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Distort Shadow. Et si je vous dis que je vous aime ? Répondriez-vous que vous me tuerez ?

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MessageSujet: Distort Shadow. Et si je vous dis que je vous aime ? Répondriez-vous que vous me tuerez ? Mer 11 Aoû - 13:02

    Identité




    "Dis-moi, comment tu t'appelles ?
    Moi c'est Shadow. Et je suis venue te dire adieu."


    Prénom:

    Ne me demandes pas ce que je ne peux dire, n’écoutes pas ce que je murmure, mon prénom n’est pas prononçable, ni même retenu.

    Nom:

    Observes la Lune, observes le Ciel, que vois-tu à part des étoiles, à part des formes évasives ? Rien. Rien sauf ce que l’homme souhaite imaginer. Alors, s’il ne peut même pas regarder devant soi, comment pourrait-il voir qui je suis ?

    Surnom(s):

    Seule chose que tu peux encore écouter. Un son. Une syllabe étrange. Ce mot n’est pas compliqué à dire. Shadow. Fake Shadow. Je suis ce que l’on appelle une ombre à moitié détruite, et pourtant vivace. Je suis la Fausse Ombre, celle qui, de ses mains invisibles apportent la Mort, mais ne le sera jamais...

    Âge:

    Lorsque vous vous réveillez seule, dans une terre de cendre, suffocante, à bout de souffle, avec au-dessus de vous un ciel si noir que vous pensez qu’il s’agit d’un rêve, vous souciez-vous de votre âge ? Le temps est un ennemi pour chaque créature. Et le compte à rebours commence au moment de notre naissance. Et si je vous dis, que je n’ai pas d’âge ? Que je suis aussi bien une vielle femme sénile qu’un nourrisson, me croyiez-vous ? Non, bien sûr que non. Alors, autant dire que je vis cette vie depuis ma mort. Alors, quel âge ai-je réellement ? Certains croient à une enfant, d'autres à un meurtrier. 17 ans à peine, et 14 ans de cauchemar...

    Date de naissance:


    Tic tac, tic tac…L’horloge n’arrête pas de tourner. L’aiguille va-t-elle se stopper ? Et dans un même mouvement, lorsque sa pointe acérée traversera l’heure dite, ce chiffre restera gravé dans votre mémoire. Vous vous effondrerez comme la montre s’est cassée, pour ne plus jamais vous relever…Et si je vous dis, que mon horloge a été remontée ? Que la pile a été changée ? C’est seulement la magie du temps qui fait effet sur mon corps et mon âme, et le bruit s'estompe dans un "tac tic" unique, et incessant...

    Emploi:

    Enfant d’amour, enfant de toujours, et pourtant…Au fond de mon cœur, l’Ombre dévore mon âme, un Pacte a été scellé et jamais plus je ne pourrais me reposer. Poupée de chiffon en des temps lointains, et meurtrière du lendemain. Le sang, la mort, les cris, c’est toute ma vie. Elle ? C’est Moi. Elle me chuchote de trouver les épouvanteurs, et de les aider. Sinon ? Sinon je te tue, je te dévore et te retrouverai pour encore te faire subir la même souffrance. Et si je me fais attraper ? Je te laisserai aux mains des traqueurs pour te voir mourir la bouche en cœur. Ai-je réellement le choix ? Non, tu es à moi, et jamais plus tu n’auras le choix.

    Ville natale:

    Woollyland

    Orientation sexuelle:

    Je n’y ai jamais pensé, car qu’importe la personne, je la tue, je n’ai pas le temps de l’aimer si Elle me dit que je dois tuer. Alors je tue, et je ne pense pas à mes sentiments. Malgré tout, hétérosexuelle aurait été je pense mon choix.

    Don surnaturel:

    Je parlerais plutôt d’un parasite. Elle, c’est moi. Et moi, je suis Elle. Depuis l’incendie, Elle est en moi. Ce n’était qu’un chuchotis médisant, insistant sur l’apocalypse, le meurtre. Et peu à peu, Elle s’est amplifié pour essayer de prendre le contrôle de mon corps, et depuis que j’ai accepté de la servir à un moment désespéré, je suis son esclave…A jamais. Sa forme ? Elle en a plusieurs, et comme je refuse de collaborer entièrement, l’Ombre ne peut déployer toute son énergie, et lorsque je tue, ce n’est plus moi mais Elle…Avec sa folie meurtrière et son esprit démoniaque…
    Tout commence par quatre vecteurs, quatre mains transparentes pouvant frapper sur un rayon de deux mètres. C’est Elle qui les contrôle, moi, je ne suis que l’Energie lui permettant de vivre. Le deuxième échelon, Elle prend possession de mon corps, une étrange tunique faisant office d’armure me recouvre. Elle est pleine de piques recourbés, de couleurs changeantes. Et le plus étrange est le fait que le vêtement ne touche pas mon corps. Il augmente la rapidité du corps et les défenses pointues peuvent faire office d’armes qui s’allongent de la longueur qu’elle veut mais s’effilant au fur et à mesure de cette distance demandée pour devenir aussi fragile que du cristal.
    Le troisième échelon est le dernier que je peux atteindre. L’Ombre sort de mon corps pour devenir un être à part entière bien que sa forme soit immatérielle. Une sorte de forme aqueuse de crocs et de griffes aux couleurs flous et multiples. On ne distingue ni tête ni queue, seulement des filaments se liant et se déliant parlant par pensées et lançant quelques échos telle une baleine mourante.
    Chaque échelon prend de plus en plus d’énergie. Elle pourra combattre plus longtemps au premier échelon qu’au troisième et comme je suis fragile de santé…L’Ombre ne peut pas prendre le contrôle de mon corps très longtemps.
    C’est un combat mental permanent qui nous oppose. Je ne veux pas combattre mais pour qu’Elle parte il faut que je fasse ce qu’Elle dit, sinon l’Ombre me fait souffrir mentalement par images ou paroles, ou même par l’un des vecteurs indépendants de ma volonté. Cependant, Elle ne peut prendre le contrôle sans mon accord ou bien lorsque j’abaisse mes défenses, ou que je suis surprise. Il peut aussi se passer le contraire.
    Toutes les blessures qu’on inflige à ses formes se répercutent sur moi-même. Vous lui transpercerez le corps, et je serais transpercée. Toutes les deux nous seront alors blessées.
    Lorsque le parasite prend possession de moi, j’adopte une autre forme. Mes cheveux gris ternes s’allongent pour se terminer en des pointes bleutées luminescentes. Mon corps devient plus chétif et mes yeux d’un bleu cristal.

    Spoiler:
     


    Personnalité




    "Jolie tu dis ? C'est gentil.
    Toi aussi tu es beau avec tout ce sang."


    Il est rare de voir des personnes parfaites, pourquoi ? Parce qu’elles n’existent pas, ou bien notre vision de ces personnes est trop utopique. La perfection n’existe pas, mais le perfectionniste si. Je ne suis ni l’un ni l’autre. J’essaye seulement de vivre ma vie malgré qu’Elle m’en empêche. Je suis son esclave, et son opposé.
    Je suis réservée, incapable de parler aux gens sans me demander s’ils vont en mourir ou non, s’ils attireront l’œil de l’Ombre. Et dans ce cas, j’ai peur. Oui, mon cœur bat vite à chaque instant. Je suis constamment sur mes gardes, et cette panique instable se lit dans mes yeux pourpres. Pourtant, la curiosité m’ordonne de découvrir et de comprendre, même si l’inconnu me fait peur…
    Je suis cependant d’un naturel gentille et un peu candide ; certains trouveront évident la signification d’une phrase implicite, mais moi non. Je me triturerais le cerveau dans tous les sens pour connaître la raison des rires ou des regards inquisiteurs des personnages, mais jamais je ne la trouverai sans aide. Imbécile ? Je ne vous permets pas. Bien que je ne vois pas ce que d’autres observent, je suis intelligente.
    Pour vous, je serais très certainement l’enfant qui a peur de tout et qui fait tout pour se faire oublier, l’inutile dans toute sa splendeur. Mais ce rôle, je le prends avec plaisir. Je ne veux pas attirer l’attention, et qu’on me regarde me rend nerveuse, voir presque gênée. Un frôlement, et je m’écarte le plus rapidement possible pour vous fixer de mes yeux vermeils. Farouche mais pourtant pas sauvage, je suis civilisée et vous répondrais d’un simple bonjour murmuré avant de m’enfuir au grand galop. Jamais personne ne m’a apprivoisé, jamais personne n’a reçu ma confiance. Il n’y a que moi-même qui puisse me soutenir, et encore…Avec Elle, je ne suis même pas sûre d’être moi.
    Si vous entendez des chuchotis alors que personne ne m’écoute, c’est normal, je parle avec l’Ombre ou bien je me dispute et je ne prête aucune attention à ceux qui m’entourent. Si l’on me fait une réflexion, je me contenterais de baisser les yeux et d’accélérer le pas. Ou bien je vous foudroierais du regard, de ces yeux froids et sanguinaires afin de vous faire taire. Deux réactions totalement différentes, non pas que dans ce cas. En effet, personne ne l’entend, mais Elle peut changer mes sentiments et mes opinions avec l’aide de quelques mots, alors je pourrais très bien changer de ton ou d’expression en quelques minutes. Le mot le plus simple serait lunatique, cependant je précise que c’est à cause de l’Ombre que je suis ainsi.
    Quand je baisse la tête, que je prends un air affolé, je vous conseille de vous en aller. L’Ombre prendrait dans ce cas le contrôle et je ne pourrais l’en empêcher. Soudain, ma voix fluette ne sera pas la même et sera remplacée par celle grave et rieuse d’une inconnue à l’opposé de l’enfant chétive que je suis. Mon regard transparent, légèrement voilé, se transformera en regard sanguinaire et fou ponctué d’un sourire carnassier et affamé. Ma posture d’intimidée deviendra triomphale voir même vantarde. Pour les plus insensibles, un simple frisson vous parcourra le dos, et les sensibles, vous aurez peur de ce qui arrivera par la suite et n’essaierez qu’une chose, vous enfuir face à l’Ombre. Néanmoins, ce ne sont que des hypothèses, Elle dit cela des gens l’ayant connu, maintenant à savoir si vous ferez la même chose…
    Beaucoup pensent en me voyant que j’ai vécu un épisode choquant pour être si craintive. Peut-être. Mais après quelques minutes d’observation, vous verrez par la cicatrice sur mon front, que je cache bien mon jeu. Je vous dirais certainement quelque chose, et pourtant vous ne trouverez pas tout de suite mon nom, à part en fixant les lettres gravées sur ma poitrine. Et là, vous saurez qui je suis. Enfin…Je ne suis pas connue de tous, et j’avoue avoir très certainement peur de Big Bad Wolf et de ses acolytes. Cependant je ne le montrerais que partiellement par ma méfiance et mon recul.
    L’Ombre ? Elle est folle. C’est certain. Vous l’aurez compris, elle aime le sang, la mort et les cris de ses victimes. On ne peut pas croiser une…Chose pareille sur Malkins. Enfin…Si. Mais pas enfermer dans un corps…Je ne la connais pas en profondeur, elle me laisse seulement voir ce qu’elle veut. Et lors de mes absences où je murmure des choses inaudibles, je parle à l’Ombre dans mon esprit ; une salle noire où Elle prend la forme d’une enfant nue à la tête totalement recouverte de bandages blancs dont l’un traîne derrière Elle. Seul son œil gauche d’un rouge pétillant reste découvert.
    Aimer est un drôle de verbe, ne trouvez-vous pas ? Il parle d’amour mais on n’aime pas les choses comme on aimerait une personne avec passion. Alors, pourquoi aimer ? La passion ne m’habite pas quand je fixe un paysage des plus merveilleux, ni même lorsque j’observe le soleil couchant. J’éprouve cependant un profond respect pour les animaux ; ils s’occupent d’eux-mêmes sans se soucier des hommes, au contraire de moi. Alors, je souris, dès qu’un de mes petits compatriotes me suit ou me regarde. D’ailleurs, j’aime beaucoup Monsieur le Chat, comme je l’appelle. Un gros matou tigré roux aux yeux verts. C’est un chat de gouttière, mais Monsieur le Chat est très sélectif question nourriture. Lorsque je marche, il me suit. Enfin, je le vois par intermittence, très souvent il se cache, et c’est son gros miaulement mécontent qui m’invite à le regarder pour lui donner très certainement à manger, mais comme je ne parle pas chat et que je n’ai pas d’argent sur moi…Alors Monsieur le Chat n’est pas content. Ce que je comprends après tout, donc je partage avec lui ma nourriture. C’est mon seul ami, je lui parle en égal, et j’essaye de lui donner ce que je peux. Bien sûr, l’Ombre n’est pas de mon avis, pour Elle, Monsieur le Chat est une bête imbécile comme son nom d’ailleurs…
    Revenons aux animaux, vu que je porte souvent le parfum de la forêt je dois paraître moins humaine, et le plus étrange c’est qu’ils s’approchent de moi parce que j’ai tué, et rien d’autre…
    Je suis atteinte d’entomophobie soit de la peur des insectes. Une simple fourmi et je ne peux plus bouger, donc je ne regarde pas le monde m’entourant ou partiellement. D’où vient cette peur ? Certainement de l’Ombre qui ne fait que m’envoyer ce genre d’images pour prendre le contrôle de mon corps…
    Si je devais haïr une partie de moi, c’est celle emplie de désespoir, celle qui m’a obligé a accepté ce pacte pour retrouver mon visage d’avant. Quand est-il de celui-ci ? Je ne peux voir la trace de la balle ayant transpercé mon front, ni même ma main brûlée à vive souvenir de mon accident…Oui, je le dirais, je suis une brûlée vive, et sans le Pacte avec l’Ombre, je serais encore couverte de bandages, dans un lit blanc, en pleurant de douleur…
    Et sinon ? Je ne sais pas…Mon nom brûlé sur ma poitrine me fait mal, je le hais. Oui, et sinon ? Que puis-je dire d’autre à part seulement ce que je connais ? D’accord, et sinon ? Et sinon…Et sinon j’ai tellement besoin d’être aimée…


    Morphologie




    "A quoi penses-tu ? Moi ?
    Tu mens. Sinon tu regarderais le sol, et non le ciel."


    La porte s’ouvre. L’air nocturne amène l’humus de la prairie d’à côté. Le parquet craque sous mes pieds nus. J’ai froid et faim…Il fait gris et malgré l’obscurité, la Lune éclaire le miroir doré, à demi taché de sang. Et dans ce rouge vermeil, digne des plus grands œuvres d’art, une enfant chétive me regarde, de ses yeux pourpres en concordance parfaite avec le sang étalé sur la glace. Est-ce elle qui a déversé ce regard sur mon reflet ? Est-ce elle qui a dessiné aussi belle chose que la nature humaine ? Non, ce n’est pas elle. C’est seulement moi qui m’observe dans le miroir.
    Une jeune fille maigrichonne et d’une blancheur spectrale. Une femme paniquée qui ne peut que devenir pétrifié face à son éclat. Une morte. Voilà ce que je vois. Une ressuscitée en proie aux blessures qu’elle s’inflige à elle-même. Un animal décadent ne pouvant qu’écouter les ordres et suivre la masse tant bien que mal. Une criminelle en fuite, laissant dans son sillage, la mort d’innocents. Voilà ce que je vois. Voilà ce que je ressens. La honte de cette apparence et de mes actes. Et pourtant, je ne fais qu’obéir, m’enfermant dans l’utopie que ce n’est pas ma faute, je ne fais que suivre les ordres, c’est tout…Ce n’est pas moi qui tue, mais Elle. Ce n’est pas moi que l’on voit au dernier instant, mais l’Ombre. Et si je regardais la Vérité en face, deviendrais-je folle ?
    D’un de mes doigts fins, j’essuie le liquide vermeil pour dégager le visage de la fausse meurtrière. Et j’examine son fin visage aux contours serrés bien qu’arrondis. Dans cet ovale de blancheur, un petit nez pointu soulève deux grands yeux. Oui, ce regarde décrit plus haut, de ce rouge terni. Toutes les émotions passent par ces yeux à jamais ouverts. Mais jamais encore la joie n’y a été décerné, jamais encore ils n’ont pu se fermer. Pourquoi ? Par la pâleur de la mort, par la noirceur d’une étoile, rien n’a pu leur donner une paix profonde. Ce rouge vieilli digne des peintures, peut-il se liquéfier dans les méandres du cœur des hommes ? Peut-il pourfendre les couleurs ? Non, il est seulement figé autour des contours rigides de la pupille dilatée, s’accrochant à ce noir profond et sale qui n’a vu et entendu que le sang et les cris, que les larmes et les pleurs.
    Et ce grand front lisse accueillant quelques mèches volatiles. Qu’a-t-il ce grand front lisse ? Une trace encore plus blanche que la peau même recouvrant ce corps fragile. Un petit cercle un peu en relief. Un point sensible preuve de ma Mort. L’entrée de la balle logée dans ma tête. Voici ce qu’à ce grand front lisse ; ce qui me rend visible par tous, ce qui confirme à demi mon identité. Et malgré mes efforts, on ne peut que le remarquer, cette trace lourde de sens, logée entre mes deux yeux…
    Mon ongle grince sur cette blessure, laissant une marque blanche contrastant avec le vermeil dégoulinant de la glace. Et que vois-je apparaître ? Mes cheveux. D’un blanc ivoire, non, d’un gris ternes aux quelques mèches blanches. Coupés court, au-dessus de la nuque à la mode garçonne, sans pour autant paraître soignés. Au contraire, ils sont en bataille, virant vers l’extérieur avec une mèche cachant à demi mon front détesté. Malgré le Soleil, malgré la Lune et ses reflets vaporeux, leur couleur n’a pu être changé. Ils font comme partis d’un court-métrage en noir et blanc. Sont-ils l’imprégnation même de l’humanité ? Ou bien la candeur de l’enfance souillée par le sang ? Non. Ils sont juste témoins de mon passé. Mon doigt touche une à une les fines perles rouges tachant la blancheur grisée de mes cheveux. Jamais je n’eus la possibilité de les enlever, ces éclaboussures de mon premier meurtre…Le sang d’une enfant. A neuf ans sept mois et dix-huit jours, la tête d’une petite fille de quatre ans fut arrachée de son corps pour tâcher d’hémoglobine mes cheveux d’ivoire et s’écraser entre les barreaux de la porte ferrée de la salle où nous étions enfermés par le vecteur de mon autre moi. Celui sombre et haineux, fou et rieur…L’Ombre s’est réveillée en ce jour de septembre pour prendre le contrôle de mon corps alors que nous ne faisions qu’un.
    Mes lèvres bleutées tremblent, je n’aime pas me rappeler de cet instant…Non, je n’aime pas. Et je continue de tracer un sillon sur la glace jusqu’à mon maigre cou sous Ses rires.
    Mon index contourne l’épaule gauche de la pauvresse, elle a l’air si fragile dans ce manteau noir usé et brûlé…Et je m’arrête sur la lettre F. Pourquoi la lettre F ? Faute, famine, famélique...Tout simplement Fausse. Fake Shadow. Ma poitrine porte ce nouveau nom. En ai-je eu un autre ? Peut-être bien…Mais pour le moment je contourne les lettres une à une. Si plates sur cette glace froide, et pourtant si boursouflées et brûlées sur ma peau douloureuse. Un nom tatoué au fer rouge, à jamais…Comme pour la balle dans ma tête. Un flash back saute à ma gorge. La pointe d’un bâton, la fumée piquetant mes yeux pleins de larmes, et cette odeur incessante de chair brûlée…Les hurlements. Je caresser cette surface dure où ma douleur passée se reflète et s’évapore. Ca non plus, je ne veux pas m’en rappeler, et je ferme mes yeux, fronçant les sourcils. Tellement de choses horribles…J’ai eu raison de les tuer. N’est-ce pas ? Ce sont des méchants, c’est normal. Il faut les tuer.
    Et je continue mon chemin, frôlant mon cœur qui bat, ma hanche osseuse et mes maigres cuisses de danseuse…J’avais peur de moi-même. Qu’avais-je fait pour obtenir tant de contusions ? Tant de cicatrices infâmes. Et je m’accroupis, collant ma tête contre l’œuvre d’art pour planter mes yeux dans ceux de mon amie. Elle aussi, elle a peur de moi. Pourquoi ? Je n’ai rien fait de mal, je veux juste qu’on me laisse tranquille…Mais je dois obéir.
    Je fixe ma cheville gauche couverte d’un bandage blanc et le déroule à demi. Ma peau se trouve brûlée par les flammes de mon passé. Par les griffes de mon enfance. Une morsure implantée dans mon muscle. Un animal ? Oui, avec ses quatre pattes faméliques, son regard affamé et son corps si maigre…Un enfant voulant me dévorer qui me fit boiteuse jusqu’à la fin de ma vie. Et toute cette peau brûlée autour. Je ne comprends pas…Je ne comprends plus.
    Ma main droite est toute mouillée…Je la plaque contre mon reflet et je pleure en baissant la tête. Cette main si douce d’un côté est devenue d’une dureté sans égale. Rugueuse au point d’en paraître…Sans vie ? Elle aussi, elle est brûlée. Je me mords les lèvres, écoutant ma souffrance s’écouler sur le parquet. Puis, la cachant dans une poche de mon manteau, j’ai supplié à l’Ombre de briser cette amie....Ce Reflet qui insinua la Vérité dans ma bulle de Paix. Et la glace se brisa, toute seule. Les morceaux s’éparpillant d’eux-mêmes pour se loger dans un œil, un bras ou un ventre…Je me retourne, marchant dans des grincements vers la porte, dans des flaques de sang, tout en laissant derrière moi les corps de deux enfants et d’une mère, sans têtes ni bras. Il est temps de prendre un bain…



    Récit




    "Tu m'aimes ? Encore un mensonge.
    Si tu m'aimais vraiment, tu me tuerais sans ménagement."


    J’observe de mes yeux candides le ciel bleu parsemé de points blancs. Peu à peu, mon esprit leurs donne des formes et une chaussure commence à se mouvoir dans cette ombre blême. En baissant mon regard sur les prés dorés, le vent fait danser les tiges de blés créant ainsi un bruit de feuilles se frottant mutuellement, se confondant avec les cris des criquets et les bourdonnements des abeilles. Non loin de moi, un bouton d’Or. Une goutte de rosée caresse un de ses pétales avec paresse et lassitude, attendant certainement que l’astre journalier est l’amabilité de la faire s’évaporer. Une odeur de lavande et d’herbe coupé soutient l’air encore léger. Et moi, je suis allongée contre le pêcher près de la bourgade. Son tronc soutient mon dos et ma tête, mes paupières sont lourdes, et mes cheveux d’ivoire tombent délibérément sur ma poitrine et mes jambes d’enfant. J’étais jeune, petite, joueuse et capricieuse. Et à ce que je me rappelle, j’attendais que ma grand-mère vienne me chercher pour m’emmener voir les rizières derrière le petit bois surplombant le vallon, et je me suis endormie, délibérément…

    Je suis debout, devant l’entrée baignée de lumière de la maison. Une ombre se dessine dans l’encadrement de la porte, c’est Papa portant une valise à la main. Des pleurs derrière moi, des plaintes incontrôlées et répétitives accompagnant mes larmes silencieuses. C’est Maman qui tient mon grand frère et ma petite sœur dans ses bras. Elle laisse tomber cette eau sur le vieux bois, ce liquide empli de ses regrets d’épouse. Moi, j’écarquille mes yeux pourpres, ne comprenant pas pourquoi Papa a franchi cette porte qui allait nous séparer. Lui, il ne se retourna pas pour me regarder. Pleurait-il ? Etait-il en colère contre moi ? Etait-ce à cause de moi qu’il partait ? Qu’ai-je fait de mal ? Et je ne bougeais pas. Je ne pouvais pas ordonner à mon corps de s’élancer vers cette ombre aimée car j’avais peur qu’elle s’envole pour me laisser, à jamais. Et une voix, dans le lointain. Grave et combler de soubresauts…Papa…Pleurait. Enfin. « Comprends moi bien Lucy, je t’aime. »…Et je ne t’abandonnerai jamais, c’est ça ? Alors dis-le, dis-le Papa ! Dis-le moi…

    Aimée sortit de la cuisine en larmes. Il faisait froid, et la neige rentrait par le toit, alors elle avait enfilé un vieux manteau de Papa pour se réchauffer. Et Maman, dans un regard fou prit une allumette et brûla Aimée vivante. « Mes chéris…Nous vivrons heureux et ensembles car nous nous aimons, n’est-ce pas ? ». La Peur m’étreint. Hymné me protège de ses bras de jeune adolescent et moi je pleure…Car je ne voulais pas mourir. La maison est en feu, Aimée se tortille par terre, laissant une odeur de chair brûlée alors qu’elle jette partout son regard fou. Pourquoi…Papa ? Je voulais qu’il soit là, qu’il nous protège de Maman qui pleurait. Elle ne cessait de penser à lui, et lui ? Pensait-il à nous ? Le feu mangeait le bois et nos vêtements commençaient à brûler. Puis, Maman pointa un revolver sur nous, en versant ses larmes, en ne prêtant pas attention à ses cheveux commençant à brûler. « Dites-moi que vous m’aimez ! ». Je sanglotais, j’avais si peur…Une balle. Le Noir. Le feu. Et un frère me regardant mourir par une balle entre les deux yeux. Tout est de ma faute...Papa est parti à cause de moi, alors...Tout est de ma faute. Pardon Papa...Pardon.

    Le blanc. Et des piques traversant tout mon corps. J’ai mal, mais ce souvenir est si flou…Alors la souffrance diminue par cet estompement provisoire. Pourtant, la chaleur…Je la sens toujours en moi. J’irradie totalement. De mon œil gauche je vois un homme en blouse blanche qui parle à…Papa ? Oui, c’est Papa que je regarde, assis près du lit. Mais je n’arrive pas à l’appeler. Ma gorge se serre, je la sens douloureuse. Je ne peux pas parler…Mais lui, lui il me voit et il pleure. M’a-t-il pardonné ? Reviendra-t-il à la maison ? Je suis tellement désolée Papa…Rentres avec moi et nous vivrons heureux comme avant…Comme avant. Mais Maman est morte. Oui. Maman est morte. Et Aimée aussi. Et Hymné ? Est-il mort lui aussi ? Certainement. Mais moi, suis-je défunte ? « Une balle en pleine tête. Elle s’est logée entre les deux lobes du cerveau. Je pense qu’elle se trouve hors de danger mais la balle appuie sur la zone préfrontale du lobe gauche. Cela peut causer un changement de personnalité…Cependant, son corps brûlé pourrait lui causer un certain choc et la changer à jamais. Mais des hôpitaux existent pour soutenir ce genre de personnes ». Je ne comprends pas ce qu’il dit…Mon corps est brûlé ? Oui, maintenant que je le regarde de plus près, des bandages recouvrent tous mes membres et seul mon œil gauche reste libre et aéré. C’est pour cela que j’ai si chaud…Et Papa qui me regarde d’un air peiné. Va-t-on être séparés ? Ne veux-tu pas me pardonner Papa ? Je suis tellement désolée que tu sois partie…Tellement désolée. Mais ne m’envoies pas là-bas, Papa. Je ne veux plus être séparé de toi. Et ma main tendue vers lui dans un craquement douloureux se repose lourdement sur le drap blanc, recouvrant ce dernier de pus et de sang…

    Je tiens à peine debout. Je ne me souviens pas des adieux de Papa, mais seulement de mon arrivée ici. J’ai huit ans et je tiens la main d’un inconnu. L’endroit est froid et austère. Tellement simple…Aucune fenêtre. Aucun bruit. Seulement le bruit de nos pas et de la béquille supportant mon poids. Je respire difficilement. Mes bandages sont défaits et traînent derrière moi. J’ai peur. Et en même temps, je suis rassurée. Si c’est un hôpital, je serais soignée, n’est-ce pas ? Oui, je serais soignée de cette maladie, et Papa me pardonnera.
    En face, une grande porte. Le n°23 est écrit en grand, noir sur blanc sur l’entrée. Mais je ne veux pas y aller…Je me rends compte des plaintes s’y échappant. Et peu à peu, la porte s’entrouvre pour me faire voir des enfants…Comme moi. Ils sont maigres, squelettiques et leurs yeux fatigués fixent paniqués le rayon luminescent s’échappant de la porte. Des cris et des pleurs. Ils courent tous vers le fond de la salle, se marchant dessus, se frappant pour laisser derrière eux un corps piétiné et maigrichons...1, des excréments et des membres arrachés. Ils sont chauves, malades et sales. Tous ont peur. Tous veulent partir. Et tous n’arrivent pas à laisser voir une once d’humanité en eux. Je ne veux pas aller là-bas…Je ne veux pas.


    Hors Rp'




    "Pourquoi ai-je envie de courir ?
    Est-ce que je t'ai demandé pourquoi tu respires ? Non ? Hé bien c'est la même chose."


    Si votre/vos futurs avatar(s) se réfère(ent) à un personnage de manga/animé/etc spécifique, précisez le nous ici : Toutes les images viennent de cette galerie => http://asuka111.deviantart.com/

    Premières impressions concernant le forum: Le graphisme est haut en couleurs, et les noms me font rire et sont uniques en leur genre =)
    Éventuelles idées pour l'améliorer: Aucune idée pour le moment =)
    Comment nous avez-vous découverts: Partenariat avec D Gray Man Rpg :)
    Depuis combien de temps faites-vous du Rp': Longtemps, c'est pour m'entraîner en tant qu'écrivain bien que je ne le soit pas encore =)
    Évaluation de votre activité sur le forum: Je suis en vacances, donc sur 10 je dirais 7 ^^
    Code:Validé par Charmy.
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