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[Distorsion] Entre désir et réalité [White Rabbit]

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MessageSujet: [Distorsion] Entre désir et réalité [White Rabbit] Mar 13 Juil - 15:45

Plus intense que l'orgasme sexuel, l'accouchement, la première rupture. Plus déchirant que la mort d'une personne que l'on aime, la découverte du mensonge, le passage d'un rêve au cauchemar. Plus jouissif que d'utiliser son don, de manipuler son pire ennemi, de goûter une chose depuis longtemps attendue. Tuer. Prendre la vie, l'âme d'un être. Sentir son sang, ruisselet lent et ingénieux, couler entre ses doigts et expier toute trace de colère, de peur existante. En 21 ans d'existence, rien n'avait été plus efficace à mon goût et je ne puis supposer qu'il existait autre moyen. Souffrir avait été mon lot quotidien, fut une certaine époque, et faire souffrir les autres m'avait paru une punition nécessaire. Je n'ai aucun souvenir de ma mère. C'est une question que l'on m'a souvent posé, il faut l'avouer. Morte bien avant mon habilitation à comprendre le monde extérieur, elle ne m'avait laissé que des regrets, un service de thé et une photo encadré dans le salon. On y remarque ma génitrice tenant des tournesols à la main, de profil face à l'objectif.

Elle porte une robe blanche presque transparente, volante et nouée dans le dos. Son chapeau, d'une semblable teinte, est orné d'un nœud papillon lui donnant l'air d'une grande dame. En effet, ma mère est petite : sa silhouette évoque plus cette d'une éternelle enfant plutôt qu'une femme fatale. Son innocence se lit dans ses yeux aigue-marine ainsi que dans son sourire fragile. Mon père ne m'a jamais parlé d'elle. Faire ressurgir son souvenir le blessait terriblement pour deux raisons distinctes : premièrement parce qu'il la trompait avec d'autres désormais, secondement, parce qu'il avait violé son enfant, moi-même, et que par transition, il la violait elle. J'ai cru comprendre qu'ils étaient très amoureux à l'époque de son existence. Parfois, je me demande si ma vie aurait pris le même chemin si elle était restée en vie, sans doute pas. Toutefois, ce n'était pas ma pensée du moment tandis que je plongeais mes mains écarlates dans la poitrine béante de ma nouvelle victime : un jeune homme d'une trentaine d'année, marié.

Pour tout vous dire, je songeais plus à la satisfaction de l'acte accompli. Un rire nerveux me submergea, rendant la situation des plus singulières, j'essayais en vain de le dominer lorsqu'un chat débarqua pour lécher mon visage immaculé par le liquide pourpre. Je retirais également mes doigts de ses organes déchiquetés à présent pour caresser affectueusement le félin, le couvrant également de rouge. Rouge passion, rouge démoniaque. Ce dernier se roula sur le ventre pour m'indiquer où il préférait que je continue. Ses yeux dorés me contemplaient avidement.

- Kurage-sama, il faut y aller maintenant. Nous risquerions d'être découvertes.

- Je sais.

Tout en déplaçant le chat, je lançais sur le corps une allumette destinée à embraser le cadavre en peu de temps. Nous étions dans une ruelle sombre où personne ne passait, sauf certains traqueurs mais aujourd'hui, j'eus encore une fois de la chance. Je récupérais les cendres dans un sac puis me dirigeais vers ma seconde demeure, la lagune des sirènes. En début d'après-midi, il n'y avait que la faune qui peuplait l'endroit, la chaleur étant parfaitement insoutenable. Je versais les cendres dans l'eau et m'allongeais dans le sable chaud, Ayatsu à mes côtés. Mesurant environ quarante centimètres de long, légère malgré sa lame en métal froid, cette hache possédant la parole et l'esprit m'était d'une utilité sans faille. Compagne de mes nombreuses expéditions meurtrières, elle savait me faire reprendre mon sang froid lorsque la situation l'exigeait et adoptait une position toujours différente à mes yeux : tantôt servante, ou bien amie, parfois maternel, ou confidente. Depuis notre rencontre, laquelle remontait à quelques jours après le début de ma seconde vie, elle avait su se rendre indispensable à mes yeux et ne me quittait jamais. Prise d'une envie brûlante, je commençais à me déshabiller sur cette plage déserte pour ne garder que mes sous-vêtements.

- Fais attention à toi.

- Oui Aya-chan.

L'entrée dans l'eau fut agréable. Un bien être comparable à celui d'un cookie cuit à point : ni trop croustillant ni trop mou. D'un fraîcheur inespérée, je me prélassais délicatement en surveillant le rivage. Les grands yeux de cristal de mon arme favorite me dévisageaient avec patience, sa bouche - ou plutôt le trait mince la composant - semblait me sourire. Soudain, un évènement que j'étais loin de prévoir arriva : un homme avançait dans ma direction. Mon rythme cardiaque s'emballa dangereusement et je fus prise d'une crampe qui me fit perdre le contrôle de la situation et m'enfonça dans les profondeurs - pourtant si petites - de la lagune. J'allais me noyer, histoire de rectifier la balance du destin.

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MessageSujet: Re: [Distorsion] Entre désir et réalité [White Rabbit] Lun 9 Aoû - 16:37

"Promenez-vous dans les bois
Pendant qu'Arthur n'y ait pas.
Si Arthur y était
Il vous croquerait.
Mais comme il n'y ait pas,
Il vous croquera pas.

Pas tout de suite, en tout cas, mes mignonnes petites filles, mais ça ne saurait tarder.
"

Un large sourire éclaira les traits enfantins du blanc lapin. Oh, comme il aimait cette chanson qu'il concluait toujours par la même réplique. Il la fredonnait à longueur de journée, tout en s'amusant a observer les expressions de surprise et de réprobation des passants. C'est d'un mauvais goût, se disaient-ils sûrement, sans voir toute la portée de ces quelques mots. Arthur était loin d'être un plaisantin qui recherchait juste à effrayer les belles enfants qui croisaient sa route, tenant délicatement la main de leur maman. Non, non. Dans sa grande générosité, White Rabbit les mettait en garde contre le petit monstre qu'il était, mais il est bien connu que les enfants ont un grand sens de contradiction. Offrez leur une friandise accompagnée d'un sourire et vous devenez leur ami, bien que leurs mères leur aient formellement interdit de parler aux inconnus. Petites choses ingénues, toutes vous méritez le nom de Candide.
Arthur était loin de se plaindre de ce fait, usant et abusant de son adorable minois pour son plaisir et celui de ses compagnons. Il lui était aisé de charmer les adorables enfants aux grands yeux brillants. Cela faisait partie du jeu. D'abord se délecter de leurs expressions de bonheur, pour ensuite mieux savourer celles de terreur et de douleur. Miam ! Rien que d'y penser, le jeune homme en avait l'eau a la bouche. Certes il laissait bien souvent sa part de festin aux autre, mais de telles images sanglantes le mettaient toujours en appétit. Il sortit d'ailleurs une carotte et la croqua -ses belles dents s'enfonçant avidement dans le succulent légume.

D'une excellente humeur, Arthur profitait avec allégresse de ce début d'après-midi plus qu'ensoleillé. C'était parfait pour une petite chasse, mais le lapin n'en saisit pas l'occasion. Déjà deux petites choses en réserve et puis, c'était au tour de son cousin de jouer. Bref, Whity se contentait de jeter à ces petites demoiselles des regards emplis d'une brillance malsaine et passait son chemin. Une journée de jeun ne faisait jamais de mal. Il fallait, par contre, au jeune home se trouver une distraction. Que pouvait-il bien faire par cette belle journée ? Aller embêter ses parents ? Harceler Cyrus avec ses questions ? Non, le temps était bien trop beau pour aller s’enfermer dans une maison sentant le choux ou dans un glacial laboratoire.

C’est donc tout naturellement que les pas du blanc lapin le menèrent à la Lagune des Sirènes. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas fait de tentative de vengeance contre ces pestes des mers qui, à chacune de ses venues, s’étaient jouées de lui. Dans tous les cas, paroles de lapin, le retour de bâton ne saurait tarder et il serait d’une violence inouïe –une fois qu’Arthur aurait trouve une idée de génie que ces insupportables êtres ne sauraient déjouer. Patience, patience. Une fois sur place –Whity en était certain- une ampoule se mettrait à clignoter au-dessus de son crâne.
Il fallait aussi avouer que le paysage était sublime et le chant de oiseaux reposant et apaisant. Il n’y avait que ca de vrai –se prélasser sur le sable chaud tout en écoutant le murmure de l’eau.

L'enthousiasme du jeune homme était à son paroxysme, surtout qu’il venait de remarquer qu’il n'était pas le seul avoir eu la merveilleuse idée de venir ici pour profiter du soleil. Et oui, Arthur aimait la compagnie des gens, assez bavard et curieux de nature. C'était donc avec enthousiasme qu’il s’approcha en sautillant et en fredonnant sa merveilleuse chanson.
Sa surprise fut grande lorsque, assez proche, il remarqua que l’inconnue –c'était une demoiselle- avaient quelque difficulté. Le lapin fronça les sourcils. Franchement, quelle idée d’aller dans l’eau quand on ne sait pas nager. Il se demandait d’ailleurs comment la jeune femme allait faire pour s’en sortir. Il lui faudrait de l’aide. Parcourant les alentours du regard, Whity finit par conclure qu’il n’y avait personne.

La pauvre…

Et déjà la jolie tête de la nageuse disparaissait sous l’eau. Mon dieu, il fallait qu’il fasse quelque chose ! Tu sais que t’es un génie, mon grand ?
Nageant aussi vite possible, Arthur réussit à récupérer la demoiselle avant qu’elle ne sombre totalement et la ramena sur la plage, tout surpris d’avoir accompli une bonne action. Il en aurait des choses à raconter aux trois autres. Il imaginait déjà le haussement d’épaules de Cyrus, le magnifique “J’ai faim !” de Hatter et le rire moqueur de son cousin. Cet épisode animera leur soirée.
Se relevant, Arthur constata avec dépit son état.

Et voila ! La mer a mouillé tous mes vêtements.

Tout en se déshabillant, le jeune homme se tourna avec nonchalance vers l’inconnue, pour constater qu'elle ne bougeait pas. Éclair de génie et le voilà à genoux près de la sublime demoiselle très légèrement vêtue, soit dit en passant -ce qui arracha au White Rabbit un subtile rougissement. Redressant sa tête, Arthur posa délicatement ses lèvres sur les siennes et il essaya de lui insuffler un peu de vie, avant d'appuyer de ses paumes sur sa poitrine -réitérant l'action jusqu'à ce qu'elle ait craché l'eau avalée.
Un joyeux sourire illumina les traits enfantins de l'homme.

En tout cas, c’est bien la première fois que je rencontre une sirène qui ne sait pas nager.

Plaisanterie ou sérieux, qui sait ? White Rabbit est quelqu’un avec qui on ne peut jamais être sur.
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White Rabbit
mr. tout-le-monde... ou pas !
mr. tout-le-monde... ou pas !
HUMEUR : Angoissée.
CITATION : "Le mensonge, ce rêve pris sur le fait." (Céline)

BOITE A JETONS : 0000

FICHE : White Rabbit.
NOTEBOOK : WhiteBook.
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MessageSujet: Re: [Distorsion] Entre désir et réalité [White Rabbit] Mar 17 Aoû - 20:13

Le néant. Un noir absolu et douloureux.
Sentir ses poumons se remplir d'eau de plus en plus, secondes après secondes.

"- Papa, la mort c'est douloureux ?"

"- Seulement pour ceux qui le méritent."


Eh bien, j'espère que tu as souffert en mesure de ton crime, papa chéri. Tu sais, le seul que tu ai commis durant ta longue existence. Tu ne te rappelles pas ? Comme c'est dommage ! Laisse-moi te rafraîchir la mémoire : me violer. Me priver de ma vertu si précieuse.
Chercher un peu d'air, tenter de lutter contre la faucheuse d'âme. La fin, ou presque. La fin d'un univers : Sugar Twice, mon doux refuge aux couleurs miroitantes. J'aimais beaucoup les couleurs auparavant. Je leur trouvais une vivacité sans précédent, toutefois elles avaient la fâcheuse habitude de ne refléter qu'une seule vérité : le bonheur. Comble du ridicule, ma vie était tout sauf belle et réjouissante au quotidien. Alors, j'ai garni petit à petit mes nouvelles collections de teintes plus sombres, plus tristes également. Tout comme moi, à vrai dire. Un véritable miroir.

Les clientes frôlant le sol de mon magasin, toutes aussi enfantines les unes que les autres, prêtes à tout pour se vêtir d'une robe de ma création. Les clients, quant à eux, ressortaient rarement vivant de mon antre. Seuls les riches arrivaient à payer leur liberté. Ce n'est pas de la corruption. Non, non, c'est de l'argent de poche. Lequel augmente à chacune de leur visite, si bien qu'il finisse par ne plus pouvoir payer à la fin. Douce mélodie, bling bling, l'argent vicieux, très immoral. Ne croyez pas ce qu'on vous dit : l'argent achète le bonheur, mais pas n'importe lequel, le matériel.
Ceux qui parviennent à jouir de posséder des choses deviennent alors des rois.


La plupart, déversant leur hémoglobine un peu partout sur les murs de ma cuisine, ne revoyaient jamais la lumière du jour. Cette fameuse lumière. Ou presque, car le destin en avait décidé autrement ce jour-là. Une force sortie de nulle part me propulsa vers la surface et me ramena vers le rivage. Mes yeux s'ouvrirent avec difficulté tandis que mes lèvres prononçaient en tremblant :

- A...Aya...Aya-chan...

- Je suis là, maîtresse. Toutefois, nous ne sommes pas seules.

D'un bond, je me redressais pour voir de mes propres yeux celui qui m'avait sauvé la vie. Un homme, parmi tant d'autres. Tous les hommes sont les mêmes. Voyons la réalité en face ! Aussi bien physiquement, à quelques détails près, et mentalement, ils pensent tous à une seule chose : eux-mêmes. Leur existence est basée sur la réalisation de leurs objectifs au détriment des autres de leur espèce et grâce aux femmes qui, il faut l'avouer tombent toutes dans le panneau. Manipulateur, égoïste, cœur de pierre. Je haïs les hommes, ils me font peur : leurs regards, cette manière de marcher, leurs mains, leurs désirs...Je ne suis pas féministe pour autant ! Les femmes aussi restent insupportables la plupart du temps. Mais la race mâle est pervertie jusqu'à la moelle : c'est l'entrejambe qui dirige et non le cerveau. Je n'ai jamais rencontré d'exception à la règle depuis ma naissance. Je haïs les hommes, je haïs mon père.
En réalité, la première proposition demeure une résultante de la seconde.

Donc si vous avez bien compris, c'est mon magnifique géniteur qui m'a donné, entre autre, cette si positive opinion des hommes. Il faut dire que chez les jeunes personnes, le couple homme/femme, soit dit en passant les parents, forme généralement l'idée que l'enfant en grandissant se fera de la population. Ainsi ma mère, morte et très coquette d'après les descriptions familiales, m'a inspirée fortement l'avis que toutes les femmes demeurent en quête perpétuelle d'une beauté sans faille et sont dotées d'une hypocrisie sans borne. Il était pour moi ce qu'il était pour toutes mes amies de l'époque : un prince charmant, arrêtant les méchants et se plaçant en dieu vivant. Toujours d'après ce raisonnement, mon père, ayant abusé de moi en toute connaissance de cause, m'a imposé par la suite un jugement assez sévère de la gente masculine. Etant donné que je n'ai jamais eu de partenaire ou amant, cette pensée hante mon esprit en permanence.
Si quelqu'un veut sincèrement me prouver le contraire, qu'il n'hésite pas, je suis toute oui...En attendant, je reste fermée !


J'aurai pu faire n'importe quoi pour lui faire plaisir. Malheureusement, c'est sans aucun doute cette adoration puérile qui a fini par causer ma perte. Depuis ce meurtre, plus rien ne fut pareil : perte d'innocence, d'âme. Un non-retour me précipitant au crime.

- Qui êtes-vous ?:

Sa réponse, malgré mon regard intransigeant, m'importait peu puisqu'à l'évidence, je ne le connaissais ni d'Adam, ni d'Eve. J'eus un flashback qui me fit brusquement rougir : en me sauvant, n'avait-il pas posé ses lèvres sur les miennes ? Impossible. Probable. Certain.
Je croisais mes bras sur ma poitrine en attendant des explications.

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