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Rêvassons, rêvassons...

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MessageSujet: Rêvassons, rêvassons... Jeu 15 Juil - 21:31

Manderley
Ce monde a des accents de langueur familière, et pourtant distille en son sein une certaine angoisse… malséante. Des ces rêves, certes beaux, mais trop usés qui se tordent sous le poids de l'âge et des illusions perdues. Enfant, vous rêviez de châteaux et de fêtes princières, de voiles et de riches étoffes, de salles immenses aux lustres de cristal et aux mille musiciens, de somptueux jardins où marcher, à petits pas, dans de la lune… avec au bras -peut-être?- quelque charmante rencontre. Le seringa et la rose blanche s'entremêlent, leurs parfums grisent et étourdissent sous la mélodie aérienne du violon. Les carrosses s'alignent, silencieusement.
Une image de perfection que rien, jamais, n'aurait dû troubler. Un bal éternel, une fête infinie.
C'est-ce que Manderley aurait du être. C'est cette image de lui que vous recherchez, inconsciemment peut-être, sachant que quelque chose ne va pas. Que ce n'est pas ainsi que ce monde devrait se présenter.

Vos pas résonnent sur le gravier aboli par la mousse et les herbes folles, alors que vous tentez de ne pas trébucher sur les racines -cruelles serres!- qui enlacent ce qui fut une allée grandiose, Les arbres nus semblent griffer la lune, et vous essayez de courir, désespérément… sans y parvenir. Vos jambes sont trop lourdes… Un peu surpris, vous vous apercevez soudain de la tenue que vous portez. Élégance d'un autre temps, grandiose des tissus, costume vénitien serti, en guise de joyau, du masque délicat et dentelé sur votre visage. En quel honneur êtes vous ainsi parés? Un instant égaré, vous hésitez, mais… bien sûr. Le bal de ce soir. Comment avez-vous pu oublier? Sans trop savoir d'où vous vient cette certitude, vous savez que vous êtes en retard, et essayez de presser le pas.

Vous reconnaissez, ça et là, dans cette jungle ténébreuse, des repères d'autrefois: des hydrangeas jadis gracieux et cultivés, dont les rameaux dépourvus de leurs corolles azurées, noirs et laids, atteignent à présent des hauteurs monstrueuses. Pourtant, jadis, leur bleu si vif fut célèbre!
La pauvre piste qui fut une allée ondulait et se perdait par instants, et vous ne croyiez pas ce chemin si long. Au loin, les échos d'une musique morte…
Mais voici que la demeure vous apparait tout à coup au détour d'une rangée d'arbres, et vous restez un instant le souffle coupé. L'architecture gracile s'élève sans efforts, immense sans être massive, grandiose sans excès, raffinée et splendide. Vos jambes se libèrent, vous pouvez enfin avancer à votre guise. L'angoisse sourde qui vous rongeait l'âme s'envole devant la splendeur de pierre.
L'allée s'incurve doucement, et enfin daigne se raidi, sans préavis, menant jusqu'à la terrasse comme si elle venait juste de se souvenir de son rôle. De part et d'autre s'élèvent presque jusqu'au ciel, monstrueux de sauvagerie, d'immenses rhododendrons rouges, si rouges qu'ils flamboient au cœur de la nuit même, éclipsant la lueur blafarde de l'astre sélénite. Ils courbent leur front vers vous, comme une garde sévère, vous jaugeant sans indulgence. Et qui courent entre ces brasiers floraux, n'entendez-vous pas un murmure? "En retard, en retard…"

Vous soulevez vos voiles frénétiquement. Cette robe! N'est-elle pas gênante? Sublime, riche, mais si volumineuse… Vous traversez la terrasse à vive allure, sans prendre garde aux ronces qui suintent entre les pierres descellée, miasmes putride du temps qui frappe ce lieu. Malédiction des heures qui s'égrènent…
Un visage de pierre vous suit des yeux, et l'humidité trace sur ses joues marmoréennes des larmes de mousse grisâtre. La mer au loin murmure. Vous ouvrez brusquement les grands battants de bois ouvragé et…

Oh!
La musique s'arrête brusquement, les voiles colorés qui tourbillonnaient aussi. Vous sentez sur vous des milliers de regard, des milliers de murmures, et un seul reproche… en retard, en retard! Vous vous figez. Et ces gens sans visages, mais tous masqués, qui vous regardent, désapprobateurs… en retard! N'est-ce pas déplorable, alors que vous étiez invité au grand bal de Manderley? Un héros vous annonce, un rien de réprobation dans la voix, et vous vous avancez au milieu des conversations qui reprennent de plus belle…
Quelqu'un s'approche, vous tend la main. N'est-il pas par trop tangible pour être un des mille spectre de Manderley? Un égaré du réel, comme vous, peut-être?
Mais vous n'avez pas le temps de réfléchir, que déjà la musique repart, endiablée. Et vous valsez. Et vous dansez. Car il faut danser, danser à en mourir, jusqu'à la fin des temps. Car c'est toujours l'heure du bal, ici, à Manderley…
Au dessus des musicien, le tableau d'une femme vous nargue dans son cadre piqué de rouille. Elle est belle, merveilleusement belle. Mais son regard est cruel. La salle immense frémit et tourbillonne toute entière sous ses yeux acérés. C'est elle le maître du château fantôme. Et vous resterez sous son emprise… le temps qu'elle le décidera. Jusqu'à ce que vous ayez achevé tout ce que vous avez à faire, dans le château aux fastes déchus et qui tombe lentement en déréliction.

Allez-vous levez le voile sur les mystères de Manderley?

Restriction ;

Un des joueurs doit porter une robe. Même s'il n'y a que des hommes.
Vous n'échappez pas aux spectres. Même si vous voulez explorer le château, une danse est obligatoire. Ensuite, la fuite sera à vos risques et périls… tous les fantômes ne sont pas amicaux.
Manderley est sur une île. C'est un huis-clos.


// Absent jusqu'au 11 Janvier //

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