’il fallait à l’exact instant où il le fallait. Et qui, dans sa grande douceur et infinie candeur, prenait l’ingénue liberté de le tutoyer. Et qui se plaignait constamment sans démordre de ses opinions savait toujours, avec justesse, exprimer la tendresse de ses sentiments, utilisant pour cela un rafraîchissant langage aux images recherchées. Un monstre d’inventivité, en somme… Bwahaha, parfois, le Magicien plaignait presque Evariste. Bah, c’était lui qui l’avait choisi pour compagnon, après tout… Hu hu…

    Il ne s’attarda donc pas sur la délicate salutation qu’on lui lançait savamment – quoiqu’il doutât qu’il y eut réellement salutation, omettant le traditionnel « Ravi de vous revoir également, Philionnel. », et n’y répondant que par un distrait hochement de tête, toute son attention ayant honteusement été monopolisée par l’armée de puddies qui avait envahi le bureau – et l’ « ahuri » comptable, surtout. Si cela n’était pas un spectacle rare à conserver jalousement dans un écrin de précieux velours, il voulait bien inviter Narcisse à prendre le thé dans sa chambre ! Frisson réprimé – oui, bon, peut-être pas à ce point, quand même. Mais faute de pouvoir garder cet instant mémorable – Evariste ne l’y autoriserait jamais, quelle tristesse ! – il pourrait tout aussi bien l’immortaliser sur une toile – même s’il ne s’était jamais connu d’affinités particulières avec la manipulation de couleurs liquides, il n’allait pas commencer à tergiverser à propos de détails de cette nature, n’est-ce pas. La Dignité aux prises avec la Mignonnerie… Nul doute qu’il serait très vite élevé au rang d’Artiste aimé et émérite ! L’Art et la Fortune étaient à lui, pour peu qu’il se donnât la peine d’animer un pinceau magique. Bwahaha, il pourrait même ouvrir une galerie, à Oz’s ! Et le tableau serait d’autant plus superbe que, suite à la pertinente remarque du défunt assistant – le Magicien lui commanderait une couronne mortuaire – la couleur des puddies, s’approfondissant joyeusement, semblait vouloir explorer toutes les teintes de rouge connues pour trouver la plus colérique – il en aurait presque été jaloux s’il ne s’amusait tant. Aah… Que ne donnerait-il pour être plus souvent témoin d’un si délectable spectacle !

    Le passage intempestif d’un puddy à quelques centimètres de son cher et populaire visage le tira alors de ses pensées guillerettes, si peu moqueuses. S’il avait été de ce bord-là, il aurait été tenté de croire qu’il était victime d’une divine punition poivronnifère, visant à l’admonester pour s’être égaré dans des rêveries peu honorables… Mais à la vérité, il aimait bien trop ses gélatineuses créatures pour se laisser heurter par de telles suppositions. Ainsi, ce fut les bras grand ouverts et un chaleureux sourire accroché à ses lèvres que Cyrus accueillit les puddies qui se précipitaient vers lui, tout flop-flopants et tremblotants de joie, manifestement à la recherche d’une gluante affection que le comptable en habit n’était pas en mesure de leur fournir. Et par égard pour lui, le Magicien dut se retenir de sautiller bêtement pour exprimer son contentement juvénile. Pauvre enfant obscur, tout de même… Bah, il le ferait changer, cela n’avait rien de trop compliqué et il avait vu bien pire ! Foi de Magicien, il ne lui laissait que quelques semaines avant de le voir abandonner ses noirceurs pour des humeurs plus colorées. Il en faisait une affaire personnelle, hu…

    L’éclat diaphane d’un rire cristallin résonna dans la pièce, interrompant ses fourbes machinations polychromatiques. Sourire complice alors que Cyrus levait la tête vers les douceurs hilares qui hantaient le plafond. Evariste ignorait visiblement quel drame le frappait, mais Elle… ?

    « Dites-moi, ma chère Flora, n’auriez-vous pas, par le plus heureux hasard, une idée quelconque de la raison pour laquelle ces adorables créatures se trouvent ici plutôt que dans leur vivarium ? »

    « Et comment le saurais-je, mon ami ? »

    Allons bon, l’illusion chamarrée était décidément d’humeur guillerette et fort joueuse. Et désormais, Cyrus en était sûr, elle savait. Dame Flora n’était pas un système d’alarme particulièrement perfectionné : elle était savamment reliée au système d’alarme. Un moyen comme un autre de ne pas devoir faire des kilomètres dans les couloirs de la Boutique pour savoir ce qui s’y passait. Malgré tout, comme la perfection était rare, en ce monde, il s’avérait que la mignonne, en bonne enfant délicieusement capricieuse, daignait rarement faire part de son savoir lorsque la Boutique ne se trouvait pas en cas de danger imminent. Et de toute évidence, elle ne l’était pas, en cet instant de tragique affection. Soit, tant pis. Sourire joueur, sous les petits bouts d’amour gluants. Après tout, qu’importait la raison ? Cela ne changerait rien à la situation, n’est-ce pas ?

    Une main se tendit alors vers le Magicien. Ho ho ! Voici qu’il devait faire bien attention à ce qu’il allait faire. La poigne d’Evariste enserra son épaule et, au prix d’un effort considérable, Cyrus parvint à réprimer au fond de sa gorge cette hilarité qui menaçait de rebondir sur les murs capitonnés du Bureau. Et vite, se composer un visage ! Mais lequel ? Affliction ? Compassion ? Horreur devant le carnage ? … Peut-être était-ce un peu fort, par contre… Oh ! Il l’avait trouvé, le parfait visage de circonstance ! La Surprise ! Et il n’eut que le temps de laisser son sourire s’effacer quelque peu, et d’arquer légèrement un sourcil. Hinhin. Certes, c’était vil et bas, de se jouer ainsi d’un aveugle. Mais y pouvait-il vraiment quelque chose ? Alors que c’était si tentant, tellement… à sa portée. Comment résister ?! Bah… Plus tard, il lui offrirait du thé pour se faire pardonner, comme à son habitude… C’est alors que la question tomba, à la façon d’un alhyenn trop entreprenant. S’il avait inspecté l’animalerie… ?

    « Mais non, pas encore… »

    Maintenant qu’il y pensait, pourquoi diable était-il revenu au Bureau avant d’avoir fini son petit tour quotidien ? Un oubli ? Ou un coup de la Fatalité, comme Elle se plaisait à lui répéter, en d’autres temps et en d’autres lieux… ? Hum… Cela faisait beaucoup de questions, en définitive.

    « Je suppose qu’il est plus que temps d’y remédier, n’est-ce pas, mon cher ? M’accompagnerez-vous, ou préférez-vous monter la garde ici même ? »

    Question de pure rhétorique, s’il en est. Il n’était certainement point nécessaire de la poser pour en avoir la réponse, mais, en sa triple qualité d’hôte attentionné, embaucheur magnanime et gentleman élégant, Cyrus se devait de donner le change, courtoisie oblige. Avant toute chose, songer à sa sacro-sainte Réputation, diantre !

    C’est ainsi qu’employeur et employé se retrouvèrent au Cinquième. Qui ressemblait beaucoup plus à un cirque qu’à l’un des étages d’une célèbre firme de Magie… Par tous les poivrons poulpesques, que s’était-il donc passé ?! Ses vitrines étaient pourtant inviolables, il en était sûr ! Et pourtant, tous ces puddies qui semaient la pagaille dans son bel étage, sous les regards blasés, curieux et furibonds des dragonnets et autres mignonneries… Aucun doute n’était permis, pour une raison ou une autre, le charme du vivarium aux puddies avait été rompu. C’était une tragédie. Un véritable désastre. Comment cela se pouvait-il ?! … Cyrus prit une profonde inspiration. Cela ne servait à rien de se laisser emporter. Sourire calme. Se fâcher ne ferait que parcheminer de rides son visage si prisé, après tout, et ce serait encore plus désastreux… Bon. Et maintenant, rassurer le comptable qui n’y voyait point – mais qui ne devait pas manquer les flope-flopements, aussi multiples que joyeux.

    « Evariste, vous ne me croirez peut-être pas, mais… Pour une raison ou une autre, les puddies ont quitté leur vivarium et se font une joie d’explorer l’étage. »

    Voici pour le préambule. Restait le plus intéressant – et, pris sous un certain angle relativement tordu, le plus amusant.

    « Et je ne voudrais certainement pas abuser de votre temps et de votre amabilité, mais… Il va falloir les récupérer… »

    Et Bwahaha intérieur de circonstance. Cyrus était très curieux de connaître la suite des évènements. Mais avant tout… Aller examiner la vitrine enchantée de plus près. Non, vraiment, sa magie ne pouvait avoir faibli de la sorte… Ce serait tellement ridicule…


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MessageSujet: Re: L'échappée Sauvage de la Mignonnerie { Jab ♥ } Mer 11 Aoû - 20:43

Le puddy, seul, loin de ses congénères, est un adversaire flop-floppant relativement inoffensif. Son attaque la plus redoutable est de sautiller sur les gens pour ruiner leurs vêtements. Par exemple les miens, en cet instant. Ce qui en soi en fait un ennemi gênant, irritant au possible, mais pas foncièrement périlleux ou digne d'un grand intérêt. Fort de ma nouvelle expérience, je peux à présent vous l'affirmer: on sous-estime grandement le puddy. Cette créature redoutable sous ses allures de bouboule gluante se révèle, en nombre, un opposant dangereux, pugnace et vindicatif! La spécialité de cette horde est d'entraver les mouvements et de perturber tous mes repères. J'étais égaré. Complètement égaré. Tous mes repères sonores étaient noyés dans les bruits spongieux environnants, tout se mélangeait, submergé, noyé. Toutes les odeurs étaient absorbés et gommés par la violente vague sucrée et presque aqueuse, une odeur de gelée étouffante. Ma canne heurtait des petites masses molle. Le monde n'est pas stone: il est Puddy!

En somme, la main crispée sur l'épaule de mon guide -de fortune, j'étais en proie à une profonde confusion, frisant joyeusement le désespoir. J'aimais avoir un monde bien ordonné, logique, carré et confortable. Il n'était pas prévu, dans ce schéma de pensée, l'invasion de bestioles sautillantes crées par un magicien fou. Mais alors, pas prévu du tout. Et la suite n'était vraiment pas pour me rassurer…
L'ordre de partir en exploration au cinquième, bien que camouflé sous couvert d'affabilité polie, n'en restait pas moins un ordre. J'avais trop… l'expérience de l'autorité pour ne pas savoir en reconnaître les accents, et même si Cyrus savait à merveille jouer les indulgents, pirouetter pour faire oublier son statut, obtenir des gens des services, plus que des obligations… Mais moi, il ne m'aurait pas. Pas si facilement, tout du moins. J'esquissais quelque chose pouvant vaguement passer pour un rictus affable avec beaucoup d'imagination et raffermissait ma prise.

- Allons-y, je suppose.

Et il n'y avait pas dans ma voix la plus petite trace d'enthousiasme. Je glissais dans la poche de mon pantalon les débris de Philionnel -un petit frémissement électrique quand je le touchais m'indiqua qu'il se reconstituait déjà. Dans moins de dix minutes il nous émerveillerait à nouveau de sa joie et de son affabilité, mais en attendant c'était un peu de calme bienvenu.

Et nous partîmes, le cœur joyeux -ou presque, trébuchant sur les gluants et leur affection en chausse-trappe. Le parcours dans le corridor fut un véritable calvaire, les petites créatures bougeant trop vite pour que ma canne ne me délivre des informations actualisées. Comprenez que c'est un outil très pratique pour repérer les obstacles se mouvant à la vitesse moyenne de la marche d'escalier domestiquée ou la plaque d'égout docile. Pour le puddy, c'est déjà plus délicat. Plusieurs fois, je dû me rattraper à mon employeur, qui avait la délicatesse de faire comme si de rien n'était. Je sais que ça ne devait pas être facile: la plupart du temps, mon contact et ma dépendance occasionnent une gêne chez mon guide, et j'étais sincèrement reconnaissant de la sollicitude de Cyrus, malgré le déplaisir que je lui occasionnais. De là à le lui dire, il y avait un monde, bien sûr. Dignité, a-t-on dit…

Après un énième trébuchement, un rattrapage délicat, un remontage en règle de lunettes sur nez, l'immobilité soudaine du mage m'informa que nous étions arrivés à destination. Je fronçais le nez: l'odeur d'eau sucrée était bien plus présente, ici, et les bruits incessants d'autant plus déstabilisants. Une quantité inimaginable de flop-flops! Je n'osais imaginer… Ma main se crispa légèrement sur la patronnesque épaule.

- Oh, ciel…
- Evariste, vous ne me croirez peut-être pas, mais… Pour une raison ou une autre, les puddies ont quitté leur vivarium et se font une joie d’explorer l’étage.

Cela ne faisait que confirmer mes pires craintes. Un instant, je tentais de calculer les pertes possible, le coût des réparations… renonçait. Mon moral était déjà au plus bas, j'y songerai plus tard. Un long, sonore et résolument désespéré soupir m'échappa.
Maintenant qu'il en avait la confirmation, il faudrait qu'il remonte, chasse les intrus du bureau avant de pouvoir enfin travailler et…

- Et je ne voudrais certainement pas abuser de votre temps et de votre amabilité, mais… Il va falloir les récupérer…

… et reprendre le cours normal des choses. Ce n'était après tout qu'un ennui passager et…
Et…
Oh, non. Non..

- Cyrus. Vous plaisantez, n'est-ce pas?!?

Bien sûr, ça ne pouvait être qu'une mauvaise, très mauvaise blague. N'est-ce pas? N'est-ce pas?!?
Le silence fut une réponse tout à fait explicite. Je sentis mon visage se décomposer au fur et à mesure que je prenais conscience de la situation.
J'étais aveugle. J'étais possédé par un monstre douteux, j'avais été condamné, dénigré, dépossédé, emprisonné. Le monde me hait. Je perdais la maîtrise de la langue tous les mois. Je vivais entourés de fous qui traitaient, pour la plupart, l'argent avec une désinvolture qui me faisait perdre l'esprit. Et j'ai survécu à tout ça. Mais l'idée de partir à la chasse aux puddies avec… avec…
Ô rage, ô désespoir.

- Vous avez complètement perdu l'esprit.

Ça sonnait presque comme une supplique. Tout mais pas ça.
Comprenez-moi, j'apprécie beaucoup le magicien. C'est un homme brillant, sympathique, la plupart du temps employeur complaisant et hôte délicat. C'est un formidable homme d'affaire et il a un incroyable génie. Mais il manque singulièrement de sens pratique. Je vivais dans la nuit la plus totale. Comment diable voulait-il que je capture le plus petit puddy?!?
Encore une fois, je savais que je n'avais pas le choix, bien sûr. C'était dans les tout petits alinéas du fond de mon contrats: je pouvais être appelé à remplir une tâche dérivant légèrement de mon travail habituel tant qu'elle restait dans le cadre strictement professionnel. Restait à déterminer si la traque du gluant bondissant était comprise dans le dit cadre… Cyrus, lui, semblait ne pas en douter.

Avec la résignation digne de celui qui, stoïque, monte les marches de l'échafaud, j'ôtais lentement ma veste de costume, déjà bien atteinte par l'affection collante des gelées en cavale, en guise de filet de fortune. C'était un geste vain -mais j'avais lu quelque part que c'était bien plus beau lorsque c'était inutile. Très noble ou essayant du moins de m'en convaincre, je tournais mes yeux morts vers le carnage qui devait, selon toute probabilité, s'étendre dans l'animalerie.
Ôter mon veston et me retrouver en chemise avait dû libérer quelques légères particules olfactives: j'entendis des sifflements rageurs, des feulements de craintes, des mouvements précipités. Ah… Ah oui, c'est vrai, les animaux me redoutent. Ils doivent sentir l'Autre, je suppose… Je grince des dents, lâchant un juron à voix basse. Ce n'est pas le moment.

- Et l'aut' coloré ferait mieux de réparer le vivarium au lieu de bader!

Ah… ça ne pouvait pas durer bien longtemps non plus, je suppose. La poisse me colle aux mocassins comme un poulpe amoureux.
Courageusement, je fais un pas en avant… Les flop-flops s'arrêtent. Inquiet, je reste immobile… en attente anxieuse de…
De la marée de Puddies qui ne pouvait manquer venir me submerger. Je tangue un peu, stoïque dans la souffrance, alors que la horde m'arrache mes lunettes -je ferme aussitôt les yeux. Il est des indécences que l'on n'impose pas…
Mais mon sacrifice, et celui de ma chemise noire saccagée, n'aura pas été vain. Dans mon poing triomphal, ce qui fut un jour une veste se tortille sous les agitations d'une troupe de gluants savamment -et surtout par pure chance- capturés.

- Bravo mon grand. Et pour les mille autres?

Il me faut un meilleur plan, pour les mille autres.


Le jour où les terriens prendront figure humaine
J'enlèverai ma cagoule pour entrer dans l'arène
Et je viendrai troubler de mon cri distordu
Les chants d'espoir qui bavent aux lèvres des statues
Thiéfaine
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The Jabberwock
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MessageSujet: Re: L'échappée Sauvage de la Mignonnerie { Jab ♥ } Sam 20 Nov - 18:21

    L'avantage certain qu'il y avait à travailler avec Evariste plutôt qu'avec d'autres experts comptables était sans nul doute que, quelque soit le taux d'ondes négatives qu'il pouvait émettre, détériorant ainsi de façon non négligeable la paisible atmosphère de Malkins – cela ne l'étonnerait d'ailleurs pas d'apprendre un jour que si la vie était devenue aussi dangereuse, en ces magiques contrées, c'était à cause d'une secte de la Mauvaise Humeur – le cher Evariste ne discutait jamais les ordres – si aimables et courtois – qu'il recevait. Pourtant, il était évident que le fringuant jeune homme était de tempérament revêche – le pauvre enfant avait dû s'égarer dans les méandres de la Bougonnerie, – en attestaient ses sourcils perpétuellement froncés et ce petit air raide et rigide – digne, dira-t-on – qu'il semblait mettre un point d'honneur à ne jamais quitter. Non pas que cela le dérangeât, après tout. Un point sur lequel ils étaient très vite tombés d'accord – sans même se faire mal, eh ! – était que les fonctions d'Evariste n'auraient pas à lui faire rencontrer la moindre clientèle, aussi docile fut-elle. Cyrus n'avait pas insisté – pensez donc, aucun client d'Oz's ne devait rencontrer pareil ronchon, sous aucun prétexte, car l'image de la Boutique ne s'en remettrait très certainement pas. Sans trop se poser de questions sur cette étrange et exacerbée timidité, il avait été bien trop heureux d'accepter ces conditions, se laissant parfois aller – chassez le naturel, il revient au galop – à se dire qu'il avait bien quelques doutes, plus ou moins fondés, jamais assumés. Et sitôt clarifiés, il s'efforçait de les rejeter loin de lui, curieuse danse du paradoxe. Un honnête commerçant n'employait que d'honnêtes comptables et n'avait que faire de scabreuses suppositions de mauvais goût, qui mettaient d'ailleurs en jeu sa sacro-sainte réputation. Par ailleurs, il s'amusait bien trop avec Evariste pour se permettre d'accorder foi à ses dangereuses spéculations. On ne quittait pas ce qui était devenu un hobby à part entière sous prétexte de… de rien, d'ailleurs. Point de malentendu, du reste. Et la situation n'avait rien de compliqué, voyons ! La vie était décidément bien belle, pour un commerce aussi florissant que le sien.

    Les Poivrons Célestes semblaient l'avoir dans leurs faveurs, quoiqu'il se posât encore quelques questions. Flope-flopements réguliers, comme si les puddies craignaient que l'attention de leur créateur ne leur échappât. Sourire feutré. Allons, charmants petits, vous n'avez pourtant pas à vous inquiéter pour si peu. Lui, par contre… Galamment, le Magicien avait étouffé un soupir alors que la main d'Evariste avait sensiblement enserré son épaule. C'est qu'il avait la poigne solide, ce garçon ! Hm… S'il n'avait aucun souci à se faire quant à l'obéissance de son comptable – puissent les Instances Supérieures le garder ainsi, dans leur Grande Mansuétude – il n'était en revanche point d'abri assez sûr pour ses pauvres épaules. Allons bon, sa peau était sensible, et il ne manquerait pas d'y trouver quelques ecchymoses violacées, lorsqu'il s'examinerait ce soir. Quelle tristesse, tout de même, d'être un employeur attentionné ! Il lui faudrait songer à développer un système de localisation magique, à l'occasion. Le jour où il se déciderait à se lancer dans l'industrie paramédicale… Frisson réprimé. Non, en fait. Si un jour, il devait créer pareil engin, ce serait en exemplaire unique – soyons fous et offrons donc un petit quelque chose au zélé comptable en remerciement de ses bons et loyaux services… Hm… Peut-être le jour où sonnerait l'heure de sa retraite, qui sait. Il n'y avait plus qu'à espérer que celle-ci soit encore bien éloignée ! Eh, il n'avait pas encore fini de le gentiment martyriser, son cher employé ! Bwahaha, il ne s'en lassait décidément pas…

    Bien, trêve d'enfantillages, il avait une invasion à stopper. Evariste lui demanda s'il plaisantait. Un sourire lupin lui répondit. On ne plaisantait jamais en de pareilles occasions, allons… Certes, Cyrus ne se rendit compte que deux secondes trop tard que, du fait de son improbable cécité, celui qu'il avait pensé charmer – ou tout du moins agacer – par la pétillance d'un fard malicieux restait totalement insensible à sa manœuvre – pourtant fort ingénieuse, elle l'avait mille fois prouvé auparavant. En définitive, le charmant comptable n'eut pour seule réponse que le silence. Qui ne dit mot consent, affirme l'adage, mais le Magicien aimait à sortir du lot, et dans son cas, qui ne dit mot confirme vos plus terribles craintes. Bwahaha ! … Tout compte fait, il le lui offrirait peut-être plus tôt que prévu, son localiseur magique. La version toutes options – biscornues – bien entendu !

    Vous avez complètement perdu l'esprit. Oh, mon pauvre ami, vous n'imaginez pas à quel point, hu hu ! N'était-il pas en train de songer à offrir quelque chose à quelqu'un ? Lui ! Une œuvre originale et exclusive, qui plus est ! Non vraiment, fallait-il être perturbé ! Cyrus tapota légèrement l'épaule d'Evariste, dans un geste qui se voulait rassurant – ou pas.

    « Allons, mon ami, je vous fais totalement confiance. Vous êtes un jeune homme plein de ressource, n'est-ce pas… ? »

    C'était indéniable, il avait définitivement perdu l'esprit. Ou du moins, était-ce ce qu'il espérait secrètement que le comptable pense. La Raison résignée face à la Folie – surtout lorsqu'elle n'en était pas, ou pas tant que cela – était un spectacle d'une rare beauté. Vraiment, il ne se lassait pas de l'embêter… Sourire éclatant, alors qu'il portait son dernier coup.

    « Et ne soyez pas trop méchant avec eux, ces petits vous adorent. »

    Gloussant de joie, il s'en alla alors vers l'objet sur lequel ses pensées étaient – en sourdine – focalisées ; le vivarium aux puddies. Assez badiné pour le moment, il lui fallait trouver le grain de poussière dans ses rouages si parfaits. Et la tâche est toujours plus ardue, lorsque l'on est persuadé de son invulnérabilité.
    C'est ainsi que Cyrus s'improvisa Traqueur. Première constatation, la barrière magique n'était plus ; mais cela, il le savait déjà. Un rapide test, et le mécanisme de fermeture qui semblait intact prouva qu'il l'était effectivement. Eh bien, où se situait le problème, alors ? Derrière lui, les créatures magiques s'agitaient, dans leurs environnements respectifs. Sans doute avaient-elles ressenti quelqu'imperceptible aura de danger ; l'instinct animal ne se trompe jamais. Allons bon, encore une confirmation de mauvais augure – dont il se serait bien passé, à dire vrai. Un sortilège d'apaisement aurait été le bienvenu. Malheureusement, pour l'heure, il avait les mains occupées par ce qui était la base du champ de force constituant la barrière du vivarium. Il cajolerait donc les dragonnets plus tard. Peut-être même leur apporterait-il quelques mignardises, pour se faire pardonner son indélicatesse. De même, il demanderait aux chers enf… Eh ! Mais la voilà, la réponse à ses investigations ! Cyrus, mon ami, vous avez manqué une brillante carrière dans les rangs de la Police des Contes !

    Ce que le Magicien venait de joyeusement comprendre, c'était que la faute revenait non pas sur son perfectionné système, mais sur une erreur basique commise par l'un de ses employés – oserait-on dire incompétence ? – à savoir que le mécanisme de fermeture avait tout bêtement été mal enclenché… Plein d'indulgence, Cyrus était tenté de croire qu'il s'agissait sûrement d'un novice, dans la mesure où il n'avait pas encore eu l'occasion de discuter avec ses nouveaux employés pour les mettre en garde contre le genre d'erreurs qu'il ne fallait pas commettre, si on voulait éviter les situations semblables à celle dans la quelle il se trouvait. Une réunion générale le lendemain matin devrait lui permettre d'y remédier. Eh bien, il comprenait désormais pourquoi Flora n'avait rien voulu dire ; la mignonne avait tendance à légèrement trop materner les enfants qui travaillaient pour lui. Et cela ne servirait à rien de lui expliquer qu'il n'était pas de ces employeurs qui renvoyaient leur main d'œuvre à tours de bras… Bah.

    Maintenant qu'il avait l'ultime preuve que l'efficacité de sa Magie n'était pas mise en cause, Cyrus put, à son aise, modifier le principe de la barrière de façon à ce qu'elle ne laisse passer les puddies que dans un sens (de l'extérieur vers le vivarium) au lieu d'être parfaitement hermétique – quoique tripatouiller aurait été un terme plus approprié, au vu du travail précaire qu'il effectuait. Mais sa méticulosité innée lui pardonnait gracieusement, pour cette fois, situation de crise oblige ; s'il continuait de perdre du temps au profit de la perfection, Evariste ne manquerait pas de succomber, asphyxié par de la gelée enamourée. Une fois le système mis en place, il ne restait plus qu'à aider le joyeux comptable à rassembler la gluante armée en débâcle. Un rapide coup d'œil vers le jeune homme en bras de chemise lui apprit qu'ils n'étaient pas sortis du chapeau magique… Vraiment, il leur fallait un plan.
    Quelque part sur sa droite, le stoïque Evariste luttait, soutenu par les encouragements fort amicaux du Philionnel ressuscité - on ne se débarrassait pas si facilement de la mauvaise herbe d'un assistant attentionné. Nonchalamment, Cyrus tendit la main, et trois puddies qui se trouvaient non loin se firent un devoir de lui gober les doigts. Songeur, il les déposa dans leur nid en demandant :

    « Evariste, très cher, si vous aviez été un petit bloc de gelée colorée constamment à la recherché d'amour et d'affection, qu'est-ce qui serait susceptible de vous attirer… ? »

    Sincèrement, il ne s'attendait à aucune réponse particulièrement originale – tellement originale qu'il n'aurait pu la trouver de lui-même ?! Allons ! C'était à Evariste qu'il avait posé la question, après tout. Mais il est bien connu que qui ne tente rien récolte encore moins… Par ailleurs, justement parce qu'il s'agissait d'Evariste, son attention redoubla. L'espace d'un instant, suite à un raisonnement que même lui n'osait s'avouer, il l'imagina en puddy boudeur.
    Et n'eut été la dizaine de créatures rebondissantes qui l'assaillit soudainement par l'arrière, il aurait certainement eu beaucoup de mal à retenir son hilarité…


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